La « Pastorale » (1/2)
« J’aime un arbre plus qu’un homme ; les bois, les arbres, les rochers donnent la réponse que l’homme attend » (Beethoven)
Selon ses contemporains, Beethoven n’aimait rien tant que s’imprégner des beautés de la nature. Son valet Michael Krenn se souvient qu’il pouvait arpenter les prés de l’aube à la nuit tombée, « carnet de notes à la main, gesticulant, complètement transporté par l’inspiration » Un de ces carnets, daté de 1803, contient d’ailleurs une esquisse musicale des sonorités du ruisseau courant près de Heiligenstadt (près de Vienne), passage qui sera retravaillé pour être intégré dans l’Andante de la « Pastorale ».
Composées de façon simultanée, la Cinquième Symphonie et la « Pastorale » seront créées le 22 décembre 1808. Si la première dépeint l’Homme aux prises avec le Destin, la seconde le trouve face à la Nature. Plutôt que de dresser un portrait réaliste des scènes évoquées, Beethoven cherche plutôt à en extraire la quintessence. « Symphonie Pastorale, ou souvenir de la vie champêtre (plutôt expression de la sensation que peinture) », inscrit-il d’ailleurs sur la page-titre de la première édition.
Le premier mouvement inspire les images suivantes à Hector Berlioz : « Les pâtres commencent à circuler dans les champs, avec leur allure nonchalante, leurs pipeaux qu’on entend au loin et tout près; de ravissantes phrases vous caressent délicieusement comme la brise parfumée du matin; des vols ou plutôt des essaims d’oiseaux babillards passent en bruissant sur votre tête, et de temps en temps l’atmosphère semble chargée de vapeurs; de grands nuages viennent cacher le soleil, puis tout à coup ils se dissipent et laissent tomber d’aplomb sur les champs et les bois des torrents d’une éblouissante lumière. »
Pour écouter le mouvement, interprété par l’Orchestre la Francophonie, sous la direction de Jean-Philippe Tremblay… (CD 3)

