Mozart: Concertos pour piano Nos. 12 & 13
« Le fil des pensées de Mozart ressort de façon grandiose grâce à cette exécution emplie de compréhension et de grâce [...] ce qui donne envie de réentendre Nagano dans un futur proche sont les cadences pleines d'esprit et éclatantes de personnalité. »
– Gramophone Magazine, Septembre 2014


Concertos pour piano de Mozart en la majeur, K. 414, et en do majeur, K. 415


Ce doublé de concertos pour pianos séduisants et soigneusement élaborés datant de 1782 compte parmi les premières oeuvres du genre composées par Mozart après avoir quitté Salzbourg pour Vienne, afin de poursuivre une carrière d’artiste indépendant. Les sections dédiées aux bois n’étant pas structurellement essentielles dans ces concertos, Mozart lui-même a autorisé des interprétations des pièces a quattro, par un pianiste avec accompagnement de quatuor à cordes, comme c’est le cas sur cet enregistrement. La perte au niveau de la masse sonore est contrebalancée par un gain en nuances et ces pièces sont transmises de façon très efficace dans un contexte plus intime de musique de chambre.

L’Andante du K. 414 est particulièrement marquant, avec son sublime thème principal, rappelant un hymne, qui semble une citation de l’ouverture de Johann Christian Bach pour la reprise de l’opéra de Baldassare Galuppi La calamità dei cuori (La calamité de l’amour). J.C. Bach s’était déjà lié d’amitié avec la famille Mozart lors de son séjour à Londres en 1764, alors que Wolfgang avait huit ans; plusieurs années plus tard, vers 1770, le jeune Mozart réalisait des transcriptions de trois des sonates pour clavier de J.C. Bach, les transformant en concertos K. 107. En plus de concevoir des ritournelles orchestrales dans ces relectures, Mozart ajoutait ou retranchait parfois des passages de ses modèles, dans une volonté d’atteindre les proportions générales de ses concertos ultérieurs. Les bases de l’approche compositionnelle du concerto chez Mozart peuvent donc être retracées à cette façon dont il modifie la sonate, genre associé à une interprétation en privé, pour la transformer en l'étalage plus public du concerto, dans lequel il exerce le rôle de virtuose. Dans ce contexte, nous pouvons supposer que l’allusion de Mozart à J.C. Bach dans le K. 414 se veut un hommage senti au maitre émérite, mort peu de temps auparavant, en janvier 1782.

Les deux premiers mouvements du Concerto K. 414 sont thématiquement liés et le prolongement de la ritournelle orchestrale de l’Andante à partir de la mesure 9 rappelle le début du thème principal du premier mouvement du K. 414, avec sa montée par tierces de l’accord de la majeur, suivie d’une descente en mouvement conjoint. Divers thèmes de ce charmant concerto reprennent ce motif de gamme descendante. Par exemple, déjà dans la deuxième phrase du premier mouvement, Mozart élargit à partir de la deuxième mesure, la descente par mouvement de gamme d’une octave en une descente amplifiée rythmiquement et syncopée aux mesures 5 à 8, idée qui sert d’apex gestuel au premier thème.

L’importance du développement de cet allegro dans la tonalité de fa dièse mineur préfigure un concerto subséquent dans cette tonalité, le K. 488. Dans le charmant finale, Allegretto, le motif caractéristique descendant par mouvement conjoint des mouvements précédents se trouve équilibré par une impulsion mélodique ascendante.

Le Concerto en do majeur, K. 415, affiche lui aussi de telles interconnexions motiviques entre ses mouvements. Le mouvement conjoint généralisé qui commence sur le do dans le premier Allegro au rythme de marche réapparaît, transformé en contour lyrique dans l’Andante en fa majeur, remarquablement opératique. La mélodie d’ouverture de cet Andante s’articule autour du do, la dominante, et se déploie en une série de gestes descendants, de plus en plus passionnés, vers cette note, à partir du , du fa et du la. Nous rencontrons ensuite le noeud mélodique : un bond d’une dixième, volant jusqu’à la plus haute note, si bémol, geste équilibré par une longue descente lyrique, menant à la fin du thème. Cette première mélodie est merveilleusement dessinée et le mouvement met en lumière d’autres traits subtils, notamment des séries de trilles apparaissant avant la reprise ainsi que dans la coda.

Une esquisse rejetée pour ce mouvement lent nous montre que Mozart avait considéré utiliser un thème très différent, en do mineur, dont le contour descendant rappelait beaucoup le sujet principal du finale jovial, en do majeur et en 6/8. Alors qu’il avait rejeté l’idée pour le mouvement lent, il introduit deux épisodes adagio chargés de pathos dans l’Allegro final, aux mesures 49 à 64 et 216 à 231. Le retour de la mélodie en 6/8 chasse les segments mélancoliques en do mineur, mais l’oeuvre se termine en douceur, avec un decrescendo vers pianissimo dans les derniers instants. Le Concerto K. 415 ainsi que la Symphonie « Haffner », K. 385 ont été joués pour la première fois lors d’un concert de souscription le 23 mars 1783, en présence de l’empereur autrichien Joseph II.

Dans une lettre adressée à son père resté à Salzbourg, Mozart décrit ces concertos écrits en 1782 comme étant « un juste milieu entre le trop difficile et le trop facile; ils sont très brillants et agréables à l’oreille, naturels, sans bien entendu sombrer dans la vacuité. Çà et là seuls les connaisseurs en tireront satisfaction – mais de telle manière que les non-connaisseurs seront contents sans savoir pourquoi ». Le « juste milieu » de Mozart cherche ainsi à éviter la virtuosité vide et la complexité pure et simple. De son point de vue, des passages complexes plairont assurément aux « non-connaisseurs ». Son respect de l’impact global de sa musique sur des auditeurs relativement moins instruits reste une préoccupation constante. Cette musique séduisante, immédiatement raffinée et transparente, demeure novatrice, mais accessible.
Date de sortie:
18 février 2014
Numéro d'album:
AN 2 8765
Périodes:
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Mozart: Concertos pour piano Nos. 12 & 13

Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Concerto pour piano en do majeur no 13, KV 415
1
I. Allegro
0,99 $
10:34
2
II. Andante
0,99 $
7:55
3
III. Allegro
0,99 $
8:23
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Concerto pour piano en la majeur no 12, KV 414
4
I. Allegro
0,99 $
10:37
5
II. Andante
0,99 $
8:46
6
III. Allegretto
0,99 $
6:33
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Mozart: Concertos pour piano Nos. 12 & 13

Numéro d'album: AN 2 8765
Date de sortie: 18 février 2014

Période(s): Classique

Genre(s): PianoConcertoMusique de chambre

Compositeurs:
Mozart, Wolfgang Amadeus

Interprètes:
Nagano, Karin Kei | Cecilia String Quartet,



« Le fil des pensées de Mozart ressort de façon grandiose grâce à cette exécution emplie de compréhension et de grâce [...] ce qui donne envie de réentendre Nagano dans un futur proche sont les cadences pleines d'esprit et éclatantes de personnalité. »
– Gramophone Magazine, Septembre 2014


Concertos pour piano de Mozart en la majeur, K. 414, et en do majeur, K. 415


Ce doublé de concertos pour pianos séduisants et soigneusement élaborés datant de 1782 compte parmi les premières oeuvres du genre composées par Mozart après avoir quitté Salzbourg pour Vienne, afin de poursuivre une carrière d’artiste indépendant. Les sections dédiées aux bois n’étant pas structurellement essentielles dans ces concertos, Mozart lui-même a autorisé des interprétations des pièces a quattro, par un pianiste avec accompagnement de quatuor à cordes, comme c’est le cas sur cet enregistrement. La perte au niveau de la masse sonore est contrebalancée par un gain en nuances et ces pièces sont transmises de façon très efficace dans un contexte plus intime de musique de chambre.

L’Andante du K. 414 est particulièrement marquant, avec son sublime thème principal, rappelant un hymne, qui semble une citation de l’ouverture de Johann Christian Bach pour la reprise de l’opéra de Baldassare Galuppi La calamità dei cuori (La calamité de l’amour). J.C. Bach s’était déjà lié d’amitié avec la famille Mozart lors de son séjour à Londres en 1764, alors que Wolfgang avait huit ans; plusieurs années plus tard, vers 1770, le jeune Mozart réalisait des transcriptions de trois des sonates pour clavier de J.C. Bach, les transformant en concertos K. 107. En plus de concevoir des ritournelles orchestrales dans ces relectures, Mozart ajoutait ou retranchait parfois des passages de ses modèles, dans une volonté d’atteindre les proportions générales de ses concertos ultérieurs. Les bases de l’approche compositionnelle du concerto chez Mozart peuvent donc être retracées à cette façon dont il modifie la sonate, genre associé à une interprétation en privé, pour la transformer en l'étalage plus public du concerto, dans lequel il exerce le rôle de virtuose. Dans ce contexte, nous pouvons supposer que l’allusion de Mozart à J.C. Bach dans le K. 414 se veut un hommage senti au maitre émérite, mort peu de temps auparavant, en janvier 1782.

Les deux premiers mouvements du Concerto K. 414 sont thématiquement liés et le prolongement de la ritournelle orchestrale de l’Andante à partir de la mesure 9 rappelle le début du thème principal du premier mouvement du K. 414, avec sa montée par tierces de l’accord de la majeur, suivie d’une descente en mouvement conjoint. Divers thèmes de ce charmant concerto reprennent ce motif de gamme descendante. Par exemple, déjà dans la deuxième phrase du premier mouvement, Mozart élargit à partir de la deuxième mesure, la descente par mouvement de gamme d’une octave en une descente amplifiée rythmiquement et syncopée aux mesures 5 à 8, idée qui sert d’apex gestuel au premier thème.

L’importance du développement de cet allegro dans la tonalité de fa dièse mineur préfigure un concerto subséquent dans cette tonalité, le K. 488. Dans le charmant finale, Allegretto, le motif caractéristique descendant par mouvement conjoint des mouvements précédents se trouve équilibré par une impulsion mélodique ascendante.

Le Concerto en do majeur, K. 415, affiche lui aussi de telles interconnexions motiviques entre ses mouvements. Le mouvement conjoint généralisé qui commence sur le do dans le premier Allegro au rythme de marche réapparaît, transformé en contour lyrique dans l’Andante en fa majeur, remarquablement opératique. La mélodie d’ouverture de cet Andante s’articule autour du do, la dominante, et se déploie en une série de gestes descendants, de plus en plus passionnés, vers cette note, à partir du , du fa et du la. Nous rencontrons ensuite le noeud mélodique : un bond d’une dixième, volant jusqu’à la plus haute note, si bémol, geste équilibré par une longue descente lyrique, menant à la fin du thème. Cette première mélodie est merveilleusement dessinée et le mouvement met en lumière d’autres traits subtils, notamment des séries de trilles apparaissant avant la reprise ainsi que dans la coda.

Une esquisse rejetée pour ce mouvement lent nous montre que Mozart avait considéré utiliser un thème très différent, en do mineur, dont le contour descendant rappelait beaucoup le sujet principal du finale jovial, en do majeur et en 6/8. Alors qu’il avait rejeté l’idée pour le mouvement lent, il introduit deux épisodes adagio chargés de pathos dans l’Allegro final, aux mesures 49 à 64 et 216 à 231. Le retour de la mélodie en 6/8 chasse les segments mélancoliques en do mineur, mais l’oeuvre se termine en douceur, avec un decrescendo vers pianissimo dans les derniers instants. Le Concerto K. 415 ainsi que la Symphonie « Haffner », K. 385 ont été joués pour la première fois lors d’un concert de souscription le 23 mars 1783, en présence de l’empereur autrichien Joseph II.

Dans une lettre adressée à son père resté à Salzbourg, Mozart décrit ces concertos écrits en 1782 comme étant « un juste milieu entre le trop difficile et le trop facile; ils sont très brillants et agréables à l’oreille, naturels, sans bien entendu sombrer dans la vacuité. Çà et là seuls les connaisseurs en tireront satisfaction – mais de telle manière que les non-connaisseurs seront contents sans savoir pourquoi ». Le « juste milieu » de Mozart cherche ainsi à éviter la virtuosité vide et la complexité pure et simple. De son point de vue, des passages complexes plairont assurément aux « non-connaisseurs ». Son respect de l’impact global de sa musique sur des auditeurs relativement moins instruits reste une préoccupation constante. Cette musique séduisante, immédiatement raffinée et transparente, demeure novatrice, mais accessible.
1
Mozart, Wolfgang Amadeus
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Concerto pour piano en do majeur no 13, KV 415
10:34
2
Mozart, Wolfgang Amadeus
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Concerto pour piano en do majeur no 13, KV 415
7:55
3
Mozart, Wolfgang Amadeus
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Concerto pour piano en do majeur no 13, KV 415
8:23