Viole d’amour
11 mars 2010Votre œil a peut-être été attiré par la couverture plutôt évocatrice du dernier
enregistrement d’Hélène Plouffe mais vous vous demandez ce qu’une viole d’amour peut bien être. Parle-t-on d’un vague ancêtre du violon, la joue-t-on comme une guitare?
En fait, la viole d’amour est un instrument à cordes, qu’on joue avec l’archet, apparu à la fin du 17e siècle, d’abord à Salzbourg, Munich et en Bohème puis, un peu plus tard, en Italie, en France et dans les autres pays européens. Ses origines restent obscures mais, selon toute vraisemblance, l’instrument descendrait d’instruments du Moyen-Orient, de la Turquie et de l’Inde, pays où les cordes additionnelles qui entrent en résonance sont légion. La viole d’amour, comme la viole de gambe, a un dos droit, un haut de corps incliné, des côtes élevées et une rosette mais est jouée comme le violon ou l’alto sous le menton. Elle possède généralement une tête sculptée plutôt qu’une volute, représentant le plus souvent un cupidon aux yeux bandés, d’où le nom de l’instrument.
La plupart des violes d’amour ont 14 cordes – 7 jouées et 7 qui résonnent, aussi appelés cordes sympathiques – qui passent à travers le chevalet et entre la touche et la tête de l’instrument. Pendant la période baroque, il était courant d’accorder la viole d’amour selon la tonalité jouée. Joseph Maier avait par exemple répertorié 16 accords possibles différents dans son traité de 1732 Museum musicum. Dès la fin du 18e siècle, cependant, l’accord se faisait généralement : la-ré – la – fa’ – fa#’ – la’ – ré’’
La viole d’amour était très populaire pendant les périodes baroque et classique. Parmi les compositeurs qui ont écrit pour l’instrument, on retrouve Johann Sebastian Bach, Christoph Graupner, Georg Philip Telemann, Antonio Vivaldi, Alessandro Scarlatti, Pietro Locatelli, Christian Petzold, Johann Joachim Quantz, Joseph Leopold Eybler, ainsi que Johann et Carl Stamitz.



