Ah! ces critiques…
1 septembre 2010Parfois, les critiques font preuve d’une rare clairvoyance. Comment ne pas citer celle de Schumann qui a saluĂ©, au tout dĂ©but de leurs carrières, le gĂ©nie de Chopin et de Brahms? Ă€ d’autres moments, ils sont fĂ©rocement mĂ©chants et/ou complètement dans le champ. Lors d’un rĂ©cent arrĂŞt en librairie universitaire, je me suis procurĂ© le dĂ©licieusement dĂ©linquant - parce que 100 % vrai - Lexicon of Musical Invective. Criticical Assaults on Composers Since Beethoven’s Time de Nicolas Slonimsky, un florilège de critiques acerbes, souvent fabuleusement drĂ´les en rĂ©trospective. Quelques exemples?
« Beethoven, souvent bizarre et baroque… tantĂ´t prend le vol majestueux de l’aigle; tantĂ´r rampe dans les sentiers rocailleux, Après avoir pĂ©nĂ©trĂ© l’âme d’une douce mĂ©lancolie, il la dĂ©chire aussitĂ´t par un amas d’accords barbares. Il me semble voir renfermer ensemble des colombes et des crocodiles. » (Tablettes de Polymnie, Paris, 1810)
« Quand on est Beethoven, on fait tout ce qu’on peut faire, mais encore faudra-t-il que deux et deux fassent quatre… Mettez deux scorpions et un pigeon Ă la clef si c’est votre opinion, mais n’y mettez pas ce qu’il n’y aura plus dans les mesures… Vous tous qui comprenez cela, expliquez-nous Ă nous, comment dans la seconde variation en 6/16, peut-il avoir six double-croches, Ă chaque mesure, plus six triples croches? … La dĂ©mence du gĂ©nie intĂ©resse; le spectacle de toute autre, frĂ©quente malheureusement, en musique de piano, n’est que dĂ©plorable. » (W. de Lenz Ă©voquant la Sonate opus 111 dans Beethoven et ses trois styles, Paris, 1855)

