Archive pour septembre, 2009

Hommage à André Prévost

30 septembre 2009

NĂ© Ă  Hawkesbury, Ontario, en 1934 et dĂ©cĂ©dĂ© en 2001, AndrĂ© PrĂ©vost Ă©tudia la composition avec Clermont PĂ©pin et l’écriture avec Jean Papineau-Couture et Isabelle Delorme, avant d’aller poursuivre ses Ă©tudes Ă  Paris avec Messiaen et Dutilleux, puis de se perfectionner en musique Ă©lectroaccoustique auprès de Michel Philoppot. De retour sur le continent amĂ©ricain, il travailla aussi au Berkshire Music Center de Tanglewood, Massachusetts avec Copland, Kodaly, Schuller et Carter.

Professeur titulaire Ă  l’UniversitĂ© de MontrĂ©al, il y enseigne la composition et l’analyse. On lui doit notamment Terre des Hommes, imposante composition pour double orchestre, trois chĹ“urs et deux rĂ©citants, Ă©crite sur un poème de Michèle Lalonde, choisie pour marquer l’inauguration d’Expo 67. On lui doit aussi plus de 60 Ĺ“uvres, dont Cosmophonie, Variations et thème, Mobiles et nombre de sonates et improvisations. On peut Ă©couter son Improvisation pour violon seul ici, jouĂ©e par Angèle Dubeau.

On lui rendra un hommage tout particulier dans les prochains jours. En effet, ce soir 17 h, Ă  la Chapelle historique du Bon-Pasteur, on soulignera la parution de La musique que je suis, livre rĂ©digĂ© sous la direction de Lyse Richer. L’Ă©vĂ©nement est ouvert Ă  tous. Pour plus de renseignements, composez le (514) 872-5338.

On pourra Ă©galement voir ou revoir le fascinant documentaire de James Dormeyer, Journal d’une crĂ©ation, dans lequel on suit le compositeur pendant les deux annĂ©es prĂ©cĂ©dant la première de son Concerto pour violon et orchestre, en avril 1998. Il sera projetĂ© les 4, 6 et 7 octobre Ă  13 h au CinĂ©ma Parallèle.

Marianne Fiset chante Lauretta Ă  l’OpĂ©ra de MontrĂ©al

28 septembre 2009

Première du diptyque Pagliacci / Gianni Schicchi samedi soir Ă  l’OpĂ©ra de MontrĂ©al, qui nous a permis d’entendre la soprano Marianne Fiset dans le rĂ´le de la jeune Lauretta, amoureuse charmĂ©e par le beau Rinuccio. Soutenue par une mise en scène parfaitement maĂ®trisĂ©e d’Alain Gauthier et un OSM en grande forme, la jeune chanteuse a Ă©bloui la foule, notamment lors du cĂ©lĂ©brissime « O mio babbino caro ».

Il ne faudrait pas non plus oublier la prĂ©sence scĂ©nique absolument dĂ©lirante et dĂ©licieuse de l’alto Marie-Nicole Lemieux, qui incarne une Zita toute en couleurs vives.

Vous pouvez encore vous glisser dans la salle les 30 septembre, 3, 5 et 8 octobre.

Concert parisien

25 septembre 2009

NĂ© d’une rencontre entre le gambiste argentin Juan Manuel Quintana et du claveciniste quĂ©bĂ©cois Luc BeausĂ©jour, Concert parisien est un disque intime qui nous plonge dans l’univers du Paris des annĂ©es 1740. Comme Ă  l’époque de Louis XV, quatre musiciens se rencontrent pour jouer de la musique entres amis: Luc BeausĂ©jour, Juan Manuel Quintana, la violoniste HĂ©lène Plouffe et le flĂ»tiste GrĂ©goire Jeay. Des Ĺ“uvres de Telemann, Blavet, Forqueray et Leclair mettant en valeur tantĂ´t le violon, la flĂ»te ou la viole de gambe alternent avec des extraits de Clavecin en concert de Rameau.

Luc Beauséjour et Juan Manuel Quintana nous explique leur démarche dans ce vidéo.

Pour Ă©couter l’enregistrement…

Lancement saison automne

22 septembre 2009

C’est ce midi que, entourĂ© de certains artistes Analekta, François Mario LabbĂ© a dĂ©voilĂ© les titres qui seraient lancĂ©s cet automne. Parmi les nouveaux artistes qui rejoignent maintenant la grande famille Analekta, il faut mentionner le remarquable contrebassiste canadien Joel Quarrington, la jeune harpiste ValĂ©rie Milot, RĂ©vĂ©lation Radio-Canada Musique 2009-2010, les London Mozart Players (ensemble rĂ©putĂ© avec lequel Murray Perahia a notamment enregistrĂ© son intĂ©grale des concertos de Mozart), le gambiste argentin Juan Manuel Quintana (qu’on peut entendre sur le rĂ©cent enregistrement du claveciniste Luc BeausĂ©jour) et la Bach Choir of Bethlehem. Les mĂ©lomanes retrouveront Ă©galement avec plaisir Angèle Dubeau, I Musici de MontrĂ©al, Alain Lefèvre et son frère David Lefèvre, l’Ensemble Caprince, Luc BeausĂ©jour, HĂ©lène Plouffe, GrĂ©goire Jeay, les Petits Chanteurs du Mont-Royal et le Gryphon Trio.

Un lancement Analekta ne saurait ĂŞtre complet sans prestation musicale. Nous avons donc eu le plaisir d’entendre quelques-uns des Petits Chanteurs du Mont-Royal sous la direction de Gilbert Patenaude ainsi que la harpiste ValĂ©rie Milot qui a interprĂ©tĂ© la Milonga de Ginastera et La Madone de la compositrice et ancien professeur de ValĂ©rie, Caroline Lizotte.

Deux prestations particulièrement touchantes

Le pianiste Alain Lefèvre a Ă©voquĂ© le Concertino d’AndrĂ© Mathieu avec Ă©motion.

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Une photo de famille qui comprend les Petits Chanteurs du Mont-Royal et leur directeur musical, Gilbert Patenaude, François Mario Labbé, Geneviève Soly, Alain Lefèvre, Valérie Milot et Luc Beauséjour.

Souvenir de Florence

21 septembre 2009

L’automne Analekta sera bien rempli. Parmi les titres qui seront annoncĂ©s lors du lancement de saison demain, un prolongera certainement l’Ă©tĂ©. En effet, il comprendra Souvenir de Florence, un sextuor pour cordes de TchaĂŻkovski, qui sera prĂ©sentĂ© en version augmentĂ©e pour orchestre Ă  cordes par I Musici, sous la direction de Yuli Turovsky.

Tchaïkovski porte un amour inconditionnel à Florence. Je partage ici quelques extraits de lettres écrites lors de ses passages dans sa « ville de rêve ».

« Comme Florence est une ville chère à mon cœur. Plus vous y habitez et plus vous vous y attachez. Elle n’est pas une capitale bruyante dans laquelle vos yeux ne savent plus où se poser et qui vous épuise par son agitation. En même temps, il y a tant de choses d’intérêt artistique et historique qu’il n’y a aucune chance de s’y ennuyer. »

« Je ne peux pas commencer à vous dire combien glorieuse est la paix parfaite des soirées, quand tout ce que vous pouvez entendre est l’écho lointain des eaux de l’Arno se bousculent ou coulent selon une pente. On ne pourrait imaginer un lien plus confortable ou plus propice au travail. »

« Cette quinzaine à Florence restera dans ma mémoire comme un doux rêve merveilleux. J’ai eu tant d’expériences merveilleuses ici – la ville elle-même, ses environs, ses images, la merveilleuse température printanières, les chants folkloriques, les fleurs – que j’en suis las. »

Je ne sais pas pourquoi mais une envie folle de prendre un aller simple pour revoir le Duomo, I Uffizi et les collines de Fiesole me tenaille tout à coup. « La vie est trop injuste », comme aurait dit jadis Caliméro.

André Mathieu: une esquisse biographique (2/2)

19 septembre 2009

Une fois la guerre terminée, André retournera étudier un an à Paris, seul cette fois. Il suit des cours de composition avec Arthur Honegger et de piano avec Jules Gentil. Simone Beaulieu, la peintre, qui séjournait à Paris au même moment, avait pourtant déjà pressenti l’instabilité émotive du jeune garçon : « C’était un garçon taciturne. Il n’était pas heureux. Sa sensibilité était très grande, à fleur de peau. J’ai découvert un garçon d’une grande droiture, d’une grande honnêteté intellectuelle. Il avait besoin d’être aimé, et il était aimable. Il était beau, avec des mains extraordinaires. Il possédait un don d’une gentillesse rare. Je ne lui ai pas connu d’amis à Paris. »

L’annĂ©e suivante, il compose sa Symphonie romantique sous-titrĂ©e « Concerto de QuĂ©bec », dont le deuxième mouvement sera intĂ©grĂ© Ă  la trame sonore du film canadien La Forteresse. Mathieu aurait Ă©galement composĂ© un quatrième concerto, dont il reste le troisième mouvement, une Fantaisie brĂ©silienne, pour violon et piano et des Ĺ“uvres vocales, dont « Le Ciel est si bleu », « Hymne du Bloc populaire », « Les Chères Mains », et harmonisa quelques folklores canadiens-français. (Lire la suite…)

André Mathieu: une esquisse biographique (1/2)

17 septembre 2009

NĂ© le 18 fĂ©vrier 1929 d’un père compositeur, Rodolphe (notamment Ă©lève de Vincent d’Indy), et d’une mère violoniste, Wilhelmine Gagnon-Mathieu, AndrĂ© Mathieu rĂ©vèle très tĂ´t un talent exceptionnel pour le piano et la composition. Il signe dès l’âge de quatre ans une sĂ©rie de pièces Ă©vocatrices de son quotidien dont Les Abeilles piquantes, Les Gros Chars (inspirĂ© par le train que son père prend le soir pour les rejoindre Ă  Saint-Constant), Danse sauvage (Ă©crite après un spectacle de danse amĂ©rindienne), Procession d’élĂ©phants (composĂ©e après un passage d’un cirque amĂ©ricain Ă  MontrĂ©al). Il faut Ă©galement mentionner ses Trois Ă©tudes pour piano, particulièrement achevĂ©es et qui nous renseignent Ă©loquemment sur la main gigantesque de l’enfant. DĂ©jĂ , pourtant, cette exubĂ©rance est teintĂ©e d’une certaine tristesse, comme l’évoque la pièce du mĂŞme titre, Dans la nuit et la Marche funĂ©raire. (Lire la suite…)

11 nominations au Gala de l’ADISQ

15 septembre 2009

Analekta a reçu 11 nominations de l’ADISQ, dont « Producteur de l’annĂ©e » et « Site Internet de l’annĂ©e », conçu et programmĂ© par Motion in Design, mais entretenu avec fièvre par toute l’Ă©quipe Analekta.

Dans la catĂ©gorie « Album classique de l’annĂ©e –  vocal », l’Ensemble Caprice rĂ©colte une nouvelle nomination pour son disque Gloria! Vivaldi et ses anges, disque qui s’est mĂ©ritĂ© un Juno en avril dernier. Marianne Fiset est Ă©galement en nomination dans cette mĂŞme catĂ©gorie pour Melodiya, un disque entre rĂ©cital et concert avec orchestre, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay. Shannon Mercer,  nominĂ©e pour un Juno en 2009, l’est ici avec Chansons galloises, une incursion dans la musique folklorique de ce pays.

Dans la catégorie « Album de l’année – Soliste et petit ensemble », on retrouve le Récital Chopin du pianiste André Laplante et la première collaboration au disque des frères Alain et David Lefèvre.

On retrouve Ă©galement Alain Lefèvre et le Tucson Symphony Orchestra (sous la direction de George Hanson) en nomination dans la catĂ©gorie « Album classique de l’annĂ©e – orchestre et grand ensemble » pour leur enregistrement acclamĂ© par la critique de la première mondiale du Concerto no 4 d’AndrĂ© Mathieu. L’enregistrement d’Angèle Dubeau & La PietĂ  Philip Glass : Portrait, saluĂ© unanimement par la critique, a Ă©galement Ă©tĂ© retenu dans cette mĂŞme catĂ©gorie. Ce mĂŞme enregistrement est nominĂ© dans la catĂ©gorie « Prise de son et mixage de l’annĂ©e », pour le remarquable travail de Carl Talbot, rĂ©alisateur attitrĂ© d’Analekta.

Il ne faut pas oublier non plus Lorraine Desmarais – Big Band, dixième enregistrement en carrière de Lorraine Desmarais et premier réalisé avec un big band, dans la catégorie « Album de l’année – jazz création».

L’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), qui en est à sa 31e année d’existence, annoncera le nom des gagnants lors d’un gala animé par Rémi-Pierre Paquin, qui se tiendra au Métropolis à Montréal le 26 octobre à 19 h 30 (diffusion à MusiquePlus et Musimax dès 21 h). On vous en redonne des nouvelles!

Un récital consacré à la contrebasse

15 septembre 2009

Après avoir assisté au récital de Joel Quarrington offert lors de la rencontre annuelle de la Société internationale de contrebasse à Oklahoma City en juin 2007, le magazine anglais Double Bassist a déclaré que « son interprétation était hypnotique. Son jeu bel canto légendaire a ajouté une dimension de l’au-delà dans l’Élégie en ré de Bottesini […] articulation impeccable, une palette sonore riche, un contrôle absolu et une clarté cristalline. » De telles critiques sont fréquentes et confirment la réputation de Joel Quarrington comme l’un des meilleurs contrebassistes au monde.

Né à Toronto, Joel Quarrington a amorcé ses études de contrebasse à onze ans et a étudié à Toronto, Rome, Vienne et Prague. Il a reçu un Prix Eaton (1975) de l’Université de Toronto en tant qu’interprète et gradué remarquable et des premiers prix au Concours de Radio-Canada (1976), de l’île de Man (1978) et de Genève (1978).

Au cours des 30 dernières années, M. Quarrington a occupé le poste de contrebasse solo de plusieurs ensembles, dont le Canadian Opera Company, le Toronto Symphony Orchestra et l’Orchestre du Centre national des arts à Ottawa.

Il est un ardent défenseur de la pratique historique qui consiste à accorder la contrebasse à la quinte (do-sol-ré-la, une octave en dessous des violoncelles) plutôt qu’en quartes. Il croit fermement que l’accord à la quinte permet un jeu plus clair et précis dans tous les registres de l’instrument ainsi qu’une richesse tonale accrue.

Il propose aujourd’hui un récital unique, qui démontre admirablement les multiples qualités d’un instrument trop souvent dénigré. À découvrir ici…

Le chant de la terre

14 septembre 2009

LancĂ© sur Ă©tiquette Sony lors de la tournĂ©e europĂ©enne de l’Orchestre au printemps dernier, Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre) de Gustav Mahler est maintenant disponible sur le marchĂ© canadien. Avant-dernière Ĺ“uvre achevĂ©e de Mahler, Le Chant de la terre se veut une vĂ©ritable « symphonie avec voix ». Pour son compositeur, il marque un retour Ă  la vie après une sĂ©rie de drames dĂ©chirants. FragilitĂ© de la condition humaine, dĂ©solation, consolation : les thèmes abordĂ©s restent d’une poignante humanitĂ©. ComposĂ© de six lieder avec orchestre, tantĂ´t chantĂ©s par une voix de tĂ©nor (Klaus Florian Vogt) et de baryton (Christian Gerhaher), Das Lied von der Erde aurait Ă©tĂ© la Neuvième Symphonie de Mahler.

Pour Ă©couter…