Archive pour la catégorie ‘musique et…’

Wagner autrement

30 novembre 2011

Votre tendre moitiĂ© Ă©coute la « Mort d’Isolde » de Wagner en boucle ou le prĂ©lude de Siegfried? Il aime les bandes dessinĂ©es, particulièrement l’heroic fantasy? J’ai le cadeau de NoĂ«l parfait pour lui. (Vous me remercierez plus tard.)

En effet, deux séries reprennent les légendes qui ont inspiré Wagner: Siegfried (2 tomes parus mais le 3e est attendu dans 10 jours) et Le crépuscule des dieux (5 tomes parus et le 6e est annoncé pour la mi-janvier).

Soyons chauvins quelques instants: la sĂ©rie du CrĂ©puscule des dieux, plus classique visuellement, est dessinĂ©e par un QuĂ©bĂ©cois, Djief. Elle s’amorce avec le rĂ©cit de la conception de l’Anneau des Nibelung mais vous y retrouverez Ă©galement Siegfried et la narration est plus proche du traitement germanique de ce rĂ©cit millĂ©naire. Le tout est publiĂ© par les Éditions Soleil.

La musique classique bien représentée aux GG

18 novembre 2011

Les laurĂ©ats des prix littĂ©raires 2011 du Gouverneur GĂ©nĂ©ral ont Ă©tĂ© annoncĂ©s il y a trois jours et l’auteur George Leroux s’est vu remettre la suprĂŞme distinction dans la catĂ©gorie « essais » pour son livre Wanderer : essai sur le Voyage d’hiver de Franz Schubert, paru aux Éditions Nota Bene. Le jury explique: « Le voyage d’hiver est le prĂ©texte d’un beau requiem blanc que nous offre Georges Leroux dans un objet-livre d’une Ă©criture parfaitement juste. Abordant la souffrance humaine en philosophe, convoquant la poĂ©sie et la photographie, l’auteur nous offre une somptueuse mĂ©ditation sur l’existence. »

L’essai prĂ©cĂ©dent de l’auteur, Partita pour Glenn Gould (publiĂ© par Les Presses de l’UniversitĂ© de MontrĂ©al) s’est quand Ă  lui mĂ©ritĂ© un prix Ă©galement, dans la catĂ©gorie « traduction ». SignĂ©e Donald Winkler, celle-ci a Ă©tĂ© considĂ©rĂ©e « Ă  la fois travaillĂ©e et lyrique, un tour de force ».

Georges Leroux sera en séances de signature au Salon du livre de Montréal demain de 14 h à 15 h et dimanche de 13 h à 14 h.

Schubert sous la plume de François Emmanuel

27 octobre 2011

L’auteur belge François Emmanuel a commis il y a quelques annĂ©es un très beau roman, La leçon de chant, dĂ©couvert tout rĂ©cemment grâce Ă  une amie. Il y est question bien sĂ»r de chant mais surtout d’acceptation du passĂ©, mĂŞme s’il nous ronge (Clara, la cantatrice dont le narrateur raconte le parcours, voit son instrument compromis un soir, alors qu’elle devient trop envahie par de douloureux souvenirs), de la frontière si floue entre amour et amitiĂ©, du temps qui passe implacablement, des liens familiaux, de la nĂ©cessitĂ© de crĂ©er pour s’extraire d’un quotidien. Il y parle notamment avec beaucoup de tendresse de la vie de Schubert en ces mots:

« Embellie, transformée en légende, sa vie est un livre dont manquent la plupart des pages. On démêle les traces, on recueille les noms des amis, les dates, quelques anecdotes, on évoque le ton joyeux qu’il affectait pour oublier la tristesse des jours. Lorsqu’il part en voyage, ses lettres donnent un soudain relief à quelques semaines de vie, mais des mois entiers sont laissés dans l’ombre, sa maladie même demeure obscure. Et l’on ignore ce que cachait sa pudeur, ce qu’il transmuait en ivresse légère, ce que nous murmure encore sa phrase musicale insistante, ce paysage de la mort qu’il balaie avec lenteur.  »

Le pouvoir de la musique

22 août 2011

On vient d’annoncer le dĂ©cès de Jack Layton, quelques jours Ă  peine après celui du journaliste et auteur Gil Courtemanche. Sentant le besoin de me replonger dans les mots de ce dernier pendant le week-end, je suis tombĂ©e sur cette phrase, tirĂ©e de son dernier roman, au titre prophĂ©tique peut-ĂŞtre, Je ne veux pas mourir seul.

« Quand on n’aime plus, les musiques perdent leur mystères et redeviennent musiques, seulement chansons ou symphonies, jamais émotions et rêves partagés. »

C’est vrai que les musiques se parent souvent des teintes du souvenir, de l’Ă©motion ressentie alors qu’on partageait un mouvement de concerto, de symphonie, de quatuor Ă  cordes, avec un ami. Les pages classiques sont peut-ĂŞtre plus difficiles Ă  dater (on n’associera pas nĂ©cessairement une sonate de Beethoven Ă  un Ă©tĂ© particulier, comme on peut le faire avec des chansons populaires, puisqu’on en aura vraisemblablement fait plusieurs lectures complĂ©mentaires), mais quand on prolonge l’Ă©coute dans l’Ă©change, elles semblent rester plus longtemps en nous. La musique, après tout, ne prend vie, qu’une fois que les interprètes l’ont transmise et que les auditeurs l’ont reçue.

Une Fantastique techno

8 août 2011

L’OSM avait tentĂ© l’expĂ©rience en octobre dernier, s’associant au Festival MUTEK et proposant un concert Boulez/Mahler doublĂ© d’une soirĂ©e techno. Ce sera au tour de l’Orchestre de la Francophonie et de son chez Jean-Philippe Tremblay de tenter l’expĂ©rience, demain soir, Ă  la SAT, dans un programme triple musique techno (sous la houlette de DJ Marcelo Sanchez), Symphonie Fantastique de Berlioz et postlude Ă©lectronique, le tout soutenu par les Ĺ“uvres visuelles de Daniel Iregui.

« Ce n’est pas juste de la poudre aux yeux, explique Jean-Philippe Tremblay Ă  Caroline Rodgers de La Presse. On est lĂ  pour obtenir quelque chose de cohĂ©rent, artistiquement parlant. On est Ă  la recherche de la beautĂ©. Sans vouloir ĂŞtre prĂ©tentieux, ce que l’on cherche Ă  crĂ©er, c’est davantage une oeuvre d’art qu’une simple ambiance. »

Vous pouvez lire l’article en entier ici…

Pour acheter vos billets…

Mode et opéra

3 août 2011

Les costumes portĂ©s par les divas des opĂ©ras vous font rĂŞver? Vous ne voudrez pas rater l’Ă©vĂ©nement Mode et OpĂ©ra demain soir 22 h, qui mettra en vedette des costumes de l’OpĂ©ra de MontrĂ©al en version dĂ©construite, retravaillĂ©e et transformĂ©e. Les mannequins dĂ©fileront sur la Fashion Musique, mixĂ©e de main de maĂ®tre avec de l’opĂ©ra, bien sĂ»r, et les voix de Caroline Bleau (soprano), Etienne Dupuis (baryton) et Antoine BĂ©langer (tĂ©nor).

Cette rencontre entre mode et opĂ©ra est mise en sons par Michel Beaulac, directeur artistique de l’OpĂ©ra de MontrĂ©al, et en couleurs par YSO, en collaboration avec Dominique Guindon chef de l’atelier de costumes de l’OpĂ©ra. De plus, ZĂŻlon offrira une performance en direct. L’Ă©vĂ©nement sera ensuite prĂ©sentĂ© Ă  Los Angeles, dans le cadre de la mission QuĂ©bec Ă  Hollywood.

Le tout se dĂ©roule sur l’avenue McGill College, dans le cadre de la 11e Ă©dition du Festival mode et design de MontrĂ©al.

Une fugue sur Bad Romance de Lady Gaga

6 mai 2011

La frontière entre les univers de la musique classique et de la pop est infranchissable, n’est-ce pas? Le crossover est Ă  bannir, diront les puristes, tandis que certains interprètes s’en servent pour arrondir leurs fins de mois. Mais le compositeur Giovanni Dettori, qui propose des leçons de contrepoint sur Youtube, a dĂ©cidĂ© de franchir cette ligne symbolique le sourire aux lèvres, en se servant du thème de la chanson Bad Romance de Lady Gaga pour en tirer une fugue, acadĂ©mique mais non engoncĂ©e.

On peut mĂŞme tĂ©lĂ©charger la partition ici, pour ceux qui voudront y passer une heure ou deux ce week-end. Je pourrais peut-ĂŞtre mĂŞme rĂ©concilier mes Ă©lèves avec Bach après ça…

La Société de musique contemporaine du Québec. Histoire à suivre.

4 mai 2011

Depuis sa fondation en 1966, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) a vu son destin uni à celui du développement des musiques nouvelles d’ici. Pourtant, trop peu avait été écrit jusqu’ici sur l’histoire parfois tumultueuse de cet organisme de diffusion indispensable, dirigé tour à tour par Serge Garant (1966 à 1986), Gilles Tremblay (1986 à 1988) et Walter Boudreau (depuis 1988).

Dans ce livre fouillé, dans lequel sont habilement intégrées de nombreuses citations tirées de documents d’époque, Réjean Beaucage trace un panorama complet, de Pierre Mercure à aujourd’hui, s’attardant aussi bien sur les répercussions qu’aura Expo 67, les défis de programmation rencontrés par la société, les perceptions souvent peu nuancées des critiques – en curieuse opposition au rayonnement des compositeurs québécois sur la scène internationale – que la mise sur pied d’événements rassembleurs tels que la Symphonie du millénaire ou les festivals MNM et Musimars. L’auteur a su éviter l’écueil du langage spécialisé, voire hermétique, préférant une approche rigoureuse mais conviviale, soutenue par un style particulièrement limpide qui donne parfois presque l’impression de feuilleter un roman tant on est happé à la lecture. Un index et une bibliographie détaillée sont proposés en annexe, transformant la somme en un ouvrage de référence essentiel, pour quiconque souhaite revivre l’un ou l’autre des pans de cette histoire volontairement tournée vers l’avenir.

L’OSM rend hommage Ă  Pops ce soir et demain

2 mai 2011

La musique peut devenir outil social et changer le monde, comme l’a démontré le projet conjoint réalisé par l’organisme Dans la rue  et l’OSM au cours des derniers mois. En effet, en plus d’assister à un concert jeunesse, de recevoir la visite de musiciens de l’OSM, de s’entretenir avec le compositeur Jean Lesage et de se glisser en salle lors d’une répétition générale, les jeunes participants se sont vu offrir une clé USB comprenant plus de 60 incontournables du répertoire classique et trames de films. Ces œuvres leur ont ensuite inspiré collages musicaux, tableaux et textes, exposés au Piano nobile ce soir et demain avant le concert qui comprend deux œuvres de Liszt (compositeur dont on fête le 200e anniversaire de naissance en 2011), la Neuvième de Chostakovitch et la création de Beatitudino de Jean Lesage.

Pour en apprendre plus sur ce projet stimulant, vous pouvez lire l’article d’Alain de Repentigny dans La Presse d’aujourd’hui ou celui de Caroline Rodgers dans le numĂ©ro de mai de La Scena Musicale (page 28).

TolstoĂŻ et la musique

8 avril 2011

Bien sĂ»r, TolstoĂŻ est parti d’une Ĺ“uvre de Beethoven pour Ă©crire sa dĂ©stabilisante novella La sonate Ă  Kreutzer , raconte l’histoire d’un musicien tombĂ© dans la misère dans Albert et ceux qui ont lu Guerre et paix se rappelleront peut-ĂŞtre que l’auteur nous fait dĂ©couvrir le personnage de Natacha Rostov alors qu’elle chante et que quelques chapitres après, elle se rend Ă  l’opĂ©ra. TolstoĂŻ serait-il l’un des rares auteurs qui sache transmettre les subtilitĂ©s du rĂ©pertoire classique avec grâce?

TolstoĂŻ aimait passionnĂ©ment la musique. Alors qu’il Ă©tait enfant, il a Ă©tĂ© bercĂ© par le lyrisme de Field et la « PathĂ©tique » de Beethoven qu’il dĂ©couvre sous les doigts de sa mère. Lui-mĂŞme jouait et un piano de concert Ă©tait intĂ©grĂ© Ă  sa maison de Moscou, dans laquelle il recevait de nombreux auteurs mais aussi Rimski-Korsakov, Scriabine, TaneĂŻev et Rachmaninov.

Afin de souligner le centenaire du dĂ©cès de l’auteur russe, le magazine Classica consacre un article au lien Ă©troit que TolstoĂŻ entretenait avec la musique. Une autre façon de dĂ©couvrir celui qui a Ă©crit: « L’art musical est la plus haute manifestation de la puissance humaine. Il se donne Ă  quelques Ă©lus seulement et Ă©lève celui qui est Ă©lu Ă  une telle hauteur qu’il en a le vertige. »

Ă€ dĂ©couvrir ici…