Archive pour février, 2009

Ma vie avec Mozart

26 février 2009

Éric-Emmanuel Schmitt et Benoît McGinnis s’unissent à I Musici de Montréal ce soir et demain pour présenter Ma vie avec Mozart, une lecture de lettres particulièrement touchantes (tirées du livre du même nom d’Éric-Emmanuel Schmitt) auxquelles répondra Mozart… à travers sa musique!

« Il n’y a pas une histoire de la musique mais une géographie de la musique. Sur une mappemonde multicolore existent plusieurs continents, le continent Bach, le continent Mozart, le continent Beethoven, le continent Wagner, le continent Debussy, le continent Stravinski… Parfois des océans massifs peints en bleu profond les séparent; parfois, seul un détroit étroit marque la frontière, comme entre Debussy et Stravinski; plus rarement, les territoires se chevauchent en raison d’une continuité géologique, ainsi Mozart et Beethoven partagent-ils un fleuve comme délimitation.
Non loin des masses continentales se détachent certaines îles plus ou moins importantes : l’île Vivaldi ou la péninsule Haendel autour de Bach; les archipels Schumann ou les atolls Chopin autour de Beethoven. De temps en temps, à la faveur d’un raz-de-marée, on doit redessiner les cartes car, s’il est rare que des territoires disparaissent, il est courant que de nouveaux émergent.
Si la musique constitue une géographie, cela signifie que nous sommes devenus des voyageurs. Nos pérégrinations musicales n’ont rien d’une visite guidée, linéaire, fastidieuse qui emprunterait le chemin des siècles; elles relèvent plutôt de raids libres, imprévus, imprévisibles, de sauts désordonnés effectués par lestage en parachute. Un jour chez Mozart, l’autre chez Debussy… Cette luxueuse fantaisie – avoir accès à tout –, les techniques modernes nous la permettent.
On ne découvre ni on n’aime les compositions dans l’ordre successif où ils sont apparus. Et si je me sens bien chez toi, Mozart, cela ne signifie pas que j’éprouve la nostalgie de ton temps ni que j’ai une sensibilité de ton époque puisque, une heure plus tard, je séjournerai chez Messiaen en passant par Ravel.
Cela dément de surcroît cette absurde notion d’un progrès en musique, comme si Schoenberg avait quelque chose de plus que Bach… Sur le globe de la musique, il n’y a que des univers… »

Gargantua et autres plaisirs ce soir!

24 février 2009

Il reste encore quelques places pour l’événement Gargantua et autres plaisirs, présenté par Angèle Dubeau & La Pietà ce soir, salle Maisonneuve, dans le cadre du Festival Montréal en lumière. Rappelons que la narration du texte désopilant de Jean Françaix, d’après le Gargantua de François Rabelais, sera assumée par le remarquable Albert Millaire, qui transforme ce texte en véritable tour de force.

Psst! En mentionnant le code « La Pietà » lors de l’achat de billets, vous en obtiendrez deux pour le prix d’un. Dépêchez-vous!

Carlito Dalceggio

20 février 2009

Il a créé la pochette du dernier disque d’Angèle Dubeau & La Pietà mais qui est-il?

Né en 1971, « avec un pinceau dans la main », Carlito Dalceggio a d’abord été encadré artistiquement par son père, peintre amateur. À 18 ans, il se met à peindre avec plus de sérieux et à présenter ses toiles dans des lieux d’exposition alternatifs industriels.

Même s’il a complété un baccalauréat en graphisme à l’UQÀM, il a passé la moitié de ses années d’études à concevoir des clubs en Europe et, à 19 ans, fondait les ORGANIC FRESH HEROES et participait à plusieurs happenings, fêtes et expositions à Montréal et en Europe, cycle qui s’est conclu par un gigantesque happening au Musée d’art contemporain de Montréal. Il s’est alors mis à voyager partout dans le monde pour étudier la place de l’art dans les traditions culturelles, de la Mauritanie au Maroc à Bali, en passant par le Mexique et la Thaïlande, créant sur place des centaines de toiles et de murales.

En 1999, il fondait CIRCO DE BAKUZA, avec qui il a créé des événements pour le Festival Juste pour rire, des galas de premières pour le Cirque du Soleil et plusieurs autres soirées uniques. Il a aussi collaboré à plusieurs projets de sculpture avec son père et avec différents réalisateurs sur des projets de films. Pendant dix ans, il a utilisé un système de distribution indépendant pour diffuser ses oeuvres. En 2003, il a commencé à présenter ses toiles aux galeries d’art et aux salons artistiques, afin de rejoindre un plus grand public.

Il a créé des pièces à large échelle pour les quartiers internationaux de compagnies tel que le Cirque du Soleil et L’Oréal Canada, de même que des restaurants et des clubs partout dans le monde.

Il amorce le résumé de sa vision artistique par ces quelques phrases:

« Par l’acte de peindre, je transcende mon état humain. Je cherche d’autres avenues. Je recherche un motif universal, les ultimes touches de liberté. J’atteins un état visionnaire et quitte entièrement la réalité pour donner vie à un autre monde.

Je respire pour peindre, je peins pour respirer.

L’art ne reproduit pas la nature, l’art est nature. »

Pour découvrir l’artiste (toiles, croquis, extraits de son journal intime), cliquez ici (site en anglais)…

Marianne Fiset en séance d’enregistrement

18 février 2009

La soprano Marianne Fiset, Révélation Radio-Canada Musique de l’année, travaillait à l’enregistrement de son prochain disque sous étiquette Analekta la semaine dernière. Le CD,  consacré au répertoire russe (Glinka, Rachmaninov, Moussorgski, Tchaïkovski), comprendra deux volets complémentaires: le premier avec piano (avec Marie-Ève Scarfone), le second avec la complicité d’un orchestre formé de certains des meilleurs instrumentistes de la ville, placé sous la direction de Jean-Philippe Tremblay.

Derrière tout projet de disque, on retrouve des anecdotes de préproduction. Les températures glaciales ont cette fois transformé l’église retenue pour l’enregistrement des mélodies de Glinka et Rachmaninov en véritable congélateur, forçant le report de la deuxième journée d’enregistrement prévue, la voix de la soprano et les doigts de la pianiste ayant été sursollicités. La partie avec orchestre a été enregistrée quant à elle à l’Église Saint-Mathieu de Beloeil et nous partageons ici ces quelques images prises sur le vif. 

La sortie de ce disque, produit conjointement avec Radio-Canada, est prévue dans un tout petit peu plus d’un mois.


Le Concerto no 4 d’André Mathieu ce soir à la radio

18 février 2009

Ce soir à 20 h, sur Espace musique, vous pourrez entendre la rediffusion de la première européenne du Concerto no 4 d’André Mathieu qu’Alain Lefèvre donnait à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, avec l’Orchestre national de France et Jean-Philippe Tremblay, le 27 octobre dernier.

Gustave Doré illustre Gargantua

16 février 2009

L’artiste montréalais de réputation internationale Carlito Dalceggio s’est inspiré des gravures que Gustave Doré avait réalisées pour la première édition du Gargantua de Rabelais pour ébaucher la pochette du dernier disque d’Angèle Dubeau & La Pietà, Gargantua et autres plaisirs.

Illustrateur et peintre français, Gustave Doré est né à Strasbourg le 6 janvier 1832 et mort le 23 janvier 1883 à Paris dans son hôtel de la rue Saint-Dominique. Autodidacte, il illustra entre 1852 et 1883 plus de 120 volumes qui parurent en France, mais aussi en Angleterre, en Allemagne et en Russie.

Multipliant en même temps dessins et illustrations en tous genres (fantastique, portraits-charges), sa notoriété grandit de façon spectaculaire. À sa mort, il laissait une Å“uvre imposante de plus de 10 000 pièces qui exercera par la suite une forte influence sur nombre d’illustrateurs.

Il illustra une quantité étonnante de chefs-d’oeuvre de la littérature dont une version de La Bible, La Divine Comédie de Dante Alighieri, les Nouveaux Contes de fées de la Comtesse de Ségur, Le Capitaine Fracasse de Théophile Gauthier, Don Quichotte de Miguel de Cervantes, des Contes de Perrault et bien sûr, nombre d’oeuvre de Rabelais dont Gargantua.

On peut retrouver ici certaines des planches originales de Doré pour ce livre …

D’amour et de musique

13 février 2009

Au cas où vous n’auriez pas remarqué les étalages rouges, les boîtes de chocolat et les cupidons qui ornent les devantures de magasin, je vous rappelle que la Saint-Valentin approche à (très) grands pas (oui, c’est demain). Vous voudriez célébrer mais préférez le cocon douillet aux restos bondés? Vous trouverez quelques suggestions de recettes savoureuses ici.

Mais une soirée romantique ne saurait être complète sans un fond musical choisi avec soin. Je vous suggère donc sans hésitation D’amour et de musique, un mariage heureux entre deux thèmes inépuisables. Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de la civilisation, l’amour fut l’une des principales sources d’inspiration musicale. Après tout, comme l’écrivait Shakespeare dans le tout premier vers de La Nuit des Rois,  la musique n’est-elle pas «la nourriture de l’amour» («the food of love»)?

À écouter ici sans modération…

Gargantua et autres plaisirs maintenant disponible

11 février 2009

« Au commencement du monde, ou à peu près – je n’y étais pas – au commencement était le verre, la bouteille. »

C’est par ces mots que Jean Françaix amorce sa relecture des Inestimables chroniques du bon géant Gargantua, d’après le chef-d’Å“uvre de François Rabelais. Géant mythique, force de la nature, truculent, irrévérencieux et subtil, guerrier féroce pour la bonne cause, Gargantua reste l’une des figures emblématiques de la Renaissance. C’est dans cet univers bien particulier que Angèle Dubeau & La Pietà nous entraînent avec leur dernier disque, Gargantua et autres plaisirs.

On retrouve également sur le disque L’heure du Berger (entendu ici pour la première fois sur disque dans sa version originale pour cordes et piano) et Sérénade B E A, ode à l’amour… pas nécessairement éternel! Le résultat est un récit musical abondant et coloré, des Å“uvres raffinées et pleines d’humour, qui nous permettent de mieux connaître l’univers du compositeur Jean Françaix.

Gargantua et autres plaisirs sera présenté à la Place des Arts  le 24 février prochain dans le cadre du festival Montréal en lumières et puis en tournée au Québec. La narration de ce conte pour adultes plus ou moins sages a été confié à l’excellent Albert Millaire.

Un secret bien gardé: en mentionnant le mot de passe « La Pietà » lors de l’achat de vos billets, vous bénéficierez d’un rabais de 50 %.

Pour écouter, c’est ici…

Critique élogieuse pour Trahisons

9 février 2009

Le plus récent disque de l’Orchestre de la Francophonie canadienne et son jeune chef et fondateur Jean-Philippe Tremblay, regroupant des oeuvres qu’ils avaient présentées l’été dernier au Festival de Lanaudière et ailleurs, a été lancé il y a peu. Claude Gingras, de La Presse, souligne les qualités de cet enregistrement orienté autour du thème des amours complexes.

« Mais le disque nous apporte davantage: des interprétations animées par un jeune chef dont l’envergure ne cesse d’étonner, explique le critique. Tremblay lance le Don Juan de Strauss à toute allure, comme il se doit («allegro molto con brio»), mais autant il traduit avec force l’esprit de conquête qui enflamme notre héros, autant il s’attarde aux épisodes tendres et rêveurs où apparaissent les femmes de sa vie; de même, il souligne les solos-personnages comme celui du hautbois représentant Donna Anna. »

Pour lire la critique, c’est ici…

Pour écouter le disque, c’est par là…

Six nominations aux Junos

5 février 2009

Six enregistrements Analekta sont en nomination pour des Prix Juno cette année.

Dans la catégorie « Album classique de l’année – orchestre et grand ensemble », l’Orchestre symphonique de Montréal et son directeur musical Kent Nagano ont récolté une nomination pour Beethoven: L’Idéal de la Révolution française, disque sur lequel on retrouve Le Général, une Å“uvre qui rend hommage au lieutenant-général Roméo Dallaire. L’Orchestre baroque Tafelmusik, sous la direction musicale de Bruno Weil, se mérite une nouvelle nomination dans cette même catégorie pour Beethoven: Symphonies nos 7 & 8.

Dans la catégorie « Album classique de l’année : solo ou musique de chambre », les jurés ont retenu l’interprétation du pianiste Anton Kuerti de Six Sonates pour piano de Haydn, et celle du Gryphon Trio de son intégrale consacrée aux trios avec piano de Schubert.

Dans la catégorie « Album classique de l’année : musique vocale ou chorale », Analekta a récolté deux des cinq nominations possibles, grâce à Gloria ! Vivaldi et ses anges de l’Ensemble Caprice, une relecture de la célèbre œuvre vocale du prêtre roux et à l’album Bach et l’année liturgique, une collaboration de Shannon Mercer et Luc Beauséjour, qui présente des œuvres choisies du Cantor de Leipzig en les resituant dans leur contexte liturgique.

Les lauréats seront annoncés le 29 mars prochain lors de la cérémonie qui se tiendra au General Motors Place de Vancouver (diffusion au réseau CTV).