Archive pour janvier, 2014

Joyeux anniversaire Schubert

30 janvier 2014

Né le 31 janvier 1797, Schubert aurait eu 217 ans demain. Il portera le lied à un sommet que peu de compositeurs après lui réussiront à atteindre avec une production de plus de 600, dont plusieurs cycles devenus essentiels, tels La belle meunière, Le chant du cygne ou Le voyage d’hiver, thématique des plus appropriée en ces journées froides.

Disparu trop tôt, à l’âge de 31 ans, il demeure un peintre particulièrement doué quand vient le temps de manipuler une palette sonore pour transmettre la splendeur d’un paysage, la féerie d’un univers, l’intensité d’un instant, la profondeur d’une émotion, Schubert ancrant une grande partie de sa recherche musicale autour de trois axes : la nature, l’amour et la mort.

Schubert a longtemps souffert de stéréotypes qui ont entaché la perception que l’on avait de ses œuvres. On conserve l’image d’un homme fragile, joyeux luron, qui, en un éclair, sur le coin d’une table de café, écrit valses, lieder, musique délicieusement frivole qui n’engage à rien. Comment rejeter du revers de la main la profondeur et l’indiscutable originalité de son corpus de création? Pourtant, ses contemporains l’ignorent, le considèrent comme un compositeur mineur. Seul Schumann semble avoir saisi l’ampleur de son génie et deviendra un défenseur passionné. « Aussi multiple que les rêves poétiques et les aspirations de l’homme, telle est la musique de Schubert, expressive et changeante. Ce que son œil voit, ce que sa main touche, se transforme en musique », écrivait-il en 1835. Ce sera d’ailleurs Brahms, protégé de Schumann, qui éditera pour la première fois, 40 ans après la mort de Schubert, ces joyaux que sont les Klavierstücke, écrits moins de 6 mois avant la mort du compositeur viennois.

Lauréats de la 17e édition du Gala des Prix Opus

27 janvier 2014

Animée par Mario Paquet, Marie-Christine Trottier et Sylvia L’Écuyer, la 17e édition du Gala des prix Opus s’est tenue hier en fin d’après-midi à la salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal, occasion unique pour le milieu musical de se retrouver et de saluer les accomplissements des pairs. Vingt-huit lauréats sont repartis avec la statuette convoitée et plus de 25 500 $ en bourses ont été remis aux lauréats. On a pu notamment entendre un ensemble de quatre cornistes et timbales, auquel s’est joint un duo contrebasse et guitare lors de la remise du Prix Hommage au jazzman Michel Donato, contrebassiste, accompagnateur, soliste, duettiste, leader, compositeur et professeur, actif dans le milieu depuis 1960. On a également pu entendre les Petits Chanteurs du Mont-Royal en clôture du gala.

Parmi les lauréats, mentionnons Jonathan Crow et Andrew Wan : Rencontres virtuoses (concert de l’année, musiques moderne et contemporaine),  21 courtes pièces sur des textes d’Étienne Lalonde d’André Hamel (création de l’année), Maxime McKinley (compositeur de l’année), Éric Champagne (découverte de l’année), Dead Man Walking de l’Opéra de Montréal (événement musical de l’année) et l’Orchestre symphonique de Montréal pour la deuxième édition de La Virée classique (diffuseur spécialisé de l’année)

Côté enregistrement, Mahler: Orchesterlieder de l’Orchestre symphonique de Montréal avec Christian Gerhaher, sous la direction de Kent Nagano,   a remporté le prix Opus dans la catégorie Disque de l’année – musiques romantique, postromantique, impressionniste.

On peut consulter la liste complète des prix ici…

  

Des musiciens de l’OSM dans un hommage à la musique d’ici

23 janvier 2014

Denis Gougeon, compositeur mis en lumière cette année dans la série Hommage, sera joué demain soir par des musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal, plus précisément sa Suite privée, commande de l’Ensemble Daedaleus d’Ottawa, créée en 1988. La pièce se veut « une suite de quatre conversations pour flûte(s) [en do, en sol et piccolo], violoncelle et piano sur des sujets qu’eux seuls connaissent, explique le compositeur. Disons tout de même que les sujets déclenchent des atmosphères qui vont de l’intériorité sereine à la discussion vive et animée. »

Les interprètes doivent ici privilégier une « mise en scène » favorisant le caractère intimiste de la musique, que ce soit en se plaçant ailleurs qu’au centre de la scène ou en optant pour un éclairage tamisé. Nul doute que la beauté des vitraux de la Salle Bourgie saura maximiser cette impression de proximité. Selon la pianiste Bertha Rosenohl, qui se joint aux musiciens de l’OSM, la musique de Gougeon est « très claire et transparente et, grâce à une maîtrise de la connaissance des instruments, recèle une grande beauté sonore. » En fait, Bertha Rosenohl croit que « le message dans la musique de Gougeon est direct et son langage, facile à comprendre. C’est très musical! »

Vous pouvez en apprendre plus sur le programme sur le blogue de la SMCQ ici…

Claudio Abbado nous a quittés

20 janvier 2014

Un autre géant du 20e siècle vient de s’éteindre il y a quelques heures, à 80 ans, à Bologne. Il avait déjà combattu un cancer à l’estomac en 2000, était revenu amoindri, mais comme un battant, avait poursuivi ses activités. Le cancer a fini par vaincre sa formidable résistance, quelques mois après sa dernière apparition publique, le 24 août 2013, au Festival de Lucerne. On l’a connu à la tête du Philharmonique de Berlin (Simon Rattle lui y a succédé en 2000), mais aussi de la Scala de Milan (1971 à 1988), au London Symphony (1979 à 1988) et à l’Opéra de Vienne (1986 à 1991). Il a enregistré nombre de disques mythiques, que ce soit à la tête des grandes phalanges ou des orchestres qu’il a accompagnés dans leur développement, tels le Mahler Chamber Orchestra ou le Mozart Orchestra.

Né le 23 juin 1933 dans une famille de musiciens, il se consacra très tôt à la musique puis à l’enseignement (notamment de la musique de chambre). S’il n’a pas poursuivi dans cette veine directement, il restera toujours un pédagogue dans l’âme, conscient de la nécessité de former les jeunes musiciens (il créera en 1978 l’Orchestre des jeunes de la Communauté européenne) et de soutenir les étoiles montantes, dont ses protégés Daniel Harding, Gustavo Dudamel et Diego Matheuz.

Il déclinera la plupart des entrevues tout au long de sa carrière, ne signera pas d’autobiographie. On lui doit tout au plus le charmant Je serai chef d’orchestre, publié par l’École des loisirs en 2007, touchant témoignage sur son métier.

 On peut lire  un article plus détaillé de Renaud Machart du Monde ici…

Abbado dans une récente apparition avec l’Orchestre du Festival de Lucerne dans la Troisième de Mahler.

 

Prix d’improvisation lancé par le CMIM

16 janvier 2014

L’improvisation faisait partie de l’arsenal de tous les musiciens jadis, que ce soit à l’époque baroque, classique ou romantique. Bach improvisait sans aucun doute lors des offices religieux aussi bien que chez lui (certaines anecdotes nous confirment qu’il faisait travailler cette discipline à ses fils), Mozart ne notait que très rarement les cadences de ses concertos, préférant recréer chaque soir une nouvelle atmosphère, alors que Liszt et ses contemporains paraphrasaient constamment les grands airs d’opéra à la mode. Si les organistes continuent d’intégrer cette pratique à leur art, bien peu de pianistes y consacrent aujourd’hui du temps.

Un tout nouveau prix d’improvisation au piano (le premier du genre sur le circuit des grands concours internationaux), le Prix Richard-Lupien, pourrait remédier à la situation. Il sera présenté lors de la prochaine édition du CMIM, le mardi 20 mai prochain, et le public est invité à y assister gratuitement.L’événement se reproduira tous les trois ans, parallèlement aux éditions du CMIM consacrées au piano. Le lauréat se verra décerner une bourse de 5 000 $. La création de ce prix est rendue possible grâce à la généreuse contribution de M. Richard Lupien, qui souhaite « récompenser un pianiste qui fera regagner ses lettres de noblesse à l’improvisation en musique classique ». 

Le jury sera composé de la pianiste et improvisatrice Gabriela Montero, du pianiste, chef d’orchestre, arrangeur et compositeur Bruno Fontaine et du compositeur, chef d’orchestre, orchestrateur, communicateur et producteur François Dompierre (Canada), également président du jury. Pour lui, l’improvisation est sœur jumelle de la musique, et toutes deux sont nées il y a très longtemps: « Dans la nuit des temps, pour meubler sa solitude, l’être primitif improvise un rythme sur son tambour, tendu de peaux de bête. Dieu serait-il improvisateur? »

Le prix s’adresse aux pianistes de formation classique de tous les pays, âgés de 35 ans ou moins au 1er  janvier 2014. La première sélection sera effectuée à partir d’une vidéo jointe au dossier complet qui devra être envoyé au plus tard le 24 février 2014. Un maximum de 10 participants seront retenus pour concourir et le transport ainsi que l’hébergement leur seront offerts. Les règles et conditions de participation, le formulaire d’inscription ainsi que tous les détails sont disponibles en ligne à l’adresse www.concoursmontreal.ca

L’effet Mozart: qu’en est-il vraiment?

13 janvier 2014

En 1993, une étude depuis maintes fois contestées avait affirmé que dix minutes d’écoute de la Sonate de Mozart pour deux pianos (K. 448) avaient permis à un groupe-témoin d’obtenir de  meilleurs résultats au niveau du QI spatial (de 8 et 9 points plus élevés après avoir écouté la musique). L’amélioration ne s’étendait pas au-delà de 10-15 minutes pourtant. Plusieurs ont tenté de débouter l’effet, d’autres ont profité de l’intérêt suscité par l’étude auprès de la population générale pour promouvoir une déclinaison de CD visant à stimuler l’auditeur, qu’il soit adulte ou bébé. (Les arrangements de Mozart présentés dans ces enregistrements étaient certes suffisamment horripilants pour qu’un parent musicien refuse de le mettre dans le lecteur plus d’une fois.) On pensait le concept plus ou moins dépassé, mais il faut réaliser que nous avons sans doute échappé quelques vérités sur le dit effet, notamment son effet avéré dans le traitement de l’épilepsie. Dans 23 des 29 patients atteints de décharges focales ayant écouté la fameuse sonate de Mozart, l’électroencéphalogramme avait démontré une diminution significative de l’activité épileptiforme.

On peut la traduction d’un article paru dans le Journal of the Royal Society of Medicine ici…

On peut écouter le Concerto pour flûte et harpe de Mozart, qui fait partie du dernier album mettant en vedette Valérie Milot et les Violons du Roy là…

 

 

 

Les anniversaires de 2014

9 janvier 2014

Si les amateurs de Wagner et Verdi ont été ravis tout au long de 2013, année de leur bicentenaire de naissance, 2014 s’annonce fertile.

On y célébrera notamment le tricentenaire de naissance de Carl Philipp Emanuel Bach et de Christoph Gluck, le 450e de naissance de Hans Leo Hassler, 250e anniversaire de la mort de Jean-Philippe Rameau, le 200e anniversaire de l’inventeur du saxophone Adolphe Sax, le 150e anniversaire de naissance de Richard Strauss et Guy Ropartz.

On soulignera aussi sans doute le 100e anniversaire de la création d’A London Symphony de John Vaughan Williams, le 200e anniversaire de l’invention du métronome par Mälzel et le 200e anniversaire de la création de la Symphonie no 8 de Beethoven.

 

Walter Boudreau a reçu l’Ordre du Canada

7 janvier 2014

Boudreau

Le 30 décembre, le Gouverneur général du Canada a annoncé 90 nouvelles nominations au sein de l’Ordre du Canada. Ce dernier, l’une des plus prestigieuses distinctions honorifiques civiles de notre pays, a été créé en 1967, durant l’année du centenaire du Canada, pour reconnaître des réalisations exceptionnelles, le dévouement remarquable d’une personne envers la communauté ou une contribution extraordinaire à la nation. Au cours des 45 dernières années, plus de 6 000 personnes de tous les milieux ont été investies de l’Ordre.

Parmi les lauréats récents (qui recevront leur médaille lors d’une cérémonie ultérieure), il faut mentionner Walter Boudreau, directeur de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) depuis maintenant 25 ans. Qui dit SMCQ pense maintenant automatiquement Walter Boudreau, tant le chef et compositeur a épousé corps et âme la cause de cette incontournable société musicale d’Amérique du Nord. Son leitmotiv? Partager la passion de la musique contemporaine avec le plus grand nombre et faire reconnaître les compositeurs québécois!

Félicitations!
 

Le Czardas de Monti

4 janvier 2014

Gui d’Ussel tiré de l’album Trobairitz

1 janvier 2014

Une très belle année 2014 à vous!