Retour de tournée pour Tafelmusik

8 février 2010

L’Orchestre baroque Tafelmusik a présenté son concert du Projet Galilée, Musique des sphères, lors d’une tournée de quatre villes de la Californie et du Missouri, du 30 janvier au 6 février : Kansas City, Santa Barbara, San Diego et Los Angeles. Cette tournée américaine 2010 fait suite à des débuts salués au Carnegie Hall de New York en février 2009, une présence au Festival de Reate en Italie l’été dernier et une participation au Festival international de Cervantino au Mexique en octobre.

Le projet a été nominé comme participation canadienne au prix d’excellence en éducation et implication communautaire de l’Année internationale de l’astronomie 2009. Les lauréats seront salués en mars 2010 lors d’une cérémonie qui se tiendra à Cape Town, en Afrique du Sud. En novembre 2009, le Projet Galilée a été évoqué dans un article de la revue Hubble Space Telescope’s CAP Journal (Communiquer l’astronomie au public) et a fait la couverture en décembre 2009 d’International Arts Manager, une publication britannique. En avril 2009, l’association internationale d’astronomie a nommé un astéroïde en l’honneur de Tafelmusik. Le Projet Galilée se rendra en Asie en octobre 2010 et Tafelmusik fera ses débuts à Kuala Lumpur. Une version en mandarin du projet sera également présentée lors d’arrêts de la tournée de Tafelmusik en Chine.

Pour entendre Tafelmusik dans les deux dernières symphonies de Mozart…

La Septième de Beethoven

6 février 2010

Parce qu’une image vaut mille mots, le vidéo pris en concert du premier mouvement de la Septième Symphonie de Beethoven, interprété par l’Orchestre de la Francophonie sous la direction de Jean-Philippe Tremblay.

La « Pastorale » (2/2)

4 février 2010

Anton Schindler raconte qu’il se promenait en avril 1823 avec Beethoven et que celui-ci « s’arrêtait souvent, tournant ses regards émerveillés, et respirait l’air embaumé de cette délicieuse vallée. Puis s’asseyant sur le gazon et s’adossant à un ormeau, il me demanda si, parmi les chants des oiseaux, j’entendais celui du loriot. Tout était silencieux. Il reprit alors : “ Ici j’ai écrit la ‘Scène au bord du ruisseau’, et là-haut les cailles, les loriots, les rossignols et les coucous, l’ont composée avant moi. ” »

Un orage coupe bientôt court à la « Joyeuse assemblée de paysans », aux sonorités populaires. « Écoutez, écoutez ces rafales de vent chargées de pluie, ces sourds grondements des basses, explique Berlioz, le sifflement aigu des petites flûtes qui nous annoncent une horrible tempête sur le point d’éclater; l’ouragan s’approche, grossit; un immense trait chromatique, parti des hauteurs de l’instrumentation, vient fouiller jusqu’aux dernières profondeurs de l’orchestre, y accroche les basses, les entraîne avec lui et remonte en frémissant comme un tourbillon qui renverse tout sur son passage. »

La Symphonie s’achève dans la joie et la sérénité, les images bucoliques du premier mouvement étant de nouveau conjurées dans cet hymne de gratitude envers la nature.

Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 3)

La « Pastorale » (1/2)

3 février 2010

« J’aime un arbre plus qu’un homme ; les bois, les arbres, les rochers donnent la réponse que l’homme attend » (Beethoven)

Selon ses contemporains, Beethoven n’aimait rien tant que s’imprégner des beautés de la nature. Son valet Michael Krenn se souvient qu’il pouvait arpenter les prés de l’aube à la nuit tombée, « carnet de notes à la main, gesticulant, complètement transporté par l’inspiration »  Un de ces carnets, daté de 1803, contient d’ailleurs une esquisse musicale des sonorités du ruisseau courant près de Heiligenstadt (près de Vienne), passage qui sera retravaillé pour être intégré dans l’Andante de la « Pastorale ».

Composées de façon simultanée, la Cinquième Symphonie et la « Pastorale » seront créées le 22 décembre 1808. Si la première dépeint l’Homme aux prises avec le Destin, la seconde le trouve face à la Nature. Plutôt que de dresser un portrait réaliste des scènes évoquées, Beethoven cherche plutôt à en extraire la quintessence. « Symphonie Pastorale, ou souvenir de la vie champêtre (plutôt expression de la sensation que peinture) », inscrit-il d’ailleurs sur la page-titre de la première édition.

Le premier mouvement inspire les images suivantes à Hector Berlioz : « Les pâtres commencent à circuler dans les champs, avec leur allure nonchalante, leurs pipeaux qu’on entend au loin et tout près; de ravissantes phrases vous caressent délicieusement comme la brise parfumée du matin; des vols ou plutôt des essaims d’oiseaux babillards passent en bruissant sur votre tête, et de temps en temps l’atmosphère semble chargée de vapeurs; de grands nuages viennent cacher le soleil, puis tout à coup ils se dissipent et laissent tomber d’aplomb sur les champs et les bois des torrents d’une éblouissante lumière. »

Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 3)

Artistes Analekta récompensés aux Prix Opus

1 février 2010

C’était hier après-midi, salle Claude-Champagne, qu’avait lieu la 13e cérémonie des Prix Opus, qui reconnaît le travail remarquable des intervenants du milieu classique québécois. Des artistes Analekta ont raflé 5 des 27 prix remis lors de ce gala animé par Mario Paquet et André Papillon.

Le pianiste André Laplante est d’abord monté sur scène pour recevoir le prix « Concert de l’année - Régions » pour son récital Chopin et Liszt, donné le 20 juin dernier au Centre d’arts Orford. Pour écouter André Laplante dans Chopin…

Quelques instants à peine après, Matthias Maute, directeur artistique de l’Ensemble Caprice a rejoint Christopher Jackson du Studio de musique ancienne de Montréal pour recevoir un prix conjoint pour le concert « Le Faste de la France », donné le 3 mai dernier, dans la catégorie « Concert de l’année - Musiques médiévale, de la renaissance, baroque ». L’Ensemble Caprice a également interprété une Folia endiablée, en plus de ponctuer les remises de prix de la seconde moitié du gala. Pour écouter Gloria! Vivaldi et ses anges (en nomination dans la catégorie « Disque de l’année - Musiques médiévale, de la renaissance, baroque »…

L’Orchestre symphonique de Montréal s’est quant à lui vu récompensé pour son programme « Aventure en mer », présenté dans le cadre de ses productions jeune public. L’OSM était également en nomination pour la présentation de la présentation en version concert de l’opéra Saint François d’Assise de Messiaen et dans la catégorie « Disque de l’année - Musiques moderne, contemporaine » pour son disque consacré à la compositrice coréenne Unsuk Chin. Pour l’écouter…

La pianiste Louise Bessette a été récompensée à deux reprises, tout d’abord en tant qu’« Interprète de l’année » puis pour le remarquable travail effectué en marge de l’« Automne Messiaen », événement unique qui a permis à plusieurs organismes montréalais de souligner le 100e anniversaire de naissance du compositeur français. Visiblement émue, elle à tenu à remercier Olivier Messiaen mais aussi tous les compositeurs québécois, dont plusieurs lui ont offert des œuvres au fil des ans. Pour écouter son dernier album consacré à Messiaen…

La Neuvième

31 janvier 2010

An die Freude (À la joie) de Friedrich Schiller (1759-1805), poème publié pour la première fois en 1785, a habité l’imaginaire de Beethoven pendant plus de 30 ans avant qu’il ne décide de l’immortaliser dans le dernier mouvement. Les écrits du poète et dramaturge allemand ne pouvaient que connaître une telle résonance chez le compositeur. En effet, l’œuvre de Schiller abonde en références à la liberté chèrement acquise et la première version du texte était, de fait, une ode à la liberté, écrite dans une perspective démocratique. Plutôt que de mettre le poème en musique, Beethoven se sert des strophes de Schiller, en omettant plus de la moitié, les permutant, en répétant certaines, allant jusqu’à intégrer quatre nouveaux vers de sa propre main, afin d’exprimer avec le plus de précision possible ses  intentions musicales.

Lorsque le dernier mouvement de la symphonie s’amorce, Beethoven suspend l’adagio précédant, comme s’il voulait le prolonger dans l’éternité. Le contraste avec le récitatif instrumental qui suit reste saisissant. Le matériel est d’abord présenté sous sa forme instrumentale avant que n’éclate enfin, d’abord à l’unisson des basses, puis varié sous de multiples formes, ce célèbre thème de la joie. En s’adjoignant les voix, Beethoven ne souhaite pas simplement créer un effet (si spectaculaire soit-il) mais prolonger dans un geste essentiel ce que les instruments seuls ne sont plus à même d’exprimer. Le chœur devient ainsi couleur orchestrale, joignant sa voix à celle des autres instruments. « Seuls l’art et la science élèvent l’homme jusqu’à la divinité. » (Beethoven)

Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 5)

L’« Héroïque » de Beethoven

29 janvier 2010

Dans les prochains billets, nous évoquerons trois des neuf symphonies de Beethoven: la Troisième, « Héroïque » (son premier mouvement particulièrement), la Neuvième (et son célèbre dernier mouvement) et la Sixième, « Pastorale ».

Première symphonie réellement romantique de Beethoven, « monument musical » selon Berlioz, la Troisième Symphonie, terminée en 1804,  devait faire basculer irrémédiablement le genre dans une nouvelle ère. Elle « apparaît un miracle, dans l’œuvre même de Beethoven, soutient Romain Rolland. Si, par la suite, il a été plus loin, il n’a jamais fait, d’un coup, un aussi large pas. »

D’abord dédiée à Napoléon, avant que celui-ci ne se proclame empereur et que Beethoven n’arrache sa dédicace avec rage, la Symphonie n’évoque pas tant les batailles que les « pensers graves et profonds, de mélancoliques souvenirs, de cérémonies imposantes par leur grandeur et leur tristesse », selon Berlioz. Comme l’explique quant à lui Wagner dans un écrit daté de 1851, le terme « héroïque » doit être pris dans son sens le plus large, de « l’Homme tout entier, l’Homme complet, qui possède en propre, dans leur absolue plénitude et leur intensité, tous les sentiments purement humains de l’amour, de la douleur et de la force ».

Bâti sur un simple accord de mi bémol, le thème principal du premier mouvement se dévoile peu à peu, désespéré et presque rageur selon Berlioz dans le développement, abattement qui se résorbe pourtant rapidement. Tout au long du mouvement, « plaisir et douleur, joie et souffrance, tendresse et mélancolie, recueillement et désir ardent, langueur et exaltation, hardiesse, bravade et indépendance indomptable alternent et se pénètrent » selon Wagner.

Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 1)

Mozart: la jeunesse de ses 254 ans

27 janvier 2010

Anniversaire de Mozart aujourd’hui, toujours aussi présent dans l’imaginaire des mélomanes, qu’ils soient amateurs éclairés ou spécialistes.

Je vous propose donc cette relecture picturale de sa célèbre sonate « facile » (pas si facile que ça, croyez-en les jeunes interprètes qui l’ont « massacrée » au fil des ans), K. 545.

Pour écouter ses deux dernières symphonies, interprétées par Tafelmusik, c’est par là…

Intégrale Beethoven par l’Orchestre de la francophonie

26 janvier 2010

C’est ce soir que sera lancé le tout nouvel enregistrement de l’Orchestre de la Francophonie, Beethoven Live, première commercialisation de l’intégrale des symphonies de Beethoven par un orchestre canadien.

Cette intégrale a été captée en concert à Québec, lors d’une série de quatre soirées reprise quelques jours après à Montréal. Ce projet a été initié par l’effervescent Jean-Philippe Tremblay, 31 ans, directeur musical de l’Orchestre de la Francophonie depuis sa création en 2001 et chef invité de nombreux orchestres européens et nord-américains.

« L’œuvre de Beethoven est porteuse d’émotions et d’un idéal humaniste qui appelle le dépassement de soi pour faire place à une énergie universelle et généreuse. Beethoven est pour moi le plus grand parmi les grands: le libérateur, le guide. Interpréter sa musique est une des plus incroyables expériences données à un musicien. C’est dans cet esprit que mes collègues de l’Orchestre de la Francophonie et moi-même avons abordé sa musique », explique le jeune chef dans sa note de programme.

La réalisation du projet Beethoven Live a été rendue possible grâce à la participation d’Espace musique et on peut télécharger gratuitement le dernier mouvement de la Septième Symphonie sur le blogue d’Espace classique ici.

Nous reviendrons à certaines des symphonies de Beethoven sous peu.

Une musique inquiétante

25 janvier 2010

Non, je ne suis pas quelques mois en retard pour vous parler de musique d’horreur. Une musique inquiétante (traduction de Old Wicked Songs) est le titre d’une pièce de théâtre, qui sera présentée dès mercredi au Théâtre du Rideau Vert et qui, fait suffisamment rare pour qu’on s’y attarde, met la musique au premier plan, non pas comme le font les comédies musicales mais bien dont la musique devient personnage, celle de Schumann ici, et son cycle les Dichterliebe.

Cette pièce de l’auteur américain Jon Marans, finaliste en 1996 du Prix Pulitzer et lauréate du L.A. Drama Logue Award, a été depuis reprise dans une douzaine de pays. Son propos? Le jeune pianiste prodige Stephen Hoffman (Émile Proulx-Cloutier) débarque à Vienne en 1986 pour étudier avec le grand Schiller, mais il se retrouve plutôt dans la classe du déclinant Mashkan, professeur de chant sentimental (Jean Marchand). Il lui donne à travailler les Dichterliebe de Schumann, ce qui révolte d’abord le jeune pianiste. Ces deux hommes que tout semble opposer (âge, race, culture, façon d’aborder la vie) finiront pourtant par aller à la rencontre l’un de l’autre, non pas tant à travers leur dialogue qu’à travers la musique.

Ayant lui-même poursuivi une formation en musique en Autriche, le dramaturge américain trace ici un portrait caustique de son dégoût face au déni du passé nazi du pays mais cède aussi à l’émerveillement ressenti lors de la découverte de l’œuvre de Schumann.

On peut entendre sa Première Sonate ici, interprétée par Anton Kuerti…