Archive pour avril, 2010

Mathieu Ă  Radio-Canada

30 avril 2010

Vous avez ratĂ© le concert de mardi soir d’Alain Lefèvre et la première montrĂ©alaise du Concerto no 4 d’AndrĂ© Mathieu, donnĂ© Ă  guichet fermĂ©? Radio-Canada a pensĂ© Ă  vous. Le concert sera prĂ©sentĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision et Ă  la radio le lundi 10 mai prochain. « Spectacle impressionnant et touchant : la foule a Ă©coutĂ© la voix d’AndrĂ© Mathieu comme celle de quelque hĂ©ros, Ă  travers le piano de son interprète, pour faire ensuite Ă  celui-ci une ovation Ă  n’en plus finir », notait Claude Gingras au lendemain du concert dans La Presse.

En attendant, vous pourrez ainsi voir lundi soir prochain 21 h Ă  la tĂ©lĂ© de Radio-Canada le documentaire Alain Lefèvre signe AndrĂ© Mathieu. Après l’Ă©mission, vous pourrez Ă©changer avec Alain Lefèvre en tribune tĂ©lĂ©phonique, sur Espace musique.

Espace classique consacre une page au compositeur et aux Ă©vĂ©nements qui seront prĂ©sentĂ©s prochainement ici…

La première fois…

28 avril 2010

On se souvient toujours de la première fois… Si cette phrase fait gĂ©nĂ©ralement rĂ©fĂ©rence au premier baiser, elle peut sans nul doute s’appliquer Ă  l’Ă©coute du Sacre du printemps d’Igor Stravinski. Certains l’auront peut-ĂŞtre apprivoisĂ© très tĂ´t, Ă©tendus sur le tapis du salon, trame sonore soutenant le rĂ©cit de la fin de l’ère de dinosaures dans Fantasia. Monde perdu en Ă©bullition, vision de la naissance et de la dĂ©chĂ©ance d’une Ă©poque qui a de tout temps marquĂ© l’imaginaire enfantin, Walt Disney y a su admirablement utiliser l’Ĺ“uvre de Stravinski. D’autres l’ont peut-ĂŞtre dĂ©couvert accompagnant la chorĂ©graphie dĂ©stabilisante de Marie Chouinard (son Sacre est devenu un classique de la danse quĂ©bĂ©coise) ou celle de Maurice BĂ©jart. Je n’avais que neuf ou dix ans quand j’ai vu cette chorĂ©graphie Ă  la tĂ©lĂ©vision, mais je me souviens encore de l’Ă©motion ressentie de soir-lĂ . Vaguement traumatisĂ©e (vraisemblablement plus par le mouvement des corps que la musique), je n’ai pourtant pas attendu bien longtemps avant de me rĂ©approprier Le Sacre et l’Ĺ“uvre se retrouverait sur un des premiers – sinon le premier – disques achetĂ©s avec mon argent de poche. Depuis, je l’ai Ă©coutĂ©, aimĂ©, dĂ©cortiquĂ©, dans de multiples versions. Quand il est programmĂ© par un orchestre local, vous pouvez compter que je serai dans la salle ce soir-lĂ .

Les images tribales fortes, la musique extrĂŞmement rythmĂ©e et aux dissonances marquĂ©es, le sujet paĂŻen du livret Ă©tonnent encore, près d’un siècle après la crĂ©ation du ballet. Pourtant, une fois qu’on l’a entendu une première fois, on n’a de cesse que de renouveler l’expĂ©rience, d’y plonger plus profondĂ©ment, de s’approprier cette oeuvre phare du rĂ©pertoire du XXe siècle.

De l’entendre, entièrement autre, en version pour piano solo, m’a permis de me la rĂ©approprier encore une fois. MĂŞme quand on croit la connaĂ®tre, on rĂ©alise qu’elle n’a pas fini de se rĂ©vĂ©ler.

Pour Ă©couter Le Sacre, interprĂ©tĂ© par le pianiste Serhiy Salov…

AndrĂ© Mathieu Ă  l’honneur cette semaine

26 avril 2010

Le pianiste Alain Lefèvre retrouvera avec plaisir l’univers d’AndrĂ© Mathieu lors de deux concerts avec l’Orchestre symphonique de MontrĂ©al, donnĂ©s demain soir et le mercredi 28 en matinĂ©e. Selon nos informateurs, il ne resterait plus de billets en soirĂ©e mais quelques billets isolĂ©s en matinĂ©e, si votre horaire le permet. Au programme, le Concerto pour piano no 4 de Mathieu, donnĂ© et enregistrĂ© en première mondiale par Alain Lefèvre et le Tucson Symphony Orchestra au printemps 2008.

Lors de la causerie prĂ©-concert, demain soir 19 h, Georges Nicholson, qui a travaillĂ© d’arrache-pied Ă  une biographie du compositeur, s’entretient avec le pianiste. Après le concert, une sĂ©ance de signature est proposĂ©e dans le foyer de la Salle Wilfrid-Pelletier.

On peut Ă©couter le Quatrième Concerto ici…

Serhiy Salov joue sa propre transcription du Sacre

23 avril 2010

Au XIXe siècle, la transcription pour piano ou pour petit ensemble des grandes Ĺ“uvres du rĂ©pertoire symphonique ou opĂ©ratique Ă©tait l’un des moyens privilĂ©giĂ©s pour les rendre accessibles aux mĂ©lomanes. La transcription fut donc, jusqu’Ă  l’avènement du disque au dĂ©but du XXe siècle, une vĂ©ritable industrie. Plusieurs compositeurs de premier plan s’y sont adonnĂ©s, souvent pour promouvoir leurs propres Ĺ“uvres. Pour d’autres, dont Liszt, c’Ă©tait plutĂ´t  une façon de revisiter l’Ĺ“uvre de collègues qu’ils admiraient.

En choisissant de transcrire le Sacre du printemps en version piano solo, Serhiy Salov a souhaitĂ© retransmettre autrement la folle imagination du compositeur russe. Pour atteindre ce but, il a plongĂ© profondĂ©ment dans l’Ĺ“uvre, l’a dĂ©construite pour mieux la rĂ©habiliter, a tentĂ© d’en saisir les moindres rouages.

« Je l’ai fait avant toute chose par amour pour Le Sacre, puisque le piano offre plus de liberté, soutient-il. De plus, il me semble que d’être seul permet une concentration d’énergie, qui me semble plus diffuse quand on fait face à la masse orchestrale. Bien sûr, on ne peut pas émuler tout ce qu’on entend à l’orchestre, la multiplicité des registres, mais, au piano, on peut se jeter au cœur même de la pièce. »

Dans son travail de relecture, le pianiste a prêté une attention particulière aux multiples strates sonores à transmettre :

« Puisqu’il y a une limite à ce que peuvent accomplir dix doigts, j’ai choisir par exemple d’utiliser la pédale sostenuto (celle du milieu) pour aider à clarifier les textures. De plus, Igor Stravinski joue beaucoup avec les rôles traditionnels des instruments de l’orchestre, utilisant les cors et les cordes comme des percussions ou en traitant ces mêmes cordes divisées comme de vastes agrégats d’harmoniques. J’ai cherché ici à transmettre la couleur et l’atmosphère, en jouant par exemple avec la hauteur des fréquences perçues, les notes graves transmettant quelque chose de mystérieux et de presque indéterminé, comme peut le faire une timbale par exemple. »

Je vous invite Ă  dĂ©couvrir cette remarquable adaptation de l’Ĺ“uvre mythique qui a fait basculer la musique dans la modernitĂ© ici…

Alain Lefèvre assume un nouveau rôle

21 avril 2010

On le connaissait comme soliste, rĂ©citaliste, chambriste ou ambassadeur artistique du Festival de Lanaudière. Alain Lefèvre signe ici sa première musique de film en tant que directeur musical, compositeur et interprète avec la bande sonore du film L’enfant prodige: l’incroyable destinĂ©e d’AndrĂ© Mathieu, un film scĂ©narisĂ© et rĂ©alisĂ© par Luc Dionne produit par CinĂ©maginaire, mettant en vedette Patrick Drolet.

« L’incarnation du pur gĂ©nie » : depuis plusieurs annĂ©es, l’ambition d’Alain Lefèvre est de raviver l’intĂ©rĂŞt du public pour Mathieu, que ce soit au concert, sur disque ou lors d’entrevues, notamment Ă  la prestigieuse Ă©mission de Charlie Rose. En tant qu’interprète, il a  jouĂ© Mathieu tant au Canada que partout dans le monde.  En mai 2008, il donnait la première du Concerto no  4 du compositeur avec le Tucson Symphony Orchestra (enregistrement disponible sous Ă©tiquette Analekta) avant de le prĂ©senter quelques mois plus tard avec l’Orchestre National de France, au Théâtre des Champs-ÉlysĂ©es Ă  Paris. Gagnant d’un JUNO pour son enregistrement avec les London Mozart Players, Lefèvre donnera avec la prestigieuse formation la première londonienne du Concertino no 2 de Mathieu au Cadogan Hall de Londres en octobre prochain, prĂ©cĂ©dĂ© de la première Ă  Berlin du Concerto no 4. D’ici lĂ , il ouvrira le Pavillon du Canada Ă  l’EXPO 2010 le 27 mai avec le Shanghai Symphony Orchestra dans ce mĂŞme concerto, au lendemain duquel sera prĂ©sentĂ© en première mondiale le film sur la vie d’AndrĂ© Mathieu.

Ă€ dĂ©couvrir ici…

Deux Juno pour Analekta

19 avril 2010

C’est ce week-end, Ă  St. John (Terre-Neuve) que se sont tenus les JUNO, remise de prix rĂ©compensant les meilleurs enregistrements canadiens. Deux albums Analekta ont raflĂ© les honneurs dans leurs catĂ©gories respectives.

En effet, dans la catĂ©gorie « Album classique de l’annĂ©e : solo ou musique de chambre », Garden Scene du contrebassiste Joel Quarrington a devancĂ© la compĂ©tition (dont deux autres enregistrements Analekta, Philip Glass, Portrait et Souvenir de Florence), alors que le disque Mathieu, Chostakovitch et Mendelssohn d’Alain et David Lefèvre accompagnĂ©s des London Mozart Players s’est mĂ©ritĂ© le JUNO dans la catĂ©gorie « Album classique de l’annĂ©e – orchestre ou soliste avec orchestre ». FĂ©licitations aux laurĂ©ats!

Pour Ă©couter Joel Quarrington…

Pour Ă©couter les frères Lefèvre et les London Players…

Comment concevoir un concert

17 avril 2010

Le week-end dernier, le Kitchener-Waterloo Symphony proposait pour la deuxième année consécutive son programme Concevez votre propre concert. Le programme, inspiré d’une initiative similaire du Pittsburgh Symphony, a permis à 30 élèves du secondaire (de 6 écoles différentes) de développer avec le personnel thème, programme, marketing, collecte de fonds et production d’un concert orchestral.

Les élèves doivent dégager du temps de leurs occupations scolaires habituelles pour participer  à ces six sessions de travail, d’une heure et demie chacune. Les élèves choisissent un groupe de travail particulier : marketing, département artistique, développement et opération (production). Chaque groupe de travail est guidé par au moins un membre du personnel administratif du KWS en tout temps. Nous offrons aux élèves la salle de concert, l’orchestre, un chef et un (ou des) soliste(s). Le reste des opérations est conçu et géré par eux, du thème qui mènera à la programmation qui influencera ensuite le marketing, la collecte de fonds et la production du projet.

Les élèves travaillent à un plan d’entente avec le personnel du KWS, qui détermine budget et prix des billets. La règle d’or est que les passifs ne doivent pas dépasser les actifs, ce qui permet aux élèves de comprendre rapidement comment des décisions en apparence simples peuvent avoir une incidence majeure sur le budget.

Le personnel a été stimulé et inspiré par ce projet. Ils n’ont pas tous été préparés à endosser le rôle de professeur, mais tous apprécient leur travail avec les élèves. Ils ont semble-t-il de nombreuses histoires à raconter au sujet d’élèves qui ont eu la piqure ou qui utiliseront vraisemblablement cette expérience de travail dans la gestion de leurs futures carrières.

Au programme du concert? Mozart, Vivaldi, Brahms, Tchaïkovski, Dvořák, Bartok et Vaughan Williams. On ne peut pas accuser nos gestionnaires en herbe de manquer de goût! Et si la musique menait à tout?

Marianne Fiset sera Mimi

15 avril 2010

Jeudi dernier, l’OpĂ©ra de MontrĂ©al dĂ©voilait la programmation de sa 31e saison. Six productions seront proposĂ©es: Rigoletto de Verdi, le très rarement donnĂ© Roberto Devereux de Donizetti, Le Consul de Menotti, Werther de Massenet, SalomĂ© de Strauss et La Bohème de Puccini. La soprano Marianne Fiset, qu’on retrouve sur la compilation cĂ©lĂ©brant les 60 ans des JMC depuis quelques jours, incarnera la toujours touchante Mimi.

On peut l’Ă©couter dans Dvorak ici…

VallĂ©e d’Obermann

13 avril 2010

Vallée d’Obermann, la plus vaste pièce du premier recueil des Années de pélerinage, s’avère également la plus sublime. Inspirée d’Obermann de Senancour, roman français dont l’action se déroule en Suisse, lu, relu et annoté avec ferveur par Liszt et Marie d’Agoult, cette page aux harmonies particulièrement osées anticipe par moments  les bouleversements causés par Wagner. Liszt y cite Byron, mais aussi Senancour : « Que veux-je? Que suis-je? Que demander à la nature? ».

La pièce dure un peu plus de 13 minutes, soit le tiers du recueil entier dédié à la Suisse. Pourtant, contrairement à la Dante-Sonata qui déséquilibre vaguement la deuxième partie des Années de pèlerinage, elle se veut plutôt la somme du recueil. Cette longue méditation métaphysique peut être découpée en quatre parties, même si Liszt y pratique la forme cyclique (développement d’un seul thème principal), tout comme dans sa célèbre Sonate en si mineur.

Commencez pas accéder à la pièce, interprétée par André Laplante, et vous pourrez ensuite en suivre le tracé en lisant les prochaines lignes.

La pièce commence par une Ă©vocation très lyrique du thème, dĂ©clinĂ©e par une main gauche qui tient plus du violoncelle que du clavier, la main droite accompagnant le propos d’accords lancinants, sombres. Un motif caractĂ©risĂ© par un chromatisme dĂ©chirant s’y juxtapose, puis une reprise forte du thème, qui s’Ă©vanouit bientĂ´t pour laisser la place Ă  une plainte chromatique, marquĂ©e par des accords dans l’extrĂŞme registre grave. Le thème est ensuite rĂ©exposĂ© sous sa forme première, puis variĂ© lĂ©gèrement, le rĂ© dièse devenant rĂ© bĂ©carre crĂ©ant une impression de lumière diffuse.

La seconde partie (5 min) tend à éclaircir les textures et les ambiances. Le thème, presque scintillant, prend un visage presque serein en do majeur. Après un forte triomphant, il retourne une fois de plus à un chromatisme pianissimo.

Le récitatif (6 min 55) qui suit se veut certainement la partie la plus troublée du morceau, avec ses trémolos quasi-omniprésents. Le thème est exprimé avec force emphase, en mineur, enrichi de nombreux chromatismes, les octaves fortissimo en ébranlant les assises. Un dialogue dramatique entre la main droite et la main gauche sur fond de trémolos s’esquisse. Après un acmé tout en octaves, le matériau semble s’effriter pour laisser place à un énoncé pp au rythme fluide qui rappelle les cadences des concertos.

Le dĂ©chaĂ®nement prĂ©cĂ©dent laisse place Ă  la sĂ©rĂ©nitĂ© (9 min 32): le thème reprend la forme qu’il avait au dĂ©but de la seconde partie. D’abord timide, il s’Ă©lance bientĂ´t pour laisser place Ă  des accords harmonieux qu’on croirait sortis d’une harpe. La dernière partie du morceau voit la victoire du thème serein, tandis qu’Ă©clatent des accords fff.

Retour sur le concert

11 avril 2010

J’y Ă©tais hier soir et ai Ă©tĂ© absolument sĂ©duite. Vous pouvez lire un compte rendu du concert de l’OUM ici…