Archive pour décembre, 2012

Angèle Dubeau: 30 ans déjà

31 décembre 2012

À l’heure des résolutions qui accompagnent immanquablement la nouvelle année, on souhaite parfois jeter un regard vers l’arrière… surtout quand cela veut dire revoir en accéléré plus de 30 ans de carrière. Radio-Canada a puisé dans ses archives il y a quelque temps et nous propose un portrait en mots et en musique de la violoniste Angèle Dubeau.

Bonne année à vous tous!

Le Concerto de l’Asile créé le 15 janvier

27 décembre 2012

Alors que la plupart d’entre nous se remettent de la surenchère des plaisirs de la table, il y a fort à parier qu’Alain Lefèvre est devant son piano, en train de peaufiner le redoutable Concerto de l’Asile de Walter Boudreau, qui sera créé le 15 janvier (reprise le 16) prochain. Le processus de création de ce concerto s’est entamé il y a près de cinq ans, alors que le pianiste Alain Lefèvre et Walter Boudreau ont émis le souhait de collaborer. Ce dernier ayant déjà réalisé la musique de scène de la production de L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau montée au TNM en 2004, il a décidé d’articuler le concerto autour de la « Valse de l’asile », devenue pièce pour piano solo peu après. La valse, dont on entendra des fragments dans le troisième mouvement, devient prétexte à un grand poème symphonique qui relate la vie du dramaturge, poète et critique littéraire québécois, signataire du Refus Global.

« L’essentiel de ce concerto porte sur le concept même du genre, c’est-à-dire une œuvre mettant au premier plan un instrument soliste dialoguant  avec un orchestre et que finalement la musique – le langage par excellence –- parle d’elle-même, pour elle-même, car générant dans l’absolu tous les paramètres qui la constituent », explique Walter Boudreau.

On peut entendre Alain Lefèvre et Walter Boudreau évoquer le processus dans cette vidéo.

Landfill harmonic

23 décembre 2012

Parce que, quelques jours avant Noël, il est important de croire en la magie, surtout quand la musique en fait partie.

Joyeux Noël à tous!

Lorraine Desmarais au Upstairs

20 décembre 2012

La pianiste et compositeure jazz Lorraine Desmarais est la plus récente lauréate du prestigieux Coq d’Art de la Fondation Culture et Arts Visuels
de la ville de Laval. Ce prix reconnaît et honore des personnes qui démontrent une détermination, une générosité et des réalisations qui rejaillissent sur la collectivité et la communauté artistique et culturelle lavalloise.

Vous pourrez entendre la pianiste samedi le 22 décembre au célèbre Upstairs Club de la rue Mackay à Montréal en formation intime, dans un programme d’airs de saison, qui prolonge l’album Jazz pour Noël, lancé en 2005, qui s’est mérité un Félix dans la catégorie Jazz interprétation l’année suivante. 

On pourra entendre Lorraine Desmarais et ses complices Alec Walkington à la contrebasse, Camil Bélisle à la batterie et André Leroux au saxophone à 20h30, 22h15 et à minuit.  Plus de renseignements ici…

Trois enregistrements Analekta en lice pour un Prix Opus

17 décembre 2012

Certains espèrent la fin du monde d’ici quelques jours (histoire, peut-être, de ne pas avoir à subir la cohue du magasinage du temps des fêtes!) et d’autres, comme Analekta, attendent avec impatience 2013, parce que l’année sera pleine de projets et que, le 27 janvier, anniversaire de naissance de Mozart, se tiendra la cérémonie des Prix Opus, salle Bourgie.

Trois enregistrements Analekta se sont démarqués:

1- Rachmaninov, Concerto no 4, Scriabine, Prométhée, Alain Lefèvre, Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano, dans la catégorie « disque de l’année, musique romantique, post-romantique, impressionniste

2- Duos de l’entre deux-guerres, Olivier Thouin, Yegor Dyachkov, dans la catégorie « disque de l’année, musique moderne, contemporaine »

3- Colinda – Noëls de Provence, Ensemble Strada dans la catégorie « musiques du monde ».

Félicitations à ces albums et aux autres nommés!

 

Lourde semaine

13 décembre 2012

Les médias ne parlent que du décès de Ravi Shankar, grand-maître du sitar, qui a croisé la route de nombreux musiciens classiques et populaires (dont les Beatles) au fil des ans. Il ne faudrait pas oublier non plus les sopranos Galina Vichnevskaïa, Lisa della Casa et le pianiste et musicologue Charles Rosen.

Étoile du Bolchoï, une référence dans le répertoire russe (on peut l’entendre ici dans une magnifique version de la lettre Tatyana tirée d’Eugène Onéguine), Galina Vichnevskaïa (épouse de Mstislav Rostropovitch) avait également participé à la création du War Requiem de Benjamin Britten. En apprenant son décès, Mikhaïl Gorbatchev a déclaré à l’agence Interfax: « Sa mort est une grande perte pour la culture russe. C’était une actrice et une chanteuse renversante. »

Suisse-allemande de naissance, Lisa della Casa a régné pendant de nombreuses années à l’Opéra de Vienne. Une interprète saluée de Mozart et Strauss (on peut entendre ici son Arabella), on l’a souvent opposée à Elisabeth Schwarzkopf.

Si plusieurs ont lu Charles Rosen (maître des explications limpides quand vient le temps de décortiquer les grands courants du répertoire), on oublie trop souvent qu’il était d’abord pianiste et a étudié avec Moriz Rosenthal, lui-même élève de Liszt et qu’il a créé notamment plusieurs œuvres d’Elliot Carter. Pour lui, « l’analyse musicale n’est là que pour éclairer la jouissance. » Il avait publié en mai un dernier essai, Freedom and the Arts: Essays on Music and Literature.

 

L’Enfance du Christ de Berlioz

10 décembre 2012

Berlioz est né le 11 décembre 1803, mais la veille de son anniversaire, en 1854, il devait assister à la première de son oratorio L’Enfance du Christ, œuvre qui connaîtra un succès immédiat. Il s’agit d’ailleurs de l’un des rares succès que Berlioz a connus en présentant de nouvelles œuvres au public. « On l’a reçu comme un Messie, et peu s’en est fallu que les Mages ne lui offrissent de l’encens et de la myrrhe », précise Berlioz dans ses Mémoires. « Plusieurs personnes ont cru voir dans cette partition un changement complet de mon style et de ma manière. Rien n’est moins fondé que cette opinion. Le sujet a amené naturellement une musique naïve et douce, et par cela même plus en rapport avec leur goût et leur intelligence, qui, avec le temps, avaient dû en outre se développer. »

Le biographe David Cairns laisse entendre que L’Enfance du Christ serait née de la réminiscence nostalgique de l’enfance de Berlioz, puisque celui-ci commençait à écrire ses Mémoires. Berlioz précise : « […] je fus élevé dans la foi catholique, apostolique et romaine. Cette religion charmante […] a fait mon bonheur pendant sept années entières. » Les hymnes, chansons et chants de son enfance ont dû resurgir dans sa mémoire et colorer le style musical de l’oratorio.

 L’Enfance du Christ est un titre assez trompeur, car cet oratorio est axé sur un seul événement de l’enfance du Christ, soit le Massacre des Innocents commandé par Hérode et la fuite subséquente de la Sainte Famille en Égypte. La situation critique des parents tentant de sauver leur fils est dépeinte par les personnages de Marie et Joseph; le Christ ne joue aucun rôle actif dans le drame. En tout, il y a sept rôles (pouvant être chantés par quatre solistes), mais le Christ n’en fait pas partie. Berlioz a conçu son propre texte, développé à partir d’un passage de Matthieu, dans la Bible : « Un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit : “Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle, car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr.” »

L’oratorio sera donné, la semaine prochaine, les 19 et 20 décembre, par l’Orchestre symphonique de Montréal, à la Basilique Notre-Dame. Les détails ici…

D’ici là, vous voudrez peut-être retrouver le Berlioz flamboyant de la Symphonie fantastique, dans une lecture de l’Orchestre de la francophonie.

Dave Brubeck nous a quittés

6 décembre 2012

Il aurait eu 92 ans aujourd’hui (des festivités étaient d’ailleurs prévues dimanche pour souligner le tout), mais le destin en a décidé autrement. Il est allé retrouver d’autres géants du monde de la musique, le jour même de l’anniversaire du décès de Mozart. Il y a quand même là une certaine filiation, que l’auteur du Blue Rondo a la Turk aurait peut-être apprécié. Et puis, quand même, quitter cette terre un 5 décemBrubeckbre, quand on donné Take Five sur toutes les grandes scènes du monde…

La violoniste Angèle Dubeau s’est frotté plus d’une fois à l’univers de Dave Brubeck le compositeur. On peut l’entendre notamment dans sa Bourrée ici (sur l’album Solo), ainsi que, avec La Pietà, dans un extrait de La Fiesta de la Posada, sur l’album Noël.

Tu continueras de vivre dans nos cœurs, Dave!

On peut lire un article-hommage dans l’édition d’aujourd’hui de La Presse.