Si les compositeurs de la Renaissance (notamment Josquin des Prés, Orlando di Lassus et Giovanni Pierluigi da Palestrina) ont posé les jalons de l’écriture polyphonique, ceux de la période baroque en structureront les assises tout en y intégrant de nouveaux éléments. Les voix solistes sont progressivement mises de l’avant (on assiste à la naissance de l’opéra et à l’âge d’or des castrats, véritables « stars » de l’époque). Les chanteurs ajoutent aux mélodies de nombreuses ornementations et notes de passage qui en étoffent la trame, technique qui se transmettra également à la musique instrumentale.
Le rĂ©pertoire de la Renaissance Ă©tait essentiellement modal et construit horizontalement (des lignes se superposent avec quelques points de rencontre). Celui de l’Ă©poque baroque promeut une plus grande verticalitĂ© qui mènera Ă la maĂ®trise de la tonalitĂ© telle que nous la connaissons aujourd’hui. L’émergence de la basse continue (et des cadences qui ponctuent le discours musical) confirme l’importance accordĂ©e Ă l’harmonie comme support de la mĂ©lodie.
Les formes musicales se fixent au fil des ans. La sonate baroque s’articule alors sur trois mouvements (d’alternance lent/vif/lent en Italie et vif/lent/vif en France). La suite (série de danses instrumentales, inspirées des divers pays européens), la fugue (portée par Jean-Sébastien Bach à des sommets rarement dépassés par la suite) et le concerto (dialogue entre solistes et orchestre) s’affirment, comme en témoignent les œuvres de Handel, Couperin, Purcell, Vivaldi, Telemann et Corelli.
Quelques repères
1607 Orfeo de Monteverdi, considéré comme le premier opéra
1709 Cristofori invente le pianoforte, instrument qui n’obtiendra ses premières lettres de noblesse qu’en 1747, grâce à Bach
1710 Concertos brandebourgeois de Bach
1711 Les quatre saisons de Vivaldi
1712 Le Messie de Haendel
L’ensemble Caprice vient tout juste de sortir l’album Vivaldi et ses anges, qui comprend notamment le cĂ©lèbre Gloria RV 589 pour solistes, chĹ“ur et orchestre du prĂŞtre roux.