Couperin: Concerts royaux
Compositeurs:

Concerts royaux


« Les pièces qui suivent sont d’une autre espèce que celles que j’ai données jusqu’à présent. Elles conviennent non seulement au clavecin, mais aussi au violon, à la flûte, au hautbois, à la viole et au basson. Je les avais faites pour les petits concerts de chambre où Louis quatorze me faisait venir presque tous les dimanches de l’année. […] Si elles sont autant du goût du public, qu’elles ont été approuvées du feu-Roy, j’en ai suffisamment pour en donner dans la suite quelques volumes complets. Je les ai rangées par tons, et leur ai conservé pour titre sous lequel elles étaient connues à la cour en 1714 et 1715. » (Préface aux Concerts royaux)

Publiés en 1722 en appendice au troisième Livre de pièces de clavecin, les Concerts royaux ont été conçus pour ensemble mixte, les cordes et les bois y jouant ensemble ou à tour de rôle, François Couperin (1668-1733), comme d’autres compositeurs français de l’époque, laisse l’instrumentation à la discrétion des interprètes. Lors des représentations données à Versailles pour la cour, Couperin tenait la partie du clavecin, entouré du violoniste François Duval (membre des Vingt-quatre Violons du Roy), du hautboïste Philidor (André Danican, dit Philidor l’aîné, ou son fils, Anne, tous deux proches du roi), du bassoniste Pierre Dubois et du gambiste Hilaire Verloge, surnommé Alarius. L’écriture de Couperin nous permet d’avancer que certaines lignes doivent être confiées aux bois, l’articulation de cadences terminales (celles des Échos du Deuxième Concert par exemple) semblant naturellement se prêter aux caractéristiques de ceux-ci. Les musiciens qui collaborent à cet enregistrement ont disposé de toute la latitude nécessaire pour expérimenter, afin d’offrir un assemblage qui favorise tour à tour la juxtaposition des coloris, un traitement plus homophonique des textures ou des lectures presque aériennes. Les effectifs réduits transmettent ainsi de façon plus naturelle la vivacité de la gigue du Premier Concert, alors que le prélude grave ou la sarabande du Troisième sont mieux servis par une complémentarité des timbres.

Ces œuvres, qui ont contribué à faire connaître Couperin, adoptent la forme plus ancienne des suites à la française, afin de se plier aux intentions de leur commanditaire Louis XIV. Si elles semblent miser sur la légèreté plutôt que la profondeur, elles sont articulées en un subtil amalgame des styles italien et français, double sceau du corpus du compositeur. Profondément influencé par l’héritage des maîtres organistes, de son père et ses oncles, auxquels il emprunte l’élégance mélodique, le goût de la danse et l’ornementation, il se laisse tout autant porter par la tradition italienne, découverte très tôt, que l’on retrouve dans son utilisation de la symétrie et la subtilité avec laquelle il manie le chromatisme.

Portraits d’une époque, les Concerts royaux regroupent chacun cinq à sept pièces, les danses usuelles comme l’allemande, la gigue, le menuet et la courante équilibrant les airs aristocratiques et les sarabandes. Quelques mouvements inusités, dont l’« air tendre, » l’« air contrefugué » ou les « Échos » du Deuxième Concert, qui multiplient les contrastes de nuances, ponctuent le tout. Sans sous-titres caractéristiques, précédées de préludes, ancrées dans une même tonalité, ces pages sont conçues pour être jouées ensemble, passant du grave au vif, de l’allemande à la gigue. La plupart se plient au schéma de la forme binaire, chacune des parties étant reprise. Quelques-unes privilégient la forme rondeau, alternance de couplets et d’un refrain : les « Échos » du Deuxième Concert, la musette et la chaconne du Troisième ou encore la Forlane du Quatrième.

Couperin opte pour une écriture à deux voix, exception faite du menuet en trio du Premier Concert, du prélude du Troisième, ainsi que des deux dernières sarabandes, qui comportent une contrepartie laissée à la discrétion des interprètes.

Si Couperin dispose à première vue d’une substance moins dense, il la traite néanmoins avec élégance et sensibilité, sans jamais tomber dans la superficialité. Notons ainsi la tranquille gravité du prélude du Premier Concert, à la ligne mélodique ornée de septièmes descendantes, majeures ou diminuées, la tendresse de la muzette du Troisième Concert ou l’exubérance de la délicieuse Forlane qui clôt le cycle. Certaines pièces semblent vouloir arrêter le temps, dont la sarabande du Troisième Concert, chaque accord se mouvant naturellement vers une cadence exigeant la révérence. D’autres deviennent démonstration de style, comme ces deux courantes juxtaposées du Quatrième Concert, l’une française, l’autre italienne. Certains sauts d’octaves rappellent par moments Bach, qui utilisera d’ailleurs le thème de l’allemande du Premier Concert dans sa fugue en la bémol du deuxième livre du Clavier bien tempéré.

En tout temps, Couperin possède une incroyable capacité à suggérer des états d’âme et des atmosphères. Comme il le soulignait lui-même, il reste toujours préférable d’émouvoir que d’étonner. Il ne faut donc pas se surprendre que le compositeur considère auditeurs idéaux de cette musique royale « ceux qui ont le goût exquis ».

© Lucie Renaud
Date de sortie:
12 février 2013
Numéro d'album:
AN 2 9993
Périodes:
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Couperin: Concerts royaux

Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
1
I. Prélude
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2:26
2
II. Allemande
0,99 $
1:55
3
III. Sarabande
0,99 $
2:57
4
IV. Gavotte
0,99 $
1:33
5
V. Gigue
0,99 $
1:46
6
VI. Menuet en trio
0,99 $
1:58
Couperin, François (1668 - 1733)
Deuxième Concert en ré
7
I. Prélude
0,99 $
1:37
8
II. Allemande fuguée
0,99 $
2:10
9
III. Air tendre
0,99 $
4:10
10
IV. Air contrefugué
0,99 $
2:57
11
V. Échos
0,99 $
3:22
Couperin, François (1668 - 1733)
Troisième Concert en la
12
I. Prélude
0,99 $
1:47
13
II. Allemande
0,99 $
2:21
14
III. Courante
0,99 $
2:04
15
IV. Sarabande grave
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3:36
16
V. Gavotte
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1:33
17
VI. Musette
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3:13
18
VII. Chaconne légère
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2:59
Couperin, François (1668 - 1733)
Quatrième Concert en mi
19
I. Prélude
0,99 $
1:45
20
II. Allemande
0,99 $
1:42
21
III. Courante française
0,99 $
1:59
22
IV. Courante à l'italienne
0,99 $
2:39
23
V. Sarabane
0,99 $
2:58
24
VI. Rigaudon
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1:31
25
VII. Forlane
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3:12
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Couperin: Concerts royaux

Numéro d'album: AN 2 9993
Date de sortie: 12 février 2013

Période(s): Baroque

Genre(s): Musique de chambre

Compositeurs:
Couperin, François

Interprètes:
Beauséjour, Luc | Rémillard, Chantal | Little, Margaret | Jeay, Grégoire | Lussier, Mathieu



Concerts royaux


« Les pièces qui suivent sont d’une autre espèce que celles que j’ai données jusqu’à présent. Elles conviennent non seulement au clavecin, mais aussi au violon, à la flûte, au hautbois, à la viole et au basson. Je les avais faites pour les petits concerts de chambre où Louis quatorze me faisait venir presque tous les dimanches de l’année. […] Si elles sont autant du goût du public, qu’elles ont été approuvées du feu-Roy, j’en ai suffisamment pour en donner dans la suite quelques volumes complets. Je les ai rangées par tons, et leur ai conservé pour titre sous lequel elles étaient connues à la cour en 1714 et 1715. » (Préface aux Concerts royaux)

Publiés en 1722 en appendice au troisième Livre de pièces de clavecin, les Concerts royaux ont été conçus pour ensemble mixte, les cordes et les bois y jouant ensemble ou à tour de rôle, François Couperin (1668-1733), comme d’autres compositeurs français de l’époque, laisse l’instrumentation à la discrétion des interprètes. Lors des représentations données à Versailles pour la cour, Couperin tenait la partie du clavecin, entouré du violoniste François Duval (membre des Vingt-quatre Violons du Roy), du hautboïste Philidor (André Danican, dit Philidor l’aîné, ou son fils, Anne, tous deux proches du roi), du bassoniste Pierre Dubois et du gambiste Hilaire Verloge, surnommé Alarius. L’écriture de Couperin nous permet d’avancer que certaines lignes doivent être confiées aux bois, l’articulation de cadences terminales (celles des Échos du Deuxième Concert par exemple) semblant naturellement se prêter aux caractéristiques de ceux-ci. Les musiciens qui collaborent à cet enregistrement ont disposé de toute la latitude nécessaire pour expérimenter, afin d’offrir un assemblage qui favorise tour à tour la juxtaposition des coloris, un traitement plus homophonique des textures ou des lectures presque aériennes. Les effectifs réduits transmettent ainsi de façon plus naturelle la vivacité de la gigue du Premier Concert, alors que le prélude grave ou la sarabande du Troisième sont mieux servis par une complémentarité des timbres.

Ces œuvres, qui ont contribué à faire connaître Couperin, adoptent la forme plus ancienne des suites à la française, afin de se plier aux intentions de leur commanditaire Louis XIV. Si elles semblent miser sur la légèreté plutôt que la profondeur, elles sont articulées en un subtil amalgame des styles italien et français, double sceau du corpus du compositeur. Profondément influencé par l’héritage des maîtres organistes, de son père et ses oncles, auxquels il emprunte l’élégance mélodique, le goût de la danse et l’ornementation, il se laisse tout autant porter par la tradition italienne, découverte très tôt, que l’on retrouve dans son utilisation de la symétrie et la subtilité avec laquelle il manie le chromatisme.

Portraits d’une époque, les Concerts royaux regroupent chacun cinq à sept pièces, les danses usuelles comme l’allemande, la gigue, le menuet et la courante équilibrant les airs aristocratiques et les sarabandes. Quelques mouvements inusités, dont l’« air tendre, » l’« air contrefugué » ou les « Échos » du Deuxième Concert, qui multiplient les contrastes de nuances, ponctuent le tout. Sans sous-titres caractéristiques, précédées de préludes, ancrées dans une même tonalité, ces pages sont conçues pour être jouées ensemble, passant du grave au vif, de l’allemande à la gigue. La plupart se plient au schéma de la forme binaire, chacune des parties étant reprise. Quelques-unes privilégient la forme rondeau, alternance de couplets et d’un refrain : les « Échos » du Deuxième Concert, la musette et la chaconne du Troisième ou encore la Forlane du Quatrième.

Couperin opte pour une écriture à deux voix, exception faite du menuet en trio du Premier Concert, du prélude du Troisième, ainsi que des deux dernières sarabandes, qui comportent une contrepartie laissée à la discrétion des interprètes.

Si Couperin dispose à première vue d’une substance moins dense, il la traite néanmoins avec élégance et sensibilité, sans jamais tomber dans la superficialité. Notons ainsi la tranquille gravité du prélude du Premier Concert, à la ligne mélodique ornée de septièmes descendantes, majeures ou diminuées, la tendresse de la muzette du Troisième Concert ou l’exubérance de la délicieuse Forlane qui clôt le cycle. Certaines pièces semblent vouloir arrêter le temps, dont la sarabande du Troisième Concert, chaque accord se mouvant naturellement vers une cadence exigeant la révérence. D’autres deviennent démonstration de style, comme ces deux courantes juxtaposées du Quatrième Concert, l’une française, l’autre italienne. Certains sauts d’octaves rappellent par moments Bach, qui utilisera d’ailleurs le thème de l’allemande du Premier Concert dans sa fugue en la bémol du deuxième livre du Clavier bien tempéré.

En tout temps, Couperin possède une incroyable capacité à suggérer des états d’âme et des atmosphères. Comme il le soulignait lui-même, il reste toujours préférable d’émouvoir que d’étonner. Il ne faut donc pas se surprendre que le compositeur considère auditeurs idéaux de cette musique royale « ceux qui ont le goût exquis ».

© Lucie Renaud
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
2:57
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
1:33
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
1:46
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Couperin, François (1668 - 1733)
Premier Concert en sol
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Couperin, François
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Deuxième Concert en ré
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Deuxième Concert en ré
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Deuxième Concert en ré
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Couperin, François (1668 - 1733)
Deuxième Concert en ré
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Troisième Concert en la
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Couperin, François
Couperin, François (1668 - 1733)
Troisième Concert en la
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Couperin, François
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Troisième Concert en la
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Troisième Concert en la
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Troisième Concert en la
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Troisième Concert en la
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