L’« Héroïque » de Beethoven
Dans les prochains billets, nous évoquerons trois des neuf symphonies de Beethoven: la Troisième, « Héroïque » (son premier mouvement particulièrement), la Neuvième (et son célèbre dernier mouvement) et la Sixième, « Pastorale ».
Première symphonie réellement romantique de Beethoven, « monument musical » selon Berlioz, la Troisième Symphonie, terminée en 1804, devait faire basculer irrémédiablement le genre dans une nouvelle ère. Elle « apparaît un miracle, dans l’œuvre même de Beethoven, soutient Romain Rolland. Si, par la suite, il a été plus loin, il n’a jamais fait, d’un coup, un aussi large pas. »
D’abord dédiée à Napoléon, avant que celui-ci ne se proclame empereur et que Beethoven n’arrache sa dédicace avec rage, la Symphonie n’évoque pas tant les batailles que les « pensers graves et profonds, de mélancoliques souvenirs, de cérémonies imposantes par leur grandeur et leur tristesse », selon Berlioz. Comme l’explique quant à lui Wagner dans un écrit daté de 1851, le terme « héroïque » doit être pris dans son sens le plus large, de « l’Homme tout entier, l’Homme complet, qui possède en propre, dans leur absolue plénitude et leur intensité, tous les sentiments purement humains de l’amour, de la douleur et de la force ».
Bâti sur un simple accord de mi bémol, le thème principal du premier mouvement se dévoile peu à peu, désespéré et presque rageur selon Berlioz dans le développement, abattement qui se résorbe pourtant rapidement. Tout au long du mouvement, « plaisir et douleur, joie et souffrance, tendresse et mélancolie, recueillement et désir ardent, langueur et exaltation, hardiesse, bravade et indépendance indomptable alternent et se pénètrent » selon Wagner.
Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 1)

