Archive pour avril, 2013

Les pianos itinérants de retour

29 avril 2013

L’opération « Pianos des villes, pianos des champs » a suscité un tel engouement l’été dernier que l’arrondissement du Plateau Mt-Royal a annoncé qu’il renouvellerait l’expérience cette année.

« Nous avons eu la surprise [l’an passé] de voir combien il y avait des pianistes de grand talent cachés dans leur sous-sol. En les faisant sortir dans la rue, ça crée de la magie », a rapporté jeudi le maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, lors du dévoilement de la programmation d’animation publique de son arrondissement. Les parrains de chacun des instruments seront connus au moins de juin.

D’autres arrondissements, comme Rosemont-La Petite-Patrie, considèrent fortement s’approprier le projet.

Les pianos seront disposés

Du 4 juin au 4 août

  • Au coin des avenues du Mont-Royal et Henri-Julien
  • Au coin des rues Marie-Anne et Saint-Denis
  • Au coin de la rue Prince-Arthur et du boulevard Saint-Laurent
  • Devant la bibliothèque du Mile-End

Du 6 août au 29 septembre

  • Au coin de la rue Saint-Denis et de l’avenue Laurier
  • Au coin de la rue Saint-Denis et de l’avenue Duluth
  • Au coin des avenues Mont-Royal et Papineau
  • Au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Rachel

Joyeux 122e anniversaire

25 avril 2013

Né le 27 avril 1891, Sergueï Prokofiev reçoit ses premières leçons de piano de sa mère, pianiste amateur. Très précoce, il compose déjà à six ans de courtes pièces et, à l’âge de neuf ans, il écrit un opéra pour enfants, Le Géant.

En 1904, il entre au Conservatoire de Saint-Pétersbourg pour y étudier notamment l’orchestration avec Nikolaï Rimski-Korsakov (qui a composé Shéhérazade et le célèbre Vol du bourdon) et le piano avec Anna Essipova. C’est avec son propre Concerto pour piano no 1 qu’il obtient, en 1914, son diplôme de conservatoire.

En 1918, après la révolution d’octobre, Prokofiev quitte la Russie pour les États-Unis. Il habite ensuite à Paris, puis voyage à travers le monde, multipliant les tournées en Allemagne, aux États-Unis, au Canada, à Cuba et en Italie. En 1933, il regagne finalement l’URSS.

Outre Pierre et le loup, dont la célébrité ne s’est jamais démentie, Prokofiev a notamment composé les opéras L’Amour des trois oranges (1921) et Guerre et paix (1942), sept symphonies, neuf concertos, les ballets Roméo et Juliette (1938) et Cendrillon (1944) ainsi que de la musique de film.

On peut le découvrir ici dans ses sonates pour violon, interprétées par Benjamin Beilman, lauréat du Grand prix lors de l’édition 2010 du CMIM (consacré de nouveau cette année au violon).

22 avril 2013

L’Orchestre symphonique de Montréal se prépare pour sa grande tournée sud-américaine, qui se tiendra du 23 avril au 3 mai prochain.

« Le monde change à une vitesse étonnante, explique le directeur musical de l’OSM Kent Nagano en entrevue. La dynamique économique du Brésil s’est développée au cours des 15 dernières années et on va bientôt y accueillir les Jeux olympiques et la Coupe du monde [de soccer]. En Argentine, on a terminé la restauration du grand Teatro Colón, il y a deux ans à peine. L’Uruguay est un pays émergent sur le plan de la culture, riche d’une tradition de guitare et de musique classique nourrie par ses liens avec la France, l’Espagne et l’Allemagne. Et la Colombie aussi connaît un essor remarquable. C’est un moment formidable pour retourner en Amérique du Sud. »

On peu lire l’article paru dans La Presse de samedi au sujet de cette tournée ici…

L’OSM lançait son nouvel album, sous étiquette Analekta, mettant en vedette le baryton allemand Christian Gerhaher la semaine dernière. Les échos critiques sont déjà très positifs. « La voix expressive de Gerhaher, aux accents parfois proches du parlé, raconte une histoire – une histoire triste! – et l’orchestre est aussi détaillé et coloré qu’intense et dramatique », note par exemple Claude Gingras dans La Presse.

Pour écouter et télécharger l’album…

Des portraits de musiciens différents

18 avril 2013

La photographe américaine Ernestine Ruben présente ces jours-ci au Avery Fischer Hall du Lincoln Center l’exposition « Portraits of Sounds », une série de portraits de musiciens du New York Philharmonic. Nous sommes loin ici de la pose plus ou moins figée, le musicieRuben Fluten faisant semblant de jouer de son instrument ou en détournant la nature (comme le faisait la brochure du Philharmonique de Berlin lors de la saison 2010-2011).

En effet, ici, Ruben propose un point de vue toujours inusité, n’hésitant pas, même si elle a plus de 80 ans, de se glisser sous une chaise de musicien pour obtenir l’angle désiré. La photographe manipule ensuite les images grâce à la magie de Photoshop pour transformer le point de vue du spectateur, afin de mieux lui faire saisir l’essence même du processus musical. Ainsi, une image d’un basson est décomposée en segments qui rappellent que le son produit l’est à partir d’un instrument en bois, une contrebasse prend encore plus d’espace que d’habitude, son reflet étant triplé. Quand ils ont découvert ses œuvres, plusieurs musiciens du NYPhil  se seraient exclamés: « C’est exactement comme Ruben Trombonecela que je me sens par rapport à mon instrument! »

Ernestine Ruben a découvert la photographie en 1978, alors qu’une amie l’avait invitée à assister à un cours. Ses œuvres font maintenant partie des collections permanentes de musées importants, à Paris ou Philadelphie notamment. Elle ne semble avoir aucune intention de ralentir la cadence et déborde de projets. Elle considère essentielle non seulement de représenter le monde qui l’entoure, mais de le pénétrer.

On peut consulter certains des éléments de l’exposition ici…

 

Un portrait de Kaija Saariaho

15 avril 2013

Enfant, semble-t-il, elle demandait à sa mère « d’éteindre l’oreiller », car elle ne comprenait pas que la musique qu’elle entendait provenait de sa tête et qu’elle seule pouvait la faire taire – peut-être pas, en fait. Maintenant âgé de 60 ans, la compositrice finlandaise, dont l’OSM créera une nouvelle œuvre à la fin de la saison 2013-14 lors de l’inauguration du Grand Orgue Pierre-Béique, est l’une des plus renommées compositrices sur la scène internationale. La Cité de la musique lui consacre dès cette semaine un Domaine privé et Nathalie Krafft, sur Drôles de gammes de Rue 89, lui cède la parole pour un portrait en huit points. La compositrice raconte par exemple:

« Un film, une rencontre, un texte… beaucoup de choses. C’est toute la vie qui inspire. Mais l’inspiration la plus importante, c’est celle qui vient alors qu’on travaille. En ce moment j’écris une pièce pour orgue et orchestre qui sera créé à Montréal. J’imagine beaucoup la musique, et alors je fais plein de bêtises ; il m’arrive de retrouver les crayons dans le frigo. »

On peut lire le tout ici…

 

Innovations et orchestres

11 avril 2013

Ça bouge dans le monde des orchestres qui n’hésitent plus à se servir de la technologie pour s’inscrire de plain-pied dans le 21e siècle. Par exemple, le Philharmonia Orchestra d’Esa-Pekka Salonen a mis sur pied une application pour tablettes, The Orchestra.  L’orchestre propose rien de moins que la découverte de trois siècles de musique de Haydn à Salonen. On y retrouve des interprétations captées par plusieurs caméras, mais on peut aussi lire la partition en surimpression ou se promener à travers les pupitres de l’orchestre. Le tout est ponctué de commentaires du chef et des musiciens.

Après avoir proposé l’automne dernier en première des sonneries orchestrales pour téléphones cellulaire, le Brussels Philharmonic a décidé d’abandonner les partitions papiers au profit de tablettes tactiles. De façon peut-être paradoxale, le choix technologique et écologique a offert à l’orchestre un rayonnement nettement supérieur à celui d’une tournée internationale. Une façon de transformer un buzz en avantage. Gunther Broucke, l’intendant du Brussels Philharmonic, résume : « Il faut bien jouer, donner de bons concerts, faire de bons enregistrements, mais ça ne suffit pas. Nous voulons être innovants. »

L’Orchestre symphonique de Montréal tentera d’ailleurs sa première expérience virtuelle mardi prochain (jour de la sortie de son dernier album Mahler, disponible dès maintenant en téléchargement), alors que le concert présenté à la Maison symphonique de Montréal sera retransmis sur direct sur le site medici.tv. Avec un public vieillissant, n’est-ce pas au fond prolongement logique de permettre à l’expérience de concert d’être vécue dans le confort de son chez-soi.

À deux pour le violon

8 avril 2013

Les premiers violons des deux principaux orchestres canadiens, également membres du nouveau Quatuor Orford, Jonathan Crow (premier violon actuel du Toronto Symphony Orchestra, et ancien premier violon de l’Orchestre symphonique de Montréal) et Andrew Wan (premier violon actuel de l’OSM) partagent de nouveau une même scène, ce soir, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Ce programme consacré à la musique pour deux violons des 20e et 21e siècles comprend des œuvres de Schnittke, Prokofiev, Bartok, Berio, Takemitsu, ainsi que deux créations de commandes passées à des compositeurs québécois: Michael Oesterle (Eulerian Dances) et Maxime McKinley (Sept proximités).

Plus de détails et billets ici…

Jean Cousineau n’est plus

5 avril 2013

Le violoniste, compositeur (on lui doit notamment la trame sonore du film Mon oncle Antoine) et pédagogue Jean Cousineau est décédé hier à l’âge de 75 ans. Il avait fondé en 1965  l’École des Petits Violons, établissement pour jeunes musiciens, élaborant sa propre méthode d’enseignement de l’instrument, inspirée de la méthode Suzuki. Dix ans plus tard, en 1974, il met sur pied Les Petits Violons, ensemble pour les plus avancés qui s’est produit au fil des ans dans différents festivals. Un ensemble de musiciens professionnels qui porte son nom est également en résidence à l’école depuis 2010.

M. Cousineau a transmis son amour de la musique à ses enfants, qui travaillent tous en musique: Marie-Claire, directrice artistique et enseignante à l’École Les Petits Violons, Yukari, violon solo de l’Orchestre Métropolitain et Nicolas,violoncelliste et professeur. Nos sympathies les accompagnent. Il a aussi notamment enseigné à Angèle Dubeau.

Je l’avais rencontré en 2001, dans les locaux des Petits Violons. « Dans l’humanité, il y a deux catégories de gens : les explorateurs et les organisateurs, y affirmait-il. Je suis simplement très doué pour chercher et trouver. » On peut lire l’entrevue ici…

Castelnuovo-Tedesco

2 avril 2013

Les guitaristes le connaissent mieux que les autres, ainsi que ceux qui s’intéressent de près à la musique de film. Né le 3 avril 1895, Mario Castenuovo-Tedesco est pourtant un compositeur des plus prolifiques. (On lui doit 210 numéros d’opus.) De tendance impressionniste et néo-romantique, sa musique puise son inspiration dans les traditions italiennes, juives et espagnoles.

Ses nombreuses pièces pour piano ou guitare sont souvent conçues comme des poèmes symphoniques en miniature, particulièrement évocateurs, et plusieurs sont d’ailleurs des réactions musicales à des lectures ou se marient avec la poésie ou la scène. On lui doit ainsi des mélodies, mais aussi de la musique à programme (ballet, théâtre, opéra, cinéma, marionnettes,…), sur des textes de William Shakespeare, Federico Garcia Lorca, John Keats, Walt Whitman, Juan Ramón Jiménez,.. Fuyant la politique antisémite italienne, il s’installa à Hollywood où il écrira la musique de plus de 200 films.

Ses liens avec l’Espagne sont aussi en partie dus à sa rencontre avec Andrés Segovia à Venise en 1932. Cette première rencontre lui inspira d’ailleurs son premier concerto pour guitare, qui devint l’un de ses instruments de prédilection : près d’une centaine de compositions, dont des concertos et ce Cappricio diabolico, que l’on peut entendre sur l’album de Rémi Boucher, ici…

Il est mort le 16 mars 1968, à Los Angeles.