Je déteste rentrer de vacances et apprendre de mauvaises nouvelles. Pendant dix jours, on refuse d’ouvrir la télé, de consulter les journaux, de se tenir à jour sur Internet. Et puis, comme ça, au retour, coup de massue, on apprend le décès de quelqu’un qui, même si on ne le connaissait pas du tout intimement, nous a touchés grâce à sa musique.
J’avais sept ou huit ans tout au plus la première fois que j’ai entendu parler d’Otto Joachim, mieux, que je me suis appropriée sa musique, grâce à une série ludique de petites pièces écrites de façon sérielle. Je me rappelle avoir eu beaucoup de plaisir à décrypter les séries mais surtout à jouer ces morceaux pour débutants. Au fil des ans, je découvrirais ses Contrastes ou ses Métamorphoses pour orchestre ou son Interlude pour quatre saxophones.
De son nom véritable Otto Joachimsthal, l’altiste, violoniste et compositeur était né à Düsseldorf, il y aurait eu 100 ans en octobre. Avec son frère Walter, violoncelliste, il avait fui l’Allemagne nazie. Après avoir vécu en Orient, les frères devaient s’installer à Montréal dans les années 50. Musiciens à l’OSM, professeurs, ils avaient aussi fondé avec les violonistes Hyman Bress et Mildred Goodman (veuve du compositeur Clermont Pépin) le Quatuor de Montréal. En 2008, Otto Joachim recevait le Prix hommage au gala des Prix Opus du Conseil québécois de la musique.
Les funérailles auront lieu vendredi à 13h au Mount Royal Chapel du complexe funéraire Mont-Royal, 1297, chemin de la Forêt. Mes condoléances aux proches, notamment à son fils, Davis Joachim, guitariste, bien connu des mélomanes montréalais, notamment comme directeur général d’I Musici et du Centre d’arts Orford au cours des dernières années.
Lucie