Années de pélerinage
31 mars 2010« La musique est prĂ©cisĂ©ment d’entre tous les arts celui qui exprime les sentiments sans le
ur donner d’application directe, sans les revĂŞtir de l’allĂ©gorie des faits narrĂ©s par le poème. Elle fait briller et chatoyer les passions dans leur essence mĂŞme, sans s’astreindre Ă les reprĂ©senter par des personnifications rĂ©elles ou imaginaires. … Elle est aussi de tous les arts le plus apte Ă dĂ©gager les passions de leurs scories, pour ne leur donner d’autre manifestation que celle de leur Ă©clat intrinsèque, et les faire couler du cĹ“ur. » (Franz Liszt)
Virtuose reconnu du grand répertoire romantique, le pianiste André Laplante amorce ici une intégrale des Années de pèlerinage de Liszt. Périple extérieur aussi bien qu’intérieur, « Suisse »se veut avant toute chose un jeu de correspondances, entre deux êtres qui se sont profondément aimés (Liszt et Marie d’Agoult) et entre paysages et poètes chéris, que ce soit Schiller, Byron ou Senancour, cités en exergue de chaque tableau. Si ce recueil semble s’inspirer des paysages helvètes, il transcende toutefois la simple description. La transmission de ces multiples couches de langage exige de la part de l’interprète non seulement une technique exceptionnelle, mais surtout une invention et une profondeur qui ne sauraient jamais être unidimensionnelles, qu’André Laplante transmet avec brio.




