Archive pour la catégorie ‘Actualités’

Folle journée de Nantes

3 février 2012

La Folle Journée de Nantes 2012 bat son plein jusqu’au 5 février. Cette année, on ne parle pas d’un seul compositeur mis à l’honneur, mais de la musique russe en général, de Tchaïkovski à Goubaïdoulina, sans oublier Stravinski, Scriabine, Prokofiev… La beauté de la technologie fait que vous pouvez suivre en direct certains des concerts, grâce à Radio-France et Arte. Certains concerts sont également présentés en vidéo en reprise.

Des programmes jeunesse sont aussi offerts, qui permettent notamment d’allier musique russe, rock, rap et scratch. Un article fascinant de Telerama à lire ici…

Tous les détails de la programmation par là…

Prix Opus

30 janvier 2012

Le gala de la 15e édition des prix Opus du Conseil québécois de la musique s’est tenu hier après-midi dans la très belle Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Grande fête de la musique de concert, l’événement réunissait le milieu musical venu célébrer les 25 ans de fondation du Conseil québécois de la musique (CQM). Pas moins de 28 prix ont été remis à  interprètes, compositeurs, artisans,  diffuseurs et musicologues et des invités surprises (dont le toujours désopilant Martin Bernier, co-animateur de nombreux galas précédents) sont venus prêter main forte à l’animateur Mario Paquet pour l’occasion.

Plusieurs prestations musicales ont été intégrées au déroulement du gala. On a ainsi pu entendre le Trio Zaldivar, le Quatuor Bozzini dans un extrait d’une Å“uvre d’Ana Sokolovic qui sera créée en octobre prochain, le compositeur Jean-François Laporte qui nous a notamment offert Rituel, une étonnante et très poétique pièce pour flying can, la Fanfarniente, la harpiste Valérie Milot dans deux mouvements d’une pièce de Glenn Buhr et un collectif baroque composé de Marie-Nathalie Lacoursière, Olivier Brault, et des comédiens Jean-François Gagnon et Carl Béchard.

Un hommage particulièrement touchant a été rendu à Yuli Turovsky, qui a quitté la direction d’I Musici en mai dernier pour des raisons de santé.  Parmi les artistes salués, mentionnons que le concert  L’art de François Couperin, présenté par Clavecin en concert, société mise sur pied et dirigée par Luc Beauséjour, a reçu le prix Opus « Concert de l’année – musiques médiévales, de la Renaissance, baroque », la production On n’est jamais trop classique de l’Orchestre symphonique de Montréal celui de « Production – jeune public » et que la pianiste Louise Bessette, qui fête en 2012 ses 30 ans de carrière, en nomination dans la catégorie « Disque de l’année – musiques moderne, contemporaine » pour deux de ses enregistrements, est repartie avec la prestigieuse statuette pour son projet consacré au compositeur Serge Arcuri.

Cloé Palacio-Quintin a été nommée  « compositrice de l’année », le flûtiste baroque Vincent Lauzer (qui a travaillé avec Matthias Maute et Sophie Larivière de l’Ensemble Caprice) « découverte de l’année » et Julie Boulianne a reçu le prix « Rayonnement à l’étranger ».

Félicitations à tous!

 

Stéphane Tétreault sous le charme de son Strad

25 janvier 2012

Le jeune violoncelliste québécois Stéphane Tétreault vient d’apprendre qu’il aura maintenant le privilège de jouer sur un Stradivarius, le « Paganini, Comtesse de Stainlein », propriété jusqu’à sa mort de Bernard Greenhouse, vénéré membre du Beaux-Arts Trio, son propriétaire précédent pendant 54 ans, décédé le 13 mai dernier.

L’instrument a été acheté à la maison américaine Reuning & Son Violins par une mécène de Montréal, qui refuse pour l’instant de révéler son identité, pour un peu plus de 6 millions de dollars.

« Je suis ravi d’avoir le privilège de jouer sur cet incroyable violoncelle Stradivarius et je suis profondément ému et reconnaissant d’avoir été choisi pour jouer sur cet instrument chéri par Bernard Greenhouse pendant tant d’années et pour qui j’ai toujours eu un profond respect et une grande admiration », a déclaré Stéphane Tétreault dans un communiqué.

Le jeune musicienétudie à l’Université de Montréal sous la direction de Yuli Turovsky. Il sera en récital le  4 février, à 14 h 30, au Théâtre Outremont. Le concert sera enregistré par Espace musique qui le rendra disponible sur Internet dès le 2 mars sur www.radio-canada.ca/revelations.

Deux articles de La Presse pour en savoir plus: l’un signé Claude Gingras et l’autre Nathalie Petrowski.

La perfection Stradivarius: un mythe?

18 janvier 2012

Il n’y a pas à dire, les Stradivarii restent un sujet de discussion perpétuel. Aurait-on enfin décrypté le fameux « secret » de leur conception exceptionnelle? Pas tout à fait… En effet, une étude à l’aveugle menée par une chercheuse française, Claudia Fritz, acousticienne à l’Université Paris-VI, vient de semer le doute sur leur apparente suprématie. Elle a profité de l’édition 2010 du Concours international d’Indianapolis  pour faire tester à l’aveugle des instruments par 21 violonistes de très haut niveau : des candidats au concours bien sûr, mais aussi quelques experts et d’autres violonistes d’expérience. Lors du processus, les participants portaient des lunettes de soudeur pour ne pas voir les caractéristiques de l’instrument et la pièce était parfumée pour éviter que l’odeur propre au bois vieilli ne donne des indices aux interprètes.

L’étude se déroulait en deux temps. Dans le premier, les participants étaient invités à jouer dans un ordre aléatoire sur trois violons modernes provenant de lutheries réputées, deux Stradivarii et un Guarnerius del Gesu. Ils devaient ensuite indiquer quel violon il aimerait faire le leur. Dans le deuxième, deux violons leur étaient présentés et ils devaient simplement distinguer l’instrument d’époque. Ici, la grande majorité a échoué et, alors qu’ils devaient choisir le « leur », seuls 8 des 21 ont choisi un violon du 18e siècle. L’instrument ayant remporté le plus de suffrage venait d’un atelier contemporain, celui le moins souvent cité était… un Strad circa 1700.

Les détracteurs de l’étude insinuent déjà qu’il est ridicule de songer « apprivoiser » un instrument dans une chambre d’hôtel, en quelques minutes à peine et que les qualités d’un instrument se révèlent plus tard. Je me suis entretenue récemment avec l’altiste Antoine Tamestit qui me confiait que sa rencontre avec son Strad n’avait aucunement relevé de l’évidence, qu’il avait considéré à plusieurs reprises le rendre à la Fondation Habisreutinger et qu’il n’avait été convaincu des qualités supérieures de l’instrument qu’après plus d’un an! À n’en point douter, ces instruments mythiques n’ont pas fini de faire parler d’eux…

Le compositeur Patrick Loiseleur, lui-même altiste, propose un point de vue très intéressant sur le sujet. On peut le lire ici…

Yuli Turovsky devient Officier de l’Ordre du Canada

6 janvier 2012

Le violoncelliste et chef d’orchestre Yuli Turovsky, fondateur en 1983 d’I Musici de Montréal et, en mai dernier, de  l’orchestre Nouvelle Génération, qui vise à « assurer que l’apprentissage, la croissance, l’assimilation et la continuation des principes artistiques d’une école distincte de performance de musique de chambre établis par lui soient perpétués », vient d’être nommé Officier de l’Ordre du Canada « pour sa contribution au rayonnement de l’excellence musicale canadienne en tant qu’enseignant et violoncelliste et chef d’orchestre de réputation internationale ».

Félicitations, maestro!

Radio Temps des fêtes

9 décembre 2011

Le contenu de la Radio Analekta a été entièrement renouvelé pour le temps des fêtes, que vous l’écoutiez sur le site ou l’avez téléchargé comme application Iphone. Vous y trouverez bien sûr des airs traditionnels dont Minuit, chrétiens, mais aussi des extraits d’œuvres  de Graupner, Charpentier, Bach, Vivaldi, Britten, des plages de l’album de Noël d’Angèle Dubeau & La Pietà, de Strada, des Petits Chanteurs du Mont-Royal…

Un mélange éclectique, qui plaira à tous, que cette trame sonore vous accompagne au bureau ou en cuisine lors de vos préparatifs.

Les beautés du diable

31 octobre 2011

Peut-on imaginer l’Halloween sans évoquer le diable? Doit-il absolument être horrible? Ne peut-on pas plutôt céder à ses charmes? C’est ce que François Dompierre semble croire, avec sa pièce Les beautés du diable, tirée de l’album Violons d’enfer d’Angèle Dubeau & La Pietà, une page on ne peut plus idéale pour cette journée d’Halloween.

Vous voudrez peut-être aussi amorcer cette journée en écoutant la compilation Halloween, qui comprend notamment la célèbre Toccate et fugue en ré mineur de Bach, associée depuis des décennies aux films de vampires.

Une nuit sur le mont Chauve

29 octobre 2011

Deux jours avant l’Halloween, alors que les noctambules envahiront la ville déguisés de façon effrayante ou ludique… Le moment parfait donc pour redécouvrir une autre page qui mise sur l’horreur. Une nuit sur le mont Chauve a été composée par Modeste Moussorgski en 1867. Ce poème symphonique s’inspire d’une courte histoire de Nicolas Gogol qui s’appelait Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve. Le compositeur a retravaillé plusieurs fois cette pièce et en a tiré une version pour chÅ“ur et un interlude orchestral pour l’un de ses opéras. D’autres compositeurs ont aussi tellement aimé la pièce qu’ils ont décidé de la réorchestrer. C’est le cas de Nikolaï Rimski-Korsakov mais aussi du chef d’orchestre Leopold Stokowski qui a réalisé la version entendue dans Fantasia de Walt Disney.

Le compositeur a établi un programme. On y entend d’abord des voix souterraines. Apparaissent ensuite les esprits des ténèbres puis Chernobog, le dieu de la nuit et de l’obscurité. Son nom signifie « le noir Dieu » ou « Dieu des ténèbres ». Dans la deuxième section de la pièce, on assiste à l’adoration de Chernobog puis au sabbat des sorcières. Le sabbat est une assemblée nocturne de sorciers et de sorcières, tenue dans un lieu désert souvent élevé, comme ici. À la fin du morceau, on entend sonner les cloches du village, qui permettront l’évanouissement des apparitions et le lever du soleil.

L’Autre gala ce soir

24 octobre 2011

C’est ce soir que l’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), qui en est à sa 33e année d’existence, annoncera le nom des gagnants de l’« autre gala » (qui regroupe une multitude de catégories un peu hétéroclites, du rap au classique et au jazz, en passant par l’humour, l’artiste étranger s’étant le plus illustré au Québec et la musique traditionnelle!), animé par Catherine Pogonat. L’événement, qui se tiendra pour la première fois au Théâtre Saint-Denis à Montréal sera diffusé à MusiquePlus, Musimax et sur Internet dès 20 h, si vous voulez suivre le tout.

Rappelons qu’Analekta a reçu 7 nominations de l’ADISQ, dont « Producteur de l’année », prix déjà remporté lors de l’édition 2010 du gala. Les albums nominés sont:

John Adams : Portrait d’Angèle Dubeau et La Pietà

Salsa baroque de l’Ensemble Caprice

Mathieu : Trio et quintette, Chausson : Concert des frères Alain et David Lefèvre

V de la harpiste Valérie Milot

Noël d’Angèle Dubeau & La Pietà

Des dieux, des héros et des hommes de l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Kent Nagano

Kurt Sanderling s’éteint

19 septembre 2011

Le chef d’orchestre allemand Kurt Sanderling est mort hier à Berlin, un jour seulement avant son 99e anniversaire de naissance. « Il s’est endormi paisiblement entouré de sa famille », a indiqué son fils Stefan, également chef d’orchestre, par voie de communiqué de presse.

D’origine juive, Kurt Sanderling a connu une carrière parmi les plus remarquables du 20e siècle. Ayant trouvé refuge en URSS, il y dirigera jusqu’en 1960 l’Orchestre philharmonique de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg), notamment dans des Å“uvres de Chostakovitch, son ami (ses enregistrements des symphonies continuent d’être des références). Il retrouve sa patrie, un an avant l’érection du Mur de Berlin, et dirigera le Berliner Sinfonie-Orchester pendant 17 ans. On le retrouvera également à la tête de la Staatskapelle de Dresde de 1964 à 1967 et avec l’orchestre de Stuttgart après la chute du mur. Il avait pris sa retraite en 2002.

On peut ici le voir diriger l’Orchestre symphonique de Bavière dans Chostakovitch.