Archive pour mars, 2013

Les sept paroles du Christ

29 mars 2013

Que l’on soit ou non croyant, certains moments dans l’année liturgique sont propices à la présentation ou à l’écoute de certaines œuvres. On pourra par exemple entendre le Via crucis (Chemin de croix) de Liszt ce soir à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, les textes chantés étant remplacés par des lectures (par Françoise Faucher) de textes de Péguy, Claudel et du Nouveau Testament. On peut aussi choisir de rester à la maison et d’écouter Les sept paroles du Christ en croix de Christoph Graupner

Ici, le contemporain de Bach propose une cantate qui devient méditation sur chacune des sept paroles prononcées par Jésus sur la croix immédiatement avant sa mort. L’auteur des poèmes, Johann Conrad Lichtenberg, n’est nul autre que le beau-frère de Graupner. Conçues pour être exécutées sur une durée de six semaines (pendant le Carême), elle se lisent aussi comme un ensemble organique, qui s’écoute parfaitement d’un seul souffle. Chaque cantate reprend la structure dictum (parole du Christ elle-même) – air – récit – air (quelque fois en duo) – récit – choral.

À découvrir (ou redécouvrir) ici, interprété par Geneviève Soly et Les idées heureuses…

Joyeux congé pascal à tous!

Valérie Milot avec Orchestra London ce soir

27 mars 2013

On imagine la harpe comme un instrument discret, que l’on pratique en solitaire ou qui ajoute une touche de féerie à une page symphonique ou de ballet. Elle peut faire bien plus que cela, notamment être la soliste d’un programme avec orchestre, comme ce sera le cas alors que Valérie Milot se joindra à Orchestra London, sous la direction d’Alain Trudel, dans des œuvres de Debussy et Ravel (notamment sa magnifique Pavane pour une infante défunte). La Symphonie en la de Saint-Saëns complète le programme.

On peut l’écouter d’ici là dans la très évocatrice Légende d’Henriette Renié, sur l’album Aquarelles.

25 ans, ça se fête

22 mars 2013

Malgré son apparente jeunesse, Analekta fête ses 25 ans cette année. Le temps passe si vite quand on aime ce que l’on fait! Une grande célébration est déjà prévue en mai, mais d’ici là,  même si Analekta vient de lancer un coffret anniversaire, il n’est surtout pas question de se reposer sur ses lauriers. Ainsi, parfaitement consciente que le monde de la musique change, l’étiquette s’apprête à lancer sous peu une nouvelle boutique en ligne. Nous vous en reparlerons assurément. Le président d’Analekta, François-Mario Labbé, accordait récemment une entrevue à Caroline Rodgers de La Presse.

« Il y a 30 ans, un disque en classique considéré comme bon vendeur, c’était 10 000 exemplaires. Aujourd’hui, quand on en vend 3000, on est content. Nous vendons de 10 à 15% de tous les disques classiques au Canada. Et la situation du Québec est unique: c’est ici que se vendent de 50 à 60% de tous les disques classiques vendus au Canada. Nous n’aurions pas pu avoir un tel succès dans une autre province », y explique-t-il notamment.

Pour lire l’article…

 

Volez, partez…

18 mars 2013

On connaissait son charisme, qui a séduit jury et public lors de la dernière édition du CMIM en 2012, mais on oublie trop souvent que Philippe Sly peut incarner tous les rôles – et même, à l’occasion, jouer les bouffons. (Écoutez la vidéo jusqu’à la fin pour le voir.) L’air est tiré du très bel album Les amants trahis, que vous pouvez écouter et télécharger ici…

Lettre à une jeune pianiste

14 mars 2013

Il y a longtemps que je vous ai fait des suggestions de lecture et je m’en voudrais de ne pas vous parler du très beau (presque trop court) Lettre à une jeune pianiste de Gidon Kremer. En écho au célèbre texte de Rilke, le violoniste letton propose un essai de forme épistolaire, en apparence adressé à une jeune musicienne (que certains pourront sans doute identifier, mais qui se révèle emblématique de toute une génération), dans lequel il s’insurge contre le star system, jeu dangereux auquel plusieurs musiciens doivent maintenant se frotter. « Ne soyons pas trop personnel. Après tout, Aurelia est juste une des nombreux/ses destinataires de mon essai. J’espère qu’ “elle” est suffisamment douée pour en tirer quelque leçon. Non seulement à travers mes mots, mais aussi par son expérience. »

Celui qui n’a pourtant pas hésité à participer à quelques expériences que certains qualifieraient de crossover livre un vibrant déployer en faveur de la liberté d’interprétation, mais aussi la nécessité de maintenir une personnalité distincte, seule assurance au final peut-être de passer à la postérité, mais surtout de demeurer en paix avec soi-même.

« On oublie facilement qu’une parole sincère – tout comme une interprétation authentique – n’exige pas seulement un effort et un engagement véritables, mais aussi une autocritique. L’indépendance implique de la compréhension et la capacité de se remettre en question, soi-même et ce qu’on a fait. Tout cela vaut pour les compositeurs aussi bien que pour les interprètes. La quantité de notes que renferme une partition ne dit encore rien de sa qualité. »

Cela fait réfléchir, sans contredit, que l’on soit interprète ou simple mélomane. Les consommateurs ne sont-ils pas eux aussi responsables de la situation?

 

Fréquence OSM

11 mars 2013

Il est toujours intéressant d’entendre parler de concerts de musique classique un tantinet inusités. Samedi prochain à 14 h, l’OSM et Espace musique s’uniront afin de présenter Fréquence OSM, un concert-événement rassemblant maestro Kent Nagano, l’Orchestre symphonique de Montréal, Jean-René Dufort, Guylaine Tremblay et plusieurs autres personnalités artistiques et journalistiques de Radio-Canada. Pour l’occasion, la Maison symphonique de Montréal deviendra le plus grand studio radiophonique de la métropole. Des œuvres musicales variées compléteront des tableaux qui permettront de mieux comprendre les dessous de la radio.

Les animateurs d’Espace musique Françoise Davoine et Michel Keable, l’animateur Jean-René Dufort (Infoman) et la journaliste Anne-Marie Dussault (24 heures en 60 minutes), ainsi que les comédiens Vincent Gratton et Guylaine Tremblay viendront tour à tour interagir avec l’orchestre à travers des tableaux présentant reportage, radioroman, entrevue, bulletin de nouvelles, chronique culturelle, etc.

Pour illustrer ces différents tableaux, Kent Nagano et l’OSM interpréteront des extraits de L’Oiseau de feu de Stravinski, du Concerto pour violon et violoncelle de Brahms, de la Marche funèbre pour un perroquet d’Alkan, ainsi que la Pavane de Fauré, Alborada del gracioso de Ravel, Short Ride in a Fast Machine de John Adams et Dans de la nature, un concerto pour cor anglais, cor de basset, cor français et orchestre (formation des plus inusitées, il faut l’admettre), création du compositeur Maxime McKinley d’après des poèmes de Philippe Beck. Pour billets…

De nombreux films musicaux au FIFA

7 mars 2013

Les billets pour le FIFA, qui se tient du 14 au 24 mars, sont en vente depuis hier et s’envolent vite. Je vous propose donc une sélection qui devrait plaire aux amateurs de musique classique.

James Levine: America’s Maestro: dimanche 17 mars – 13h30 – Place des Arts, cinquième salle

Road movie, un portrait de John Adams: mardi 19 mars – 21h – Place des Arts et vendredi 22 mars – 18h30 – Musée d’Art Contemporain

Wagner’s dream, qui décrit le travail de Robert Lepage autour de la Tétralogie: dimanche 17 mars – 18h30 – Place des Arts, cinquième salle

Die Thomaner – Une année avec les choristes de Saint-Thomas: samedi 23 mars – 18h30 – Cinémathèque Québécoise

St. Matthew Passion – St. Thomas Boys Choir Leipzig. Les jeunes chanteurs interprètent La Passion selon Saint Matthieu de Johann Sebastian Bach, avec l’Orchestre du Gewandhaus. Le dimanche 24 mars – 13h30 – Cinémathèque Québécoise

 Bruckner 5 – Claudio Abbado and the Lucerne Festival Orchestra: samedi 23 mars – 16h – Cinémathèque Québécoise

Quatre captations en concert de symphonies de Mahler sont proposées.

Riccardo Chailly dirige la Symphonie n°2 avec l’Orchestre du Gewandhaus de Leipzig: samedi 16 mars – 18h30 – Cinémathèque Québécoise

Riccardo Chailly dirige également la Symphonie n°8 en mi bémol majeur avec le même orchestre: jeudi 21 mars – 18h30 – Cinémathèque Québécoise : évènement spécial

Claudio Abbado dirige la Symphonie n°9 en compagnie de l’Orchestre du Festival de Lucerne: samedi 23 mars – 16h- Cinémathèque Québécoise

Le chef montréalais Yannick Nézet-Séguin et l’Orchestre symphonique de la radio bavaroise dans la Symphonie n°7: dimanche 17 mars – 16h – Cinémathèque Québécoise

On peut consulter la programmation complète au www.artfifa.com, téléphoner au 514 874-9972, ou encore à se rendre aux kiosques du FIFA à l’Espace culturel George-Émile-Lapalme, de la Place des Arts (du 8 au 15 mars au EV Building de l’Université Concordia, puis du 16 au 21 mars, au J. W. McConnell Building Atrium).

Les amants trahis

4 mars 2013

Les amants trahis, un album consacré à des cantates de Rameau, mettant en vedette Hélène Guilmette, Philippe Sly et le clavecAmants trahisiniste Luc Beauséjour,  sera disponible en magasin sous peu, mais déjà, vous pouvez le découvrir et le télécharger en ligne.

Le genre de la cantate, importé d’Italie, adopté par nombre de ses contemporains, dont Clérambault, Campra et Bernier, avait rapidement séduit le public français. Rameau y voyait surtout un moyen d’apprivoiser l’opéra. « Il faut être au fait du spectacle, avoir longtemps étudié la nature pour la peindre le plus au vrai qu’il est possible, avoir tous les caractères présents, être sensibles à la danse, à ses mouvements, sans parler de tous les accessoires; connaître les voix, les acteurs, etc. », précisera-t-il d’ailleurs au jeune abbé Mongeot qui lui demande conseil dans une lettre datée du 29 mai 1744. « Il faudrait, avant que d’entreprendre un si grand ouvrage, en avoir fait de petits, des cantates, des divertissements, et mille bagatelles de cette sorte qui nourrissent l’esprit, y échauffent la verve, et rendent insensiblement capable de plus grandes choses. »

On retrouve ici l’essence même du Rameau des Indes galantes et d’autres pages célèbres : sa passion pour l’art, sa recherche de l’excellence, sa culture en apparence sans limites, sa facilité à transmettre un message, en mots comme en sons. Comme il l’écrit dans son Traité de l’harmonie, « Un bon musicien doit se livrer à tous les caractères qu’il veut dépeindre et comme un habile comédien, se mettre à la place de celui qui parle. » 

Le titre fait référence à l’une des cantates proposées, Les Amants trahis, dans laquelle deux amoureux abandonnés se plaignent de leurs maîtresses. (La partition originale est écrite pour basse et haute-contre.) L’un se sert des larmes, l’autre des railleries, et Rameau y dévoile toute l’étendue de sa palette expressive.  Une page à découvrir impérativement ici…