Prokofiev: Concerto pour violon no. 1, en ré majeur, op. 19
C'est en 1921 que le public parisien fit connaissance avec la musique du compositeur russe
Sergei Prokofiev (1891-1953) quand son compatriote Serge Koussevitzky dirigea la
Suite Scythe. L'œuvre fut accueillie avec une certaine réserve mais la réputation du compositeur allait grandir bientôt grâce à des œuvres comme le ballet
Chout et le
Concerto pour violon no. 1, en ré majeur, op. 19. Prokofiev avait esquissé son concerto dès 1913 mais la composition ne fut achevée qu'en 1917. Pour diverses raisons, la création ne prit place qu'en 1923 à l'Opéra de Paris, sous la direction de Koussevitzky avec le violoniste Marcel Darrieux comme soliste. Mais c'est surtout Joseph Szigeti qui popularisa l'œuvre à partir de 1924 alors qu'il la fit entendre à Prague puis à Boston l'année suivante. À l'exception du mouvement central, un étourdissant scherzo où la virtuosité du soliste est rudement mise à l'épreuve, le concerto est remarquable par ses accents lyriques. L'instrumentation de l'œuvre est aussi séduisante par sa clarté et sa transparence.
Tchaïkovski: Sérénade mélancolique, op. 26
Avant d'écrire son unique concerto pour violon,
Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) s'était vu demander une œuvre nouvelle par Léopold Auer, le célèbre virtuose et pédagogue. Il avait accepté cette invitation en composant la
Sérénade mélancolique, pour violon et orchestre, en 1875. Même si l'œuvre est dédiée à Auer, c'est Adolf Brodsky qui en fit la création à Moscou le 28 janvier 1876, Auer trouvant l'œuvre injouable (le même scénario se déroulera deux ans plus tard avec le concerto que le compositeur dédia à Auer mais qui fut aussi créé par Brodsky). La
Sérénade mélancolique propose deux thèmes d'une force surprenante, détaillés avec un grand art et suscitant une émotion vive chez l'auditeur.
Tchaïkovski: Mélodie en mi bémol majeur, op. 42, no. 3
Durant l'hiver 1877-78, Tchaïkovski voyagea en Italie et en Suisse. Il eut l'occasion de rencontrer le violoniste Joseph Kotek avec qui il fit beaucoup de musique. C'est alors qu'il entreprit la composition de son célèbre concerto, dont il acheva les esquisses en 11 jours et l'orchestration en 15 jours. Mais il n'aimait pas le mouvement lent et lui substitua une canzonetta. Le mouvement original devint, sous le titre de
Méditation, le premier mouvement de la suite
Souvenir d'un lieu cher, dont la
Mélodie est le troisième.
À l'origine écrite pour violon et piano, cette pièce fut orchestrée en 1878 par
Glazounov. Par son lyrisme, elle rappelle les pages les plus tourmentées de l'opéra
Eugène Onéguine.
Kabalevsky: Concerto no. 1, en do majeur, op. 48
Né à Saint-Petersbourg, Kabalevsky avait 21 ans quand il entreprit l'étude du piano et de la composition au Conservatoire de Moscou. Ce retard ne l'a pas empêché de signer une production abondante et variée comprenant quatre symphonies, cinq opéras et de nombreuses œuvres instrumentales dont une partie est dédiée à la jeunesse. Il a écrit des concertos pour violon et pour violoncelle ainsi que trois pour piano.
Conçu dans la tradition classique des trois mouvements, le
Concerto pour violon no. 1 op. 48 fut composé en 1948 à l'intention du grand virtuose soviétique David Oistrakh, qui en assura la création et en fit un enregistrement en 1951 avec l'Orchestre d'État de l'URSS sous la direction du compositeur. Dans cette œuvre, le violon jouit de plusieurs contrastes: il échange un vif dialogue avec l'orchestre, se fond dans les larges phrases des cordes, ou encore mène le mouvement avec une verve intarissable.
© Gilles Potvin