Classiques russes à l'accordéon
Classiques russes
Une histoire de l’accordéon ne saurait se révéler exhaustive si elle ne comporte pas un consistant chapitre dédié à la Russie qui, aussi bien au niveau de la facture que du perfectionnement de la technique, de la création d’une littérature spécifique ou du rôle-clé joué par ses interprètes sur la scène internationale, a largement contribué au développement de l’instrument.

Si, dès le milieu du 17e siècle, Johann Wilde avait déjà popularisé le sheng (orgue à bouche, datant de 3000 avant Jésus-Christ) à la cour, il faudra attendre en 1830, un an après le dépôt de brevet du Viennois Cyrill Demian, pour que l’accordéon renverse le public russe en 1830 à la foire de Nijni-Novgorod. Reconstruit, bonifié, russifié, sa production débute dans la ville de Toula et l’instrument fait bientôt partie de ceux associés au répertoire folklorique. En 1870, Beloborodov perfectionne un accordéon chromatique à deux rangées et l’instrument interpelle les compositeurs, qui commencent à lui dédier des pages. Piotr Ilitch Pyotr Ilyich Tchaïkovski (1840-1893) utilisera ainsi quatre accordéons dans sa Deuxième Suite pour orchestre symphonique en 1883. L’enregistrement propose ici « Troïka » et « Octobre », tirés de ses Saisons pour piano, qui évoquent admirablement paysages et événements typiques de chaque mois de l’année, ainsi qu’un extrait de la populaire suite Casse-noisette.

En 1907, Khegstrem met sur pied la Première Société d’amateurs de l’accordéon. L’instrument, qui porte dès lors le nom de bayan, en l’honneur de Boïan, poète troubadour et magicien qui chantait des récits historiques et fantastiques (qu’on retrouve notamment dans Ruslan et Ludmila de Pouchkine), permet aux interprètes de s’approprier les pages les plus difficiles du répertoire classique. Alexander Sevastian interprète ici des extraits des Tableaux d’une exposition de Modest Mussorgsky (1839-1881), pierre angulaire de la littérature romantique pour piano, et deux pièces lyriques de Sergueï Rachmaninov (1863-1943) – dont la célèbre Vocalise –, qui mettent en valeur la richesse du timbre de l’instrument.

Conservatoires et universités accueilleront l’accordéon dès 1926 à Saint-Pétersbourg (l’année suivante à Moscou et Kiev) et on assistera bientôt à la naissance de concours, de publications dédiés et d’une littérature étoffée.

Pont essentiel entre répertoire traditionnel folklorique et classique, le bayan restera longtemps synonyme de fierté nationale. Le gouvernement soviétique n’hésitera d’ailleurs pas à inclure la fabrique Jupiter dans le département expérimental de l’Armée rouge. À partir de 1966, les Soviétiques participeront aux concours internationaux, notamment celui de Klingenthal (en ex-République démocratique allemande), remportant pendant des décennies tous les premiers prix. Ils continuent de repousser les limites techniques de l’instrument, tout en magnifiant ses possibilités expressives.

Né en 1946, Vyatcheslav Semionov demeure une icône de l’accordéon. Virtuose, professeur réputé, ses compositions sont régulièrement retenues comme répertoire imposé des plus prestigieux concours. Auteur de deux sonates, d’un concerto « Frescos », de caprices, de suites et de fantaisies sur des thèmes folkloriques, sa Don Rhapsodie no 1, véritable signature, connaît un grand succès partout dans le monde. Inspirée du folklore cosaque, cette œuvre particulièrement virtuose met en lumière les multiples facettes de l’instrument.

Né aveugle, Ivan Panitsky (1906-1990) était reconnu pour ses dons d’interprète. Dotées d’une simplicité contagieuse, ses compositions adoptent toujours un registre particulièrement expressif. « Oi, da ty, Kalinushka » (Arbre de boules de neige) demeure l’une de ses pages les plus aimées.

Vladislav Zolotaryov (1942-1975) a offert à l’accordéon ses lettres de noblesse en tant qu’instrument classique. En six mouvements, sa Suite de chambre se veut représentative de son style et propose une musique magnifique, lyrique, mélancolique, exempte de drame douloureux, mais plutôt empreinte d’une légère tristesse. L’oeuvre conduit l’auditeur à un état méditatif, seul le silence pouvant accueillir les dernières notes jouées. Dédiée à sa femme, elle transmet la profondeur des sentiments entretenus par le compositeur à l’égard de sa muse.

Georgy Shenderyov (1937-1984) privilégie un authentique style national. Sa Danse russe se compose en fait de deux danses différentes, une ronde calme et raisonnable se jetant dans une autre, énergique et débordante de joie.

Né en 1976, Vyatcheslav Korolyov a composé de nombreuses fantaisies sur des airs folkloriques russes. L’Impromptu sur « Oi ty Rozh » s’inspire d’une chanson d’Alexander Doloukhanyan, mais aussi du décès soudain du célèbre Vyacheslav Chernikov, survenu en 1994. En hommage à ce dernier, Korolyov a souhaité insuffler une couleur typique à « Oi ty Rozh », privilégiant un thème particulièrement lyrique, développé tout au long de la pièce jusqu’à détenir une densité symphonique. Dans la cadence, le compositeur utilise un motif de trois notes, do, si bécarre, mi – C-H-E, issu de Chernikov. On entendra tout à coup un clic du commutateur du clavier gauche qui rompt la musique, geste qui évoque la mort de Chernikov sur scène, d’une crise cardiaque. Après plusieurs secondes d’é touffant silence, la dernière variation est énoncée, désespérée, pourtant porteuse d’espoir, telle la vie qui continue…

Le chant folklorique russe « Oi, Moroz, Moroz » sert quant à lui de matériau de base à une fantaisie complexe qui met en valeur les énormes possibilités virtuoses de l’instrument.

© Lucie Renaud & Alexander Sevastian

Date de sortie:
20 septembre 2011
Numéro d'album:
AN 2 9929
Périodes:
Genres:
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Classiques russes à l'accordéon

Shenderyov , Georgy (1937 - 1984)
Danse russe
1
Danse russe
0,99 $
2:52
Korolyov, Vyatcheslav (1976 - )
Impromptu sur le chant russe “Oi ty Rozh”
2
Impromptu sur le chant russe “Oi ty Rozh”
0,99 $
7:31
Korolyov, Vyatcheslav (1976 - )
Fantaisie sur le chant russe “Oi moroz moroz”
3
Fantaisie sur le chant russe “Oi moroz moroz”
0,99 $
4:36
Rachmaninov, Sergueï (1873 - 1943)
Vocalise
4
Vocalise
0,99 $
5:51
Rachmaninov, Sergueï (1873 - 1943)
Barcarolle
5
Barcarolle
0,99 $
4:59
Mussorgsky, Modeste (1839 - 1881)
Les Tableaux d'une exposition
6
II. Gnomus
0,99 $
2:34
7
IX. Ballett der nicht ausgeschlupften Kuchlein
0,99 $
1:14
Semionov, Vyatcheslav (1946 - )
Don Rhapsodie no.1
8
Don Rhapsodie no.1
0,99 $
4:35
Tchaikovsky, Pyotr Il’yich (1840 - 1893)
Les Saisons, Op. 37b
9
Octobre: Chant d'automne, op.37b, no 10
0,99 $
4:19
10
Novembre: Troïka, op. 37b, no 11
0,99 $
3:21
Tchaikovsky, Pyotr Il’yich (1840 - 1893)
Variation II Danse de la Fée Dragée
11
Variation II Danse de la Fée Dragée
0,99 $
2:00
Panitsky , Ivan (1906 - 1990)
Arbre de boules de neige
12
Arbre de boules de neige
0,99 $
3:44
Zolotaryov , Vladislav (1942 - 1975)
Suite de chambre
13
Evening Prelude
0,99 $
2:37
14
Moonlight Spurting Outdoors
0,99 $
4:48
15
Snowfall at Night
0,99 $
3:20
16
Mysterious Visions
0,99 $
1:59
17
I am Calling Instances of Gloomy Sorrow
0,99 $
1:31
18
An Old Fairy-Tale
0,99 $
4:15
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Classiques russes à l'accordéon

Numéro d'album: AN 2 9929
Date de sortie: 20 septembre 2011

Période(s): Divers

Genre(s):

Compositeurs:
Divers / Misc., | Semionov, Vyatcheslav | Rachmaninov, Sergueï | Mussorgsky, Modeste | Tchaikovsky, Pyotr Il’yich | Panitsky , Ivan | Zolotaryov , Vladislav | Shenderyov , Georgy | Korolyov, Vyatcheslav

Interprètes:
Sevastian, Alexander



Classiques russes
Une histoire de l’accordéon ne saurait se révéler exhaustive si elle ne comporte pas un consistant chapitre dédié à la Russie qui, aussi bien au niveau de la facture que du perfectionnement de la technique, de la création d’une littérature spécifique ou du rôle-clé joué par ses interprètes sur la scène internationale, a largement contribué au développement de l’instrument.

Si, dès le milieu du 17e siècle, Johann Wilde avait déjà popularisé le sheng (orgue à bouche, datant de 3000 avant Jésus-Christ) à la cour, il faudra attendre en 1830, un an après le dépôt de brevet du Viennois Cyrill Demian, pour que l’accordéon renverse le public russe en 1830 à la foire de Nijni-Novgorod. Reconstruit, bonifié, russifié, sa production débute dans la ville de Toula et l’instrument fait bientôt partie de ceux associés au répertoire folklorique. En 1870, Beloborodov perfectionne un accordéon chromatique à deux rangées et l’instrument interpelle les compositeurs, qui commencent à lui dédier des pages. Piotr Ilitch Pyotr Ilyich Tchaïkovski (1840-1893) utilisera ainsi quatre accordéons dans sa Deuxième Suite pour orchestre symphonique en 1883. L’enregistrement propose ici « Troïka » et « Octobre », tirés de ses Saisons pour piano, qui évoquent admirablement paysages et événements typiques de chaque mois de l’année, ainsi qu’un extrait de la populaire suite Casse-noisette.

En 1907, Khegstrem met sur pied la Première Société d’amateurs de l’accordéon. L’instrument, qui porte dès lors le nom de bayan, en l’honneur de Boïan, poète troubadour et magicien qui chantait des récits historiques et fantastiques (qu’on retrouve notamment dans Ruslan et Ludmila de Pouchkine), permet aux interprètes de s’approprier les pages les plus difficiles du répertoire classique. Alexander Sevastian interprète ici des extraits des Tableaux d’une exposition de Modest Mussorgsky (1839-1881), pierre angulaire de la littérature romantique pour piano, et deux pièces lyriques de Sergueï Rachmaninov (1863-1943) – dont la célèbre Vocalise –, qui mettent en valeur la richesse du timbre de l’instrument.

Conservatoires et universités accueilleront l’accordéon dès 1926 à Saint-Pétersbourg (l’année suivante à Moscou et Kiev) et on assistera bientôt à la naissance de concours, de publications dédiés et d’une littérature étoffée.

Pont essentiel entre répertoire traditionnel folklorique et classique, le bayan restera longtemps synonyme de fierté nationale. Le gouvernement soviétique n’hésitera d’ailleurs pas à inclure la fabrique Jupiter dans le département expérimental de l’Armée rouge. À partir de 1966, les Soviétiques participeront aux concours internationaux, notamment celui de Klingenthal (en ex-République démocratique allemande), remportant pendant des décennies tous les premiers prix. Ils continuent de repousser les limites techniques de l’instrument, tout en magnifiant ses possibilités expressives.

Né en 1946, Vyatcheslav Semionov demeure une icône de l’accordéon. Virtuose, professeur réputé, ses compositions sont régulièrement retenues comme répertoire imposé des plus prestigieux concours. Auteur de deux sonates, d’un concerto « Frescos », de caprices, de suites et de fantaisies sur des thèmes folkloriques, sa Don Rhapsodie no 1, véritable signature, connaît un grand succès partout dans le monde. Inspirée du folklore cosaque, cette œuvre particulièrement virtuose met en lumière les multiples facettes de l’instrument.

Né aveugle, Ivan Panitsky (1906-1990) était reconnu pour ses dons d’interprète. Dotées d’une simplicité contagieuse, ses compositions adoptent toujours un registre particulièrement expressif. « Oi, da ty, Kalinushka » (Arbre de boules de neige) demeure l’une de ses pages les plus aimées.

Vladislav Zolotaryov (1942-1975) a offert à l’accordéon ses lettres de noblesse en tant qu’instrument classique. En six mouvements, sa Suite de chambre se veut représentative de son style et propose une musique magnifique, lyrique, mélancolique, exempte de drame douloureux, mais plutôt empreinte d’une légère tristesse. L’oeuvre conduit l’auditeur à un état méditatif, seul le silence pouvant accueillir les dernières notes jouées. Dédiée à sa femme, elle transmet la profondeur des sentiments entretenus par le compositeur à l’égard de sa muse.

Georgy Shenderyov (1937-1984) privilégie un authentique style national. Sa Danse russe se compose en fait de deux danses différentes, une ronde calme et raisonnable se jetant dans une autre, énergique et débordante de joie.

Né en 1976, Vyatcheslav Korolyov a composé de nombreuses fantaisies sur des airs folkloriques russes. L’Impromptu sur « Oi ty Rozh » s’inspire d’une chanson d’Alexander Doloukhanyan, mais aussi du décès soudain du célèbre Vyacheslav Chernikov, survenu en 1994. En hommage à ce dernier, Korolyov a souhaité insuffler une couleur typique à « Oi ty Rozh », privilégiant un thème particulièrement lyrique, développé tout au long de la pièce jusqu’à détenir une densité symphonique. Dans la cadence, le compositeur utilise un motif de trois notes, do, si bécarre, mi – C-H-E, issu de Chernikov. On entendra tout à coup un clic du commutateur du clavier gauche qui rompt la musique, geste qui évoque la mort de Chernikov sur scène, d’une crise cardiaque. Après plusieurs secondes d’é touffant silence, la dernière variation est énoncée, désespérée, pourtant porteuse d’espoir, telle la vie qui continue…

Le chant folklorique russe « Oi, Moroz, Moroz » sert quant à lui de matériau de base à une fantaisie complexe qui met en valeur les énormes possibilités virtuoses de l’instrument.

© Lucie Renaud & Alexander Sevastian

1
Divers / Misc.,
Shenderyov , Georgy (1937 - 1984)
Danse russe
2:52
2
Divers / Misc.,
Korolyov, Vyatcheslav (1976 - )
Impromptu sur le chant russe “Oi ty Rozh”
7:31
3
Divers / Misc.,
Korolyov, Vyatcheslav (1976 - )
Fantaisie sur le chant russe “Oi moroz moroz”
4:36