Archive pour février, 2014

Lancement de l’album Blanc

27 février 2014
Angèle Dubeau et Mitsou lors du lancement de Blanc (Photo: Laurence Labat) 

C’est mardi soir, à la Galerie Gora, qu’était lancé Blanc, 38e album en carrière de la violoniste Angèle Dubeau, soutenue dans ce projet par les musiciennes de La Pietà. Ayant dû se retirer de la scène musicale le temps de combattre un cancer du sein, la violoniste a souhaité transmettre en musique certaines des émotions ressenties durant ce combat, mais aussi accompagner d’autres femmes faisant face à la maladie.

« Quand il a été rendu public que j’avais un cancer, j’ai reçu beaucoup de messages de toutes sortes, a confié Angèle Dubeau aux journalistes. Il y avait beaucoup de femmes qui me disaient que ma musique les avait aidés à passer au travers, à lutter contre un cancer, et elles m’en remerciaient. » 

L’idée de Blanc, couleur de la santé pour la violoniste, a d
onc germé, le choix des pièces se faisant au fur et à mesure, toutes devant transmettre lumière et espoir.

« BLANC comme la pureté, la sérénité. BLANC pour des musiques de lumière qui, par leur grandeur et leur force d’évocation, peuvent amener la paix intérieure. Des émotions à fleur de
peau qui reflètent bien cette étrange solitude qu’amène la maladie.

Après des mois de lutte contre un cancer, la musique a su m’aider à tenir le cap, la musique m’a apporté réconfort, quiétude et souvent l’évasion nécessaire. Ces musiques, ce sont celles de Brubeck, Dompierre, Golijov, Hisaishi, Morricone, Mozetich, Munsey, O’Connor, Phillips, Sakamoto, Schyman et Stevens. Des moments musicaux sans artifice, vrais et porteurs d’espoir. »

Mitsou, François Mario Labbé et Angèle Dubeau (Photo: Laurence Labat)

L’album comprend 14 pièces et se clôt sur la magnifique Woman de Shawn Phillips (dans un habillage de Mégo).

L’animatrice Mitsou était présente au lancement de l’album à titre de porte-parole de la Fondation du cancer du sein du Québec.

« Je connais Angèle depuis plusieurs années, explique-t-elle sur son site Internet. J’ai toujours admiré son talent. Pour moi, Angèle Dubeau est une grande dame de la musique au Québec. Avec son violon et son orchestre, elle nous touche, nous fait vivre de grands moments! Il y a un an, j’ai appris qu’Angèle était atteinte d’un cancer du sein.

Angèle Dubeau & La Pietà lors du lancement (Photo: Laurence Labat)

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Comme ce fut le cas pour bien des gens, cette nouvelle m’a vraiment bouleversée. Et elle m’a émue, encore. Parce qu’elle m’a rappelé, une fois de plus, que le cancer du sein est beaucoup trop présent dans nos vies, notre entourage. Il vient cogner à la porte de gens qu’on aime, qu’on admire, qui nous touchent. Sournoisement.

Des femmes qui se battent ou se sont battues, comme Angèle, contre la maladie, j’en rencontre beaucoup dans une année. C’est d’ailleurs un des grands privilèges qui va avec le rôle qu’on m’a confié à la Fondation. Pour chaque histoire plus difficile, plus triste qu’on me rapporte, il y en a des centaines d’autres qui m’inspirent! De voir Angèle, en pleine forme aujourd’hui, c’est une de celles-là! »

Pour chaque CD vendu, 2 $ seront versés à la fondation.

On peut écouter et télécharger à prix doux le tout ici…

Prêt pour un marathon Bach?

24 février 2014

Certains planifient déjà de ne pas dormir samedi prochain, histoire de profiter au maximum de la Nuit Blanche. Vous pourriez aussi décider de consacrer votre journée à un seul compositeur et non le moindre: Bach! En effet, l’Ensemble Caprice propose rien de moins qu’un marathon Bach, qui permettra d’entendre l’intégrale de la musique de chambre du Cantor de Leipzig. Quatre concerts, 16 sonates et 8 musiciens (chaque pièce est écrite pour 2 ou 2 interprètes) seront alors mis en lumière: les violonistes Olivier Brault et Jörg Michael Schwartz, les flûtistes Sophie Larivière et Matthias Maute, les clavecinistes  Jean-Willy Kunz (notamment organiste en résidence de l’OSM), Mélisande McNabney et Dongsok Shin, ainsi que la gambiste Susie Napper.

Chaque concert sera précédé d’une conférence sous forme de dialogue entre Matthias Maute et un invité.

Tous les détails ici…

 

Mozart intime

20 février 2014

Mozart Karin Nagano

Quand on pense à un concerto, on imagine tout de suite un énorme orchestre qui combat  le soliste – ou s’unit à lui par moments -, mais on n’imagine pas cette texture orchestrale comme pouvant être chaleureuse, intime. Pourtant, Mozart acceptait volontiers que l’on reprenne certains de ses concertos en version de chambre, le pianiste dialoguant alors

non pas avec 40 ou 60 musiciens, mais bien avec 4, en formation de quatuor à cordes. Les œuvres prennent alors une autre densité entièrement et on entend des choses qui nous échappent habituellement, comme la délicatesse avec laquelle Mozart superpose ses lignes mélodiques. En faisant aussi appel à la virtuosité de l’interprète, ces concertos mettent en lumière ce que Mozart recherche avant tout dans sa création : un « juste milieu » entre le « trop difficile » et le « trop facile » précise-t-il. Puis il ajoute : « Çà et là, seuls les connaisseurs en tireront satisfaction – mais de telle manière que les non-connaisseurs seront contents sans savoir pourquoi. »  

On peut redécouvrir les Concertos nos 13 et 14 joués de cette façon, par la jeune pianiste Karin Kei Nagano, 15 ans, fille de maestro Kent Nagano et de la pianiste Mari Kodama, et le Cecilia String Quartet.

Lauréate de plusieurs distinctions, Karin Kei Nagano affiche déjà un parcours exceptionnel : premier prix et prix spécial du jury du Concours international Scriabine (2007); premier prix et prix de la meilleure interprétation du Concours international de Berlin (2007) et premier prix du Concours international Anton Rubinstein (2009-2010).  

Pour écouter cette étonnante relecture, c’est ici…

 

Steve Reich remporte le prix 2013 de la Fondation BBVA

17 février 2014

La Fondation BBVA (pour Banco Bilbao Vizcaya Argentaria, deuxième groupe bancaire d’Espagne et d’Amérique latine) a annoncé il y a quelques jours les récipiendaires de ses prix « Frontières du savoir », initiés en 2008, qui  récompense chercheurs, scientifique et un compositeur de musique contemporaine. C’est cette fois Steve Reich qui se mérite la bourse de 400,000 € (environ 570,000 $). Parmi les lauréats précédents, on retrouve Pierre Boulez, Salvatore Sciarrino, Helmut Lachenmann et Cristóbal Halffter.

Le jury a apprécié l’utilisation  d’éléments sonores réalistes issus de la vie quotidienne, ainsi que les ponts créés par le compositeur entre différentes cultures (européennes et « extra-européennes »). Il a aussi noté la capacité du compositeur minimaliste à « renouveler le langage musical » et à aborder les problèmes de son temps (conflit israélo-palestinien, attentats du 11 septembre 2001…). Steve Reich vient de terminer la composition d’une oeuvre pour deux pianos et deux vibraphones et verra l’une de ses pièces créées par le Royal Ballet de Londres en 2016.

 La remise de la récompense aura lieu en juin prochain. 
 

Patineur, compositeur et interprète

13 février 2014

Les Canadiens Meagan Duhamel et Eric Radford sont arrivés cinquième hier lors du programme court en couple, résultat qui mérite bien sûr d’être souligné. Ce qui nous intéresse particulièrement ici est qu’ils patinaient sur une pièce composée par Radford lui-même en 2006, après le décès de son entraîneur Paul Wirtz des suites d’un cancer. C’est en effet devant son piano (Radford a commencé ses études au Conservatoire royal de musique de Toronto à 8 ans, la même année où il chaussait pour la première fois ses patins), qu’il s’est consolé, créant Tribute (Hommage), qu’il a enregistré l’été dernier à Montréal avec un ensemble de 16 instruments à cordes, dans une orchestration du compositeur Louis Babin. Les partenaires avaient aussi contribué à la médaille d’argent que le Canada a reçu pour le concours par équipes.

« Ç’a été encore plus magique que je l’espérais, a dit Radford après leur performance. Je reçois tellement de bons commentaires et nous avons pu vivre ce moment deux fois, ce qui n’est pas habituel… d’entendre ma musique deux fois aux Olympiques. Les deux fois, j’ai vécu un moment que je n’oublierai jamais. »

 Pour en apprendre plus sur le processus de création, on peut lire l’article de Caroline Rodgers paru hier dans La Presse.

La Moldau

10 février 2014

La marmotte nous a appris la semaine dernière que nous en avions encore pour au moins six semaines d’hiver. Une bonne raison de s’évader et de, pourquoi pas, suivre le cours de la Vltava, du plus longue rivière de la République tchèque, affluent de l’Elbe, mieux connue sous son nom allemand La Moldau, certainement la page la plus célèbre de Bedrich Smetana?

S’il a subi l’influence de Liszt, Wagner, Schumann et Berlioz, peu de compositeurs auront personnifié l’esprit national d’un pays autant que Smetana. Père de l’école tchèque, il écrira entre 1874 et 1879 Má Vlast (Ma patrie), un cycle de six poèmes symphoniques, créé le 5 novembre 1882 à Prague sous la direction d’Adolf Cech, évoquant l’histoire ou les paysages de la Bohème. La partition évoque d’abord les deux sources de la Vltava, avant que le populaire thème principal n’apparaisse. Des tableaux évoqueront ensuite les bois, la rivière y croisant une partie de chasse (représentée par les cors), avant que la nuit ne tombe et que des nymphes ne dansent dans les vagues. L’agitation de l’orchestre reflète celle des flots qui finiront par rejoindre Prague et son célèbre château de Vyšehrad.

La harpiste Valérie Milot l’interprète ici (extrait de son album Aquarelles).

Chocolats symphoniques

6 février 2014

La Saint-Valentin est à nos portes et vous ne savez pas quoi offrir à votre Roméo ou votre Dulcinée? Les fleurs, c’est bien. Une sérénade sous le balcon, c’est encore mieux, mais il faut bien admettre que, quand on habite un pays de neige, cela peut refroidir bien des soupirants. Pourquoi ne pas opter pour un coffret de chocolats fins, à déguster en musique? 

Vous pouvez bien sûr opter pour une combinaison de votre choix et une trame sonore que vous aimez, l’album Saint-Valentin par exemple, offert en téléchargement ici.

Vous pourriez aussi opter pour l’étonnant duo offert par les chocolats Geneviève Grandbois, qui vous permet d’écouter quatre courtes pièces du compositeur Maxime Goulet tout en savourant le chocolat qui l’a inspiré. Une idée étonnante certes, mais qui met l’eau à la bouche. L’oeuvre était une commande du National Academy Orchestra of Canada, dans le cadre d’une résidence de composition, pour le 25e anniversaire du Brott Music Festival.

On peut en apprendre plus et entendre quelques extraits des pièces ici…

 

Lorraine Desmarais au Conservatoire

3 février 2014

Lorraine Desmarais échangera devant public avec les élèves de l’institution le jeudi 6 février prochain à 17  h, à la salle de concert du Conservatoire de musique de Montréal (métro Mont-Royal). Les étudiants pourront assister à l’événement gratuitement (sur présentation de leur carte), mais des billets, au coût de 11,50 $, sont également disponibles pour les professeurs ou mélomanes qui souhaiteraient découvrir autrement la pianiste et compositrice, lauréate du prix Oscar Peterson, autrement.

Véritable bombe d’énergie sur scène, Lorraine Desmarais est devenue une figure emblématique du jazz, en se taillant une place de choix sur la scène internationale, notamment en tant que collaboratrice de Chick Corea, Oliver Jones et Tiger Okoshi .

On peut l’entendre avec ce dernier, sur l’album Live au Club Soda, ici…