Le Concerto no 4 de Mathieu en concert
29 septembre 2010Hier soir, Alain Lefèvre reprenait le Concerto no 4 d’AndrĂ© Mathieu dans la salle qui porte son nom Ă Laval (mĂ©tro Montmorency, reprise ce soir). Comment ne pas ressentir une certaine fĂ©brilitĂ© dès les premières notes? Je rĂ©alise que plusieurs spĂ©cialistes du milieu s’insurge contre Mathieu, qu’ils considèrent un compositeur mineur, sans gĂ©nie, dĂ©pourvu de qualitĂ©s. Pourtant, comment rĂ©sister au charme contagieux de ses mĂ©lodies, au lyrisme puissant du thème du deuxième mouvement du concerto par exemple? Pourquoi ne peut-on pas simplement accepter son Ĺ“uvre pour ce qu’elle est: un regard vaguement nostalgique teintĂ© de romantisme du 19e siècle, certes, mais nĂ©anmoins habilement rendu? Doit-on absolument dĂ©crier un compositeur parce que le « peuple » rĂ©agit Ă sa plume? Derrière moi, j’ai entendu un monsieur chuchoter Ă sa voisine quand il a reconnu l’extrait du concerto prĂ©sentĂ© dans le film sur AndrĂ© Mathieu. Cela ne m’a aucunement irritĂ©e, j’Ă©tais simplement ravie de savoir que le thème l’avait suffisamment touchĂ© pour qu’il le fasse sien, après une ou quelques Ă©coutes. Quand le dĂ©licat mouvement lent a Ă©tĂ© esquissĂ©, j’ai entendu un autre spectateur soupirer de contentement, comme lorsqu’on entend le thème du cĂ©lèbre du Deuxième Concerto de Rachmaninov. Comment peut-on dĂ©nigrer une telle appropriation du rĂ©pertoire?
Comme toujours, Alain Lefèvre a su faire fi des redoutables pièges techniques qui parsèment le concerto, nous amenant tantĂ´t au seuil des larmes et Ă d’autres, au bord du gouffre. Ce concerto de Mathieu en particulier reprend tous les Ă©lĂ©ments qui rendent la forme si attrayante: oscillation dialogue /combat entre chef et soliste, prouesses virtuoses (admettons-le, le mĂ©lomane aime ressentir l’excitation du danger quand il voit et entend le pianiste attaquer une cascade de doubles octaves ou dĂ©fie les passages rapides!) et moments de rĂ©elle Ă©motion.
Pour Ă©couter l’Ĺ“uvre (avant ou après le concert)…
Lucie

