Archive pour la catégorie ‘Catalogue Analekta’

Montréal jazz

22 juin 2011

Parce que MontrĂ©al reste un Ă©lĂ©ment essentiel de la diaspora quĂ©bĂ©coise, avec son efficacitĂ© nord-amĂ©ricaine et son charme europĂ©en, comment ne pas l’inclure dans cette semaine de cĂ©lĂ©brations, avec une relecture jazz très sentie de Je reviendrai Ă  MontrĂ©al de Robert Charlebois. On y retrouve notamment la pianiste Marianne Trudel et l’accordĂ©oniste Francis Covan. Nostalgie, quand tu nous tiens…

Dans un registre semblable, je ne peux que vous recommander également les Montreal Variations, album auquel je reviens régulièrement.

Hommage à Claude Léveillée

21 juin 2011

Il nous a quittĂ© il y a peu et les hommages ont Ă©tĂ© des plus fervents lors de ses funĂ©railles, samedi dernier. Je vous propose d’Ă©couter son Soir d’hiver, sur un texte de Nelligan, chantĂ© par Monique Leyrac, la diva des annĂ©es 1960.

Sur le même album (CD 3), on retrouve également plusieurs très belles pages de Nelligan mises en musique par André Gagnon.

Semaine du Québec

20 juin 2011

Alors que demain soir, des artistes quĂ©bĂ©cois s’apprĂŞtent Ă  prendre la Bastille d’assaut pour souligner le 50e anniversaire de la dĂ©lĂ©gation du QuĂ©bec Ă  Paris et Ă  quelques jours de la St-Jean-Baptiste, pourquoi ne pas faire une petite incursion cette semaine dans le rĂ©pertoire quĂ©bĂ©cois?

Si on connaĂ®t maintenant assez bien le « Concerto de QuĂ©bec » et mĂŞme le Quatrième Concerto d’AndrĂ© Mathieu, notre « Mozart Canadien », d’autres Ĺ“uvres importantes du compositeur attendent qu’on se les approprie. Je vous propose son Quintette pour cordes et piano, ultime Ĺ“uvre maĂ®tresse complĂ©tĂ©e le 12 mai 1953. «Plusieurs personnes s’imaginent recevoir un cadeau quand elles ont l’occasion d’écouter une Ĺ“uvre musicale. Ces mĂŞmes personnes ne savent-elles pas que le compositeur, en livrant son Ĺ“uvre au public, ne fait que leur donner un passeport pour pĂ©nĂ©trer quelques instants dans un royaume magnifique oĂą il est roi? La musique est un paradis oĂą les fleurs sont toujours Ă©panouies », Ă©crivait quelques mois plus tard dans Le Progrès le compositeur.

Pour l’Ă©couter dans l’interprĂ©tation d’Alain Lefèvre et du Quatuor Alcan…

Joyeux anniversaire Satie

16 mai 2011

« Je m’appelle Erik Satie, comme tout le monde. » Compositeur à l’humour décapant, solitaire amical, libre penseur, marginal volontiers décalé, « gymnopédiste » comme il se décrivait lui-même, Erik Satie est pourtant un artiste profondément de son temps, qui a fréquenté Debussy, Ravel, Poulenc, Milhaud, Picasso, Diaghilev, Cocteau. Ses pièces pour piano, brèves, sans développement, sans barres de mesure, truffées d’indications tantôt précises (« Portez cela plus loin »), tantôt surréalistes (« Très luisant », « Ouvrez la tête »), se veulent dépouillées jusqu’à l’ascétisme.

Il aurait eu 145 ans demain.

Pour l’Ă©couter dans certaines de ses pages emblĂ©matiques pour piano, interprĂ©tĂ©es par Francine Kay…

Anton Kuerti et l’OSM ce soir

13 avril 2011

Le pianiste Anton Kuerti est l’invitĂ© de l’OSM cette semaine, dans l’« Empereur » de Beethoven, un compositeur auquel il a Ă©tĂ© beaucoup associĂ©. (Notons ici son intĂ©grale des sonates du maĂ®tre de Bonn, toujours pertinente.) De son interprĂ©tation du concerto, Claude Gingras de La Presse Ă©crivait aujourd’hui: « Le pianiste torontois signe un Empereur d’une pensĂ©e toujours intense et d’une Ă©tonnante fraĂ®cheur pianistique. » Christophe Huss du Devoir mentionne quant Ă  lui « la tenue Ă©lĂ©gante de son jeu splendidement phrasĂ© et accompagnĂ© avec patience et attention » par le chef Rafael FrĂĽhbeck de Burgos.

On peut entendre la reprise de ce programme ce soir, salle Wilfrid-Pelletier.

Marie-Nicole Lemieux triomphe Ă  Paris

21 mars 2011

Marie-Nicole Lemieux interprète ces jours-ci Ă  Paris le rĂ´le-titre d’Orlando Furioso, chef-d’Ĺ“uvre de Vivaldi rarement montĂ©, compte tenu de la complexitĂ© de son intrigue. Les critiques ne semblent en avoir que pour elle. « Dans le rĂ´le d’Orlando, Ă©crit le souvent lapidaire Le Monde, la Canadienne Marie-Nicole Lemieux est un phĂ©nomène. La contralto est hallucinante dans la longue scène de folie qu’est le troisième acte. La beautĂ© et la ductilitĂ© de son chant, qui va de la plainte d’enfant au cri de bĂŞte, sont tout simplement sidĂ©rants. »

Louis-Bernard Robitaille de La Presse l’a rencontrĂ©e. Pour lire l’article, c’est ici…

Pour entendre la contralto dans un tout autre rĂ©pertoire, tout aussi magnifique, les Quatre chants sĂ©rieux et autres lieder de Brahms, c’est plutĂ´t par lĂ .

Joyeux anniversaire Telemann

14 mars 2011

C’est le 14 mars 1681 que naissait Georg Philipp Telemann, certes l’un des compositeurs les plus prolifiques de l’histoire de la musique occidentale. (Il a Ă©crit plus d’Ĺ“uvres que Bach et Handel rĂ©unis.) Il Ă©tait certes le plus apprĂ©ciĂ© des compositeurs allemands de son Ă©poque, Ă©clipsant mĂŞme Bach cĂ´tĂ© prestige (rappelons que Telemann Ă©tait le premier choix du conseil de la ville de Leipzig pour occuper le poste de cantor mais, comme il n’était pas disponible, on proposa l’emploi Ă  Bach plutĂ´t) et salaire (le salaire de Telemann Ă©tait trois fois plus Ă©levĂ© que celui de Bach). Telemann a Ă©crit plus de 1000 cantates, sans compter passions, oratorios, messes, opĂ©ras, sonates, chants, Ĺ“uvres pour clavier, suites orchestrales et concertos.

Il a aussi fondé en 1704, le Collegium Musicum qui, quelques années plus tard (de 1729 à 1739), sera placé sous la direction de Bach. Les membres de ce groupe informel de musiciens amateurs se rencontraient chaque semaine en plein air ou dans un des cafés de la ville, notamment au Café Zimmermann, à Leipzig.

On peut entendre sa sonate pour deux flĂ»tes (l’une Ă  bec, l’autre traversière, les deux Ă©tant en bois nĂ©anmoins Ă  l’Ă©poque de Telemann) sur l’enregistrement Telemann et les gitans baroques de l’Ensemble Caprice.

Shannon Mercer en couverture de La Scena Musicale

2 mars 2011

Elle a une voix qui se prĂŞte aussi bien au rĂ©pertoire baroque qu’aux plus pointues crĂ©ations contemporaines. Surtout, elle ne veut pas avoir Ă  choisir, Ă  ĂŞtre cataloguĂ©e. Pourquoi privilĂ©gier un rĂ©pertoire quand on peut tout faire? La Scena Musicale propose en couverture de son numĂ©ro de mars un portrait saisissant de la soprano Shannon Mercer. Lire l’article ici…

Découvrez-la dans des œuvres de Francesca Caccini, sur O viva rosa

La contrebasse

24 janvier 2011

Le froid incitant plutĂ´t Ă  la pratique d’activitĂ©s intĂ©rieures, j’en ai profitĂ© ce week-end pour lire deux courts titres qui m’avaient Ă©chappĂ© lors de leur publication, Tous les matins du monde de Pascal Quignard, un texte dense et hautement poĂ©tique, qui se prĂŞte Ă  merveille Ă  l’adaptation cinĂ©matographique, ainsi que La contrebasse de Patrick SĂĽskind, un monologue tour Ă  tour tendre et sardonique, qui jette un regard plutĂ´t dĂ©calĂ© sur la vie de contrebassiste et l’instrument lui-mĂŞme.

Un extrait Ă  partager:

« L’instrument n’est pas précisément maniable. Une contrebasse, c’est plutôt, comment dire, un embarras qu’un instrument. Vous ne pouvez guère la porter, il faut la trainer ; et si vous la faites tomber, elle est cassée. Dans une voiture, elle ne rentre qu’à condition d’enlever le siège avant droit. A ce moment là, la voiture est pratiquement pleine. Dans un appartement, elle se trouve sans cesse sur votre chemin. Elle est plantée là… avec un air si bête, vous voyez… mais pas comme un piano. Un piano, c’est un meuble. Vous pouvez le fermer et le laisser là où il est. Elle, non. Elle est toujours plantée là comme… Dans le temps, j’avais un oncle qui était toujours malade et qui n’arrêtait pas de se plaindre qu’on ne s’occupait pas de lui. La contrebasse est comme ça. Quand vous avez des invités, elle se met tout de suite à faire l’intéressante. On ne parle plus que d’elle. Quand vous voulez être seul avec une femme, elle est là qui surveille tout. Si les choses se précisent… elle est là qui regarde. Vous avez toujours l’impression qu’elle rigole : elle rend l’acte sexuel ridicule. Et cette impression se communique naturellement à votre partenaire, alors… je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’entre l’amour physique et le ridicule il n’y a qu’un pas, et que pourtant ça va très mal ensemble ! Quelle misère ! C’est proprement inconvenant. »

C’est certainement parce que le pauvre contrebassiste ne jouait pas aussi bien que Joel Quarrington. Avec lui, jamais, on ne peut qualifier l’instrument de balourd. Je vous propose de l’Ă©couter dans la sublime ÉlĂ©gie de Bottesini, le Paganini de la contrebasse.

Tango

21 janvier 2011

On annonce un week-end glacial. Quoi de mieux pour l’oublier que d’Ă©couter un peu de tango, surtout s’il est signĂ© Piazzolla?

Mais d’oĂą vient l’origine du mot? Toutes sortes d’hypothèses ont Ă©tĂ© avancĂ©es pour expliquer l’origine du mot tango. Il peut faire rĂ©fĂ©rence Ă  des percussions africaines qui se nomment tangos, peut-ĂŞtre parce que les noirs africains avaient de la difficultĂ© Ă  prononcer le mot espagnol tambor (tambour) mais aussi Ă  la peau qui recouvre les instruments Ă  percussion. Dans la culture africaine, tango signifie aussi « s’approcher », « tâter », « toucher ». Il serait aussi au nom du lieu oĂą les anciens esclaves se rĂ©unissaient. Tango est Ă©galement le nom d’une figure du flamenco, danse espagnole qui Ă©tait fort apprĂ©ciĂ©e en AmĂ©rique latine. En espagnol, il dĂ©signe aussi le mot « bâton ». Tango signifie aussi « je touche » en espagnol, autant dans le sens de toucher physiquement que d’émouvoir quelqu’un. Le verbe français « tanguer » correspond bien aussi aux mouvements de la danse.

Peu importe au fond son origine, le tango ne demande qu’Ă  nous Ă©mouvoir. Pour Ă©couter « L’hiver » des Quatre Saisons de Buenos Aires de Piazzolla par le Gryphon Trio…