J.S. Bach: Oeuvres célèbres au clavecin à pédalier
Interprètes:

Œuvres célèbres au clavecin-pédalier


Si le clavecin-pédalier n’a jamais connu d’heure de gloire, il a fait partie des instruments de travail de nombre d’organistes, particulièrement au XVIIIe siècle. J.C. Vogler, élève de Johann Sebastian Bach au service de la cour de Weimar, en possédait un aux aptitudes exceptionnelles, vantées aussi bien dans les publicités de l’époque que dans Anleitung zur musicalischen Gelahrteit (Conseils d’apprentissage musical) de Jackob Adlung, datant de 1758 : « On ajoute aussi parfois des pédales à ces instruments (le clavecin), ou mieux encore, on fait un corps de pédalier distinct sur lequel on pose le clavecin. Toutefois, il faut le construire avec beaucoup de soin, d'une part, pour que la tension des cordes ne déforme pas la caisse, d'autre part, pour que ces instruments tiennent bien l'accord. Le plus beau clavecin et, en même temps, le plus beau pédalier de clavecin que j'aie vus sont ceux que m'avait fait voir et entendre M. le bourgmestre Vogler à Weimar, qui avait donné lui-même les instructions pour leur construction.» Notons ici que Vogler, organiste à la cour de Weimar, était un élève et un admirateur de Bach. Adlung poursuit : « Le pédalier avait deux rangées de cordes non filées de huit pieds et une rangée de cordes filées de seize pieds. Le couvercle avait une porte qu'on pouvait ouvrir pour augmenter la sonorité. Les caisses étaient tous deux artistement recouvertes de bois de placage.» Dans son ouvrage posthume Musica mecanica organoedi, il ajoute: « La caisse peut être construite comme celle d'un clavicorde ou comme celle d'un clavecin. Dans le deuxième cas, les cordes seront pincées par des plumes et on aura un clavecin à pédalier. Comme le clavecin se distingue par sa belle sonorité, un pédalier de ce genre sera du plus heureux effet. Cet instrument n'appelle pas une description particulière. Il se construit comme un clavecin ordinaire, mais avec une étendue de deux octaves seulement. Les sautereaux sont pareils, mais on les écartera davantage les uns des autres, puisque les deux octaves prennent autant de place que quatre dans un clavecin ordinaire.»

Deux approches ont été privilégiées par les facteurs de l’époque. Dans la première, on juxtaposait au clavecin ordinaire des touches de pédale qui tiraient, à l’aide de ficelles ou d’un mécanisme, les touches les plus graves de l’instrument. Dans la seconde, deux clavecins indépendants l’un de l’autre étaient associés, l’inférieur étant actionné par les touches de pédale et disposant de cordes et registres propres, dans une parfaite complémentarité de timbres. C’est en s’inspirant de cette dernière configuration que le facteur Yves Beaupré a choisi d’imaginer l’instrument sur lequel Luc Beauséjour joue ici. « Le clavecin-pédalier reste un instrument exigeant et formateur, explique le claveciniste. Il permet de tout entendre. La polyphonie ressort avec une grande clarté, tout est restitué avec une remarquable exactitude. »

Ceux qui touchent un clavecin-pédalier pour la première fois expriment une réelle fascination pour ses possibilités. On sait que Bach lui-même préférait un son riche, favorisant la résonnance. En 1708, alors qu’il travaillait au projet de restauration de l’orgue de Saint-Blaise de Mülhausen, il avait souhaité qu’on intègre à l’instrument de nouveaux soufflets, un basson de16 pieds, une viole de gambe et une soubasse de 32 pieds « qui donne sa profondeur à l’instrument tout entier ». Alors que l’orgue exige un sens de l’espace tout à fait particulier, qui se dilue souvent à l’enregistrement, le clavecin-pédalier offre à la fois cette profondeur recherchée et une précision dans le discours musical.

Peu d’interprètes possédant un tel instrument à l’époque, les compositeurs n’ont pas cru nécessaire de destiner d’œuvres à son seul usage. Des musicologues du début du XXe siècle, dont Philipp Spitta et Albert Schweitzer, ont tenté de prouver que les Sonates en trio BWV 525-530 ou la Passacaille en do mineur avaient été composées pour le clavecin-pédalier, mais aucune source fiable n’étaie cette hypothèse. Peu importe la controverse, puisque les pièces pour orgue du cantor de Leipzig se prêtent admirablement à cet instrument aujourd’hui presque entièrement disparu. Afin de mettre en lumière ses spécificités, Luc Beauséjour a souhaité présenter certaines pages célèbres, dont la Toccata en mineur BWV 565, afin que le mélomane puisse disposer d’un point de comparaison, mais surtout des œuvres qu’il affectionne particulièrement, propices à regroupements et contrastes. La Toccata s’amorce par un geste théâtral dans le registre supérieur, doublé à l’octave, qui tournoie jusqu’à un accord de septième diminuée se résolvant en ré majeur. Trois courts passages, eux aussi doublés, se chevauchent ensuite, permettant le retour à la tonalité principale.

Rédigé alors que Bach était organiste à la cour de Weimar, l’Orgelbüchlein (Petit livre d’orgue) avait été pensé comme un recueil de 164 préludes de chorals. (Seuls 45 seront complétés.) Couvrant l’ensemble de l’année liturgique, ces pièces se voulaient à la fois ouvrage de référence pour les services religieux, traité de composition, profession de foi et manuel didactique. Pour qu’elle demeure facilement reconnaissable, la mélodie du choral est confiée à une voix, généralement le soprano. Parmi ceux ici présentés, Der Tag, der ist so freudenreich est associé à Noël, tandis qu’Es ist das Heil uns kommen her, pour le sixième dimanche de la Trinité, est conçu sur un hymne du catéchisme datant du XVe siècle.

Pour plusieurs, le concept du prélude et fugue représente l’apex de l’écriture baroque. Avant d’atteindre la perfection du Clavier bien tempéré, la forme connaîtra toutefois une progression certaine. D’abord mouvements externes du concerto (Allegro – Adagio – Fugue), prélude et fugue deviendront progressivement une unité bipartite. Le Largo de la Sonate en trio BWV 529 est ici inséré entre le Prélude et fugue BWV 545, pratique courante à l’époque de Bach. L’imposante fugue, alla breve, est basée sur un motif de tétracorde ascendant, traité de façon souvent syncopée.

Le Prélude et fugue BWV 541 comporte de nombreuses notes répétées, typique de son « style Weimar » (l’œuvre daterait vraisemblablement de 1712), tant dans la fugue que le prélude, dans lequel la reprise d’accords entiers joue un rôle essentiel. Une ligne fluide sert d’interlude entre les passages plus massifs de cette œuvre dense, dans laquelle Bach déploie sa rigueur compositionnelle. En opposition, le BWV 535, retravaillé de façon extensive par le compositeur, même s’il mise en partie sur les notes répétées dans le motif de la fugue, déborde de figures arpégées presque improvisées mais denses dans le prélude, ponctuées par des traits de gamme brillants et des passages de polyphonie touffue.

La Passacaille en do mineur connaîtra une influence certaine sur de nombreuses pages des XIXe et XXe siècles. Robert Schumann lui-même décrivait les variations qui la constituent comme « si ingénieusement entremêlées qu'on ne cesse jamais d'en être étonné ». L’ostinato de huit mesures, d’abord présenté au pédalier, subira 20 transformations. L’organiste Marie-Claire Alain suggère que les 21 évocations du thème peuvent être divisées en 7 groupes de 3 variations, chacun citant un vers d’un choral luthérien, dans un traitement similaire à celui favorisé dans l’Orgelbüchlein, une théorie à considérer quand on sait que, chez Bach, toute musique ne pouvait être offerte qu’au Très-Haut.

Clavecin: Yves Beaupré, 1998, d’après Hemsch et Blanchet
Pédalier: Yves Beaupré, 2009, conçu par Yves Beaupré
Date de sortie:
01 mars 2011
Numéro d'album:
AN 2 9970
Périodes:
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J.S. Bach: Oeuvres célèbres au clavecin à pédalier

Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Toccata en ré mineur, BWV 565
1
Toccata en ré mineur, BWV 565
0,99 $
8:15
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les six Chorals Schübler, BWV 645-650
2
I. Wachet auf, ruft uns die Stimme
0,99 $
3:51
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Prélude & Fugue en sol majeur, BWV 541
3
I. Prélude
0,99 $
2:47
4
II. Fugue
0,99 $
4:29
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les 45 chorals de l'Orgelbüchlein, BWV 599-644 / Cycle de Noël: b) Chorals pour la fête de Noël
5
VII. Der Tag, der ist so freudenreich
0,99 $
1:48
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Es ist das Heil uns kommen her, BWV 638
6
Choral Es ist das Heil uns kommen her, BWV 638
0,99 $
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Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Prélude & Fugue en sol mineur, BWV 535
7
I. Prélude
0,99 $
2:40
8
II. Fugue
0,99 $
4:21
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639
9
Choral Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639
0,99 $
2:15
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Prélude et fugue en do majeur, BWV 545
10
I. Prélude
0,99 $
1:58
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Sonate en trio no5, en do majeur, BWV 529
11
II. Largo
1,99 $
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Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Prélude et fugue en do majeur, BWV 545
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II. Fugue
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Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 690
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Choral Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 690
0,99 $
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Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les 45 chorals de l'Orgelbüchlein, BWV 618-644 / Cycle de la Pentecôte
14
XXXXIII. Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 642
0,99 $
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XXXXIV. Alle Menschen müssen sterben, BWV 643
0,99 $
1:35
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Liebster Jesu, wir sind hier, BWV 731
16
Choral Liebster Jesu, wir sind hier, BWV 731
0,99 $
2:18
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Passacaglia en do mineur, BWV 582
17
Passacaglia en do mineur, BWV 582
0,99 $
12:48
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J.S. Bach: Oeuvres célèbres au clavecin à pédalier

Numéro d'album: AN 2 9970
Date de sortie: 01 mars 2011

Période(s): Baroque

Genre(s): Clavecin, orgue, pianoforte (claviers)

Compositeurs:
Bach, Johann Sebastian

Interprètes:
Beauséjour, Luc



Œuvres célèbres au clavecin-pédalier


Si le clavecin-pédalier n’a jamais connu d’heure de gloire, il a fait partie des instruments de travail de nombre d’organistes, particulièrement au XVIIIe siècle. J.C. Vogler, élève de Johann Sebastian Bach au service de la cour de Weimar, en possédait un aux aptitudes exceptionnelles, vantées aussi bien dans les publicités de l’époque que dans Anleitung zur musicalischen Gelahrteit (Conseils d’apprentissage musical) de Jackob Adlung, datant de 1758 : « On ajoute aussi parfois des pédales à ces instruments (le clavecin), ou mieux encore, on fait un corps de pédalier distinct sur lequel on pose le clavecin. Toutefois, il faut le construire avec beaucoup de soin, d'une part, pour que la tension des cordes ne déforme pas la caisse, d'autre part, pour que ces instruments tiennent bien l'accord. Le plus beau clavecin et, en même temps, le plus beau pédalier de clavecin que j'aie vus sont ceux que m'avait fait voir et entendre M. le bourgmestre Vogler à Weimar, qui avait donné lui-même les instructions pour leur construction.» Notons ici que Vogler, organiste à la cour de Weimar, était un élève et un admirateur de Bach. Adlung poursuit : « Le pédalier avait deux rangées de cordes non filées de huit pieds et une rangée de cordes filées de seize pieds. Le couvercle avait une porte qu'on pouvait ouvrir pour augmenter la sonorité. Les caisses étaient tous deux artistement recouvertes de bois de placage.» Dans son ouvrage posthume Musica mecanica organoedi, il ajoute: « La caisse peut être construite comme celle d'un clavicorde ou comme celle d'un clavecin. Dans le deuxième cas, les cordes seront pincées par des plumes et on aura un clavecin à pédalier. Comme le clavecin se distingue par sa belle sonorité, un pédalier de ce genre sera du plus heureux effet. Cet instrument n'appelle pas une description particulière. Il se construit comme un clavecin ordinaire, mais avec une étendue de deux octaves seulement. Les sautereaux sont pareils, mais on les écartera davantage les uns des autres, puisque les deux octaves prennent autant de place que quatre dans un clavecin ordinaire.»

Deux approches ont été privilégiées par les facteurs de l’époque. Dans la première, on juxtaposait au clavecin ordinaire des touches de pédale qui tiraient, à l’aide de ficelles ou d’un mécanisme, les touches les plus graves de l’instrument. Dans la seconde, deux clavecins indépendants l’un de l’autre étaient associés, l’inférieur étant actionné par les touches de pédale et disposant de cordes et registres propres, dans une parfaite complémentarité de timbres. C’est en s’inspirant de cette dernière configuration que le facteur Yves Beaupré a choisi d’imaginer l’instrument sur lequel Luc Beauséjour joue ici. « Le clavecin-pédalier reste un instrument exigeant et formateur, explique le claveciniste. Il permet de tout entendre. La polyphonie ressort avec une grande clarté, tout est restitué avec une remarquable exactitude. »

Ceux qui touchent un clavecin-pédalier pour la première fois expriment une réelle fascination pour ses possibilités. On sait que Bach lui-même préférait un son riche, favorisant la résonnance. En 1708, alors qu’il travaillait au projet de restauration de l’orgue de Saint-Blaise de Mülhausen, il avait souhaité qu’on intègre à l’instrument de nouveaux soufflets, un basson de16 pieds, une viole de gambe et une soubasse de 32 pieds « qui donne sa profondeur à l’instrument tout entier ». Alors que l’orgue exige un sens de l’espace tout à fait particulier, qui se dilue souvent à l’enregistrement, le clavecin-pédalier offre à la fois cette profondeur recherchée et une précision dans le discours musical.

Peu d’interprètes possédant un tel instrument à l’époque, les compositeurs n’ont pas cru nécessaire de destiner d’œuvres à son seul usage. Des musicologues du début du XXe siècle, dont Philipp Spitta et Albert Schweitzer, ont tenté de prouver que les Sonates en trio BWV 525-530 ou la Passacaille en do mineur avaient été composées pour le clavecin-pédalier, mais aucune source fiable n’étaie cette hypothèse. Peu importe la controverse, puisque les pièces pour orgue du cantor de Leipzig se prêtent admirablement à cet instrument aujourd’hui presque entièrement disparu. Afin de mettre en lumière ses spécificités, Luc Beauséjour a souhaité présenter certaines pages célèbres, dont la Toccata en mineur BWV 565, afin que le mélomane puisse disposer d’un point de comparaison, mais surtout des œuvres qu’il affectionne particulièrement, propices à regroupements et contrastes. La Toccata s’amorce par un geste théâtral dans le registre supérieur, doublé à l’octave, qui tournoie jusqu’à un accord de septième diminuée se résolvant en ré majeur. Trois courts passages, eux aussi doublés, se chevauchent ensuite, permettant le retour à la tonalité principale.

Rédigé alors que Bach était organiste à la cour de Weimar, l’Orgelbüchlein (Petit livre d’orgue) avait été pensé comme un recueil de 164 préludes de chorals. (Seuls 45 seront complétés.) Couvrant l’ensemble de l’année liturgique, ces pièces se voulaient à la fois ouvrage de référence pour les services religieux, traité de composition, profession de foi et manuel didactique. Pour qu’elle demeure facilement reconnaissable, la mélodie du choral est confiée à une voix, généralement le soprano. Parmi ceux ici présentés, Der Tag, der ist so freudenreich est associé à Noël, tandis qu’Es ist das Heil uns kommen her, pour le sixième dimanche de la Trinité, est conçu sur un hymne du catéchisme datant du XVe siècle.

Pour plusieurs, le concept du prélude et fugue représente l’apex de l’écriture baroque. Avant d’atteindre la perfection du Clavier bien tempéré, la forme connaîtra toutefois une progression certaine. D’abord mouvements externes du concerto (Allegro – Adagio – Fugue), prélude et fugue deviendront progressivement une unité bipartite. Le Largo de la Sonate en trio BWV 529 est ici inséré entre le Prélude et fugue BWV 545, pratique courante à l’époque de Bach. L’imposante fugue, alla breve, est basée sur un motif de tétracorde ascendant, traité de façon souvent syncopée.

Le Prélude et fugue BWV 541 comporte de nombreuses notes répétées, typique de son « style Weimar » (l’œuvre daterait vraisemblablement de 1712), tant dans la fugue que le prélude, dans lequel la reprise d’accords entiers joue un rôle essentiel. Une ligne fluide sert d’interlude entre les passages plus massifs de cette œuvre dense, dans laquelle Bach déploie sa rigueur compositionnelle. En opposition, le BWV 535, retravaillé de façon extensive par le compositeur, même s’il mise en partie sur les notes répétées dans le motif de la fugue, déborde de figures arpégées presque improvisées mais denses dans le prélude, ponctuées par des traits de gamme brillants et des passages de polyphonie touffue.

La Passacaille en do mineur connaîtra une influence certaine sur de nombreuses pages des XIXe et XXe siècles. Robert Schumann lui-même décrivait les variations qui la constituent comme « si ingénieusement entremêlées qu'on ne cesse jamais d'en être étonné ». L’ostinato de huit mesures, d’abord présenté au pédalier, subira 20 transformations. L’organiste Marie-Claire Alain suggère que les 21 évocations du thème peuvent être divisées en 7 groupes de 3 variations, chacun citant un vers d’un choral luthérien, dans un traitement similaire à celui favorisé dans l’Orgelbüchlein, une théorie à considérer quand on sait que, chez Bach, toute musique ne pouvait être offerte qu’au Très-Haut.

Clavecin: Yves Beaupré, 1998, d’après Hemsch et Blanchet
Pédalier: Yves Beaupré, 2009, conçu par Yves Beaupré
1
Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Toccata en ré mineur, BWV 565
8:15
2
Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les six Chorals Schübler, BWV 645-650
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les 45 chorals de l'Orgelbüchlein, BWV 599-644 / Cycle de Noël: b) Chorals pour la fête de Noël
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Es ist das Heil uns kommen her, BWV 638
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 690
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Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Les 45 chorals de l'Orgelbüchlein, BWV 618-644 / Cycle de la Pentecôte
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Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Choral Liebster Jesu, wir sind hier, BWV 731
2:18
10
Bach, Johann Sebastian
Bach, Johann Sebastian (1685 - 1750)
Passacaglia en do mineur, BWV 582
12:48