Archive pour la catégorie ‘Concours’

Concours international d’orgue du Canada

5 octobre 2011

C’est ce soir 19 h, Église ImmaculĂ©e-Conception, qu’un jury prestigieux entendra les quatre premiers des vingt participants au Concours international d’orgue du Canada. Se tenant Ă  tous les trois ans, le CIOC vise Ă  rĂ©compenser les meilleurs organistes sur la scène internationale. Il Ă©labore Ă©galement une programmation annuelle qui comprend activitĂ©s musicales et Ă©ducatives qui s’adressent Ă  un large public. Un don de 10 $ est suggĂ©rĂ© au public qui souhaite assister aux Ă©vĂ©nements.

On pourra entendre ce soir Jean-Willy Kunz (France), David Baskeyfield (Royaume-Uni), Jens Korndörfer (Allemagne) et Ryan Enright (Canada).

DĂ©tails ici…

Beatrice Rana post-CMIM

6 juillet 2011

Quelques phrases musicales et elle avait séduit le public montréalais. Pourtant,  la jeune pianiste italienne Beatrice Rana a failli rater ce rendez-vous avec le destin, son directeur d’école refusant tout net d’accorder à cette élève appliquée mais atypique deux semaines de « vacances », bien mal placées avant les examens finaux (on aurait pu lui interdire de s’y présenter, le cas échéant). C’était ignorer la détermination de la mère de Beatrice, elle aussi pianiste (tout comme son mari), qui a plaidé sa cause devant les hautes instances de la commission scolaire. « J’étais détendue en arrivant. Pour moi, j’avais déjà gagné, car j’avais été choisie parmi les 24 candidats », expliquait la jeune musicienne avec le sourire, via Skype, quinze jours après l’annonce de sa victoire.

Vous pouvez lire ici une entrevue avec elle (en page 46)…

Le prix d’Europe Ă  Charles Richard-Hamelin

13 juin 2011

Lors du gala du centenaire du Prix d’Europe tenu hier soir Ă  la Salle Claude-Champagne, nous avons pu entendre les laurĂ©ats de la bourse TD (5 000$), dans chacune des quatre catĂ©gories desservies par le prix: chant, vents et percussion, piano et cordes. La soprano AndrĂ©anne Paquin a convaincu avec un très travaillĂ© Mozart, le violoniste Victor Fournelle-Blain a dĂ©montrĂ© une remarquable virtuositĂ© dans sa Carmen Fantaisie de Waxman et la percussionniste Isabelle Tardif a captivĂ© dans Bones du compositeur canadien Harry Freedman.

Mais au final, ce sera le pianiste Charles Richard-Hamelin, deuxième prix au Tremplin international, premier prix au concours de l’ARAM et premier prix du concours concerto de l’Orchestre symphonique de McGill l’annĂ©e dernière, qui est reparti avec la grande bourse de 25 000 $. Le jeune pianiste amorce Ă  l’automne des Ă©tudes en maĂ®trise Ă  la Yale School of Music. FĂ©licitations aux laurĂ©ats!


100e Ă©dition du Prix d’Europe: toujours pas de gagnant

11 juin 2011

Après une journĂ©e de finale tenue hier Ă  la Chapelle historique du Bon-Pasteur, la 100e Ă©dition du Prix d’Europe est terminĂ©e. Les mĂ©lomanes ont patientĂ© près d’une heure afin de connaĂ®tre le nom du premier grand prix de 25 000 $. Mais les organisateurs en ont dĂ©cidĂ© autrement cette annĂ©e et ont plutĂ´t choisi de rĂ©vĂ©ler les noms des quatre encore en lice, qu’on pourra entendre demain soir, 19 h 30, salle Claude-Champagne.

Ce sont: la soprano AndrĂ©anne Paquin, le pianiste Charles Richard-Hamelin, le violoniste Victor Fournelle-Blain et la percussionniste Isabelle Tardif. Rappelons nĂ©anmoins que chacun d’eux remporte au moins 5 000 $, gracieusetĂ© de la Banque TD. Comment maintenir le suspense jusqu’Ă  la toute dernière seconde…

Nous vous livrons lundi le nom du lauréat du premier grand prix.

Le Prix d’Europe: 100 ans dĂ©jĂ 

7 juin 2011

Le Concours Musical International de MontrĂ©al vient Ă  peine de se terminer que le Prix d’Europe 2011 prend sa relève. L’Ă©vĂ©nement, qui fĂŞte son centenaire cette annĂ©e, « a pour but d’encourager de jeunes musiciens Ă  perfectionner leur art et de permettre au gagnant du Prix d’Europe de poursuivre ses Ă©tudes Ă  l’extĂ©rieur du QuĂ©bec », pour reprendre le libellĂ© officiel. Au fil des ans, le prix a soulignĂ© notamment l’excellence de Wilfrid Pelletier (1915),  Kenneth Gilbert (1953), Clermont PĂ©pin (1949), Jacques HĂ©tu (1961), Marie-Danielle Parent (1980), Robert Langevin (1976), Jean Saulnier (1987) ou, plus rĂ©cemment, celle de la harpiste ValĂ©rie Milot (2008), première harpiste Ă  se mĂ©riter le prix.

De nombreux articles ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  l’Ă©vĂ©nement rĂ©cemment, qui se retrouve notamment en couverture du numĂ©ro courant de La Scena Musicale, dans La Presse et dans Le Devoir.

Les demi-finales ont lieu jusqu’au 9 juin Ă  la Chapelle historique du Bon-Pasteur et les finales le vendredi 10. Un gala du centenaire se tiendra dimanche le 12, salle Claude-Champagne.

C’est fini…

4 juin 2011

Le Concours Musical International de Montréal est officiellement terminé et les candidats retrouveront dans les prochaines heures leur environnement familier. Pour le public, le sevrage est amorcé. On oublie les avalanches de notes de piano et les échanges de prévisions post-concert.

Bonne nouvelle: si vous n’avez pas entendu tous les finalistes, leurs prestations sont accessibles en ligne au cours de la prochaine annĂ©e ici.

Et la gagnante est…

2 juin 2011

Le jury et le public ont semblĂ© d’accord pour cette très forte Ă©dition 2011 du Concours Musical International de MontrĂ©al et l’Italienne Beatrice Rana a Ă©tĂ© sacrĂ©e grande gagnante. La deuxième place a Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©e Ă  l’AmĂ©ricaine Lindsay Garritson et la troisième Ă  son compatriote Henry Kramer.

Si la deuxième soirĂ©e de finale aura Ă©tĂ© moins fertile en Ă©motion, elle a nĂ©anmoins rĂ©vĂ©lĂ© des candidats solides, soutenus cette fois par un Orchestre mĂ©tropolitain gĂ©nĂ©ralement en forme (Ă  part un glissement de justesse assez fâcheux des cordes dans le Rachmaninov et une propension Ă  envahir l’espace sonore en tout temps).

Lindsay Garritson a optĂ© d’entrĂ©e de jeu pour un tempo très assis dans son Prokofiev, qui lui a permis d’articuler sa pensĂ©e de façon quasi architecturale et de faire ressortir les voix intĂ©rieures. Le perpetuum mobile du deuxième mouvement a Ă©tĂ© rendu de façon ahurissante mais sans jamais tomber dans le purement mĂ©canique, certes piège inhĂ©rent Ă  ce mouvement. L’intermezzo ne manquait pas d’une certaine finesse mais on aurait peut-ĂŞtre souhaitĂ© qu’elle puisse se dĂ©tacher un peu du texte, tout comme dans le dernier mouvement, et respirer! Tout au long de son interprĂ©tation, elle semblait dans une bulle, voutĂ©e sur le clavier, comme si elle avait peur d’Ă©chapper des notes (ce qu’elle a d’ailleurs fait dans la cadence du premier mouvement, dans laquelle elle a bafouillĂ© avant de retomber sur ses pieds).

Grande dĂ©ception de la soirĂ©e, la Russe Yulia Chaplina nous a offert un Deuxième de Rachmaninov  insipide, la sonoritĂ© mĂ©tallique qui m’avait dĂ©jĂ  heurtĂ©e en demi-finale dans son Liszt se trouvant ici magnifiĂ©e, ainsi qu’une fâcheuse tendance Ă  ne pas laisser « vivre » chaque accord. L’adagio est devenu une interminable succession de notes, Ă©grenĂ©es plutĂ´t que regroupĂ©es, oscillant au grĂ© de rubatos et de changements de tempo vaguement erratiques. Interminable.

Le CorĂ©en Jong Ho Won, qui avait sĂ©duit le public en demi-finale, n’a pas su lui non plus convaincre. On peut blâmer ici en partie son choix de concerto, le Premier de Liszt, qui ne laisse que bien peu de place Ă  autre chose qu’Ă  la virtuositĂ© pure. On a encore pu apprĂ©cier une sonoritĂ© très travaillĂ©e dans les pianissimos, des accords bien timbrĂ©s, un sens du phrasĂ©, mais des doubles octaves et des rĂ©citatifs qui manquaient de direction et un taux de prĂ©cision qui n’avait malheureusement rien d’exceptionnel.

JournĂ©e de rĂ©pit aujourd’hui avant le concert-gala de demain soir, qui permettra Ă©galement de connaĂ®tre les laurĂ©ats du prix du public (très probablement Rana) et de la meilleure interprĂ©tation de l’œuvre imposĂ©e (n’ayant pas entendu les 24 versions, je ne me prononcerai pas, mais rĂ©entendrai nĂ©anmoins la pièce avec plaisir).

La barre est haute

1 juin 2011

Premier soir de finale du CMIM hier, Théâtre Maisonneuve, devant une salle particulièrement attentive: trois performances solides, mais non également convaincantes à mes yeux.

Henry Kramer a offert un Ravel honnĂŞte, mais sans grande fantaisie, statique et vertical, un peu comme s’il assurait ses assises. (Peut-ĂŞtre ne se sentait-il pas totalement en confiance avec l’Orchestre MĂ©tropolitain, qui a dĂ©montrĂ© quelques faiblesses, tout au long de la soirĂ©e? Le pire est Ă  craindre dans le Deuxième de Prokofiev ce soir.) L’adagio assai, certes l’une des pages les plus poĂ©tiques de tout le rĂ©pertoire concertant, a Ă©tĂ© rendu avec une jolie sonoritĂ© mais qui manquait de moelleux. Saluons nĂ©anmoins la fluiditĂ© des traits accompagnant l’orchestre dans le dernier segment du mouvement. Pour moi, il manquait l’Ă©tincelle qui aurait transformĂ© le concerto en moment « wow ».

Zheeyoung Moon a dĂ©montrĂ© encore une fois qu’elle possĂ©dait une sonoritĂ© pleine, jamais forcĂ©e et un phrasĂ© qui sait transmettre les Ă©lĂ©ments essentiels du discours dès les premiers instants. Elle rĂ©alise des pianissimos ravissants, des doubles croches limpides, mais ses accords manquaient Ă  l’occasion d’une certaine plĂ©nitude. LĂ  aussi, j’aurais aimĂ© qu’un Ă©lan de folie habite l’ensemble du concerto, particulièrement les sections rapides.

Tout comme en quart et en demi-finale, Beatrice Rana a Ă©bloui. Aucun doute ne subsiste: elle possède une prĂ©sence, une technique et une clartĂ© d’Ă©locution admirables. Une vraie personnalitĂ©, qui me rappelle un peu Argerich Ă  ses dĂ©buts, l’incandescence dĂ©vastatrice en moins peut-ĂŞtre. Les phrasĂ©s s’inscrivent dans la subtilitĂ©, les respirations demeurent parfaitement intĂ©grĂ©es. Ici, il n’y a jamais un moment oĂą l’on sent le son ou l’attention dĂ©faillir; chaque note a sa place, chaque silence est assumĂ© et la jeune pianiste dĂ©montre un sens de la direction remarquable. Elle a captivĂ© dans la cadence du premier mouvement, n’a jamais posĂ© de geste musical gratuit dans le deuxième et prouvĂ© dans le dernier mouvement que la technique n’avait pas besoin d’ĂŞtre Ă  l’avant-plan pour que le jeu sĂ©duise.

Les trois derniers candidats devront ĂŞtre plus qu’impeccables pour la dĂ©loger de la première position.

Ă€ suivre ici, dès 19 h 30 ce soir…

Les finalistes

31 mai 2011

Premier soir de finale, 19 h 30, Théâtre Maisonneuve (en direct, son et image, ici). Je vous propose de découvrir les candidats (par ordre de passage), grâce à leurs petits clips de présentation.

Henry Kramer

Zheeyoung Moon

Beatrice Rana

Lindsay Garritson

Yulia Chaplina

Jong Ho Won

Deuxième jour de demi-finales

29 mai 2011

Les rĂ©sultats sont maintenant connus et le jury a souhaitĂ© rĂ©entendre en finale du CMIM Henry Kramer (tant mieux), Ă  Beatrice Rana (bien sĂ»r), Zheeyoung Moon (que j’ai bien aimĂ©e), Lindsay Garritson (dont j’ai malheureusement ratĂ© une grande partie du rĂ©cital), Yulia Chaplina (le Deuxième de Rachmaninov devrait lui aller comme un gant) et Jong Ho Won (le prĂ©fĂ©rĂ© du public). Je persiste nĂ©anmoins Ă  dire que deux ou trois des places en demi-finales ont Ă©tĂ© volĂ©es Ă  d’autres pianistes, plus mĂ©ritants, notamment l’Allemand Konstantin Semilakovs.

Je vous propose un retour sur la journĂ©e fort chargĂ©e d’hier. Pas Ă©vident de rester dans l’Ă©coute active pendant huit rĂ©citals! (Lire la suite…)