Archive pour septembre, 2012

Cantates de Rameau

28 septembre 2012

Clavecin en concert annonce son premier concert de la saison 2012-2013, dimanche à 14 h à la Salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal. Vous pourrez y entendre quelques-unes des plus belles cantates de Jean-Philippe Rameau, interprétées par la soprano Hélène Guilmette, le baryton-basse Philippe Sly et l’Ensemble instrumental de Clavecin en concert, constitué d’Adrian Butterfield et Chloé Meyers (violon), Grégoire Jeay (flûte), Mélisande Corriveau (viole de gambe) et Luc Beauséjour (clavecin).

Certaines de ces cantates feront partie d’un prochain enregistrement Analekta (disponible au printemps 2013).

Inauguration d’un 3e piano en plein air

26 septembre 2012

Le concept a pris naissance à New York, a été adopté avec enthousiasme par Paris. Montréal n’est pas en reste et un 3e piano en plein air sera inauguré demain matin, dans le cadre du projet Piano des villes, piano des champs, au parc Wilfrid-Laurier, sur le Plateau Mont-Royal. Le maire de l’arrondissement, M. Luc Ferrandez, soulignera l’événement demain matin, 11 h. Le Chœur du Plateau participera à la cérémonie inaugurale.

Ce troisième piano sera mis à la disposition des passants jusqu’au 8 octobre, de 10 h à 20 h, tous les jours de la semaine sauf les mardis.

Alain Lefèvre ouvre la saison de l’OSL

24 septembre 2012

L’Orchestre symphonique de Laval ouvrira sa 28e saison mercredi avec le concert Folklores d’Europe à la Salle André-Mathieu, programme placé sous la direction d’Alain Truel. Le pianiste Alain Lefèvre y interprétera le Concerto pour piano en sol majeur de Ravel.

« La musique d’un concerto, à mon avis, doit être légère et brillante et ne pas viser à la profondeur ou aux effets dramatique », expliquait le compositeur. Plusieurs éléments influencent le style et la forme du Concerto. La musique du pays basque est immédiatement perceptible dès les premières mesures, par exemple lorsque l’exubérant thème de piccolo rappelle les airs folkloriques basques. Le deuxième thème, joué d’abord par le piano, suggère plutôt l’Espagne voisine. L’influence jazz, très prononcée, est tributaire de la tournée de Ravel aux États-Unis en 1928.  Il avait visité les clubs de jazz de la Nouvelle-Orléans et de Harlem et avait sans aucun doute entendu notamment l’orchestre de Paul Whiteman. Il avait développé des liens d’amitié admirative avec Gershwin et l’influence du Concerto en fa de Gershwin est plus que perceptible dans le Concerto de Ravel, surtout dans le premier mouvement qui regorge de notes « blues » ainsi que d’harmonies et de rythmes jazz.

Également au programme: les Danses de Galanta de Zoltán Kodalyet la Huitième Symphonie d’Antonin Dvořák.  Pour plus d’information…

Lancement des nouveautés d’automne

19 septembre 2012

C’est hier en fin d’après-midi, à la Galerie Gora que François Mario Labbé proposait les enregistrements de l’automne 2012. Parmi les enregistrements à surveiller cet automne, soulignons chez les artistes de la relève Aquarelles de la harpiste Valérie Milot (un 5e titre) qui lancera aussi l’album Fantaisies de Noël, en collaboration avec Antoine Bareil, le violoncelliste Stéphane Tétreault dans un premier enregistrement avec l’Orchestre symphonique de Québec sous la direction de Fabien Gabel et En rêves du baryton-basse Philippe Sly.

Le pianiste Alain Lefèvre lancera un album consacré aux 24 Préludes (en forme de boogie et de bien d’autres choses encore) de François Dompierre, l’Ensemble Caprice une version surprenante des Concertos brandebourgeois de Bach, le Gryphon Trio un programme articulé autour du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen.

On attend aussi les albums de l’Eybler Quartet dans une intégrale des Quatuors opus 33 de Haydn, ainsi que Daniel Taylor, le Theater of Early Music et les Petits Chanteurs du Mont-Royal dans les plus beaux Ave Maria, un enregistrement de la version de chambre de Carmina burina par le Taiwan National Choir, sous la direction d’Agnès Grossmann, et une réédition d’un coffret de l’intégrale des chansons de La Bolduc.

Lors de l’événement, le baryton-basse Philippe Sly a chanté quelques pages signées Schumann, Ropartz et Ravel, accompagné du  pianiste Michael McMahon. Le violoncelliste Stéphane Tétreault et la harpiste Valérie Milot ont joué en duo « Le Cygne » de Saint-Saëns. La harpiste a également interprété un extrait de La Moldau de Smetana.

De Lancement automne Analekta
De Lancement automne Analekta
De Lancement automne Analekta

Musique absolue

17 septembre 2012

Parfois, un roman musical nous fait de l’œil, comme ça, en passant. On le note dans la LAL (liste à lire), pour quand il débarquera enfin au Québec. Pour les chanceux qui habitent de l’autre côté de la grande mare, vous serez sans doute tentés illico par Musique absolue,  Une répétition avec Carlos Kleiber. Le mythique chef d’orchestre, que certains adulent et d’autres décrient, devient personnage de fiction, alors qu’il hante un journaliste (double de l’auteur sans nul doute) qui tente de percer la véritable nature du chef.

Le blogue Andanteconanima en propose une recension ici…

Clara Schumann: interprète et compositrice

13 septembre 2012

On entend beaucoup parler de son célèbre mari Robert, de son lien peut-être trouble avec  Johannes Brahms, mais on oublie trop souvent que Clara Schumann était considérée comme l’une des plus grandes pianistes de son époque, mais aussi une compositrice douée, la mère de huit enfants (qu’elle allaiterait avant et après ses concerts, dont quatre mourraient avant elle) et une professeure de piano renommée, façonnée par les enseignements de son père, Friedrick Wieck. Elle aurait 193 ans aujourd’hui.

Dès ses débuts, elle passait trois heures par jour au piano : deux à s’exercer et l’autre en leçon. À sept ans, elle participe déjà régulièrement aux soirées musicales organisées par son père – des témoignages indiquent qu’elle jouait déjà mieux que son père – et, peu après son neuvième anniversaire, elle monte sur les planches du prestigieux Gewandhaus de Leipzig en tant que membre d’un duo de pianistes.

Ses mouvements à l’instrument étaient réduits au minimum semble-t-il et son jeu était toujours d’un grand lyrisme et jamais percussif, contrairement aux autres virtuoses de son époque. Même si Liszt était un invité fréquent de la maisonnée Schumann, elle décriait ses gestes excessifs, son « bourdonnement diabolique » et la façon dont il touchait le piano.

Elle exigeait de nombreuses heures de travail sérieux et de la constance dans l’effort personnel. Un élève relate : « Clara Schumann, lorsqu’elle enseignait, était toujours calme et gracieuse… un faible mouvement était suffisant… un doigt levé… un tapotement sur l’épaule. On pouvait voir dans son visage le plaisir et la douleur quand nous jouions une certaine phrase. Pourquoi se laisser enflammer et agiter par le jeu d’un élève? Un geste, un murmure à un élève intelligent étaient suffisants. Sinon, elle se levait… vous quittiez votre siège… elle jouait une petite phrase ou un passage : sans une seule parole, vous compreniez alors les beautés que vous aviez ratées. »

En partage, sa Ballade opus 6 no 4.

Un nouveau concert pour l’OSSM

10 septembre 2012

L’Orchestre de la Solidarité sociale avait été mis sur pied afin de soutenir la mobilisation étudiante. Lors d’un premier concert, en mai dernier, plus de 1500 spectateurs ont découvert l’orchestre, constitué de plus de 70 musiciens provenant de l’Université de Montréal, de l’Université McGill et du Conservatoire de Musique de Montréal. Si le retour en classe des étudiants est maintenant complété depuis près d’une semaine, cela ne signifie en rien la mort du projet. Samedi prochain, le 15 septembre à 20 h, ce même orchestre, maintenant appelé l’Orchestre de la Solidarité Sociale de Montréal, donnera son deuxième grand concert au profit de la CLASSE, à l’Église Saint-Jean-Baptiste.

Au programme,  la Symphonie no 9 « du Nouveau Monde » de Dvorák et l’Ouverture « Coriolan » de Beethoven, sous la direction de Nicolas Ellis. L’entrée est libre et des contributions volontaires seront acceptées pour payer la salle et pour lever des fonds pour la CLASSE.

On peut suivre l’OSSM surTwitter au @OrchestreOSS.

Dvořák: un compositeur prolifique

6 septembre 2012

Antonin Dvořák  naît le 8 septembre 1841 à Mühlhausen (près de Prague, aujourd’hui Nelahozeves, en République tchèque), l’aîné d’une famille de huit enfants, dont le père, aubergiste, est également musicien amateur. Dès l’âge de cinq ans, Antonin joue du violon à l’auberge familiale et fait partie de l’orchestre du village. Il apprendra ensuite l’orgue, le piano, l’alto, l’harmonie et le contrepoint. En 1859, Dvořák obtient un poste d’altiste à l’orchestre de Karel Komzak. Pour arrondir ses fins de mois, il donne des leçons et aborde plus sérieusement la composition, de façon pratiquement autodidacte. Il est déjà fasciné par Richard Wagner et Franz Liszt, assimile les œuvres de Haydn, Mozart, Beethoven et Schumann et manifeste son admiration pour Schubert.

En 1873, il épouse Anna Cermakova, une jeune contralto de 19 ans. L’année suivante, son premier grand opéra Le Roi et le Charbonnier est créé.  En 1875, il sollicite une bourse de l’État autrichien « pour artistes pauvres et bien doués » et y joint sa Troisième Symphonie. Johannes Brahms entend alors parler des dons de Dvořák et écrit ces quelques lignes à son éditeur berlinois Fritz Simrock, lui recommandant les Chants moraves : « Si vous les jouez, vous éprouverez un grand plaisir; en tant qu’éditeur, vous aurez une grande joie en publiant ces choses très fines. Dvořák écrit tout : opéras, symphonies, quatuors, pièces pour piano. C’est, sans aucun doute, un homme de grand talent. Et pauvre! Je vous prie de penser à tout cela. » C’est le début d’un succès international qui ne sera jamais démenti et d’une amitié fidèle qui unira les compositeurs jusqu’à la mort de Brahms.

Parmi les œuvres importantes de Dvořák, très souvent marquées par la musique populaire tchèque, on retrouve neuf symphonies (dont sa célèbre Symphonie « du nouveau monde »), des opéras (dont Russalka), des œuvres vocales, profanes et religieuses (Stabat Mater, Requiem, Te Deum), des pages essentielles de musique de chambre et des concertos.

Dvořák meurt brutalement le 1er mai 1904. La nation tchèque entière est en deuil. La foule se masse, nombreuse, pour saluer le cortège funèbre. Le 5 mai, on chante des pages de son Requiem et le 7 mai retentit pour « le musicien tchèque tout simple », comme Dvořák aimait se qualifier, le Requiem de Mozart, « un soleil » au firmament des compositeurs.

Vous pouvez écouter ses délicates Pièces romantiques pour violon et piano, interprétées par James Ehnes et Eduard Laurel, ici.

Les Brandebourgeois rencontrent Chostakovitch

2 septembre 2012

Lauréat d’un Juno et de trois Prix Opus du Conseil québécois de la musique, dont celui d’interprète de l’année en 2010, l’Ensemble Caprice est reconnu pour l’esprit novateur qu’il insuffle au répertoire baroque. Le  New York Times l’a même qualifié de « groupe qui encourage les auditeurs à réentendre le monde  ». Il propose la semaine prochaine un enregistrement qui juxtapose l’intégrale des célèbres Concertos brandebourgeois de Johann Sebastian Bach à quelques préludes et une fugue de Dmitri Chostakovitch, arrangés par le directeur musical Mathias Maute.

Le numéro courant de La Scena Musicale propose une entrevue avec Mathias Maute, qui explique ce jumelage.

« Désormais, nous devons être novateurs et trouver de nouvelles réponses aux perpétuelles questions afin de renouveler la musique. À mon avis, il ne suffit pas de regarder le passé. »

Vous pouvez lire l’article en page 27.