Archive pour mai, 2009

Kent Nagano quitte le Berkeley Symphony

30 mai 2009

Le Berkeley Akademie, l’ensemble de musique de chambre du Berkeley Symphony, donnera son dernier concert de la saison demain soir. Pour l’ultime fois, Kent Nagano agira Ă  titre de directeur musical du Berkeley Symphony, un orchestre qu’il dirige depuis 1978. Au programme: le Concerto italien de Bach (dans un arrangement pour orchestre de chambre de Joachim F.W. Schneider), la Symphonie no 3 de Charles Ives et le Septuor opus 20 de Beethoven.

Joseph Haydn: le messager des temps nouveaux

28 mai 2009

Le bicentenaire de la mort de Haydn est l’occasion de réévaluer ce musicien peut-être mal connu. Avant Mozart et Beethoven, c’est lui qui a perçu l’aube d’une sensibilité à venir, le romantisme. Chez Qobuz, il est le compositeur du mois,  et on peut lire un article très détaillé et fort intéressant sur leur site ici.

Je vous propose de découvrir tout particulièrement

CMIM: les lauréats sont annoncés

27 mai 2009

La soprano amĂ©ricaine Angela Meade a remportĂ© hier soir l’Ă©dition 2009 du Concours Musical International de MontrĂ©al, prix d’une valeur de 30 000 $, auquel s’ajoute un enregistrement sous Ă©tiquette Analekta. Avec sa voix puissante, sa technique impeccable et surtout, une aisance digne d’une chanteuse d’expĂ©rience – elle a d’ailleurs remplacĂ© au pied levĂ© une Sondra Radvanovsky indisposĂ©e au Metropolitan de New York! -, elle a su charmer le public hier soir, notamment avec son « Casta diva » de Norma, choix des plus audacieux quand on considère le nombre d’enregistrements lĂ©gendaires de l’air mais surtout son « Pace, pace » de La Forza del destino de Verdi, d’une puissance remarquable et qui a suscitĂ© la seule ovation debout de la soirĂ©e. Il y a fort Ă  parier que la soprano devrait Ă©galement remporter le Prix du public demain soir, lors de la cĂ©rĂ©monie officiel de remise de prix qui prĂ©cède le concert gala.

La soprano canadienne Yannick-Muriel Noah s’est quant Ă  elle mĂ©ritĂ© le deuxième prix (15 000 $) et le baryton amĂ©ricain Andrew Garland le troisième (10 000 $). Tous deux chanteront Ă©galement demain soir, ainsi que deux laurĂ©ats d’Ă©ditions prĂ©cĂ©dentes, Joseph Kaiser et Julie Bouliane.

Ce soir, 20 h, Les soirĂ©es classiques diffusĂ©es Ă  Espace musique seront entièrement consacrĂ©es aux laurĂ©ats du CMIM 2009. L’Ă©preuve finale sera disponible sur Internet – et ce, pour un an – dès le 29 mai Ă  cette adresse.

On peut lire une sĂ©rie d’entrevues avec divers intervenants du Concours sur le blogue d’Espace classique, ici…

La Cinquième: devenez critique!

25 mai 2009

Le critique idéal devrait connaître sur le bout de ses doigts toutes les œuvres importantes d’au moins une centaine de compositeurs et les pages représentatives de tant d’autres. Il devrait aussi savoir jouer d’un instrument (ou même de plusieurs), histoire de mieux comprendre les défis interprétatifs de chacun et, pourquoi pas, maîtriser les subtilités de la direction d’orchestre. Ses notions de théorie musicale, d’analyse, de composition, d’histoire de la musique devraient être encyclopédiques. Une maîtrise des langues étrangères resterait essentielle pour apprécier l’articulation d’un chanteur, sa façon de s’approprier le texte. Une curiosité exemplaire lui permettrait de suivre tous les interprètes intéressants, mais aussi de saisir les liens qu’une œuvre musicale entretient avec les autres formes artistiques, tant au niveau de la littérature, du théâtre, de la danse, de la peinture, de la sculpture, de l’architecture que du cinéma. Et, bien sûr, toutes ces connaissances doivent être exprimées de façon éloquente!

Comme la perfection n’est pas de ce monde, révisons maintenant nos critères. Quelles sont les fonctions essentielles d’un critique, qu’il soit professionnel (et écrit pour un quotidien ou des publications spécialisées) ou simple amateur? (Vous admettrez sans peine qu’un commentaire élogieux sur une œuvre ou une interprétation de la part d’un ami persuade autant sinon plus qu’un laïus complexe.) On pourrait faire ressortir quelques grands axes mais, essentiellement, le critique doit chercher à faciliter le rapport artistique et émotif de l’auditeur envers une œuvre musicale et susciter son enthousiasme. Pour ce faire, il doit le stimuler, le guider sans que sa perception écrase celle de son interlocuteur et éventuellement élargir le champ d’intérêt de celui-ci.

Loin de nous l’idée de vous imposer ici un point de vue ou une démarche critique immuable. Nous vous suggérons plutôt quelques pistes pour aiguiser votre perception, mais surtout augmenter votre plaisir. Prêts à relever ce nouveau défi?

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La Cinquième: prĂ©sentation musicale de l’oeuvre

23 mai 2009

La tonalité, do mineur, assez peu utilisée à cette époque, donne à l’œuvre un sentiment de drame ou de tragédie. Le célèbre motif rythmique du premier mouvement, que tout le monde reconnaît immédiatement, qui aurait représenté « le destin frappant à la porte » selon les dires de Beethoven (mais les musicologues mettent maintenant généralement cette affirmation en doute) et qui deviendra cri de ralliement allié lors de la Deuxième Guerre mondiale (la lettre V de « victoire » se traduisant en code Morse par trois coups rapides suivis d’un plus long) sert de matériel de base non seulement à tout le mouvement mais à toute la symphonie.

Le mouvement est conçu selon la forme sonate, privilégiée par nombre de compositeurs de l’époque classique. Cette forme implique une structure en trois parties (exposition, développement et récapitulation) et l’utilisation de deux thèmes principaux, de caractère contrastant et de tonalités complémentaires. Les deux thèmes seront présentés dans l’exposition, puis développés plus ou moins librement dans la section centrale, avant d’être de nouveau entendus dans la récapitulation, légèrement modifiés. Beethoven y intègre également une coda (du terme italien qui signifie « queue »), particulièrement élaborée.

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La Cinquième de Beethoven: naissance d’un mythe

21 mai 2009

La Cinquième Symphonie est certainement, de toutes les œuvres de Beethoven, celle qui est la plus connue, la plus jouée et la plus enregistrée. La création a eu lieu le 22 décembre 1808 à Vienne, sous la direction du compositeur lui-même, déjà atteint de surdité, lors d’un concert fleuve de quatre heures qui comprenait aussi la Sixième Symphonie, « Pastorale », le Quatrième Concerto pour piano (joué par Beethoven lui-même), la Fantaisie pour piano, chœur et orchestre et des œuvres chantées. La première audition n’a pas convaincu le public, en partie parce que les musiciens n’auraient pas été à la hauteur. Un mois plus tard, elle a été reprise à Leipzig et accueillie avec enthousiasme.

Quand elle fut jouée à Paris en 1828, le critique François-Joseph Fétis a écrit dans la Revue musicale : « Une telle création se situe au-dessus de la musique, ce ne sont plus des flûtes, des cors, des violons et des contrebasses que l’on entend, c’est le monde, l’univers qui s’ébranle ». Le poète et dramaturge Johann Wolfgang Goethe se serait exclamé : «  C’est très grand, c’est absolument fou! On aurait peur que la maison s’écroule ». André Jolivet affirmait quant à lui que ce premier mouvement était « une des plus incontestables réussites de la musique de tous les temps ».

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La Cinquième de Beethoven: la percevoir autrement

19 mai 2009

Peut-on identifier un seul motif plus cĂ©lèbre que celui commis par Beethoven en ouverture de sa Cinquième Symphonie? A-t-on fait 100 fois le tour de cette Ĺ“uvre ou peut-on l’Ă©couter encore avec une oreille attentive et l’esprit ouvert? Dans les prochains billets, nous mettrons en relief certains Ă©lĂ©ments de ce cĂ©lĂ©brissime premier mouvement et nous vous inviterons ensuite Ă  revĂŞtir votre chapeau de critique et Ă  comparer deux interprĂ©tations diffĂ©rentes de l’Ĺ“uvre, afin de mieux saisir quelle serait votre version « idĂ©ale ». (Lire la suite…)

« Partout oĂą tu iras, j’irai. »

18 mai 2009

Le pianiste accompagnateur serait-il un animal discret et docile, sorte de bĂŞte Ă  deux tĂŞtes, tout aussi apte Ă  guider son maĂ®tre qu’à le suivre? En prolongement de notre sĂ©rie sur le pianiste collaborateur, voici le point de vue de Marie Muller, qui accompagne nombre de jeunes musiciens. Ă€ lire ici…

La leçon de solfège

15 mai 2009

Pour amorcer le long week-end avec le sourire, souvenir savoureux ou découverte impromptue, cette chanson, toute en notes de musique, de Marcel Amont.

CMIM: changer des vies

13 mai 2009

Depuis sa mise sur pied en 2002, le Concours Musical International de MontrĂ©al a transformĂ© irrĂ©vocablement la vie de nombreux laurĂ©ats. La soprano canadienne Meascha Brueggergosman, laurĂ©ate du  Grand Prix lors de la première Ă©dition, mène depuis une carrière internationale remarquĂ©e et a notamment participĂ© rĂ©cemment au concert du YouTube Symphony. Marianne Fiset, qui a remportĂ© l’Ă©dition 2007 et vient de lancer son deuxième disque sous Ă©tiquette Analekta, en parle encore aujourd’hui comme de l’un des moments les plus intenses de sa carrière. La pianiste armĂ©nienne Nareh Arghamanyan, 19 printemps Ă  peine au moment de sa consĂ©cration en mai dernier, sortait hier son premier enregistrement, mettant en lumière l’immense Sonate en si mineur de Liszt et la magnifique Deuxième Sonate de Rachmaninov, interprĂ©tĂ©e en quart de finale et qui avait renversĂ© public et jury.

Pas moins de 200 aspirants, originaires de 35 pays, espéraient vivre le même type d’émotions cette année et ont transmis leur dossier de candidature. De ceux-ci,  29 jeunes chanteurs – dont 11 Canadiens – tenteront de séduire un jury exceptionnel, sous la présidence d’André Bourbeau, cofondateur et président du CMIM, formé de la soprano américaine Edith Bers, du Canadien Philip Boswell, du baryton finlandais Tom Krause, de l’agent d’artistes espagnol Miguel Lerin, de la basse canadienne Joseph Rouleau, de la soprano galloise Gwyneth Jones et du baryton américain Sherrill Milnes.

Outre des bourses remarquables (plus de 150 000 $ en prix!), les finalistes se verront offrir des engagements, nécessité absolue pour démarrer une carrière internationale et un enregistrement, sous étiquette Analekta. « Les portes s’ouvrent devant nous après le Concours », explique Marianne Fiset, qui voit maintenant les concerts se multiplier.

Le Concours se tiendra du 19 au 29 mai. Les finalistes seront accompagnĂ©s par l’Orchestre mĂ©tropolitain du grand MontrĂ©al.Tous les dĂ©tails ici…

On peut Ă©galement entendre la laurĂ©ate de l’Ă©dition 2006 du Concours, la violoniste Jinjoo Choi, dans son premier enregistrement Analekta.