Archive pour octobre, 2013

Deux orchestres en deux jours à Lac-Mégantic

31 octobre 2013

Les citoyens de Lac-Mégantic ont invité l’Orchestre symphonique de Montréal (dirigé par Kent Nagano) et l’Orchestre symphonique de Québec (dirigé pour l’occasion par le chef en résidence Andrei Feher) à se produire dans leur communauté. Grâce aux dons généreux du public et à la volonté naturelle de tous, les deux concerts sont offerts gratuitement.

Vendredi soir à 18 h, au Centre sportif, l’OSM présente la musique de Mozart, Vivaldi – Les quatre saisons, chaque saison interprétée par un violoniste différent de l’orchestre –, et Les tableaux d’une exposition de Moussorgski, orchestration de Ravel, oeuvre intégrée au programme présentée à la Maison symphonique ces jours-ci.

Samedi à 20 h, l’OSQ propose un concert tout Beethoven à l’Église Saint-Agnès; au programme l’ouverture Leonore III, les deux Romances pour violon (avec Catherine Dallaire, premier violon adjoint de l’OSQ) et la Cinquième Symphonie. « Nous avons d’abord été approchés par un comité de citoyens de Lac-Mégantic, déclare Thérèse Boutin, directrice générale de l’OSQ, et nous avons dit oui! »

La preuve que la musique peut changer le monde…

Textos, merlot, Nagano

28 octobre 2013

Pour les mélomanes qui fréquentent depuis des années les salles de concert, la donne est simple: on se rend au concert (on peut peut-être prévoir un souper plutôt hâtif avant), concert, retour à la maison (en métro ou en auto). Mais pour tous ceux qui ne vont pas au concert classique, l’horaire proposé ne tient pas nécessairement la route et c’est pourquoi les orchestres et sociétés de concert commencent à offrir de nouveaux concepts de soirées, comme cela a été le cas samedi soir par exemple avec l’OSM, alors que les chanceux qui ont pu mettre la main sur un billet ont eu droit à un cocktail dînatoire doublé d’un encan silencieux, une causerie pré-concert, un concert et une soirée de musique électro, alors que la célèbre Mistress Barbara officiait aux tables tournantes.

Stéphane Baillargeon explorait le concept dans l’édition de samedi du DevoirÀ lire ici…

Deux Félix pour Analekta

23 octobre 2013

C’était hier soir, salle Wilfrid-Pelletier, sous le crépitement des flashs et avec tapis rouge à l’entrée, que l’ADIQ a remis les prix des catégories musique classique, jazz, du monde, hip-hop, etc. dans le cadre de l’Autre Gala, animé pour une deuxième année consécutive par les Denis Drolet. Deux albums Analekta sont repartis avec deux des trois précieuses statuettes Félix en musique classique.

Dans la catégorie « album de l’année – classique orchestre et grand ensemble », ANGÈLE DUBEAU & La Pietà a été récompensée pour Musique de jeux vidéo, qui fait également partie des titres retenus cette année pour les Grammys.

Dans la catégorie « album de l’année – classique soliste et petit ensemble», le jury a salué le pianiste ALAIN LEFÈVRE pour Dompierre: 24 préludes, corpus ayant été créé au Festival de Lanaudière en 2012 devant une foule record, dont l’enregistrement continue de séduire critique et public.

Plusieurs autres albums Analekta étaient également dans la course dans l’une ou l’autre des trois catégories: Bach: Concertos brandebourgeois et Chostakovitch: Préludes de l’Ensemble Caprice, Couperin: Concerts royaux de Clavecin en concert et Luc Beauséjour, Mahler: Orchesterlieder avec l’OSM et Christian Gerhaher sous la direction de Kent Nagano, Rameau: Les amants trahis de Philip Sly et Hélène Guilmette, En rêves de Philip Sly et Michael McMahon et Ave Maria avec Daniel Taylor et Les Petits Chanteurs du Mont-Royal.

Bravo à tous!

 

Adagio: dernier projet de l’Ensemble Caprice

21 octobre 2013

L’Ensemble Caprice nous propose un nouvel album concept, Adagio, articulé autour de la pièce de Charles Ives A Consideration of a Serious Matter (mieux connue sous le titre The Unanswered Question. L’album regroupe 12 adagios parmi les populaires des derniers siècles, autant de  méditations sur les questions fondamentales de la vie et de la mort. On peut l’écouter et le télécharger ici…

Matthias Maute, directeur artistique de l’Ensemble Caprice, répond ici à deux de nos questions.

Adagio

1– Le répertoire regorge d’adagios célèbres. Comment en êtes-vous arrivé à cette sélection?

L’idée était de trouver des pièces avec un contenu qui nous rejoint profondément. À travers les époques, on trouve des compositions qui réfléchissent à l’incertitude qui flotte autour de notre existence, autrement dit la joie de vivre et la peur de la mort. Quand on pense au prélude opus 28 no 4 de Frédéric Chopin, qu’il souhaitait joué à ses funérailles, tout comme le Requiem de Mozart, on a une bonne idée de la profondeur existentielle que le compositeur cherchait à transmettre à travers de sa musique.

Le texte du fameux air Ich habe genug de J.S. Bach décrit quant à lui la paix spirituelle retrouvée au moment d’atteindre les portes de la mort, mais la mélancolie profonde qui règne dans la musique ajoute un fond de tristesse qui correspond à notre expérience humaine.

La musique du CD Adagio : A Consideration of a Serious Matter se situe donc exactement là où les vraies questions commencent…

2- Comment la musique continue-t-elle de répondre à nos questions existentielles?

La musique ne peut pas répondre aux questions existentielles, mais l’écrivain colombien Gabriel Marquez, grand amateur de musique classique européenne, exprime bien ce que la musique peut faire. Selon lui, elle peut donner l’illusion de savoir quelle direction la vie prendra et on pourrait dire que la musique peut, au moins temporairement, faire un pont entre « l’illusion » et « la certitude ».

On peut donc interpréter la souffrance exprimée dans le Miserere d’Allegri, comme une réaffirmation de la foi chrétienne, comme le chant grégorien employé pour certains des verses l’indique, mais le Miserere de J.D. Zelenka se veut un cri de désespoir, qui ne semble être retenu par aucune certitude religieuse.

Or, la musique de l’album se situe entre ces deux extrêmes : The Unanswered Question de Charles Ives illustre parfaitement l’équilibre délicat entre le destin et nos espoirs individuels. 

Analekta vs le 2.0 – La crise? Quelle crise?

17 octobre 2013

On trouve dans l’édition d’aujourd’hui du Voir une très intéressante entrevue avec François Mario Labbé, président fondateur de l’étiquette Analekta, qui explique comment l’étiquette a su prendre le fameux virage 2.0.

Il y est notamment question des téléchargements, aussi fréquents en musique classique qu’ailleurs, mais le plus souvent fait de façon légale, contrairement à tous ces sites de partage de fichiers plus ou moins louches. De fait, les revenus Web représentent maintenant 25 % du chiffre d’affaires d’Analekta. Le problème ici, c’est plutôt l’offre. « La baisse de clientèle n’est pas attribuable qu’à l’arrivée de nouveaux formats. Il y a plusieurs facteurs à ça, dont la saturation. Combien de fois peut-on posséder la Neuvième Symphonie de Beethoven? Un moment donné, t’en as assez! Ça prend des produits originaux. »

On peut lire l’article ici…

Dans le même numéro, Réjean Beaucage se penche également sur les façons adoptées par l’OSM pour démocratiser la musique classique, notamment en proposant un programme Beethoven, Widman et Zappa dans le cadre de son Concert éclaté, le 26 octobre prochain. (Tous les billets, vendus à un prix très abordable de 30 $, sont d’ailleurs vendus depuis un moment.) On peut en apprendre plus là…

Les femmes en musique en 2013

15 octobre 2013

La dernière brochure Où sont les femmes de la SACD française a fait couler beaucoup d’encre. En effet, les femmes continuent d’être fort mal représentées dans l’Hexagone dans les postes-clés, tant en musique qu’au théâtre (pour consulter le document). Un chiffre parmi d’autres? Lors de la saison 2013-2014, 17 femmes dirigeront un orchestre lors des 574 concerts prévus!

 Interrogé sur le sujet, le compositeur Bruno Mantovani, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris a mis de l’huile sur le feu en expliquant avec un manque de jugement assez évident que les  femmes n’auraient pas assez de force physique et psychologique, la maternité et les enfants seraient incompatibles avec la carrière (on peut l’entendre ici). Une séance de lynchage s’est ensuite amorcée sur les réseaux sociaux, bien évidemment aucunement productive.

Heureusement, la situation est beaucoup plus encourageante de notre côté de l’Atlantique. Plusieurs des ensembles importants sont en effet dirigés par des femmes, que l’on pense à Angèle Dubeau & La Pietà, Tafelmusik, et nombre d’ensembles de musique contemporaine, dont l’ECM+, le NEM, les quatuors Bozzini et Molinari, sans mentionner la nomination récente de Dina Gilbert (directrice artistique de l’ensemble ARKEA) en tant que chef assistant de l’OSM. Le combat n’est pas gagné pour l’égalité dans le domaine de la musique de concert, mais les progrès sont évidents.

Concentrons-nous pour une fois sur l’élément positif, en écoutant par exemple le Cecilia String Quartet, entièrement féminin, dans Janacek, Webern et Berg.

 

 

Célébrez le 200e anniversaire de naissance de Verdi

10 octobre 2013

Il y a exactement 200 ans aujourd’hui naissait Giuseppe Verdi et vous êtes invités à la fête! Prévoyez partir un peu plus tôt du bureau, pour rejoindre le chœur populaire qui se formera, dès 16 h 15, au métro Berri-UQAM. Sous la direction de Claude Webster, dynamique chef de choeur de l’Opéra de Montréal, vous apprendrez en 20 minutes le célèbre chœur des Hébreux, «Va pensiero», tiré de l’opéra Nabucco de Verdi. Vous pourrez ensuite le chanter devant ceux réunis. Tous les usagers de la STM sont les bienvenus!

Vous pouvez même vous réchauffer avec cette vidéo qui comprend les paroles de cette célèbre page.

D’autres événements seront organisés par l’Opéra de Montréal dans les prochains mois pour célébrer cet anniversaire.

31 octobre de 18 h à 20 h, au ARTVStudio –  Happening Verdi 

4 au 6 novembre  – Verdi Bouffe: participation de l’Opéra de Montréal à l’événement MTL à TABLE avec des chanteurs de l’Atelier lyrique. Info : www.mtlatable.com

9 novembre  – tapis rouge pour la première de FALSTAFF, mettant en vedette Marie-Nicole Lemieux.

1er décembre  – GALA VERDI http://www.operademontreal.com/fr/programmation/saison-2013-2014/le-gala-18e-edition

Patrice Chéreau s’est éteint

8 octobre 2013

Le metteur en scène français Patrice Chéreau est mort hier à Paris à l’âge de 68 ans, des suites d’une longue maladie. Au cours des 40 dernières années, il a été particulièrement actif, aussi bien au théâtre qu’au cinéma et à l’opéra. Les festivaliers ont d’ailleurs pu ovationner sa dernière mise en scène, Elektra de Richard Strauss, à Aix-en-Provence, en juillet.

Le milieu est sous le choc. Nicolas Joel, directeur de l’Opéra de Paris, son assistant sur sa célèbre Tétralogie à Bayreuth en 1976, montée avec Boulez pour le 100e anniversaire du Festival, s’est dit « bouleversé ». Le dramaturge et metteur en scène Olivier Py a souligné: « C’était un metteur en scène d’une grande culture, et d’une extrême délicatesse, traversé par une inquiétude, même après tout ce qu’il avait fait. J’ai adoré ses films, que j’ai vu adolescent, il faut dire que c’est aussi un très grand cinéaste, en plus d’un grand metteur en scène de théâtre et d’opéra».

A l’opéra, il a notamment collaboré avec Barenboïm (Wozzeck de Berg en 1992, Tristan et Isolde de Wagner en 2007), Daniel Harding (Cosi fan tutte de Mozart, 2005) et Boulez  (Lulu de Berg en 1979, De la maison des morts de Janacek en 2007).

Un extrait de la production mythique de la Tétralogie…

L’Express propose cinq raisons de regretter Patrice Chéreau ici…

Trois questions à Gino Quilico

4 octobre 2013

Son album Serata d’amore sort en magasin mardi, mais il est déjà disponible pour écoute et téléchargement ici. Un parfum presque suranné se dégage du tout, le populaire chanteur souhaitant offrir aux mélomanes un florilège de chansons italiennes qui ont marqué les imaginaires, de Chopin (Tristezza), à Tosti ; de Rossini (La danza) à Dalla (Caruso) ; de Mozart (Deh vieni a la finestra, un extrait de Don Giovanni) à Aznavour (Lei) ; depuis les éternelles O sole mio d’Eduardo di Capua, Santa Lucia de Teodoro Cottrau et Torna Sorriento d’Ernesto De Curtis.Gino Quilico

Il a gentiment accepté de répondre à nos questions.

1-     Cet album est né d’un spectacle aux influences multiples. Comment le répertoire italien s’est-il imposé?

Cet album est d’abord né de mes racines italiennes, puis du répertoire d’opéra que j’ai côtoyé tout au long de ma carrière et qui comprend évidemment beaucoup de répertoire italien. Les villes où j’ai vécu et chanté ont aussi orienté mes choix, c’est-à-dire  Rome, Milan, Venise et Naples. Et, finalement, je me suis laissé inspirer par la mémoire de mes parents : mon père, Luigi Quilico, qui a chanté plusieurs des chansons que j’ai enregistrées sur cet album ainsi que ma mère, Carolina Pizzolongo, qui l’accompagnait au piano. J’ai grandi dans cet univers de musique et j’ai vécu à Rome plusieurs années quand j’étais enfant.  Sur cet album je voulais partager ces moments de pur bonheur. 

2-     Chacune des chansons de l’album a sans doute une histoire bien particulière. L’une de celles-ci est-elle votre préférée? Si oui, pourquoi?

Il y a une histoire particulière attachée à une des chansons sur cet album, qui me touche énormément. A vucchella (Tendre Bouche) est une chanson napolitaine que nous avions l’habitude de chanter dans la voiture, en route pour Ostia avec papa, maman, ma sœur et ma grand-mère. À toutes les fins de semaine, nous partions de Rome à Ostia. Cette route, d’environ une heure, était le prétexte idéal pour que maman sorte l’accordéon qu’elle avait acheté et joue des musiques italiennes de tous genres. Papa conduisait la voiture et tout le monde chantait pendant le trajet. Lorsque je chante cette chanson en spectacle, mes musiciens et moi faisons semblant d’être en voiture et nous avons énormément de plaisir!

3-     Quelle couleur particulière avez-vous souhaité à cet album?

Si je n’avais qu’un seul qualificatif pour décrire la couleur que je voulais donner à cet enregistrement, je dirais le mot « chaleur ».Une couleur qui réchauffe l’âme.

À l’écoute de ce disque, j’aimerais tellement que l’auditeur ait des images de jours ensoleillés, de sentiments amoureux, de romantisme, de bonheur familial et, finalement, qu’il achève d’écouter l’album en se disant simplement que La vita è bella!

Journée internationale de la musique

1 octobre 2013

Elle a été créée en 1975 par Lord Yehudi Menuhin, pour que tous puissent réfléchir au rôle de la musique. Bien sûr, elle n’a rien perdu de sa  pertinence, la musique faisant encore et toujours partie de nos vies. Si vous preniez quelques minutes aujourd’hui pour vraiment écouter une pièce, en lui consacrant toute votre attention?

Vous êtes musicien professionnel? Pourquoi ne pas proposer à un ami de jouer pour lui ou d’appeler un parent âgé incapable de sortir de chez lui et lui jouer quelque chose? Vous obtiendrez assurément alors un statut de héros!

Vous êtes musicien amateur? Faites de la musique en compagnie d’autres musiciens. Inutile de chercher à déchiffrer une partition difficile! Allez-y avec une valeur sûre, une pièce que vous maîtrisez. De cette façon, vous pourrez privilégier une écoute active et sentir la magie de la musique opérer.

Vous êtes mélomane? Bien sûr, vous pouvez écouter votre album préféré, loin de toute distraction extérieure, dans une bulle de protection qui vous permettra de vous laisser complètement aller. Privilégiez un environnement calme (l’heure de pointe en voiture n’est sans doute pas idéale) ou sinon, écoutez le tout au casque. De quoi vous transporter dans un autre univers… Vous avez une soirée libre? Consultez les offres dans votre région et assistez à un concert. Peu importe les avancées de la technologie et l’excellence de votre système de son, rien ne peut remplacer l’expérience en salle.

Bonne journée internationale de la musique à tous!

En partage,  l’Allegro de la Sinfonia per archi R.V. 146 de Vivaldi, interprété par Angèle Dubeau & La Pietà.