Louise Bessette célèbre 30 ans de carrière

12 mars 2012

Reconnue sur la scène internationale comme l’une des interprètes les plus éminentes de la musique de notre temps, la pianiste Louise Bessette célèbrera ce mois-ci ses 30 ans de carrière. Elle propose, dès 14 h, le 31 mars, un programme ambitieux et multiple, en trois segments. Le concert comprendra quatre créations, une œuvre d’Olivier Messiaen – compositeur auquel elle a beaucoup été associée –, Le Sacre du printemps de Stravinski avec le pianiste britannique Peter Hill, ainsi que la suite Les Planètes de Walter Boudreau.

Elle explique dans une entrevue récente:

« J’apprécie beaucoup le travail avec les compositeurs. Le métier d’interprète est très riche et nous y mettons beaucoup de nous-mêmes. Quand nous pouvons partager avec le compositeur, c’est une chance. L’interprète ne fait-il pas partie de l’émotion ? Chaque compositeur arrive avec ses questions, ses craintes, ses joies, ses angoisses, son monde. Il est toujours très enrichissant de discuter avec lui. Il reste ensuite à intégrer dans chaque œuvre ce que les compositeurs ont transmis. »

On peut lire l’article en page 20 du numéro courant de La Scena Musicale


Choeur virtuel

10 mars 2012

La technologie ne finira jamais de nous épater, non? D’accord, parfois, elle envahit un peu trop férocement nos vies, ne nous laisse pas souffler, mais parfois aussi, elle sert à transmettre la beauté. Ici, une expérience étonnante de chÅ“ur virtuel, qui interprète Lux Aurumque d’Eric Whitacre, lauréat d’un Grammy lors de la plus récente cérémonie. N’est-ce pas le rêve de tout chanteur, professionnel ou amateur, de fondre sa voix dans un immense chÅ“ur mais ce, sans quitter le confort de sa maison? Une centaine de chanceux, de 12 pays différents, ont pu le faire. Le résultat est étonnant.

La prochaine édition (lancée le 12 avril prochain) intégrera des chanteurs de 173 pays différents. Ils chanteront alors Water Night, une pièce avec 14 lignes musicales distinctes.

Cyprès

8 mars 2012

En cette journée internationale de la femme, j’ai envie de vous proposer d’écouter le Cecilia String Quartet, quatuor féminin, dans Dvorak, ses Cyprès plus particulièrement.

L’histoire de la création de l’œuvre est plutôt romantique. Le compositeur avait 23 ans, il était follement amoureux de l’une de ses étudiantes de 16 ans: Josefa. Il lui écrit donc 18 chants d’amour en deux semaines, sur des textes plutôt fleur bleue. La belle décline l’offrande et le cycle reste dans les tiroirs du compositeur. Huit ans plus tard, la foudre le frapperait de nouveau. Cette fois, c’est la jeune sÅ“ur de Josefa qui fait battre son cÅ“ur: Anna. Il finira par l’épouser et connaîtra avec elle de longues années de bonheur.

Il reviendra régulièrement à ses pages conçues pour une autre. « Pensez à un jeune homme amoureux – voilà de quoi elles traitent », nota-t-il quand il en publia huit sous le titre Chants d’amour.  Il finira par en dédier une douzaine au quatuor à cordes, sous le titre de Cyprès, le lyrisme des cordes remplaçant avantageusement les inflexions des poèmes originaux.

On peut en écouter six sur le premier album du Cecilia String Quartet, lauréat du prestigieux concours de quatuors à cordes de Banff en 2010.

Funérailles d’Eleonora Turovsky

6 mars 2012

Violon solo d’I Musici, également altiste (notamment à l’OSM de 1978 à 1990), chambriste, pédagogue passionnée, une très grande dame nous a quittés, vendredi dernier, à l’âge de 72 ans, victime d’une pneumonie. Famille, milieu, amis et étudiants pleurent son départ.

Pour tous ceux qui désirent offrir leurs condoléances et démontrer leur appui et respect envers cette femme extraordinaire, les funérailles auront lieu aujourd’hui, 6 mars à 14 h à la maison funéraire Paperman & Sonsau 3888 rue Jean-Talon Ouest.

On peut l’entendre ici, avec I Musici de Montréal, dans le magnifique The Lark Ascending de Ralph Vaughan Williams.

Une fugue au musée

5 mars 2012

Cette semaine, le Musée des beaux-arts présente un festival en  lien avec l’exposition Lyonel Feininger : du Bauhaus à Manhattan. Le peintre a en effet entretenu d’étroits rapports avec la musique (il composait aussi) et a cherché à reproduire les structures de la fugue dans son œuvre picturale.  Dès demain, vous pourrez assister à des conférences sur la fugue (dont une, pour les 12 à 18 ans, donnée mercredi à 15 h, prononcée par Geneviève Soly).

Côté concerts, on pourra notamment entendre l’intégrale des deux cahiers du Clavier bien tempéré de Bach, vendredi et dimanche, lors de quatre concerts, qui mettront en lumière Luc Beauséjour, Tom Beghin, Jean-Willy Kunz et Ilya Poletaev , qui démontreront le côté intemporel de l’œuvre au clavicythérium (clavecin vertical), au clavecin, à l’orgue et au pianoforte. Les Idées heureuses interpréteront également les Concertos brandebourgeois dimanche prochain, à la Salle Bourgie. Tous les détails de programmation ici…

 

Semaine de relâche: activités pour les plus jeunes

2 mars 2012

Certains sont déjà en vacances, d’autres enfants le deviendront ce soir. Bien sûr, vous avez prévu profité de la neige pour sortir avec vos jeunes, mais pourquoi ne pas en profiter pour leur faire découvrir la musique à travers des activités ciblées?

Les Jeunesses Musicales du Canada proposent par exemple du 3 au 11 mars la Semaine de la musique. Pour cette 8e édition, on a prévu plus de 70 activités, ateliers et concerts, dans 28 lieux de diffusion, sur l’île de Montréal et en périphérie.

Plusieurs de ces programmes, présentés dans les maisons de la culture, sont gratuits. Des ateliers sont également offerts à la Maison des JMC à un tarif plus que préférentiel: 1 atelier pour 3 $ ou 2 pour 5 $ (par personne, taxes incluses). Autant dire que c’est donné!

Parmi les concerts présentés, notons: Annabelle suit sa voix, L’Expédition de la rythmobile, Les Sept trompettes de Fred Piston et l’indémodable Pierre et le loup (pour les enfants du primaire), ainsi que Coucou musique et Les aventures fantastiques de Flonflon (pour les plus jeunes).

Pour les ateliers, j’aimerais bien me rapetisser et me joindre aux équipes qui réécriront Pierre et le loup (Joue-moi un conte)!

Tous les détails de la programmation sont ici…

Vous ne voudrez pas non plus rater la reprise de Le téléphone bien tempéré à la Salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts le 8 mars prochain. L’Ensemble de la SMCQ se produira devant et avec le public, qui est invité à participer à cette Å“uvre musicale muni de son téléphone cellulaire. Qui a dit que la musique contemporaine était inaccessible? Détails ici…

Buon compleanno

29 février 2012

Il y a de ces anniversaires qu’on ne peut souligner qu’une fois tous les quatre ans, quand il s’agit d’une année bissextile. Bien sûr, ceux nés le 29 février se rabattront sur une célébration le 28 février ou le 1er mars le reste du temps, mais cette année, luxe, nous pouvons souligner en grande pompe l’anniversaire de Gioachino Rossini, né le 29 février 1792 à Pesaro (et mort un vendredi 13!).

Rossini est un personnage assez fascinant. À 37 ans, le compositeur, au sommet de sa gloire,  ayant vécu à peine la moitié de son existence, il se retire du monde opératique, pour des raisons jamais totalement élucidées, et composa très peu par la suite. Il devait se consacrer à la dolce vita, partageant de somptueux repas avec ses amis et à inventer de nouvelles recettes.

Plusieurs histoires circulent à cet effet. Par exemple, le soir de la première du Barbier de Séville, le compositeur avait coupé court aux félicitations d’après concert pour se plonger dans une description enflammée d’une salade qui, bien sûr, devint la salade alla Rossini. Stendhal explique, dans sa Vie de Rossini, que l’air de l’opéra Tancrède, « Di tanti palpti », réputé partout en Europe, avait été surnommé « l’aria du riz », parce que Rossini l’aurait composé en attendant sa portion de risotto dans un restaurant de Venise. L’aria « Nacqui all’affanno e al pianto », de l’opéra Cendrillon, aurait été composée dans des circonstances similaires, à Rome cette fois. À la fin de sa vie, il a également composé des pièces pour piano très peu connues : Radis, Anchois, Cornichons, Beurre, Figues sèches, Amandes, Raisins et Noisettes. 

Vous êtes en panne d’inspiration pour le repas de ce soir? Pourquoi ne pas tenter la recette du tournedos Rossini. Les tours de main et la petite histoire de la recette sont ici…

Vous pourrez en profiter pour écouter ses six sonates pour cordes.

Un vétéran qui partage

27 février 2012

Ceux qui ont suivi la cérémonie des Oscars hier soir ont sans doute, comme moi, été ravis de voir le talent indéniable du Montréalais Christopher Plummer récompensé (enfin!) par une précieuse statuette dorée, à 82 ans, pour son rôle dans Beginners! Il n’est certes pas le seul octogénaire à inspirer public et jeunesse. En effet, la basse Joseph Rouleau remonte cette semaine sur les planches, le temps de deux représentations de Pelléas et Mélisande de Debussy, données par l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal. Il incarnera le rôle du grand-père de Pelléas, le roi Arkel. Au fil des répétitions, les jeunes artistes lyriques auront pu profiter de ses conseils et surtout observer l’aisance avec laquelle il habite une scène.

« À mon âge, on chante encore chez soi, mais normalement, on ne se présente pas devant un public, explique-t-il en entrevue dans La Presse. Si on décide d’y aller, il faut être capable de bien le faire et je crois que je le suis. Est-ce fou, de la bravoure ou de la passion de prendre ce risque? J’ai pensé que ce serait peut-être une bonne chose, et j’espère que tout ira bien. »

On n’en doute pas une seule seconde et en profitons pour luis souhaiter un très joyeux 83e anniversaire demain!

Pour lire l’article…

Pour entendre Joseph Rouleau dans quelques-uns de ses rôles mythiques…

Handel: toujours aussi jeune à 327 ans

24 février 2012

Georg Friedrich Handel est né à Halle, en Allemagne, le 23 février 1685, quelques semaines avant Bach. Bach a d’ailleurs habité près de la ville natale de Handel toute sa vie mais leurs chemins ne se sont jamais croisés. Le père de George était chirurgien et barbier, une combinaison de métiers qui fait sourire aujourd’hui mais qui était pourtant assez habituelle en ces temps-là. Très jeune, George manifeste des dons surprenants pour la musique. Peu encouragé par son père, il parvient tout de même, probablement avec la complicité de sa mère, à cacher un clavicorde au grenier. Un jour, la chance lui sourit: le duc de Saxe-Weissenfels l’entend et ordonne à son père de lui offrir de vraies leçons de musique. L’organiste local deviendra son professeur et lui enseignera non seulement les bases de l’instrument mais également la composition.

Après la mort de son père en 1697, George se dirige vers le droit, s’y sentant probablement moralement obligé. Pourtant, Händel démontrait déjà une virtuosité exceptionnelle comme organiste et comme claveciniste, maniait le violon avec beaucoup de talent et avait déjà deux malles remplies de compositions! À son entrée à l’Université de Halle, il accepte un poste d’organiste, histoire d’arrondir ses fins de mois et de ne pas perdre la main.

En 1703, après un an d’études en droit, Handel opte définitivement pour la musique et déménage à Hambourg, ville plus cosmopolite. Il enseigne et joue dans l’orchestre de l’opéra (violon et clavecin). À l’âge de 20 ans, il compose son premier opéra, Almira, qui reçoit un accueil chaleureux du public.  Cinq ans plus tard il acceptera un poste permanent chez un prince allemand, mais demande rapidement une année sabbatique pour aller visiter Londres. En deux semaines, retravaillant du «vieux» matériel (une blague raconte que Handel a composé plus d’opéras que d’air, tellement il « recycle » souvent ses airs), il compose l’opéra Rinaldo, qui séduit immédiatement les Anglais. Il finira par s’établir à Londres en 1714. Il y restera jusqu’à sa mort en 1759 tout en conservant une passion dévorante pour les voyages. Il est enterré auprès des rois et des reines à l’Abbaye de Westminster.

On peut entendre ici certaines de ses cantates italiennes, interprétées par Marie-Nicole Lemieux et Luc Beauséjour.

Les défis financiers des organismes culturels

22 février 2012

Il faut bien l’admettre, c’est plutôt rare que l’on retrouve un article sur les organismes musicaux montréalais en page couverture du cahier « finances » d’un quotidien. Pourtant, samedi, La Presse nous en proposait deux, traitant des défis financiers rencontrés par l’Orchestre symphonique de Montréal (qui, a-t-on su lundi, redevient l’orchestre qui accompagnera les finalistes du Concours Musical International de Montréal, les 5 et 6 juin prochains) et l’Opéra de Montréal.

« Quelles sont les premières causes de désabonnement à l’Opéra de Montréal? », s’interroge-t-on en début d’article. La réponse n’est peut-être pas celle que l’on attendait: la maladie et le décès! En effet, l’âge moyen des abonnés dépasse les 55 ans et c’est pourquoi l’institution a mis de nombreuses initiatives pour rejoindre les jeunes spectateurs potentiels, offrant notamment des billets à tarif très réduit aux moins de 30 ans. Résultat: l’institution compte maintenant 1180 abonnements chez les 18-30 ans, une hausse de 45 %.

Dès son entrée en poste, Guillaume Thérien, le jeune directeur ventes et marketing (29 ans),  a analysé la base de données, ce qui a permis de dégager sept profils types. « Ces sept groupes représentent 30 % de la population, mais ils constituent 70 % de notre base de données, explique-t-il. Il faut donc leur parler de façon personnalisée. » Le directeur des communications Pierre Vachon précise quant à lui: «On est en mode éducation. On multiplie les portes d’accès. Le but ultime, c’est que tout le monde vienne à l’opéra, pour démocratiser cette sortie.»

On peut lire l’article complet ici…

Pour en apprendre plus sur les défis qui attendent l’OSM lors de la saison 2012-13, c’est là…