Archive pour février, 2013

D’autres nous quittent

28 février 2013

La série noire semble malheureusement se poursuivre cette semaine. L’organiste française Marie-Claire Alain, certainement l’une des plus connues du 20e siècle, est décédée mardi à l’âge de 86 ans. Elle s’est révélée tout au long de sa carrière une véritable ambassadrice de l’orgue français et a enregistré plus de 200 disques, dont trois intégrales de l’œuvre d’orgue de Johann Sebastian Bach, sur des orgues historiques nouvellement restaurées ou précédemment inaccessibles (parce que de l’autre côté du mur de Berlin). Pédagogue réputée, Marie-Claire Alain est venue plusieurs fois à Montréal.  Elle y était venue la dernière fois en 2008 dans le cadre du premier Concours international d’orgue du Canada. 

On a ensuite appris hier le décès du célèbre pianiste américain Van Cliburn, à son domicile de Forth Worth (Texas) à l’âge de 78 ans. Rappelons l’onde de choc qu’il avait causée en 1958, en pleine guerre froide, en remportant le plus légendaire Concours Tchaïkovski de l’histoire. Son enregistrement du 1er Concerto de Tchaïkovski (RCA) figure dans le Livre Guiness des records comme le disque classique le plus vendu de l’histoire. Il a aussi mis sur pied l’un des concours de piano les plus importants de la planète, qui se tient aux quatre ans, dont la prochaine édition, en juin prochain, sera certainement chargée d’émotion. 

Wolfgang Sawallisch n’est plus

25 février 2013

Le grand chef d’orchestre allemand Wolfgang Sawallisch nous a quittés vendredi à l’âge de 89 ans. Il a notamment occupé pendant 20 ans le poste de directeur de l’Opéra de Bavière, basé à Munich (dont Kent Nagano est l’actuel directeur musical). Un Requiem de Verdi sera donné ce soir en son honneur par l’orchestre de l’Opéra d’État de Bavière sous la direction de Zubin Mehta.

Sawallisch a d’abord travaillé avec les orchestres des opéras d’Aix-la-Chapelle, Wiesbaden et Cologne. Il a fait ses débuts avec l’Orchestre philharmonique de Berlin en 1953 et de 1957 à 1962, est associé au Festival de Bayreuth. Il deviendra ensuite directeur musical général à Hambourg de 1960 à 1970, période pendant laquelle il dirige aussi l’orchestre symphonique de Vienne. L’année suivante, il devient directeur musical général à Munich et en 1982, directeur artistique de l’Opéra d’État de Bavière, titre qu’il conserve jusqu’en 1992. Il sera ensuite (de 1993 à 2003) directeur musical de l’Orchestre de Philadelphie. Sawallisch était aussi un pianiste, qui a donné nombre de concerts de musique de chambre et a accompagné des chanteurs.

Clavecin en concert dimanche

22 février 2013

Clavecin en concert présentera un programme d’œuvres allant de Palestrina à Bach dimanche à 15 h, à l’Église de la Visitation. On pourra y entendre Marc-André Doran (l’organiste titulaire de la Visitation) à l’orgue Hellmuth Wolff (1993), de même que Matthew Jennejohn au cornet et Catherine Motuz au  sacqueboute (ancêtre du trombone). Luc Beauséjour, maître d’œuvre de la série, sera au clavecin.

Le Festival MNM commence demain

20 février 2013

C’est demain que s’amorce la 6e édition du Festival Montréal Nouvelles Musiques, dédié cette année à la voix et aux percussions, une combinaison assez inusitée qui se déclinera de diverses façons, d’une adaptation de West Side Story pour voix, piano et percussions claviers (Percussions claviers de Lyon) ou un concert « classique » Steve Reich à toute une série de créations plus intrigantes les unes que les autres. Un volet jeunesse est également proposé, ainsi qu’un colloque sur l’esthétique musicale, le Salon des nouvelles musiques et des « Afterhours » qui donnent envie de dormir un autre jour. Le tout se déroulera du 21 février au 3 mars, dans divers lieux. Toutes les informations ici…

Tant qu’à mettre la musique contemporaine à l’honneur, je m’en voudrais de ne pas vous mentionner que la pièce Echoes of Time de la compositrice canadienne Alexina Louie, que l’on peut entendre sur le dernier album du Gryphon Trio (avec James Campbell), Pour la fin du temps, est en nomination pour le Juno de l’œuvre classique de l’année. Toutes les nominations sont accessibles ici…

 

 

 

En route vers les Oscars

18 février 2013

Quelques jours encore à patienter avant la soirée des Oscars, que vous voudrez peut-être même voir en direct, au Cinéma du Parc, avec d’autres cinéphiles comme vous. La musique a bien évidemment toujours joué un rôle essentiel au cinéma, dès les premiers balbutiements du genre, alors qu’elle accompagnait les films muets (et permettait de camoufler le bruit du projecteur). Avec l’arrivée des films parlants, elle est devenue actrice de soutien, se fondant de temps en temps dans l’arrière-plan. Mais il faut bien admettre qu’elle a pris sa revanche quand, par exemple, les thèmes des films Jaws, Star Wars, ET, Raiders of the Lost Ark, autant de bijoux signés John Williams, ont commencé à vivre en dehors de l’écran, que ce soit sur disque ou dans la salle de concert.

Parfois – malheureusement trop rarement -, la musique est le sujet même du film. On n’a qu’à penser ici à Amadeus de Milos Forman ou au Violon rouge de François Girard. Il ne faudrait pas oublier les courts métrages qui eux, sont moins frileux quand vient le temps de mettre la musique à l’avant-plan. Ainsi, cette année, le film canadien en nomination, Henry, raconte l’histoire d’un vieux pianiste, victime d’Alzheimer qui, la plupart du temps, ne se rappelle pas qu’il a une fille et peine à se souvenir de sa femme Maria, morte l’année précédente, une violoniste rencontrée pendant la guerre. Mascagni et Schumann jouent ici un rôle essentiel d’accompagnement au talent indéniable de Gérard Poirier. Le film de Yan England remportera-t-il la prestigieuse statuette? Croisons les doigts…

Et si, d’ici là, nous faisions un voyage dans le temps, jusqu’en 1932 plus précisément, alors que The Music Box, mettant en vedette les impayables Laurel et Hardy, dans le rôle de déménageurs ayant beaucoup de difficulté avec le piano qu’ils doivent livrer, remportait le tout premier Oscar dans cette catégorie. On comprend tout de suite en le (re)voyant pourquoi le film est devenu un classique.

Si l’envie vous prend d’écouter de la musique film, Angèle Dubeau & La Pietà vous attend avec Silence, on joue, ici…

La musique favorise les connexions cérébrales

14 février 2013

Les musiciens professionnels ont sans doute accueilli les résultats d’une étude récente menée par les universités McGill et Concordia tout au plus par un haussement de sourcils, mais n’empêche… On vient de confirmer ce que plusieurs savaient déjà: prendre des cours de musique très jeune (avant 7 ans) favorise le développement du cerveau. L’étude démontre en effet que l’enfant initié tôt présente des connexions plus fortes entre les régions motrices de son cerveau.

« Apprendre à jouer d’un instrument exige la coordination des mains avec des stimuli visuels ou auditifs, explique la professeure Virginia Penhune. La pratique d’un instrument avant l’âge de 7 ans stimule sans doute la maturation normale des connexions entre les régions motrices et sensorielles du cerveau, élaborant un cadre que la poursuite de la formation vient consolider. »
 
Lors de l’étude, 36 musiciens adultes ont subi une épreuve motrice et une scintigraphie cérébrale. La moitié avait commencé l’étude de leur instrument avant 7 ans, mais les deux groupes possédaient le même nombre d’années de formation et d’expérience. On a ainsi pu démontrer que les musiciens précoces possédaient une plus grande synchronisation. Cette étude a également permis d’en appuyer une autre, qui démontrait une substance blanche du corps calleux supérieure pour ceux ayant fréquenté les écoles des musique très tôt.

Avant que vous n’inscriviez votre nourrisson au cours d’initiation musicale, pensant en faire le prochain Horowitz, lisez cette autre recommandation de la professeure Penhune:  « En effet, la performance musicale ne tient pas uniquement à la technique, mais aussi à la communication, à l’enthousiasme, au style et à bien d’autres facteurs impossibles à mesurer. Ainsi, commencer tôt vous aide certes à exprimer votre talent, mais cela ne fera probablement pas de vous un génie. » 

On peut lire un article du Devoir sur le sujet…

 

Un clair de lune revisité

11 février 2013

Ce n’est sans doute pas la version la plus parfaite que vous entendrez jamais de la célèbre Sonate « à la lune » de Beethoven, mais il faut admettre que cette interprétation possède un cachet tout particulier. En effet, la complicité qui s’est établie entre le pianiste professionnel Andy Jackson et certains des passagers ayant pris le bus à la station Haymarket à Newcastle, au Royaume-Uni, il y a quelques mois, a certes permis des lectures tout à fait uniques de l’œuvre.

La plupart de ceux qui se sont assis avec Jackson sur le banc n’avaient jamais touché un piano, étaient fort probablement intimidés par « la bête », mais ils ont finalement accepté de jouer une note ou plus. Le visage rayonnant de certains d’entre eux quand ils font de la musique, mine de rien, est absolument délicieux!

Maestro, musique!

The Perfect American: nouvel opéra de Philip Glass

7 février 2013

Vous n’avez pas pu coincer dans votre horaire un voyage éclair à Madrid pour assister aux premières représentations du tout nouvel opéra de Philip Glass, The Perfect American (compositeur auquel Angèle Dubeau & La Pietà ont consacré un Portrait)? Aucun problème… Vous avez trois mois pour regarder la reprise en ligne, grâce à medici.tv, qui a diffusé la production donnée hier au Teatro Real Madrid. (Vous devez vous enregistrer, mais c’est gratuit.)

Basé sur le roman éponyme de Peter Jungk, l’opéra se veut une biographie-fiction des derniers mois de la vie de Walt Disney et on y traite aussi bien de sa volonté de vivre éternellement (grâce à la cryogénisation) que de la vie intime, souvent torturée, du célèbre animateur. On y retrouve le personnage de Dantine, animateur allemand ayant travaillé pour Disney sur le film La belle au bois dormant, jaloux aussi bien que fasciné par le personnage, mais aussi la femme, le frère et les enfants de Disney, ainsi que sa confidente Hazel et Andy Warhol.

Le metteur en scène Phelim McDermott a joué la carte d’une scénographie efficace, qui multiplie les niveaux, volontiers onirique, transformant l’univers un peu propret de Disney en monde parfois plus proche du cauchemar que du rêve éveillé. L’orchestre est placé sous la direction de Dennis Russell Davies, qui a dirigé presque toutes les premières des opéras de Glass.

Le rendu vidéo est exceptionnel, les caméras amenant à l’occasion le spectateur dans la fosse d’orchestre. À découvrir ici…

Dans cette vidéo, compositeur et artisans évoquent la production.

Unir automobile et piano?

4 février 2013

Une association à première vue assez inusitée s’est établie entre le célèbre facteur d’instruments Pleyel et Peugeot, deux forces françaises dans leurs domaines respectifs. Mais, vraiment, redessiner un piano en s’appuyant sur certaines technologies liées à l’automobile? Cela donne de fait un produit assez étonnant.

Conçu par Cyrille Vayson de Pradenne et Sophie Gazeau, le « Piano Peugeot »pèse 614 kg (à titre comparatif, un piano à queue Steinway pèse entre 275 et 480 kg selon les modèles). Il est fait de fibre de carbone et de métal, ce qui donne à l’instrument, conçu essentiellement pour la scène, un tout autre look. Les lignes pures, le parti pris architectural, sont étonnantes, mais la qualité du son produit (la vedette pop Mika a été le premier à pouvoir en jouer, sur la scène de la salle Pleyel même) reste d’une grande clarté.

Cette vidéo vous donnera une meilleure idée de l’objet…