La 100e édition du mythique Festival de Bayreuth s’est ouverte lundi avec la présentation de l’opéra Tannhäuser et, surprise!, un fond de controverse. Après la saga entourant la direction artistique du festival, voici que mardi, l’Orchestre de chambre israélien, invité dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Franz Liszt (accessoirement ami et beau-père de Wagner) a terminé son concert par Siegfried-Idyll. Nul besoin de rappeler que l’œuvre de Wagner reste taboue en Israël même si, il y a déjà 10 ans de cela, Daniel Barenboïm avait osé jouer un extrait de Tristan et Isolde avec l’Orchestre philharmonique de Berlin à Jérusalem.
On avait préparé les musiciens (qui n’ont commencé à répéter la pièce que 48 heures avant le concert, en sol germanique donc) à la possibilité qu’il pourrait y avoir du chahut, mais au final, la musique a gagné. Katharina Wagner, co-directrice du festival et arrière-petite-fille du compositeur, qui avait parrainé la venue de l’orchestre, a assisté au concert du premier rang.
« Je viens tous les ans à Bayreuth depuis 1951 et on vient de vivre un moment historique », a expliqué pour sa part Mechtild Habiger, une spectatrice de 80 ans. « C’était vraiment un grand moment, mais en plus l’orchestre était vraiment très bon. Ils ont très bien joué, avec beaucoup d’empathie, et l’ovation debout du public était justifiée. »