Archive pour février, 2012

Buon compleanno

29 février 2012

Il y a de ces anniversaires qu’on ne peut souligner qu’une fois tous les quatre ans, quand il s’agit d’une année bissextile. Bien sûr, ceux nés le 29 février se rabattront sur une célébration le 28 février ou le 1er mars le reste du temps, mais cette année, luxe, nous pouvons souligner en grande pompe l’anniversaire de Gioachino Rossini, né le 29 février 1792 à Pesaro (et mort un vendredi 13!).

Rossini est un personnage assez fascinant. À 37 ans, le compositeur, au sommet de sa gloire,  ayant vécu à peine la moitié de son existence, il se retire du monde opératique, pour des raisons jamais totalement élucidées, et composa très peu par la suite. Il devait se consacrer à la dolce vita, partageant de somptueux repas avec ses amis et à inventer de nouvelles recettes.

Plusieurs histoires circulent à cet effet. Par exemple, le soir de la première du Barbier de Séville, le compositeur avait coupé court aux félicitations d’après concert pour se plonger dans une description enflammée d’une salade qui, bien sûr, devint la salade alla Rossini. Stendhal explique, dans sa Vie de Rossini, que l’air de l’opéra Tancrède, « Di tanti palpti », réputé partout en Europe, avait été surnommé « l’aria du riz », parce que Rossini l’aurait composé en attendant sa portion de risotto dans un restaurant de Venise. L’aria « Nacqui all’affanno e al pianto », de l’opéra Cendrillon, aurait été composée dans des circonstances similaires, à Rome cette fois. À la fin de sa vie, il a également composé des pièces pour piano très peu connues : Radis, Anchois, Cornichons, Beurre, Figues sèches, Amandes, Raisins et Noisettes. 

Vous êtes en panne d’inspiration pour le repas de ce soir? Pourquoi ne pas tenter la recette du tournedos Rossini. Les tours de main et la petite histoire de la recette sont ici…

Vous pourrez en profiter pour écouter ses six sonates pour cordes.

Un vétéran qui partage

27 février 2012

Ceux qui ont suivi la cérémonie des Oscars hier soir ont sans doute, comme moi, été ravis de voir le talent indéniable du Montréalais Christopher Plummer récompensé (enfin!) par une précieuse statuette dorée, à 82 ans, pour son rôle dans Beginners! Il n’est certes pas le seul octogénaire à inspirer public et jeunesse. En effet, la basse Joseph Rouleau remonte cette semaine sur les planches, le temps de deux représentations de Pelléas et Mélisande de Debussy, données par l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal. Il incarnera le rôle du grand-père de Pelléas, le roi Arkel. Au fil des répétitions, les jeunes artistes lyriques auront pu profiter de ses conseils et surtout observer l’aisance avec laquelle il habite une scène.

« À mon âge, on chante encore chez soi, mais normalement, on ne se présente pas devant un public, explique-t-il en entrevue dans La Presse. Si on décide d’y aller, il faut être capable de bien le faire et je crois que je le suis. Est-ce fou, de la bravoure ou de la passion de prendre ce risque? J’ai pensé que ce serait peut-être une bonne chose, et j’espère que tout ira bien. »

On n’en doute pas une seule seconde et en profitons pour luis souhaiter un très joyeux 83e anniversaire demain!

Pour lire l’article…

Pour entendre Joseph Rouleau dans quelques-uns de ses rôles mythiques…

Handel: toujours aussi jeune à 327 ans

24 février 2012

Georg Friedrich Handel est né à Halle, en Allemagne, le 23 février 1685, quelques semaines avant Bach. Bach a d’ailleurs habité près de la ville natale de Handel toute sa vie mais leurs chemins ne se sont jamais croisés. Le père de George était chirurgien et barbier, une combinaison de métiers qui fait sourire aujourd’hui mais qui était pourtant assez habituelle en ces temps-là. Très jeune, George manifeste des dons surprenants pour la musique. Peu encouragé par son père, il parvient tout de même, probablement avec la complicité de sa mère, à cacher un clavicorde au grenier. Un jour, la chance lui sourit: le duc de Saxe-Weissenfels l’entend et ordonne à son père de lui offrir de vraies leçons de musique. L’organiste local deviendra son professeur et lui enseignera non seulement les bases de l’instrument mais également la composition.

Après la mort de son père en 1697, George se dirige vers le droit, s’y sentant probablement moralement obligé. Pourtant, Händel démontrait déjà une virtuosité exceptionnelle comme organiste et comme claveciniste, maniait le violon avec beaucoup de talent et avait déjà deux malles remplies de compositions! À son entrée à l’Université de Halle, il accepte un poste d’organiste, histoire d’arrondir ses fins de mois et de ne pas perdre la main.

En 1703, après un an d’études en droit, Handel opte définitivement pour la musique et déménage à Hambourg, ville plus cosmopolite. Il enseigne et joue dans l’orchestre de l’opéra (violon et clavecin). À l’âge de 20 ans, il compose son premier opéra, Almira, qui reçoit un accueil chaleureux du public.  Cinq ans plus tard il acceptera un poste permanent chez un prince allemand, mais demande rapidement une année sabbatique pour aller visiter Londres. En deux semaines, retravaillant du «vieux» matériel (une blague raconte que Handel a composé plus d’opéras que d’air, tellement il « recycle » souvent ses airs), il compose l’opéra Rinaldo, qui séduit immédiatement les Anglais. Il finira par s’établir à Londres en 1714. Il y restera jusqu’à sa mort en 1759 tout en conservant une passion dévorante pour les voyages. Il est enterré auprès des rois et des reines à l’Abbaye de Westminster.

On peut entendre ici certaines de ses cantates italiennes, interprétées par Marie-Nicole Lemieux et Luc Beauséjour.

Les défis financiers des organismes culturels

22 février 2012

Il faut bien l’admettre, c’est plutôt rare que l’on retrouve un article sur les organismes musicaux montréalais en page couverture du cahier « finances » d’un quotidien. Pourtant, samedi, La Presse nous en proposait deux, traitant des défis financiers rencontrés par l’Orchestre symphonique de Montréal (qui, a-t-on su lundi, redevient l’orchestre qui accompagnera les finalistes du Concours Musical International de Montréal, les 5 et 6 juin prochains) et l’Opéra de Montréal.

« Quelles sont les premières causes de désabonnement à l’Opéra de Montréal? », s’interroge-t-on en début d’article. La réponse n’est peut-être pas celle que l’on attendait: la maladie et le décès! En effet, l’âge moyen des abonnés dépasse les 55 ans et c’est pourquoi l’institution a mis de nombreuses initiatives pour rejoindre les jeunes spectateurs potentiels, offrant notamment des billets à tarif très réduit aux moins de 30 ans. Résultat: l’institution compte maintenant 1180 abonnements chez les 18-30 ans, une hausse de 45 %.

Dès son entrée en poste, Guillaume Thérien, le jeune directeur ventes et marketing (29 ans),  a analysé la base de données, ce qui a permis de dégager sept profils types. « Ces sept groupes représentent 30 % de la population, mais ils constituent 70 % de notre base de données, explique-t-il. Il faut donc leur parler de façon personnalisée. » Le directeur des communications Pierre Vachon précise quant à lui: «On est en mode éducation. On multiplie les portes d’accès. Le but ultime, c’est que tout le monde vienne à l’opéra, pour démocratiser cette sortie.»

On peut lire l’article complet ici…

Pour en apprendre plus sur les défis qui attendent l’OSM lors de la saison 2012-13, c’est là…

Angèle Dubeau: l’âme bien ajustée

20 février 2012

L’édition du week-end de La Presse proposait un portrait en profondeur de la violoniste Angèle Dubeau, qui célèbre la même année 35 ans de carrière, 25 ans de mariage et le 15e anniversaire de La Pietà, orchestre féminin qu’elle a fondé. Ayant vendu 500 000 disques depuis ses débuts, tout en tournant dans plus de 25 pays, elle pourrait décider de mettre la pédale douce à l’aube de la cinquantaine, mais ce serait mal connaître la violoniste.

Elle parle de son parcours, de ses rêves, de son dernier album avec La Pietà et de ces musiciennes avec lesquelles elle aime partager joie du concert, surprises des tournées et projets stimulants.

« Quand j’ai commencé le violon, toute petite, je jouais beaucoup avec d’autres, en gang, et j’aimais ça. Ça me manquait, ce partage. Et puis, tout en gardant ma place de soliste, je peux diriger un ensemble. Les filles m’appellent “ les yeux ”: quand quelque chose ne fait pas mon affaire pendant un concert, il paraît que je fais des yeux très expressifs, explique une Angèle hilare. Qu’est-ce que tu veux, je suis le chef, mais je n’ai pas de baguette, j’ai juste mon archet… et mon corps. Des fois, les musiciennes me voient le petit coin de bouche qui relève et elles savent que je vais faire une chose à laquelle elles ne s’attendent pas, comme ralentir le tempo ou changer d’attaque. Ça les tient sur leurs gardes! »

Vous pouvez lire l’entrevue ici…

Le Soleil l’avait également rencontrée la semaine précédente. Elle y parle notamment de l’offre d’Ennio Morricone qui souhaitait la voir participer à un projet d’enregistrement, mais qu’elle a choisi de refuser. C’est par là…

Vous pouvez écouter et télécharger l’album Silence on joue! ici…

Marianne Fiset chante Manon à Bastille

17 février 2012

La soprano québécoise Marianne Fiset vient de faire ses débuts à l’Opéra national de Paris dans le rôle-titre de Manon de Massenet. En tant que doublure de Nathalie Dessay, elle a dû la remplacer, celle-ci ayant succombé au froid sibérien qui sévit actuellement sur l’Europe. Elle a relevé le défi et a plongé, tout simplement.

« J’ai reçu l’appel de l’Opéra ce matin-là, puis je me suis dit: ça y est! Le personnage de Manon est absolument fascinant, et Coline Serreau (la metteure en scène) en a développé une vision très contemporaine, aux accents tragiques. Manon, l’ingénue transformée en courtisane, cherche la vérité dans le plaisir, puissance dix. Son ascension est fulgurante, sa chute, spectaculaire. Elle ne peut pas échapper à son destin », explique-t-elle.

On peut en savoir un peu plus ici…

Il y a une dizaine de jours, La Presse proposait également un portrait de sept chanteurs d’opéra qui se démarquent sur la scène internationale, dont Marianne Fiset.

On peut l’entendre dans la Shéhérazade de Ravel ici…

Le classique: ringard?

15 février 2012

Certains le disent à voix haute, d’autres le marmonnent tout au plus. La musique classique est-elle déphasée par rapport à ce que nous vivons au 21e siècle? Bien sûr, j’affirmerai que non, je crois que toute bonne musique peut continuer à vivre, un siècle, deux, trois plus tard, mais qu’il faut bien sûr être à l’écoute de ce qui se fait là, aujourd’hui, maintenant.

Le blogueur – et altiste dans un orchestre professionnel – Djac Baweur se penche sur la question dans un long billet.

Il frappe fort dès le début:

« En effet, le constat est assez vite fait : ce public est constitué essentiellement de personnes âgées à très âgées, dont l’appartenance à une bourgeoisie cossue ne fait d’autant peu de doute que les parures sont explicitement là pour nous le montrer ; à tel point que, si on compare avec leur attention à la musique et les commentaires d’après concert que l’on peut glaner en tendant subrepticement l’oreille, il devient à peu près clair que le but premier était simplement d’être là, de se montrer, voire juste de tuer le temps, bien plus que de réellement goûter aux Å“uvres jouées.

En observant mieux, on apercevra cependant, éparpillés de-ci de-là, des gens moins habillés, moins âgés, à la mine sévère et grave de ceux qui savent : ce sont les mélomanes, les vrais, les purs. Eux ont tout vu, tout entendu, et ont fini par développer un sens critique aussi aiguisé qu’une roulette de dentiste… »

Il fait néanmoins ensuite le tour de diverses expériences réussies, un peu partout en Europe qui démontrent en deux phrases musicales top chrono que, non, bien sûr, le classique a tout ce qu’il faut pour séduire et faire déplacer les foules.

À lire ici…

Les lauréats des Grammys en musique classique

13 février 2012

Vous savez peut-être déjà que la reine des Grammys est la Britannique Adele, qui a raflé six précieuses statuettes hier soir, à Los Angeles, que l’ombre de Whitney Houston a plané sur toute la cérémonie, mais vous vous demandez peut-être qui a gagné dans les catégories « classiques », prix remis hors d’ondes.

Dans la catégorie « musique orchestrale », le Grammy est remis cette année au flamboyant Gustavo Dudamel, qui dirige le Los Angeles Philharmonic dans la Quatrième Symphonie de  Brahms. Doctor Atomic de John Adams s’est démarqué dans la catégorie « opéra », Alan Gilbert dirigeant solistes, chÅ“ur et orchestre du Metropolitan Opera. Pour rester dans le domaine vocal, l’album Light & Gold de The King’s Singers, Christopher Glynn & Hila Plitmann, Laudibus, le Pavão Quartet et The Eric Whitacre Singers, sous la direction d’Eric Whitacre, reçoit le prix pour le meilleur enregistrement choral.

Côté « petits ensembles », le prix a été remis à Mackey: Lonely Motel – Music from Slide, mettant en lumière Rinde Eckert, Steven Mackey et Eighth Blackbird. Côté solo, le Concerto pour percussion et orchestre de Schwantner (Nashville Symphony et Christopher Lamb, percussionniste) a détrôné de façon surprenante plusieurs vedettes. Diva Divo  (Joyce DiDonato et Orchestre et chÅ“ur de l’Opéra national de Lyon) a été récompensé dans la catégorie « solo vocal » et la meilleure pièce contemporaine de l’année est Elmer Gantry de Robert Aldrige.

Du côté canadien, les nominations pour les Junos (qui seront remis le 1er avril) ont été annoncées la semaine dernière. L’enregistrement Analekta des Cantates 70 et 154, du Concerto BWV 1060 et de la Suite orchestrale no 2 de Bach de l’Orchestre baroque Tafelmusik et Daniel Taylor, est en nomination dans la catégorie « vocale et chorale ».

 

Silence on joue! au sommet

10 février 2012

Une semaine seulement après sa sortie en magasin, le nouvel album d’Angèle Dubeau & La Pietà, Silence, on joue!, s’est  hissé au sommet des palmarès canadiens. En effet, l’album figure à la 1ere position du palmarès « Classique Canadien » de Nielsen Soundscan (avec 3 fois plus de vente que son plus proche rival), en plus de trôner au sommet du prestigieux palmarès classique d’iTunes Canada.

Le Devoir écrit: « Silence, on joue! est un CD fignolé et d’une irréprochable intégrité musicale. » Le Soleil avance:  « Angèle Dubeau & La Pietà: au pays des merveilles. » Pascale Lévesque de Radio 98,5 FM a dit en ondes: « Cet album, c’est vraiment du bonbon. »

Les musiciennes sont présentement en tournée à travers le Québec. Pour plus d’information…

Le dernier album d’Angèle Dubeau & La Pietà fait parler de lui

6 février 2012

Lancé mardi dernier, Silence on joue!, mettant en lumière certaines pages de musiques de films parmi les plus inspirées, a su convaincre plusieurs chroniqueurs et journalistes.

Richard Boisvert du Soleil, écrit notamment: « La violoniste creuse dans un filon dont la richesse met en valeur la chaleur ambrée de son jeu » et « Plus loin arrivent, comme la cerise sur le gâteau, Over the Rainbow, arrangé avec science et poésie par Gilles Ouellet, et Smile, habillé sobrement par Clauss Ogermann. Deux moments délectables qui révèlent une Angèle planant sur les ailes du jazz. »

La violoniste explique ses choix artistiques dans une entrevue parue dans l’édition Week-end du Journal de Montréal.

« Ça faisait longtemps que je chérissais le désir de faire un tel disque, explique-t-elle. Le temps était venu, tout simplement. Avec mes derniers albums, j’ai emmené le public ailleurs, avec des auteurs-compositeurs contemporains. D’arriver ainsi, avec une musique un peu plus accessible, je trouve ça agréable. J’ai tout travaillé dans les moindres détails, j’y ai mis tout le sérieux que je pouvais, je souhaitais faire un recueil très poli de ces joyaux du septième art. Je trouve que c’est à l’image de ma carrière, des 35 dernières années et des autres qui s’en viennent.  »

Pour lire l’article dans son intégralité…

On peut également visionner sur le site canoe.tv une entrevue accordée le jour du lancement. À découvrir ici…