Festival international du film sur l’art

14 mars 2010

Le 28e Festival international du film sur l’art se tiendra du 18 au 28 mars prochain. Plusieurs films retirent l’attention dans la catégorie « musique ». Mentionnons ici El sistema: la musique avenir du Vénézuéla, un documentaire particulièrement inspiré qui évoque ce mouvement d’enseignement musical unique dans le monde, Big Alma, qui retrace le parcours de la compositrice Alma Mahler ou L’Art de Chopin, un must en cette année anniversaire. Il ne faudrait pas non plus oublier Suggestion diabolique, filmé en un plan-séquence dynamique exécuté par un robot, dans lequel le pianiste virtuose André Laplante interprète la pièce de Sergueï Prokofiev et Symphonie Montréal, qui se veut un portrait de la 75e saison de l’OSM.

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Viole d’amour

11 mars 2010

Votre œil a peut-être été attiré par la couverture plutôt évocatrice du dernier enregistrement d’Hélène Plouffe mais vous vous demandez ce qu’une viole d’amour peut bien être. Parle-t-on d’un vague ancêtre du violon, la joue-t-on comme une guitare?

En fait, la viole d’amour est un instrument à cordes, qu’on joue avec l’archet, apparu à la fin du 17e siècle, d’abord à Salzbourg, Munich et en Bohème puis, un peu plus tard, en Italie, en France et dans les autres pays européens. Ses origines restent obscures mais, selon toute vraisemblance, l’instrument descendrait d’instruments du Moyen-Orient, de la Turquie et de l’Inde, pays où les cordes additionnelles qui entrent en résonance sont légion. La viole d’amour, comme la viole de gambe, a un dos droit, un haut de corps incliné, des côtes élevées et une rosette mais est jouée comme le violon ou l’alto sous le menton. Elle possède généralement une tête sculptée plutôt qu’une volute, représentant le plus souvent un cupidon aux yeux bandés, d’où le nom de l’instrument.

La plupart des violes d’amour ont 14 cordes – 7 jouées et 7 qui résonnent, aussi appelés cordes sympathiques – qui passent à travers le chevalet et entre la touche et la tête de l’instrument. Pendant la période baroque, il était courant d’accorder la viole d’amour selon la tonalité jouée. Joseph Maier avait par exemple répertorié 16 accords possibles différents dans son traité de 1732 Museum musicum. Dès la fin du 18e siècle, cependant, l’accord se faisait généralement : la-ré – la – fa’ – fa#’ – la’ – ré’’

La viole d’amour était très populaire pendant les périodes baroque et classique. Parmi les compositeurs qui ont écrit pour l’instrument, on retrouve Johann Sebastian Bach, Christoph Graupner, Georg Philip Telemann, Antonio Vivaldi, Alessandro Scarlatti, Pietro Locatelli, Christian Petzold, Johann Joachim Quantz, Joseph Leopold Eybler, ainsi que Johann et Carl Stamitz.

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Francesca Caccini

9 mars 2010

Journée internationale de la femme hier. Quelle meilleure façon de prolonger l’événement que de découvrir une compositrice, Francesca Caccini, compositrice à laquelle est consacré le tout dernier album de Shannon Mercer, disponible dès aujourd’hui?

Née à Florence en 1587, souvent surnommée « La Cecchina » (l’oiseau chanteur), Francesca Caccini est la fille de Giulio Caccini  - à qui on doit notamment le recueil de madrigaux La Nuove Musiche et des traités musicaux (mais non pas le fameux de Caccini, en réalité un pastiche). Avec son frère Pompeo et sa sÅ“ur Settimia, elle fait partie du Concerto Caccini, ensemble qui chante notamment au mariage du roi Henri IV et de Marie de Médicis en 1600. Quatre ans plus tard, quand le monarque l’entend à Paris, il est renversé. « Vous êtes la meilleure chanteuse de France », affirme-t-il sans ambages. Sur le champ, il lui offre un poste à la cour, mais les officiels florentins refusent de la délier de ses engagements. En 1607, elle s’engagera au service des Médicis, en tant que professeur, chanteuse, répétitrice vocale et compositrice d’œuvres lyriques et de musique de chambre.

Les témoignages de l’époque le confirment tous : Francesca Caccini était une remarquable musicienne, tant comme chanteuse que comme luthiste, guitariste et claveciniste. Ayant reçu une éducation humaniste, elle avait également développé ses talents comme poète et a vraisemblablement écrit la plupart des textes du recueil présentés ici, exception faite de Difpiegate (sur un texte de Ceba).

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Angèle Dubeau évoque Arvo Pärt

7 mars 2010

Paru dans La Presse du week-end, un article qui traite des liens que la violoniste et chef Angèle Dubeau entretient avec Arvo Pärt.

« Pour moi qui suis une tripeuse de son, c’est un pur bonheur que de recréer les couleurs d’Arvo Pärt avec La Pietà. En tant que soliste et chef, je me suis amusée à trouver le maximum possible de couleurs et textures émanant de son Å“uvre. »

Pour lire l’article, c’est ici…

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Björk interviewe Arvo Pärt

5 mars 2010

En 1997, la chanteuse islandaise Björk réalisait cette étonnante entrevue avec le compositeur Arvo Pärt, dans laquelle il évoque aussi bien son approche à la composition que sa connexion au liturgique.

Quand on écoute la musique de Pärt, on a l’impression qu’il n’y a presque rien. On relate d’ailleurs que les musiciens qui devaient créer Tabula rasa, s’étaient exprimés: « Mais où est la musique? » Pourtant, le compositeur inscrit au cÅ“ur même de ses pages une imposante charge émotive et interprétative. On le découvre ici, en classe de maître, en train de décortiquer les moindres subtilités de sa pièce Für Alina.

Pour écouter ou télécharger l’album consacré au compositeur…

Angèle Dubeau & La Pietà lancent un album Pärt

3 mars 2010

C’est hier soir à l’Hôtel St-Paul qu’avait lieu le lancement du tout nouvel album d’Angèle Dubeau & La Pietà, dédié au compositeur contemporain Arvo Pärt. La violoniste et chef de l’ensemble a évoqué le compositeur né en Estonie en ces termes:

« Depuis plusieurs années la musique d’Arvo Pärt m’interpelle, tout comme celle de Philip Glass. Bien que différent, Pärt a aussi une signature unique. Dresser un portrait de la musique de ce compositeur d’exception  signifiait donc pour moi  une recherche vers la matière première : une  musique d’une trompeuse simplicité, dépouillée de tout artifice, dans laquelle le silence devient musique. D’une grande sagesse, ce langage m’apaise et c’est avec un caractère quasi dévotionnel que j’ai interprété cette musique ô combien lumineuse et vibrante. »

On peut écouter l’album ici…

Chopin pédagogue

1 mars 2010

Aujourd’hui, 1er mars, on célèbre l’anniversaire de Chopin. (En fait, les musicologues ne sont même pas tous d’accord au sujet de cette fameuse date du 1er mars, certains proposant deux dates antérieures.) Si on connait bien Chopin le compositeur ou Chopin l’amant de George Sand, on oublie souvent que Chopin était un pédagogue exceptionnel. Pourtant, les faits sont là : Chopin, pourtant autodidacte (son seul professeur de piano, Zywny, était violoniste!) a passé près du quart de son existence à l’enseignement, ce qui démontre éloquemment l’importance qu’il accordait à la profession. Comme le soulignent les divers témoignages de ses élèves, rassemblés dans l’incontournable livre de référence signé Jean-Jacques Eigeldinger, Chopin n’enseignait pas uniquement pour arrondir ses fins de mois mais par une authentique passion pour l’enseignement.

« Dans ses leçons, Chopin agissait à la fois par la musique et par la parole. Il ne se contentait pas de jouer quelques fragments par-dessus les épaules de l’élève mais il lui exécutait souvent le morceau d’un bout à l’autre, voire à plusieurs reprises, en variant son interprétation, toujours à la recherche de la perfection dans le fini. Il ne négligeait pas pour autant de faire analyser la structure formelle des œuvres étudiées et recourait volontiers à l’image ou à la comparaison pour rendre sensible le climat d’un morceau comme pour susciter chez l’élève l’impulsion musicale juste. Là où Liszt jeune (1832) tente, mettant à profit une culture fraîchement acquise, de stimuler l’imagination d’une élève par la lecture d’une page de Chateaubriand ou d’un poème de Hugo, il suffit à Chopin d’une formule imagée, d’allure volontiers lapidaire, parce qu’il est intensément pénétré de la réalité de sa vision dans le moment même qu’il la traduit en mots. Ces créations spontanées qui faisaient surgir devant ses yeux ici une légion d’esprits fantasques, là une maison des morts, ailleurs le dialogue d’un oppresseur et de sa victime, ne témoignent pas tant d’un tempérament littéraire que d’une imagination visionnaire et d’un sentiment poétique plongeant racine dans les légendes populaires slaves. » ( Jean-Jacques Eigeldinger, Chopin vu par ses élèves)

On peut écouter ici sa Troisième Sonate, interprétée par Anton Kuerti…

Les neurosciences au service de la musique

27 février 2010

Jean-Paul Despins enseigne la musique et les moyens de la transmettre depuis maintenant 50 ans. Il a formé des générations d’étudiants à l’école Le Plateau, à l’Université Laval et maintenant à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Il incarne de manière vibrante l’enseignant qui reste jeune : Å“il pétillant et volontiers taquin, rire franc et communicatif. Depuis 20 ans, il milite haut et fort pour l’intégration des neurosciences dans l’enseignement musical et dénonce les lacunes du système d’éducation.

L’émotion, maîtresse de la raison

Il met l’accent en premier lieu sur l’urgence de se réapproprier l’émotion : « On enseigne trop cognitivement sans faire appel à l’émotion, alors qu’on sait qu’elle est la maîtresse de la raison. On n’apprend pas à partir d’un comportement négatif, donc d’émotions négatives. Si je vous demande de jouer au piano un mouvement de sonate que vous avez appris, vous allez jouer celui que vous aimez le plus. Celui que vous n’avez pas aimé, vous l’aurez oublié. Il faut sortir de cette contrainte de tout intellectualiser sans l’apport de l’émotion. »

Pour M. Despins, le professeur a pour première mission de transmettre cette émotion: « Les enfants sont un peu comme des animaux. Ils saisissent le professeur par les yeux. Si le professeur ne transmet pas d’émotion, il aura toujours des problèmes. » En même temps, l’apprentissage n’est pas fait pour tous les enfants. Le professeur peut les aider à apprendre mais ne doit pas les forcer. Entre ici en ligne de compte la capacité de lire les comportements afin d’anticiper les réactions des élèves, plutôt que seulement y réagir. Lire la suite »

Concerto pour une centenaire

25 février 2010

La Montréalaise Aline Séguin a réalisé son plus grand rêve, hier soir. À 105 ans, pour la première fois de sa vie, elle a assisté à un spectacle de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Avant la présentation, elle a même pu s’entretenir avec le maestro Kent Nagano, qui lui a dédié la soirée. Il n’est jamais trop tard pour apprécier la belle musique…

Un article très touchant à lire ici…

Analekta lance sa nouvelle boutique de téléchargement

23 février 2010

Depuis quelques heures à peine, vous pouvez maintenant télécharger vos musiques Analekta préférées… directement sur le site! Entièrement sécurisé, convivial et à la fine pointe de la technologie, ANALEKTA.COM propose une qualité supérieure de musique téléchargeable et de la consultation gratuite de l’ensemble du catalogue Analekta en continu.

Je vous avais déjà glissé mot du format FLAC, un format « lossless » qui permet de compresser de la musique sans perte de qualité. Les fichiers FLAC vendus sur le site ANALEKTA.COM vous permettent d’emmagasiner et d’écouter une musique d’une qualité égale ou même supérieure à celle d’un disque. Dans le cas des derniers enregistrements, vous écouterez un son équivalent à celui qu’entend l’ingénieur du son lors de l’enregistrement!

Vous pourrez maintenant télécharger facilement et rapidement la musique des grands interprètes canadiens, acheter ou offrir en cadeau des forfaits prépayés, vous abonner, accumuler des points de fidélité puis les échanger contre des crédits de téléchargement. De plus, toute la musique achetée sur ANALEKTA.COM reste accessible en permanence sur votre compte, sans limite de durée.

François Mario Labbé, fondateur de l’étiquette, a également profité de l’occasion pour annoncer certaines des parutions des prochaines semaines, dont un album consacré à la compositrice italienne baroque Francesca Caccini. Shannon Mercer, Luc Beauséjour, Sylvain Bergeron et Amanda Keesmaat ont d’ailleurs interprété trois extraits de l’enregistrement. Je vous en reparle bientôt.

On peut déjà lire le reportage du 7 Jours ici…