L'enfant prodige: L'incroyable destinée d'André Mathieu (2CD)

Enfin la musique d’André Mathieu portée au grand écran!



Découvrez les œuvres de ce pianiste et compositeur post-romantique de génie, qui habitent de façon magistrale la trame sonore du film L’Enfant prodige : l’incroyable destinée d’André Mathieu, réalisé par Luc Dionne et produit par Cinémaginaire, mettant en vedette Patrick Drolet. Un coffret de deux albums présenté par Analekta reprend cette grande aventure musicale, sous les doigts d'Alain Lefèvre, qui signe sa première musique de film en tant que directeur musical, compositeur et pianiste.


Dès son plus jeune âge, André Mathieu a conquis son entourage comme son auditoire et a enflammé les salles. Adulé, acclamé, encensé, cet enfant prodige semblait avoir tout pour réussir. Des sphères vertigineuses du succès aux tréfonds des dernières années tourmentées, la vie du « Mozart Canadien » se fond dans sa musique. Ce coffret de deux albums reprend la trame sonore du film et intègre des pages d’André Mathieu et Alain Lefèvre, interprétées par ce dernier.

Né le 18 février 1929 d’un père compositeur, Rodolphe, et d’une mère violoniste, Wilhelmine Gagnon-Mathieu, André Mathieu révèle très tôt un talent exceptionnel pour le piano et la composition. Il signe dès l’âge de quatre ans une série de pièces évocatrices de son quotidien qu’il joue d’abord à sa mère, première admiratrice, qui soutiendra toujours avec ferveur le jeune prodige. Parmi celles-ci, on peut mentionner Les Abeilles piquantes, Les Gros Chars (inspiré par le train que son père prend le soir pour les rejoindre à Saint-Constant), Danse sauvage (écrite après un spectacle de danse amérindienne) et Procession d’éléphants (composée après un passage d’un cirque américain à Montréal).

Le 25 février 1935, à l'hôtel Ritz-Carlton, il donne un premier récital public de ses œuvres qui fait sensation et auquel assiste Wilfrid Pelletier, alors chef renommé du Metropolitan Opera de New York. « Sa technique était prodigieuse dès son tout jeune âge, explique Alain Lefèvre. Ses mains étaient d'une largeur extraordinaire, presque autant que celles de Rachmaninov; il pouvait couvrir une octave plus une quinte. Une vidéo où on le voit jouer existe pour le prouver, et celle-ci permet d'apprécier qu'il possédait la vélocité d'un Horowitz. »

En 1936, boursier du gouvernement du Québec, André Mathieu se rend à Paris pour étudier le piano avec Yves Nat et Mme Giraud-Latarse, ainsi que la composition avec Jacques de la Presle. En décembre de la même année, son récital à la salle Chopin-Pleyel suscite l’enthousiasme. Quand un Rachmaninov au faîte de sa popularité l’entend, il est renversé. Il prend aussitôt le jeune prodige sous son aile. « Vous êtes le seul pouvant avoir la prétention d’être mon successeur », affirme-t-il sans ambages. Quelques années plus tard, le critique Émile Vuillermoz n’hésitera pas à écrire quant à lui : « Si le mot génie a un sens, c’est ici que nous pourrons le déchiffrer. » »

La famille Mathieu revient à Montréal alors que la guerre se déclare en Europe. Le jeune compositeur donne une série de récitals à Montréal, à Québec et à Ottawa. En 1939, au lendemain d’un concert à la salle du Plateau, Léo-Pol Morin résume : « La musique, André Mathieu ne l’a pas découverte : il l’avait en lui. »

Le 3 février 1940, André Mathieu fait ses débuts new-yorkais au Town Hall. Les critiques sont dithyrambiques. L’année suivante, il crée à Montréal son Concertino no 2 avec l’orchestre des Concerts symphoniques de Montréal (qui deviendra l’OSM), pièce qui lui méritera le premier prix d’un concours pour jeunes compositeurs organisé par l’Orchestre philharmonique de New York à l’occasion de son centenaire, devant notamment Leonard Bernstein, de dix ans son aîné. Partout où il joue, André Mathieu séduit. « Il me souvient bien d’une sorte de tournoi amical qui nous avait opposés, dans un salon élégant où le tout Montréal artistique se réunissait régulièrement, explique le pianiste et compositeur André Asselin dans un hommage au compositeur. Cela se passait vers les années 1940. L’impression de puissance musicale, d’exécution pianistique, que je ressentis alors à l’audition de quelques-unes de ses compositions, est restée très vivace dans mon esprit. La qualité de choc artistique que produisaient son jeu et son pouvoir de création musicale ont laissé chez ses auditeurs de cette époque une sensation profonde de richesse esthétique. »

En 1946, André Mathieu retrouve Paris, seul cette fois, pour y étudier la composition avec Arthur Honegger et le piano avec Jules Gentil. Désemparé, il revient à Montréal l’année suivante. Dès la fin des années 1940, la carrière de Mathieu décline et il sombre peu à peu dans l’alcool. Ostracisé par les milieux musical et politique, peinant à trouver quelques élèves, il participe à de nombreux « pianothons », pendant lesquels il joue inlassablement des heures durant, dans l’espoir de battre des records et d’accumuler suffisamment d’argent pour subsister à ses besoins et à ceux de sa femme Marie-Ange. Il produit tout de même un trio pour violon, violoncelle et piano, un quintette, trois poèmes symphoniques, Mistassini, Hantise et Chant des Ténèbres, cinq scènes de ballet ainsi que sa Rhapsodie romantique. L’artiste meurt soudainement à l’âge de 39 ans le 2 juin 1968. « Quand un historien-musicographe fera la somme de son œuvre, il ménagera quelques surprises à ceux qui ne s’étaient fait qu’une manière d’idée générale sur ce musicien, conclut André Asselin. Je voudrais inscrire à la mémoire de ce musicien, en souvenir de son Don, de ses 38 brèves années de vie, l’hommage de mon admiration et de mon amitié, et le sentiment d’assister à la naissance même d’une légende : la sienne, et celle de sa musique. »

© Lucie Renaud
Date de sortie:
20 avril 2010
Numéro d'album:
AN 2 9284-5
Périodes:
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L'enfant prodige: L'incroyable destinée d'André Mathieu (2CD)

Mathieu, André (1929 - 1968)
Rhapsodie romantique
1
Rhapsodie romantique
0,99 $
22:48
Lefèvre, Alain
Comme en famille!
2
Comme en famille!
0,99 $
4:23
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concertino no 2, op. 13
3
I. Allegro
0,99 $
3:17
Mathieu, André (1929 - 1968)
Été canadien
4
Été canadien
0,99 $
5:27
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concerto de Québec
5
II. Andante
2,99 $
12:16
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L'enfant prodige: L'incroyable destinée d'André Mathieu (2CD)

Numéro d'album: AN 2 9284-5
Date de sortie: 20 avril 2010

Période(s): Contemporain

Genre(s): PianoMusique orchestrale

Compositeurs:
Mathieu, André | Lefèvre, Alain

Interprètes:
Lefèvre, Alain | Orchestre symphonique de Montréal (OSM), | London Mozart Players, | Tucson Symphony Orchestra, | Orchestre symphonique de Québec,



Enfin la musique d’André Mathieu portée au grand écran!



Découvrez les œuvres de ce pianiste et compositeur post-romantique de génie, qui habitent de façon magistrale la trame sonore du film L’Enfant prodige : l’incroyable destinée d’André Mathieu, réalisé par Luc Dionne et produit par Cinémaginaire, mettant en vedette Patrick Drolet. Un coffret de deux albums présenté par Analekta reprend cette grande aventure musicale, sous les doigts d'Alain Lefèvre, qui signe sa première musique de film en tant que directeur musical, compositeur et pianiste.


Dès son plus jeune âge, André Mathieu a conquis son entourage comme son auditoire et a enflammé les salles. Adulé, acclamé, encensé, cet enfant prodige semblait avoir tout pour réussir. Des sphères vertigineuses du succès aux tréfonds des dernières années tourmentées, la vie du « Mozart Canadien » se fond dans sa musique. Ce coffret de deux albums reprend la trame sonore du film et intègre des pages d’André Mathieu et Alain Lefèvre, interprétées par ce dernier.

Né le 18 février 1929 d’un père compositeur, Rodolphe, et d’une mère violoniste, Wilhelmine Gagnon-Mathieu, André Mathieu révèle très tôt un talent exceptionnel pour le piano et la composition. Il signe dès l’âge de quatre ans une série de pièces évocatrices de son quotidien qu’il joue d’abord à sa mère, première admiratrice, qui soutiendra toujours avec ferveur le jeune prodige. Parmi celles-ci, on peut mentionner Les Abeilles piquantes, Les Gros Chars (inspiré par le train que son père prend le soir pour les rejoindre à Saint-Constant), Danse sauvage (écrite après un spectacle de danse amérindienne) et Procession d’éléphants (composée après un passage d’un cirque américain à Montréal).

Le 25 février 1935, à l'hôtel Ritz-Carlton, il donne un premier récital public de ses œuvres qui fait sensation et auquel assiste Wilfrid Pelletier, alors chef renommé du Metropolitan Opera de New York. « Sa technique était prodigieuse dès son tout jeune âge, explique Alain Lefèvre. Ses mains étaient d'une largeur extraordinaire, presque autant que celles de Rachmaninov; il pouvait couvrir une octave plus une quinte. Une vidéo où on le voit jouer existe pour le prouver, et celle-ci permet d'apprécier qu'il possédait la vélocité d'un Horowitz. »

En 1936, boursier du gouvernement du Québec, André Mathieu se rend à Paris pour étudier le piano avec Yves Nat et Mme Giraud-Latarse, ainsi que la composition avec Jacques de la Presle. En décembre de la même année, son récital à la salle Chopin-Pleyel suscite l’enthousiasme. Quand un Rachmaninov au faîte de sa popularité l’entend, il est renversé. Il prend aussitôt le jeune prodige sous son aile. « Vous êtes le seul pouvant avoir la prétention d’être mon successeur », affirme-t-il sans ambages. Quelques années plus tard, le critique Émile Vuillermoz n’hésitera pas à écrire quant à lui : « Si le mot génie a un sens, c’est ici que nous pourrons le déchiffrer. » »

La famille Mathieu revient à Montréal alors que la guerre se déclare en Europe. Le jeune compositeur donne une série de récitals à Montréal, à Québec et à Ottawa. En 1939, au lendemain d’un concert à la salle du Plateau, Léo-Pol Morin résume : « La musique, André Mathieu ne l’a pas découverte : il l’avait en lui. »

Le 3 février 1940, André Mathieu fait ses débuts new-yorkais au Town Hall. Les critiques sont dithyrambiques. L’année suivante, il crée à Montréal son Concertino no 2 avec l’orchestre des Concerts symphoniques de Montréal (qui deviendra l’OSM), pièce qui lui méritera le premier prix d’un concours pour jeunes compositeurs organisé par l’Orchestre philharmonique de New York à l’occasion de son centenaire, devant notamment Leonard Bernstein, de dix ans son aîné. Partout où il joue, André Mathieu séduit. « Il me souvient bien d’une sorte de tournoi amical qui nous avait opposés, dans un salon élégant où le tout Montréal artistique se réunissait régulièrement, explique le pianiste et compositeur André Asselin dans un hommage au compositeur. Cela se passait vers les années 1940. L’impression de puissance musicale, d’exécution pianistique, que je ressentis alors à l’audition de quelques-unes de ses compositions, est restée très vivace dans mon esprit. La qualité de choc artistique que produisaient son jeu et son pouvoir de création musicale ont laissé chez ses auditeurs de cette époque une sensation profonde de richesse esthétique. »

En 1946, André Mathieu retrouve Paris, seul cette fois, pour y étudier la composition avec Arthur Honegger et le piano avec Jules Gentil. Désemparé, il revient à Montréal l’année suivante. Dès la fin des années 1940, la carrière de Mathieu décline et il sombre peu à peu dans l’alcool. Ostracisé par les milieux musical et politique, peinant à trouver quelques élèves, il participe à de nombreux « pianothons », pendant lesquels il joue inlassablement des heures durant, dans l’espoir de battre des records et d’accumuler suffisamment d’argent pour subsister à ses besoins et à ceux de sa femme Marie-Ange. Il produit tout de même un trio pour violon, violoncelle et piano, un quintette, trois poèmes symphoniques, Mistassini, Hantise et Chant des Ténèbres, cinq scènes de ballet ainsi que sa Rhapsodie romantique. L’artiste meurt soudainement à l’âge de 39 ans le 2 juin 1968. « Quand un historien-musicographe fera la somme de son œuvre, il ménagera quelques surprises à ceux qui ne s’étaient fait qu’une manière d’idée générale sur ce musicien, conclut André Asselin. Je voudrais inscrire à la mémoire de ce musicien, en souvenir de son Don, de ses 38 brèves années de vie, l’hommage de mon admiration et de mon amitié, et le sentiment d’assister à la naissance même d’une légende : la sienne, et celle de sa musique. »

© Lucie Renaud
1
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Rhapsodie romantique
22:48
2
Mathieu, André
Lefèvre, Alain
Comme en famille!
4:23
3
Mathieu, André
Lefèvre, Alain
Paris sans toi
4:38
4
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concerto de Québec
12:16
5
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Prélude romantique no5
3:40
6
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Été canadien
5:27
7
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concerto de Québec (solo piano)
10:02
8
Mathieu, André
Lefèvre, Alain
Valse du petit bonhomme en bois
1:05
9
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concertino no 2, op. 13
3:17
10
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concertino no 2, op. 13
5:09
11
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concerto no 4 en mi mineur pour piano et orchestre
14:42
12
Mathieu, André
Mathieu, André (1929 - 1968)
Concerto no 4 en mi mineur pour piano et orchestre
10:40
13
Mathieu, André
Lefèvre, Alain
Petite mère (Prélude No.1)
6:25