Archive pour juillet, 2010

PrĂ©lude Ă  l’après-midi d’un faune

31 juillet 2010

Avec son PrĂ©lude Ă  l’après-midi d’un faune, Debussy invente un langage nouveau, qui fera basculer la musique de plain-pied dans le 20e siècle.

L’Ĺ“uvre fut jouĂ©e pour la première fois le samedi 22 dĂ©cembre 1894. Dans une lettre, probablement datĂ©e du lendemain, MallarmĂ© Ă©crivait:

« Je sors du concert, très Ă©mu: la merveille! votre illustration de l’Après-midi d’un faune, qui ne prĂ©senterait de dissonance avec mon texte, sinon qu’aller plus loin, vraiment, dans la nostalgie et dans la lumière, avec finesse, avec malaise, avec richesse. Je vous presse les mains admirativement, Debussy. »

Alain Marion en propose une très jolie relecture pour flĂ»te et piano ici…

Chaconne de Bach

29 juillet 2010

Quand Bach Ă©crit pour cordes seules, que ce soit violon ou violoncelle, il atteint des sommets rarement Ă©galĂ©s depuis. L’un des mouvements peut-ĂŞtre les plus spectaculaires de ses suites pour violon solo reste pour moi sa Chaconne, dernier mouvement de sa Suite en rĂ© mineur.

Vous pouvez l’entendre ici (sur le CD2), interprĂ©tĂ©e par James Ehnes.

Sonnet de Pétrarque 104

27 juillet 2010

Quand on évoque Liszt, on pense spontanément pyrotechnie mais on oublie trop souvent son côté lyrique, magnifique transmis dans son « Sonnet de Pétrarque no 104 », tiré de ses Années de pèlerinage.

AndrĂ© Laplante l’offre souvent en rappel, au grand plaisir des mĂ©lomanes.

La traduction du texte est la suivante:

« La vertu invoquée qui fleurissait en vous, quand Amour commença à vous livrer bataille, produit maintenant des fruits qui égalent ces fleurs, et qui me montrent mon espoir arrivé à bon terme.
Aussi le cĹ“ur me dit d’Ă©crire sur le papier des choses qui fassent ressortir la gloire de votre nom ; car nulle part, fĂ»t-ce dans le marbre, on ne taille aussi solidement l’image oĂą un hĂ©ros se vivifie.
Croyez-vous que CĂ©sar, ou Marcellus, ou Paul, ou l’Africain, eussent jamais Ă©tĂ© rendus tels qu’ils sont ni par le ciseau ni par le marteau ?
Mon Pandolfe, ce sont lĂ  des Ĺ“uvres fragiles pour aller loin ; mais nos travaux sont ceux qui donnent aux hommes l’immortelle renommĂ©e. »

Pour l’Ă©couter…

Sonate de Lekeu

25 juillet 2010

Je connais  et adore – la Sonate de Franck depuis des lustres mais n’avais jamais entendu la sonate pour violon de Guillaume Lekeu avant de me glisser en studio d’enregistrement avec les frères Alain et David Lefèvre. J’ai ressenti dès la première Ă©coute, un vĂ©ritable coup de cĹ“ur ou, plus rĂ©alistement, un coup au cĹ“ur.

Pour l’Ă©couter…

Summertime

23 juillet 2010

Je vous quitte pendant une dizaine de jours mais ne vous abandonne pas pour autant puisque vous pourrez dĂ©couvrir en mon absence quelques-uns de mes albums « coups de cĹ“ur ». Pour vous mettre dans l’Ă©tat d’esprit, pourquoi pas une relecture du classique Summertime par Tiger Okoshi et Lorraine Desmarais? Vous pouvez retrouver les deux artistes sur un album live, ici…

Les Baricades mistérieuses

21 juillet 2010

« C’est Ă  l’Ă©coute des musiques de Bach, Couperin, Rameau et Scarlatti que ma fascination et mon amour pour le clavecin se sont dĂ©veloppĂ©s. Depuis quelques annĂ©es, je rĂŞvais de rĂ©unir plusieurs Ĺ“uvres qui m’ont particulièrement touchĂ© ou suivi tout au long de ma carrière de musicien », explique le claveciniste Luc BeausĂ©jour.Il l’a fait sur son album Ĺ’uvres cĂ©lèbres pour clavecin, qui prĂ©sente notamment cette pièce cĂ©lèbre de Couperin, jouĂ©e en vidĂ©o ici…

Musique et littérature

19 juillet 2010

La poĂ©sie inspire les compositeurs depuis des siècles mais, parfois aussi, ça se joue dans l’autre sens. Lu il y a quelque temps, dans un recueil de micro-nouvelles – qui, pourtant, n’avaient rien de musical, outre la musicalitĂ© des phrases – signĂ©es ÉlĂ©onore Clovis, Échantillons, cette grinçante Ă©vocation de la leçon de piano.

Si la sol la do. Dièse. Si la sol la do. Dièse, le sol. Les doigts. Arrondir les doigts. Si la sol la do? La petite fille lève un museau interrogatif et craintif du clavier. Ses petites mains gauches hésitent sur les notes noires et blanches. Noires? Blanches? Droite sur la banquette, la professeure pince les lèvres. Dièse. Si Mozart entendait… Si la sol la do. Au même âge, elle donnait déjà des récitals, jouait la sonate toute entière. Avec sentiment, s’accordaient les professeurs du conservatoire. Très important en musique, le sentiment. Dans la vie, travail et rigueur avant tout. Et toujours arrondir les doigts. La petite fille plisse le front et le nez. Odeur aigre de rancune fermentée. Si la sol la do. L’instrument geint. Pas désaccordé, un peu d’humidité. La banquette grince. La petite fille se tortille devant ces notes qui ne lui disent rien. Mozart est muet. Mais la porte sonne. Si la sol la do, à travailler pour la semaine prochaine. Avec rigueur et sentiment. Offrant enfin un sourire, la vieille pianiste referme les doigts sur son dû.

Vous aurez peut-être reconnu les premières notes du célèbre Rondo alla turca de Mozart.

Et, je plaide ma cause, non, ce n’est pas de moi dont il est question ici… Ă€ bon entendeur, salut!

La musique classique: mais qu’est-ce donc?

16 juillet 2010

VoilĂ  une bien grande question. Certains ont essayĂ© de la renommer « musique de concert » pour simplifier, d’autres essaient de la surclassifier selon les pĂ©riodes musicales. Le pianiste, compositeur, auteur et comĂ©dien français Damien Luce tente une rĂ©ponse dans le dernier numĂ©ro en ligne de BSC News.

Ă€ lire en pages 30-31

ou dans cette capture d’Ă©cran de l’article le-coin-des-maudits

Célébrer la France en musique

14 juillet 2010

Le Quatorze juillet, fête nationale française, a été instituée en 1880 par le marquis de Lafayette et commémore la fête de la Fédération de 1790. Elle souhaite principalement marquer la fin de la monarchie absolue et le premier anniversaire de la prise de la Bastille.

Si l’Italie d’abord, puis l’Allemagne, ont jouĂ© des rĂ´les essentiels dans l’histoire de la musique classique occidentale, il ne faudrait pas oublier que Paris s’est trouvĂ©e Ă  de nombreuses reprises lieu de rencontre privilĂ©giĂ© pour les musiciens, au tournant du 20e siècle certes mais aussi Ă  l’Ă©poque de Louis XIV ou Louis XV. Alors que les grandes et les petites cours Ă©rigeaient un peu partout des imitations de Versailles, la vie intellectuelle et l’avant-garde artistique se pressaient Ă  Paris, vĂ©ritable creuset de la culture. Les salons littĂ©raires se sont alors multipliĂ©s et se sont rapidement ouverts aux nouveautĂ©s musicales.

Pourquoi ne pas se replonger aujourd’hui dans le Paris d’avant la RĂ©volution et se laisser hanter par des pages de Rameau, Leclair ou mĂŞme Telemann, interprĂ©tĂ©es par Luc BeausĂ©jour, HĂ©lène Plouffe, GrĂ©goire Jeay et Juan Manuel Quintana?

Un univers bien particulier Ă  se rĂ©approprier ici…

Jeux d’eau

12 juillet 2010

Si vous ĂŞtes comme moi et ne travaillez pas Ă  l’air climatisĂ©, vous avez sans doute rĂŞvĂ© au cours des derniers jours d’intense canicule d’un rĂ©pit, fĂ»t-il symbolique. L’esprit Ă©tant plus fort que la chaleur – du moins essayons-nous d’y croire -, peut-ĂŞtre que d’Ă©couter Jeux d’eau de Ravel pourrait faire des miracles…

La pianiste Francine Kay en parle en ces termes: « Jeux d’eau est un exemple saisissant de l’esthĂ©tique Ă  la fois luxuriante, sensuelle, Ă©vocatrice et dĂ©bordante de jeunesse de Ravel. Le titre fait allusion Ă  une Ĺ“uvre de Franz Liszt, les Jeux d’eau Ă  la Villa d’Este (1883). Les deux Ĺ“uvres sont virtuoses dans leur exploitation des ressources du piano. En exergue, Ravel inscrit une citation du poète Henri de RĂ©gnier: “Dieu fluvial riant de l’eau qui le chatouille”, et en fait lui-mĂŞme la description suivante: “inspirĂ©e par le bouillonnement de l’eau et par les sonoritĂ©s musicales des fontaines, des chutes d’eaux et des ruisseaux”. L’Ĺ“uvre porte la dĂ©dicace: “Ă  mon maĂ®tre adorĂ©, Gabriel FaurĂ©”.

Pour l’Ă©couter…