Archive pour la catégorie ‘Anniversaires’

Il y a un siècle…

9 janvier 2012

L’annĂ©e 1912,  qui a vu la crĂ©ation du Pierrot lunaire de Schoenberg, a  Ă©tĂ© fertile en Ă©vĂ©nements. C’est par exemple l’annĂ©e ou la rĂ©publique de Chine est Ă©tablie, mais aussi, bien sĂ»r, celle du naufrage du Titanic, qui a coulĂ© Ă  2 h 27 le 15 avril, au large de Terre-Neuve. CĂ´tĂ© explorations, l’Anglais Robert F. Scott et son expĂ©dition atteignent le PĂ´le Sud, pour s’apercevoir que Roald Amundsen y est arrivĂ© un mois auparavant. Edgar Rice Burroughs publie Tarzan, roi des singes et Vassily Kandinsky son Ĺ“uvre théâtrale expĂ©rimentale La sonoritĂ© jaune. CĂ´tĂ© musique populaire, W. C. Handy Ă©crit The Memphis Blues, l’une des premières chansons blues Ă  devenir un hit

Plus près de nous, Circular No. 17 bannit l’enseignement du français dans les Ă©coles ontariennes et le parlement canadien passe la Loi de prolongation des frontières du QuĂ©bec. Le noyau d’artistes qui deviendra plus tard le Groupe des Sept se rencontre au Arts and Letters Club de Toronto, le MusĂ©e des Beaux-arts de MontrĂ©al Ă©tablit son premier siège social permanent et la Winnipeg Art Gallery ouvre ses portes.

Que nous réserve 2012?

4 janvier 2012

Après une annĂ©e Ă  Ă©couter Mahler et Liszt, que nous rĂ©serve 2012, cĂ´tĂ© anniversaires?  On verra si les organisateurs de concert ont fait leurs devoirs, mais 2012 marque le 150e anniversaire de naissance de Debussy, le 100e de la crĂ©ation de Daphnis et ChloĂ© de Ravel  et du Pierrot lunaire de Schoenberg, le 200e de la crĂ©ation de la Septième de Beethoven et le 250e de celle d’Orfeo ed Euridice  de Gluck.

Un dernier regard en arrière avant?  La Presse Ă©voque les grands disparus de l’annĂ©e ici et Daniel Turp parle de l’annĂ©e lyrique 2011 lĂ …

Il y a 220 ans…

5 décembre 2011

Le 5 dĂ©cembre 1791, le monde musical perdait un gĂ©ant: Mozart. On ne saura vraisemblablement jamais de quoi il est mort, mais plusieurs thĂ©ories courent encore: commotion cĂ©rĂ©brale, intoxication alimentaire, maladie non diagnostiquĂ©e… bien sĂ»r, on doit oublier la thĂ©orie du complot ou de l’assassinat commanditĂ© par Salieri qui, mĂŞme au sommet de sa gloire, avait pleinement conscience qu’il n’Ă©tait que peu de choses Ă  cĂ´tĂ© de Mozart, mais n’aurait jamais considĂ©rĂ© un seul instant attenter Ă  sa vie.

L’impression que nous avons que Mozart compose de façon miraculeuse est injustifiée. Il écrit lui-même à un ami :

« Je n’ai pas regardé au travail ni à la peine… On se trompe lorsqu’on pense que mon art m’est venu sans effort. Je vous l’affirme, cher ami, personne n’a consacré autant d’effort que moi à l’étude de la composition ».

1791 reste une annĂ©e difficile pour Mozart. Sa santĂ© est dĂ©jĂ  chancelante, ses finances prĂ©caires et la lune de miel avec Constance dĂ©finitivement chose du passĂ©.  Pourtant,  Ă  la fin de l’annĂ©e, la gloire le nargue une ultime fois. Le peuple se prĂ©cipite chaque soir pour Ă©couter sa FlĂ»te enchantĂ©e et, chaque soir, il suit par la pensĂ©e les reprĂ©sentations de son lit.

Le 4 dĂ©cembre, il profite d’une amĂ©lioration passagère de son Ă©tat et convoque ses amis pour interprĂ©ter les parties dĂ©jĂ  composĂ©es de son Requiem. Son Ă©tat s’aggrave brutalement dans la soirĂ©e du 4 malgrĂ© la prĂ©sence de deux des meilleurs mĂ©decins de Vienne. Il meurt le 5 dĂ©cembre, peu après minuit. Seul avec sa musique.

Je vous propose d’Ă©couter ses trios pour piano, tels qu’interprĂ©tĂ©s par le Gryphon Trio sur son rĂ©cent coffret de 9 CD consacrĂ© aux grands trios avec piano du rĂ©pertoire.

Sainte-Cécile

22 novembre 2011

22 novembre, fĂŞte de la Sainte-CĂ©cile, sainte patronne des musiciens. Plusieurs compositeurs lui ont rendu hommage, dont Purcell et Haydn. On peut dĂ©couvrir ici certaines pages consacrĂ©es Ă  celle qui continue d’inspirer artistes et artisans. Une merveilleuse journĂ©e aux musiciens et aux mĂ©lomanes!

Joyeux anniversaire Franz!

22 octobre 2011

C’est le 22 octobre 1811 que naissait Franz Liszt, celui qui allait transformer irrĂ©vocablement le monde du concert, du moins pour les pianistes. Premier interprète Ă  tabler sur le cĂ´tĂ© pyrotechnique de l’instrument, il devait modifier l’angle de jeu (de cĂ´tĂ© par rapport au public plutĂ´t que de dos), privilĂ©gier les interprĂ©tations sans partition, se prĂŞter Ă  quelques duels de pianistes et surtout affirmer, l’air de rien: « Le concert, c’est moi! » Rock star avant l’heure, adulĂ© par comtesses et duchesses, il s’assagirait bientĂ´t, plus enclin Ă  repousser les limites de la tonalitĂ© qu’Ă  faire surgir des flammes de son instrument. Il dit lui-mĂŞme:

« La musique est prĂ©cisĂ©ment d’entre tous les arts celui qui exprime les sentiments sans leur donner d’application directe, sans les revĂŞtir de l’allĂ©gorie des faits narrĂ©s par le poème. Elle fait briller et chatoyer les passions dans leur essence mĂŞme, sans s’astreindre Ă  les reprĂ©senter par des personnifications rĂ©elles ou imaginaires. … Elle est aussi de tous les arts le plus apte Ă  dĂ©gager les passions de leurs scories, pour ne leur donner d’autre manifestation que celle de leur Ă©clat intrinsèque, et les faire couler du cĹ“ur. »

On peut écouter ici la première de ses Années de pélerinage, « Suisse », interprétée par André Laplante ou encore sa titanesque Sonate en si mineur, avec Nareh Arghamanyan.

Joyeux anniversaire Ralph

12 octobre 2011

Ralph Vaughan Williams, nĂ© le 12 octobre 1872 Ă  Down Ampney, est un compositeur britannique qui s’est aussi bien illustrĂ© dans le domaine symphonique que dans celui de la musique de chambre, l’opĂ©ra, la musique chorale et la musique de film. Très influencĂ© par la musique folklorique, il devait publier en 1906 le cĂ©lèbre English Hymnal qui regroupe, outre des compositions personnelles, un grand nombre d’arrangements de chansons traditionnelles dont il fait des airs Ă  part entière.

En 1897, il visite l’Allemagne, notamment pour suivre des cours avec le compositeur Max Bruch avant que de passer son doctorat en musique Ă  Cambridge en 1901. Pendant un sĂ©jour en France en 1909, il rencontrera Ă©galement Maurice Ravel, ce qui contribuera fortement Ă  faire gagner en maturitĂ© son style orchestral.

Sa découverte de la musique traditionnelle anglaise n’a cessé d’influencer son œuvre musicale à laquelle il a incorporé des éléments des chansons du folklore qui le fascinent.

On peut écouter ici sa Fantaisie sur le populaire Greensleeves.

Journée internationale de la musique

1 octobre 2011

En ce 1er octobre, la musique et ses artistes sont tout particulièrement Ă  l’honneur. Créée en 1975 par Lord Yehudi Menuhin, cette journĂ©e souhaitait approfondir la rĂ©flexion sur le rĂ´le de la musique et promouvoir la musique dans la sociĂ©tĂ©. Je vous propose pour l’occasion de dĂ©couvrir le prochain album de la harpiste ValĂ©rie Milot qui, avec Antoine Bareil (qui signe aussi les arrangements), Christian PrĂ©vost, Marjolaine Goulet et Dominique Girard, offrent des relectures classiques de mĂ©lodies de Simon & Garfunkel.

« C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai travaillĂ© Ă  cet album classique centrĂ© autour des mĂ©lodies de Simon & Garfunkel, explique Antoine Bareil. La richesse des harmonies aux violons, la grâce de la harpe, la profondeur de la contrebasse et la noblesse du cor sauront, je l’espère, vous plaire et rendre justice Ă  ces mĂ©lodies qui ont traversĂ© les Ă©poques et continuent de nous toucher aujourd’hui. »

Joyeux anniversaire Dmitri

25 septembre 2011

Il y a 105 ans aujourd’hui, Dmitri Chostakovitch naissait. Souvent considĂ©rĂ© aujourd’hui comme le « Beethoven du XXe siècle », il est l’auteur de 15 symphonies monumentales, vĂ©ritables chants du peuple soviĂ©tique, dans lesquelles il loue en apparence le rĂ©gime (en utilisant par exemple des chants ou des rythmes militaires) mais le dĂ©crie de façon dĂ©guisĂ©e (juxtaposant par exemple Ă  ces chants des dissonances). Il en dit: « La plupart de mes symphonies sont des monuments funĂ©raires, a affirmĂ© Chostakovitch. Trop de gens, chez nous, ont pĂ©ri on ne sait oĂą. Et nul ne sait oĂą ils sont enterrĂ©s. MĂŞme leurs proches ne le savent pas. OĂą peut-on leur Ă©riger un monument ? Seule la musique peut le faire. Je leur dĂ©die donc toute ma musique »

Même s’il s’est mérité à plusieurs reprises le Prix d’État et le Prix Lénine (en 1954, il sera même nommé « Artiste du peuple soviétique »), il se sentira constamment déchiré entre son œuvre « officielle », louangée par les dirigeants (et les pressions qu’il devra subir pour la réaliser) et son œuvre intime, d’une grande liberté, magnifiquement transmise notamment dans ses 15 quatuors à cordes et deux trios à cordes. « En écoutant ma musique, vous découvrirez la vérité sur moi, l’homme et l’artiste ».

Pour Ă©couter ses trios avec piano, interprĂ©tĂ©s par le Gryphon Trio…

On peut aussi écouter son Concerto pour piano no 1 et sa symphonie de chambre, interprétés par Serhiy Salov et I Musici de Montréal

Le 11 septembre en musique

10 septembre 2011

Week-end fertile en commémorations diverses soulignant le 10e anniversaire des tristement célèbres événements du 11 septembre 2001. Si plusieurs chanteurs et groupes pop ont consacré une chanson au sujet, quelques compositeurs classiques se sont aussi penchés sur la chose.

Tout rĂ©cemment, Ă©tait lancĂ© WTC 9/11 de Steve Reich qui intègre des voix de contrĂ´leurs aĂ©riens et de pompiers Ă  la trame musicale. La couverture originale (une photo des tours s’Ă©croulant) avait fait couler beaucoup d’encre et forcĂ© Reich et l’Ă©tiquette Ă  opter pour un plan B. On peut en entendre un extrait ici, par le Kronos Quartet.

Écrite un an après la tragĂ©die, On the Transmigration of Souls de John Adams, laurĂ©ate du Pulitzer, particulièrement envoutante, reste l’une des pièces marquantes associĂ©es Ă  l’Ă©vĂ©nement.

John Adams explique ici sa démarche compositionnelle.

John Corigliano a Ă©crit en 2005 une Ĺ“uvre chorale, One Sweet Morning, basĂ©e sur quatre poèmes au sujet de la guerre donc pas directement liĂ©e aux Ă©vĂ©nements, mais d’une rĂ©elle pertinence ici.

Le compositeur David Del Tredici a intégré à sa suite hommage à New York, Gotham Glory, le troublant « Missing Towers »

Plus tard aujourd’hui, le San Francisco Opera crĂ©era Heart of a Soldier de Christopher Theofanidis, un opĂ©ra qui mettra en vedette le baryton Thomas Hampson dans le rĂ´le de Rick Rescorla, chef de la sĂ©curitĂ© pour Morgan Stanley, qui avait anticipĂ© les attaques sur les tours jumelles et implantĂ© des procĂ©dures d’Ă©vacuation qui en ont semble-t-il sauvĂ© plusieurs.

Bonne fĂŞte Alessandro

24 août 2011

Aujourd’hui, 24 aoĂ»t, naissait Ă  Venise en 1684, le compositeur Alessandro Marcello, fils de sĂ©nateur qui, mĂŞme s’il avait fait de sĂ©rieuses Ă©tudes musicales, n’aurait jamais Ă  en faire un mĂ©tier. Il donnait nĂ©anmoins une sĂ©rie de concerts hebdomadaires chez lui et l’art occupait la majeure partie de ses journĂ©es. En effet, en plus de composer, il jouait du violon, chantait, peignait, Ă©crivait de la poĂ©sie, en plus de s’adonner aux mathĂ©matiques et Ă  la philosophie.

Alessandro a longtemps Ă©tĂ© dans l’ombre de son frère Benedetto, impliquĂ© de plus près dans les intrigues politiques de la ville. On le connait maintenant surtout pour son concerto pour hautbois, cordes et basse continue en rĂ© mineur qui servit, avec les concertos de Vivaldi, de modèle Ă  Bach. Le concerto a Ă©tĂ© publiĂ© en 1718, chez Jeanne Roger, dans un recueil de Concert a cinque signĂ©s par divers auteurs, dont Vivaldi et Albinoni. Les recoupements ont pris un certain temps Ă  se faire, puisque le manuscrit du concerto pour clavier BWV 974 de Bach mentionne qu’il est tirĂ© d’un certain Eterico Stinfalico… pseudonyme d’Alessandro Marcello dans l’acadĂ©mie romaine d’Arcadie, cercle d’intellectuels rĂ©unis Ă  Rome autour de la reine Christine de Suède!

On peut Ă©couter sur l’album Festin baroque de Tafelmusik ici…