Archive pour août, 2012

Un portrait de Philippe Sly

30 août 2012

La dernière année a été des plus fastes pour le baryton-basse Philippe Sly, lauréat 2011 des célèbres Auditions du Conseil national du Met de New York, Révélation classique de Radio-Canada 2011-2012, prix Jeune Soliste des Radios francophones publiques et Premier grand prix (et prix du public) du Concours Musical International de Montréal.

Il lancera dans les prochains jours son premier album sous étiquette Analekta, En rêves, dans lequel on peut entendre le mythique Dichterliebe de Schumann, mais aussi des pages de Ravel, Ropartz et la premier enregistrement de Three Tennyson Songs du prolifique compositeur britannique Jonathan Dove.

Vous pouvez lire un article sur le jeune chanteur de 23 dans le numéro courant de La Scena Musicale. À lire en page 22…

À la table de Mozart

27 août 2012

On connaît ses œuvres et on peut lire son abondante correspondance. En épluchant celle-ci et en se basant sur des témoignages de contemporains, on peut constater que Mozart aimait bien boire et manger, privilégiant souvent la quantité au raffinement.

On lui doit certaines pages culinaires musicales également, dont deux odes au vin dans Don Giovanni, « Finch’han dal vino », le fameux air du champagne et l’« eccelente Marzimino », un salut à un vin qui existe encore aujourd’hui (fin de l’acte II). On lui doit aussi certaines pages moins connues, dans Essen, trinken (Manger et boire, canon à trois voix) et l’ariette « Männer suchen stets zu naschen » (« Les hommes cherchent toujours les gourmandises »). Il a même écrit un poème,  « Glueckwunsch beim Punsch » (« Meilleurs voeux pour le punch ») pour l’anniversaire de sa soeur Nannerl en 1783.

Nathalie Krafft de Rue 89 se penche sur cet autre Mozart. À savourer ici…

Musique de film au FFM

23 août 2012

Le Festival des films du monde de Montréal s’ouvre aujourd’hui, au grand bonheur des cinéphiles. Les mélomanes ne seront pas en reste, puisque quelques documentaires musicaux sont proposés. On note particulièrement Schumann at Pier 2, un documentaire allemand mettant en vedette le chef d’orchestre estonien-américain Paavo Järvi et l’Orchestre philharmonique de Brême (1er septembre 16 h et 2 septembre 13 h 5o), La manière Labèque, portrait des sœurs duettistes (26 août midi trente et 30 août 21 h 40) et Africa: The Beat, un voyage à Nzali, au cœur de la Tanzanie, à la découverte de la musique Wagogo (31 août 14 h 40, 1er septembre 17 h 40 et 3 septembre 19 h).

Chaque midi, sur la scène Air Canada, vous pourrez également découvrir les musiques de films, en compagnie de Mathieu Lavoie, grâce à des thématiques aussi variées que « Musique du cinéma de la Blaxploitation », « La musique dans le cinéma de Quentin Tarantino » ou « Musique issue de la collaboration entre Danny Elfman et Tim Burton ». Entre 17 h et 19 h, sur la même scène, des concerts sont proposés, qui mettront en vedette pianistes, quatuors à cordes, duos, ou l’Orchestre à vents de musiques de films.

Tous les détails ici…

Fifty Shades of Grey fait bondir les ventes classiques

20 août 2012

Tout le monde ne parle plus que de ce livre depuis quelques mois. Les trois volumes de Fifty Shades of Grey (traduction française prévue en octobre), une histoire d’amour un peu tordue, fracassent la baraque, côté ventes en librairie (20 millions d’exemplaires vendus) et formats électroniques (tout de même plus discret sur la plage). Après la chick lit, on a dû inventer un nouveau terme pour pouvoir le classer: mom porn (sans blague). Ce qu’on n’aurait pu prévoir, c’est que les nombreuses références au classique citées par l’auteure (E. L. James, un pseudo évidemment) font bondir le nombre de téléchargements. On veut pouvoir entendre la même trame sonore que l’héroïne Ana, jeune oie blanche prête à tout pour le ténébreux Christian, parce que lorsque ce dernier ne lui propose pas 1001 aventures extrêmes, il est pianiste amateur et grand amateur de musique classique.

L’auteure ne privilégie pas seulement les lieux communs, soulignons-le ici. Si on  n’évite pas le Canon de Pachelbel, on a aussi droit à un motet de Thomas Tallis, l’aria des Variations Goldberg de Bach,  la Fille aux cheveux de lin de Debussy, quelques pages de Chopin et le mouvement lent du Deuxième Concerto pour piano de Rachmaninov, les Bachianas Brasileiras no 5 de Villa-Lobos, « In Paradisum » du Requiem de Fauré et « Baïlèro » des Chants d’Auvergne de Canteloube.

Je pense que je vais me contenter de la trame musicale. D’autres livres m’attendent. J’en profite pour vous recommander le très beau Ravel de Léon-Paul Fargue, une courte évocation très sensible.

 

 

Joyeux anniversaire Gabriel

16 août 2012

On connaît bien Debussy, Ravel, Satie… mais Gabriel Pierné? Il est né à Metz le 16 août 1863 et mort le 17 juillet 1937 à Ploujean (dans le Finistère).
Mais encore? Né dans une famille dans laquelle la mère est professeure de piano et le père professeur de chant, le petit Gabriel pouvait difficilement résister à l’appel de la musique. Il entrera donc au Conservatoire de Paris et y travaillera le piano, l’orgue et la composition sous Albert Lavignac, Antoine François Marmontel, Émile Durand, César Franck (qu’il remplacera à la tribune de l’orgue de l’église Sainte-Clothilde à la mort du maître) et Jules Massenet. C’est là aussi qu’il rencontrera notamment Claude Debussy, qui deviendra son ami.

Il connaîtra une carrière particulièrement fructueuse en tant que chef d’orchestre. Il sera notamment à la tête des Concerts Colonne de 1910 à 1934 et il profitera de sa position pour défendre de nombreuses œuvres contemporaines signées Debussy, Ravel, Roussel, Stravinski et bien d’autres. Il assurera ainsi la création d’œuvres de Louis Vierne, Georges Enesco et Darius Milhaud.

Il composa dans tous les genres. Si ses pages de musique de chambre et pour piano sont particulièrement remarquables, il ne faudrait pas oublier ses nombreux oratorios, opéras-comiques et ballets.  René Dumesnil écrira : « Tous ceux qui se tourneront vers les partitions de Gabriel Pierné sont sûrs d’y trouver grand profit en même temps que grand plaisir. »

On peut entendre sa Canzonetta  opus 19 pour flûte et piano ici, interprété par le regretté Alain Marion et la pianiste Louise-André Baril.

Une Virée classique qui convainc

13 août 2012

Si vous êtes passés par la Place des Arts samedi, il y a eu de fortes chances que vous ayez été happés par une marée humaine. Ouf! Des gens partout, en transit, qui attendaient le prochain concert, des amis, qu’une place se libère miraculeusement (presque tous les concerts ont été donnés à guichet fermé). Certains assistaient en attendant à un atelier (je suis par exemple donné sur une démonstration de la trompette signée par la trompette solo de l’OSM Paul Merkelo, qui a même offert à un volontaire quelques minutes de leçon et une conférence d’un luthier), d’autres quémandaient un vire-vent (je me suis retenue), s’arrêtaient au stand de marchandise dérivée, prenaient une bouchée en vitesse. à des heures parfois rocambolesques, entre deux concerts, en discutant de ce qu’ils avaient entendu. « C’est rafraîchissant une journée musicale entière! », ai-je même entendu dans les toilettes du Complexe Desjardins.

Une Virée classique très courue donc, qui a démontré que, même en plein été, on peut écouter avec attention de la « grande » musique! Une belle initiative de l’Orchestre symphonique de Montréal, qui devrait être reprise l’année prochaine.

Deux journalistes de La Presse y étaient aussi. Vous pouvez lire ici ce qu’ils en ont pensé…

Une Virée classique qui promet

9 août 2012

Vous pensiez vous reposer calmement samedi? Impossible! Il ne faudrait pas rater La Virée classique, un événement rassembleur mis sur pied par l’Orchestre symphonique de Montréal, qui se tiendra dans trois salles du Quartier des spectacles (la Maison symphonique de Montréal, la Cinquième Salle et le Studio-Théâtre) de 11 h à 22 h. Solistes de réputation internationale et artistes de la relève prendront part à 20 concerts de courte durée (environ 45 minutes), qui mettra en lumière des œuvres connues du répertoire et quelques curiosités des plus intéressantes. Voici quelques concerts à surveiller.

Pour amorcer la journée, à 11 h à la Maison symphonique de Montréal, Kent Nagano dirigera l’OSM dans la Symphonie no 1, « classique » de Prokofiev et le violoniste Christian Tetzlaff dans le populaire Concerto pour violon de Mendelssohn. À 16 h15, ils se joindront à la violoncelliste Tania Tetzlaff dans les Variations Rococo de Tchaïkovski. Également au programme : la Petite Symphonie de Gounod. À 18 h, Jean-François Rivest dirige l’Orchestre de l’Académie Orford dans la Symphonie no 35, « Haffner » de Mozart et le violon solo de l’OSM Andrew Wan interprétera  « L’automne » et « L’hiver » tirés des Quatre Saisons.

Pendant ce temps dans la 5e Salle  le nouvellement formé Chœur de chambre de l’OSM offrira dans la une interprétation des Madrigaux guerriers et amoureux (extraits du 8e livre) de Monteverdi à 11 h 30. On pourra aussi entendre au Studio-théâtre la pianiste Marika Bournaki, marraine de l’événement à midi, la soprano Aline Kutan, le clarinettiste André Moisan (parrain de l’événement) et la pianiste Louise-Andrée Baril dans Le Pâtre sur le rocher de Schubert ainsi que des œuvres de Lachner et Spohr à 13 h 30, le jeune violoncelliste québécois Stéphane Tétreault dans la Sonate de Franck à 16 h 30, la soprano Marianne Fiset dans Schumann et Puccini à 19 h et le pianiste Serhiy Salov dans Islamey de Balakirev et les Tableaux d’une exposition de Moussorgski  à 19 h 30.

La soirée se terminera à 21 h 15 à la Maison symphonique avec l’OSM sous Kent Nagano dans l’ouverture de Guillaume Tell de Rossini et le Triple Concerto de Beethoven (avec Christian Tetzlaff, Tanja Tetzlaff et Lars Vogt).

Tous les détails ici…

La musique classique rejoint les orphelins en Irak

6 août 2012

J’adore les histoires inspirantes…. L’El Sistema vénézuélien fait depuis quelques années de nouveaux adeptes en Irak. En effet, Karim Wafi, ancien chef de l’orchestre national irakien, a lancé un projet qui vise à offrir une éducation musicale classique aux orphelins de guerre. Wasfi a d’abord distribué chapeaux et t-shirts aux enfants pour éveiller leur curiosité et, ensuite, leur a présenté différents instruments.

« Dès le début, mon inquiétude a été de trouver une façon de négocier avec un autre segment de la société, injustement traité par les circonstances, notamment les orphelins. Le premier but de ce projet était d’attirer des orphelins sans avoir recours aux médias ou à la politique ou aux méthodes de relations publiques. Merci mon Dieu, nous sommes loin de tout cela. Je voulais simplement créer une expérience qui se rapproche de celle vécue au Venezuela, là où l’orchestre a pris de l’ampleur jusqu’à inclure 340 instrumentistes, garçons et filles », a-t-il expliqué.

Fondé en 2007, la Maison de la musique de Wasfi, ouverte à tous sans frais, offre des cours sur tous les instruments, occidentaux ou orientaux, en multipliant les occasions de jouer en groupe.

Vous pouvez l’article complet (en anglais) ici…

André Laplante et l’OSM à Lanaudière

2 août 2012

La 35e édition du Festival de Lanaudière s’achève déjà. Vendredi et samedi, vous pourrez y entendre deux fois plutôt qu’une l’Orchestre symphonique de Montréal sous la direction de Kent Nagano, dans des programmes complémentaires, qui s’articulent autour d’œuvres maîtresses du répertoire symphonique.

Le pianiste André Laplante sera le soliste invité demain dans le Concerto K. 467, « Elvira Madigan » de Mozart et l’orchestre interprétera la Première Symphonie de Brahms. (Détails ici…) Si vous préférez la puissance et la virtuosité russes, le concert de samedi est pour vous, avec les Tableaux d’une exposition de Moussorgski (dans l’orchestration de Ravel) et le mythique Sacre du printemps de Stravinski.  (Détails là…)

D’ici là, vous voudrez peut-être écouter André Laplante dans les Années de pèlerinage de Liszt et l’OSM dans un autre incontournable du répertoire, la Neuvième de Beethoven…