Célébrons Barber
Nous avons beaucoup entendu parler du bicentenaire de Chopin, moins de l’anniversaire Mahler, beaucoup moins de celui de Schumann, mais 2010 marque aussi le centenaire de naissance du compositeur américain Samuel Barber. Si son Adagio pour cordes (utilisé dans nombre de films au cours des dernières années) reste son œuvre la plus célèbre, il ne faut pas oublier qu’il a également écrit, entre autres choses, un opéra (Vanessa), plusieurs concertos (ceux pour piano et violon sont de véritables joyaux du 20e siècle) et un ballet (Medea). Une de mes œuvres préférées du compositeurs demeure Knoxville, Summer of 1915, pour voix et orchestre, écrit en 1947. Le texte est tiré d’un court texte en prose de James Agee, daté de 1938.
Nous parlons ici de soirées d’été à Knoxville, Tennessee, à l’époque où j’y habitais, si adroitement déguisé en enfant. Le groupe d’habitants était légèrement hétérogène, plutôt de la basse classe moyenne, un ou deux groupes faisant saillie de chaque côté de cette masse. Les maisons étaient en harmonie avec ce portrait: en bois entrelacé, de format moyen, construites à la fin du 19e et au tout début du 20e siècles, avec des devants et des côtés étroits et de spacieuses cours arrières remplies d’arbres. (James Agee, Knoxville)
Barber a réussi à peindre un portrait idyllique et nostalgique de la ville natale d’Agee, telle que vue par les yeux d’un enfant qui semble, à certains moments, se transformer en adulte. Très rhapsodique, comme le poème d’Agee, l’œuvre nous fait osciller admirablement du rêve à la réalité
Knoxville est considérée l’œuvre la plus « américaine » de Barber, tant au niveau du texte choisi que de son traitement musical.
Lucie


11 septembre 2010 at 11:34
Sublime !!!