Archive pour novembre, 2012

Angèle Dubeau & La Pietà ce soir à la Maison symphonique

29 novembre 2012

Les musiciennes chevronnées étaient à Québec hier soir et ont séduit Richard Boisvert du Soleil. « La Pietà d’aujourd’hui est moins métallique, plus boisée, l’archet s’est adouci et le mouvement, assoupli. » Il salue également l’énergie de Mario Saint-Amand, en diable qu’on voudrait aimer:  « Le comédien lui donne les traits d’un tentateur sensuel aux mouvements assurément félins. Il entre en scène, se faufile entre les musiciennes, regagne la coulisse sans bruit et comme bon lui semble. Pas mauvais diable du tout. Plutôt de bonne compagnie. » (On peut lire l’article dans son intégralité ici…)

Angèle Dubeau & La Pietà sont à Montréal ce soir (demain à la Salle André-Mathieu de Laval) et il reste encore quelques billets. Trois plages du nouvel album de musiques de jeux vidéo sont intégrées au spectacle original de Violons d’enfer. Le diable sera coincé quelques instants dans le monde virtuel. On aimerait presque que le tout soit possible.

Pour des billets pour le concert de ce soir…

 

Xiaoyu Liu lauréat du Grand Prix OSM Standard Life

26 novembre 2012

Le lauréat du Grand Prix OSM Standard Life est le pianiste Xiaoyu Liu, 15 ans, qui étudie au Conservatoire de musique de Montréal. Cette 73e éditions mettait en lumière 21 concurrents, en piano et en percussion.

Les autres premiers prix du Concours sont: Alexander Malikov, 23 ans, de l’Alberta  (Juilliard School of Music) dans la catégorie Piano classe A et Krystina Marcoux, 23 ans, du Québec (Université McGill, École de musique Schulich) dans la catégorie Percussion. Charles Richard-Hamelin (salué également pour son interprétation d’une œuvre canadienne), Antoine Rivard-Landry et Clara Warnaar se sont mérité un deuxième prix, Surren Barry, Anastasia Rizikov et Bryan Allen un troisième prix.

Les demi-finales se sont tenues à la Salle Tanna Schulich de l’École de musique Schulich de l’Université McGill et, pour la toute première fois, le public a pu entendre les finalistes à la Maison symphonique de Montréal samedi. 

Xiaoyu Liu jouera avec l’OSM le 7 avril 2013, sous la direction de Jean-François Rivest, à la Maison symphonique de Montréal dans le cadre d’un concert qui sera capté et diffusé sur les ondes d’Espace musique.

Le Taiwan National Choir en tournée

22 novembre 2012

Carmina buranaDepuis 2006, la chef Agnès Grossman est de plus en plus active en Asie. Depuis 2007, elle est notamment devenue directrice artistique du Taiwan National Choir, en plein cœur de sa tournée nord-américaine cette semaine. Le chœur était à Ottawa hier, et sera à Toronto demain, à Repentigny samedi, à Joliette dimanche, à Montréal lundi (à la Maison symphonique) et à Québec mercredi. Un horaire des plus chargés! On entendra la quarantaine de chanteurs dans trois motets et la Messe no 2 de Bruckner, Drei Gedichte de Schumann, Zigeunerlieder de Brahms et des chants folkloriques taïwanais.

Afin d’accompagner cette tournée, Analekta a lancé l’enregistrement de la version de chambre du célèbre Carmina burana de Carl Orff. Les solos ont été confiés à la soprano Yuh-Chyi Jou, au contreténor Daniel Taylor et au baryton Christian Miedl.  La version de chambre date de 1956, les forces orchestrales étant réduites à deux pianos, tout en gardant  solistes, chœurs et tous les instruments à percussion de la première version. Celle-ci était destinée aux salles de concert ainsi qu’aux écoles, les instruments de percussion privilégiés étant ceux utilisés dans l’Orff Schulwerk, son programme pédagogique pour enfants d’âge scolaire, développé pour travailler le rythme, la mélodie, la gestuelle de danse et le lien instinctif  de ses éléments chez les enfants. 

On peut l’écouter et le télécharger ici…

Angèle Dubeau à TLMEP

19 novembre 2012

Angèle Dubeau était l’une des invitées de la populaire émission hebdomadaire Tout le monde en parle, hier soir. Elle a notamment parlé du tout dernier album réalisé avec La Pietà, consacrée à la musique de jeux vidéo. Il fallait voir le visage des invités sur le plateau, alors que des extraits de thèmes tirés des jeux vidéo, ont été entendus: quelque chose entre la joie et l’émerveillement! Les gars de Simple Plan. qui admettent passer beaucoup de temps avec leurs consoles dans les autobus de tournée, semblaient particulièrement ravis et souhaitaient se procurer l’album sur le champ!

On peut revoir l’entrevue dans son entier ici…

De plus, l’équipe d’animation et de production de la populaire franchise Angry Birds a tellement aimé la lecture faite par Angèle Dubeau & La Pietà de leur thème musical, qu’ils ont décidé d’intégrer les musiciennes à un tout nouveau vidéo, mis en ligne cette nuit.

On peut le visionner sur Youtube…

 Les musiciennes arrivent tout juste de Pologne, mais sont prêtes à reprendre la route. La semaine prochaine, on pourra les entendre dans le populaire programme Violons d’enfer, Mario Saint-Amand reprenant son rôle du diable sur des textes de Michel Rivard (programme auquel seront intégrées quelques pages de leur album consacré aux jeux vidéo). Angèle Dubeau & La Pietà seront à Québec le 28 novembre, à Montréal le 29 (à la Maison symphonique) et à Laval le 30.

Quatuor pour la fin du temps

15 novembre 2012

Considéré à juste titre comme un des sommets de la musique de chambre du xxe siècle, le Quatuor pour la fin du Temps a été écrit en 1941 dans des conditions de privation extrême. En 1988, dans un entretien radiophonique avec Georges Nicholson à l’émission Les musiciens par eux-mêmes, Olivier Messiaen raconte comment il a commencé à écrire son quatuor, grâce à un officier allemand qui lui a fourni du papier à musique et des crayons.

« Je l’ai écrit absolument sans instrument, n’ayant absolument aucun moyen de vérification, uniquement par l’audition intérieure. Je suis très fier parce que je n’y ai rien changé et je crois que c’était bien puisque je n’ai rien eu à changer. Mais je ne l’ai pas entendu, sauf trois jours avant ma libération : les officiers allemands ont décidé, puisque j’avais fait cette oeuvre en captivité, qu’on allait la donner pour les camarades de captivité. Alors, on a réuni, dans un immense bloc, malgré le froid intense et tout, on a réuni, je ne sais pas, moi ! 10 000 personnes de toutes les classes de la société, des ouvriers, des prêtres, des médecins, des directeurs d’usine, des professeurs de lycée, enfin des gens de tous genres et de tout poil, et on a donné pour eux ce quatuor – très mal, c’était horrible. Moi, j’avais un piano droit dont les touches s’enfonçaient et ne voulaient pas se relever. Quand j’avais fait un trille, il fallait que je reprenne les touches à la main pour qu’elles remarchent. Le pauvre Akoka avait une clarinette dont une des clefs avait fondu à côté d’un poêle, et le pauvre Pasquier jouait sur un violoncelle à trois cordes. Heureusement, il avait l’ut grave. Sans cela il n’aurait pas pu jouer du tout. Eh bien ! malgré ces circonstances abominables, nous avons joué, et je ne sais pas si le public a compris, parce que ce n’était pas des connaisseurs en musique, mais c’était des gens malheureux comme nous. Ils ont été tout de même touchés parce qu’ils étaient malheureux et que nous étions aussi malheureux et que c’était une oeuvre faite par un compagnon de captivité, et ça a été, je crois, le plus beau concert de toute mon existence. »

Le Gryphon Trio et le clarinettiste James Campbell ont enregistré l’œuvre sous étiquette Analekta. Vous pouvez l’écouter et la télécharger ici. L’album est complété par Echoes of Time d’Alexina Louie et de Valentin Silvestrov.

Raconter une histoire d’amour autrement

12 novembre 2012

Voilà un moment que je ne vous avais pas fait de suggestions de lectures « musicales ». Une étrange histoire d’amour de l’auteur italien Luigi Guarnieri propose une relecture poétique de l’étrange triangle Johannes Brahms, Robert et Clara Schumann. Longue lettre de Brahms à Clara alors qu’il sent ses derniers instants venus et qu’elle a elle-même rendu son dernier souffle, le roman suppute, suggère, oriente, mais refuse de prendre entièrement  position.

Et si, au fond, la passion de Clara et Johannes avait été de courte durée? Si l’ombre de Robert, interné, lui avait porté le coup fatal? Si Robert, parfaitement lucide, avait feint la folie pour empêcher sa femme de tomber dans les bras de son successeur en musique? Autant de questions qui interpellent, déstabilisent même au début les spécialistes (ou du moins ceux qui pensent « connaître » un compositeur). Pourtant, on finit par céder au charme de la plume de l’auteur et on accepte que cette fiction (car saurons-nous jamais si ces deux-là se sont aimés autrement que de façon sublimée?) possède au fond de fort beaux accents de vérité.

 Quelques citations choisies, en partage…

« Robert a fait l’amour avec toi sans imaginer que ce serait la dernière fois, puis il a de nouveau entendu ces sons qui résonnaient depuis des années dans sa tête et qui ont soudain explosé en une musique qu’il n’avait encore jamais entendue, bruyante, splendide et terrifiante.  »

« C’est l’étude approfondie de Bach qui m’a fait comprendre, une fois pour toutes, que dans l’art, technique et beauté sont indissolublement liées. »

« Presque tous les hommes, malheureusement, ne se laissent effleurer par le souffle de l’art que s’ils croient le comprendre, et ils croient le comprendre quand l’art confirme et répète ce qu’ils connaissent et savent déjà. »

« Il a dit que la musique était son univers et que, plus que ton amour et ton approbation, plus encore que l’air qu’il respirait, elle lui était nécessaire pour pouvoir rester en vie. »

Adieu, Elliot Carter

8 novembre 2012

Pour plusieurs musiciens, il semblait indestructible, mais malheureusement, le compositeur américain Elliot Carter nous a quittés lundi après-midi, à l’âge de 103 ans. Héritier d’une longue tradition mais refusant la facilité, il était certes l’un des derniers qui pouvaient évoquer  Stravinski, Nadia Boulanger, Charles Ives (son mentor) en plongeant dans ses souvenirs. Jusqu’à la toute fin, le compositeur semblait déborder d’énergie. Il avait complété son ultime opus, 12 Short Epigrams, une œuvre pour piano solo dédiée à Pierre-Laurent Aimard, en août.

« Quand j’étais un jeune homme, j’entretenais l’idée populiste d’écrire pour le public, a expliqué en entrevue le lauréat à deux reprises du Pulitzer. J’ai appris que le public n’en avait cure. J’ai donc décidé d’écrire pour moi-même. Depuis, les gens sont intéressés. » (Vous pouvez lire un article sur le compositeur dans l’édition d’hier de The New York Times.)

En juillet, il évoquait sa musique avec la violoncelliste Alisa Weilerstein (soliste invitée de l’OSM hier soir). L’échange entre les deux est des plus fascinants.

Les Ondes Martenot en vedette

5 novembre 2012

Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal se dérouleront du 7 au 18 novembre. Deux films musicaux (trois si l’on inclut une comédie musicale sur les sans-papiers, La France qui se lève tôt) seront présentés.

Les couleurs du prisme, la mécanique du temps de Jacqueline Caux traite de la musique minimalisme (vendredi 9 novembre, 15 h, salle Parallèle de l’Excentris). Sur la piste de Maurice Martenot de Caroline Martel (coproduction des productions artifact et de l’Office national du film du Canada) sera présenté en première mondiale le jeudi 8 novembre prochain à 19 h (Salle Cassavetes de l’Excentris, reprise le mardi 13 à à 21 h 15, Salle Claude-Jutra de la Cinémathèque québécoise). Un regard qui promet d’être étonnant, qui nous permettra de mieux saisir cet instrument mystérieux. Le film sortira en salles le 25 janvier 2013.

Vous pouvez visionner la bande-annonce du film ici…