Archive pour septembre, 2014

Célébrez la journée internationale de la musique demain!

30 septembre 2014

Chaque 1er octobre, l’UNESCO souligne le rôle important de la musique en démocratie en célébrant la Journée internationale de la musique. Si elle est franchement moins célébrée que la Journée de la musique dans le monde, cette journée demeure un des legs importants du violoniste Yehudi Menuhin, un des géants du 20e siècle, ami proche de Wilhelm Furtwängler, décédé en 1999.  Il a inauguré la Journée international de la musique en 1975, alors qu’il était président du Conseil international de la musique, pour inciter mélomanes et musiciens à réfléchir au rôle de la musique dans le monde démocratique et à prôner les valeurs de l’UNESCO.

Vous pourriez choisir de célébrer cette journée en écoutant Le refuge du cœur, le dernier album de Daniel Taylor avec le Theater of Early Music et le Schola Cantorum qui, quelques semaines seulement après son lancement le 9 septembre dernier n’a pas tardé à se hisser au sommet du palmarès des ventes Soundscan au Canada, dans la catégorie musique classique, fait particulièrement rare pour un disque de répertoire sacré.

On peut l’écouter et le télécharger ici…

Mozart et rap

26 septembre 2014

Mozart aurait peut-être trouvé l’échantillonnage de son célèbre Rondo alla turca à des fins disons pédagogiques tout à fait surprenant, mais aurait sans doute endossé entièrement la technique. Le rappeur et producteur américain Mac Lethal a tout de même dû être légèrement surpris de recevoir cette lettre d’une professeure de musique:  « Cher Monsieur Mac Lethal, mon nom est Madame Francine. Je suis âgée de 53 ans, j’enseigne la musique et j’adore vos vidéos sur Youtube. Le problème, c’est que je ne peux pas les faire écouter à mes élèves car elles contiennent beaucoup de gros mots. Pourriez-vous réaliser une courte vidéo qui pourrait positivement inspirer mes élèves ? Sans gros mots ? Ps : appréciez-vous Mozart ? »

La réponse ne s’est pas fait attendre. La voici…

Ce rappeur pose sa voix sur du Mozart. Et il en profite pour passer un message aux jeunes qui le regardent par Ohmymag

Dans un autre registre, on voudra aussi peut-être réentendre l’utilisation qu’avait fait Boris Vian de la même pièce musicale, Mozart avec nous.

Le Deuxième Concerto pour piano de Brahms

23 septembre 2014

Brahms n’a que 14 ans lorsque son professeur, Eduard Marxsen, lui apprend la mort du compositeur Felix Mendelssohn (1809–1847) et affirme devant témoins que son jeune élève le remplacera. Trois ans plus tard, il rencontre le violoniste virtuose Eduard Remenyi, avec lequel il entreprendra des tournées de concert. Ce dernier lui transmet son amour des mélodies tziganes, que Brahms utilisera régulièrement dans ses compositions. C’est également grâce à Remenyi qu’il rencontrera le célèbre violoniste Joseph Joachim, maître de chapelle de la cour de Hanovre, qui deviendra son ami. Joachim lui écrira des lettres d’introduction pour les compositeurs Robert Schumann et Franz Liszt (qui interprète une de ses œuvres qu’il loue abondamment).

Cette rencontre avec Schumann en 1853 restera marquante pour Brahms. Robert et sa femme Clara sont enthousiasmés par le talent du jeune compositeur dès la première écoute et l’adoptent instantanément. Schumann le recommande à ses éditeurs Breitkopf & Härtel et n’hésite pas, dans un article chaleureux, à parler d’un « nouveau messie de l’art ».

Il ne dédiera que deux concertos au piano, pourtant son instrument de prédilection. Après un voyage en Italie au printemps 1878, Brahms commence son Deuxième Concerto pour piano dans sa résidence estivale de Pörtschach dans les Alpes autrichiennes. Les esquisses ne seront complétées que trois ans plus tard, le 7 juillet 1881, une fois encore après un voyage en Italie. Ce jour-là, il écrit à son amie Elisabet von Herzogenberg : « J’ai écrit un tout petit concerto pour piano avec un petit, tout petit soupçon de scherzo », paroles d’une modestie étonnante, puisque ce concerto est l’un des plus gigantesques, tant par sa complexité, son sérieux que son souffle épique. Il est techniquement redoutable mais, même lorsque le pianiste en a conquis les difficultés, il doit insuffler à la musique une profondeur intellectuelle et une maturité musicale. La contribution orchestrale est tout aussi importante que celle du pianiste et le soliste doit accepter son rôle de « premier parmi les égaux ». 

Autant l’utilisation de quatre mouvements que l’ajout du scherzo (deuxième mouvement) sont des raretés dans le répertoire concerto pré-20e siècle. Un autre élément inusité de ce concerto est l’exceptionnellement long mais absolument ravissant solo pour violoncelle au cœur de l’Andante. L’un des moments les plus magiques de tout le répertoire orchestral de Brahms survient lors du long duo de clarinettes précédant la réexposition. L’auteur britannique Sir Donald Francis Tovey décrit cet instant avec poésie comme « quelques notes placées ici et là, comme les premières étoiles pénétrant le ciel au crépuscule. »

On peut entendre Anton Kuerti interprété l’oeuvre ici…

 

Prenez le busOpéra et écoutez Verdi

18 septembre 2014

L’Opéra de Montréal, en collaboration avec la STM, fait preuve une fois encore d’originalité dans sa volonté de démocratiser l’art lyrique. Cette fois, il invite les amateurs d’opéra à prendre place dans le busOpéra! En effet, si vous passez par le métro Mont-Royal samedi en fin d’après-midi (dès 16 h 30) et êtes l’un des 44 à monter dans le busOpéra, vous pourriez assister à la première de Nabucco de Verdi gratuitement! 

Durant le trajet vers la Place-des-Arts, vous pourrez écouter le musicologue Pierre Vachon présenter l’œuvre aux invités et échanger avec d’autres amateurs d’art lyrique (ou d’autres curieux). Une fois arrivés à la Salle Wilfrid-Pelletier, on vous servira cocktails non-alcoolisés et bouchées, avec en fond sonore les grands airs des opéras de la 35e saison. Vous pourrez ensuite visiter des coulisses et vous glisser en salle, au milieu des milliers d’autres qui auront envie de découvrir cette nouvelle production du très aimé opéra de Verdi.

Hormis samedi soir, l’opéra sera également présenté les 23, 25 et 27 septembre à 19 h 30, Salle Wilfrid-Pelletier.

 

 

Shoka: Chants japonais pour enfants

16 septembre 2014

L’OSM et Kent Nagano lancent aujourd’hui un projet discographique particulièrement original, consacrés aux chants japonais.

L’Empire du soleil levant a de tout temps exercé un puissant attrait, que ce soit à travers la majesté du Mont Fuji, la sublime poésie des haïkus, la subtilité de l’ikebana, la grâce surannée des estampes, l’enchantement du no ou l’énergie brute des taiko. Mais rien peut-être ne touche l’âme de façon plus directe que les airs traditionnels japonais, transmis de mère en fille. Troublé à la pensée que l’inaccessibilité relative de certains textes pourrait entraver la diffusion de ces bijoux, Kent Nagano a souhaité leur offrir un écrin unique, comme l’a fait Joseph Canteloube avec ses harmonisations des Chants d’Auveergne.

Chants japonaisIl a alors contacté le compositeur Jean-Pascal Beintus, avec lequel il avait notamment collaboré sur Wolf Tracks, pour qu’il arrange ces pièces pour violon solo et orchestre. Les deux complices ont cependant vite compris qu’il était nettement préférable de conserver la forme et le style des chansons, intégrant ici ou là une touche plutôt américaine ou européenne –qui démontre l’ouverture du Japon à d’autres cultures – et conservant à d’autres moments une facture résolument traditionnelle.

Certaines pages évoquent les destins tragiques de femmes et d’enfants troqués contre des fonds, lors de l’ouverture des frontières du pays au milieu du 19e siècle, à l’initiative du commodore américain Matthew Perry. Tentant d’occulter leur douleur, les mères la transcendent en musique, berçant leurs filles de mélodies évoquant de tristes pans de leur histoire. D’autres, empreintes de la fantaisie propre à l’imaginaire enfantin, racontent le quotidien du point de vue des fillettes. On y retrouve ainsi le récit d’une cadette qui demande à son aînée pourquoi elle pleure le jour de son mariage, qui lui répond que c’est parce qu’elle doit épouser un étranger, occidental, qu’elle n’aime pas. Ailleurs, des élèves s’inquiètent de savoir ce qui est arrivé à la gamine aux souliers rouges, disparue du jour au lendemain. Leur professeur leur explique qu’elle a été amenée à l’extérieur du pays. Une poésie raconte aussi comment une poupée asiatique en console une aux cheveux blonds qui sanglote, se sentant différente. En employant des métaphores et des mots d’enfant, les chansons deviennent contes de fées, inoffensifs à première vue, terrifiants en leur essence, porteurs d’une catharsis nécessaire.

Pour écouter et télécharger l’album…

ADISQ: Huit nominations dans quatre catégories

11 septembre 2014

L’étiquette Analekta a reçu 8 nominations au gala de l’ADISQ 2014, qui saluent l’excellence des enregistrements de la maison et la place unique qu’elle détient sur le marché canadien de la musique classique depuis plus de 25 ans.

Dans la catégorie « Album classique de l’année – orchestre et grand ensemble », 3 enregistrements Analekta sont en nomination :

  • Blanc par Angèle Dubeau & La Pietà, programme touchant empli de sérénité et à la performance de haut calibre;
  • Handel-Boieldieu-Mozart : Concertos pour harpe par Valérie Milot avec Les Violons du Roy sous la direction de Bernard Labadie;
  • L’Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Kent Nagano pour Beethoven : Symphonies nos 1 & 7.

Dans la catégorie « Album de l’année – Classique/Vocal », on retrouve :

  • La mezzo-soprano Julie Boulianne en compagnie de Luc Beauséjour et son ensemble Clavecin en concert pour leur interprétation de Handel & Porpora;
  • Adagio enregistré par l’Ensemble Caprice sous la direction de Matthias Maute;
  • Gino Quilico pour Serata D’Amore.

L’album Der Prinz de MG3 Montreal Guitare Trio est également nominé dans la catégorie « Album de l’année – Instrumental »  et Opéras Russes de Joseph Rouleau dans la catégorie « Anthologie de l’année ».

L’ADISQ (Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo) annoncera le nom des gagnants lors d’un gala qui se tiendra à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts à Montréal le 22 octobre à 20h (diffusion à MusiquePlus, Musimax et sur Internet dès 20h).

Mozart: toute une vie

9 septembre 2014

Même ceux qui n’ont jamais entendu parler de musique classique connaissent le nom de Mozart? Pourquoi? C’est peut-être parce qu’il a touché à tous les genres de musique : 41 symphonies, 18 opéras, plus de 30 concertos, il a aussi écrit des œuvres de musique sacrées (dont le célèbre Requiem), de la musique de chambre et 19 sonates pour piano. Au total : plus de 600 œuvres différentes, écrites sur une très courte période, Mozart étant malheureusement mort à l’âge de 35 ans.

Sa musique possède aussi un caractère universel, qui plait autant aux Nord-Américains qu’aux Européens, aux Asiatiques ou même aux tribus africaines, comme ont pu le constater certains chercheurs il y a quelques années. Et puis, il faut bien admettre que son enfance d’enfant prodige continue à faire rêver petits et grands.

Voici quelques dates marquantes.

27 janvier 1756 : naissance à Salzbourg. Wolfgang est le fils d’un musicien, Leopold Mozart, et d’Anna Maria Pertl. Seuls deux de leurs sept enfants parviendront à l’âge adulte : Wolfgang et sa sœur Marie-Anna, surnommée Nannerl.

1762-1766 : Les deux enfants Mozart sont très doués au violon et au clavecin et rapidement, ils commencent à jouer dans les grandes villes européennes. On pourra les entendre à Vienne, Munich, Paris, Londres, Bruxelles, Genève, Amsterdam et plusieurs villes plus petites. Tout le monde s’extasie devant les dons de Wolfgang, qui possède l’oreille absolue, c’est-à-dire qu’il peut identifier immédiatement les notes jouées –, une mémoire prodigieuse qui lui permet de reproduire n’importe quelle pièce entendue sur le champ. De plus, il a déjà écrit de petites pièces et peut également improviser sur n’importe quel thème donné.

1767 : Mozart écrit son premier opéra à l’âge de 11 ans, Apollo et Hyancinthus. L’année suivante, il écrit en trois mois un opéra bouffe, La finta semplice et un opéra pour théâtre de marionnettes, Bastien et Bastienne.

1773-1777 : Mozart n’est plus un enfant et doit se trouver un travail. Il entre au service de l’archevêque Colloredo, pour qui il écrira beaucoup de musique sacrée et quelques concertos. Rapidement, la rigidité de son employeur lui pèse et il quitte son service en 1777.

1778 : Mozart s’éprend de la chanteuse Aloysia Weber mais celle-ci le repousse. Il épousera plutôt Constance, sa sœur, le 4 août 1782.

Début années 1780 : le compositeur connaît de grands succès. Il écrit certains de ses opéras les plus connus, dont L’enlèvement au sérail et Le mariage de Figaro, dont tu entendras l’ouverture.

Malheureusement, dès 1787, le succès fuit Mozart et il tombe dans un certain oubli. La fortune accumulée de la famille Mozart sera vite dilapidée, laissant le compositeur dans la nécessité d’emprunter à ses amis.

1791 : Mozart travaille sur ce qui deviendra son dernier opéra, La flûte enchantée, qui connaîtra un grand succès. Malheureusement, le compositeur mourra le 5 décembre 1791 et ne pourra pas profiter du succès retrouvé. Il est enterré deux jours plus tard dans une fosse communautaire.

 Pour écouter Mozart, vous avez l’embarras du choix. Musique de chambre? Concertos? Musique vocale? Faites votre choix ici…

 

 

 

Le refuge du coeur

5 septembre 2014
L’album sera en magasin mardi, mais vous pouvez déjà écouter et télécharger Le refuge du cœur, projet des plus inspirants, qui met en lumière le Theatre of Early Music, la Schola Cantorum de l’Université de Toronto et Daniel Taylor. Cet album de musique chorale peu connue, néanmoins magnifique, nous plonge au cœur d’une époque parmi les plus tourmentées de l’histoire, celle de la Guerre de 30 ans (XVIIe siècle). On y entend des pages de Dietrich Buxtehude (1637 – 1707), Johann Christoph Bach (1642 – 1703), Johann Heinrich Schmelzer (1623 – 1680),  Johann Kuhnau (1660 – 1722) et Nicolaus Bruhns (1665 – 1697).  
 
Refuge du coeur
Au cours du XVIIe siècle, les musiciens luthériens vont constituer un magnifique répertoire de musique sacrée en empruntant les formes mises sur pied et sans cesse renouvelées par les Italiens, les premiers maîtres du Baroque musical. Ces emprunts, ils les accommodent cependant à leur langue et à leur mentalité avec un souci harmonique, une densité contrapuntique, une variété de formes et une charge expressive absolument uniques.
 
Un peu comme lorsque l’on restaure une œuvre d’un grand maître pour qu’elle retrouve tout son lustre à nos yeux, Daniel Taylor et les musiciens du TEM font un travail minutieux pour rendre à ces œuvres toute leur dimension à la fois humaine et historique. Écouter cet album, c’est un peu comme redécouvrir un monde ancien sous un jour nouveau.
 
Je vous invite à découvrir l’album ici…

Chostakovitch

2 septembre 2014

Chostakovitch est souvent considéré aujourd’hui comme le « Beethoven du XXe siècle ». Il est l’auteur de 15 symphonies monumentales, véritables chants du peuple soviétique, dans lesquelles il loue en apparence le régime (en utilisant par exemple des chants ou des rythmes militaires) mais le décrie de façon déguisée (juxtaposant par exemple à ces chants des dissonances). Même s’il s’est mérité à plusieurs reprises le Prix d’État et le Prix Lénine (en 1954, il sera même nommé « Artiste du peuple soviétique »), il se sentira constamment déchiré entre son œuvre « officielle », louangée par les dirigeants (et les pressions qu’il devra subir pour la réaliser) et son œuvre intime, d’une grande liberté, magnifiquement transmise dans ses 15 quatuors à cordes. « En écoutant ma musique, vous découvrirez la vérité sur moi, l’homme et l’artiste ».

« La plupart de mes symphonies sont des monuments funéraires, a déjà affirmé Chostakovitch. Trop de gens, chez nous, ont péri on ne sait où. Et nul ne sait où ils sont enterrés. Même leurs proches ne le savent pas. Où peut-on leur ériger un monument ? Seule la musique peut le faire. Je leur dédie donc toute ma musique ».

On peut aussi le découvrir à travers ses trios avec piano, joués ici par le Gryphon Trio. « La capacité de créer une musique qui transforme l’auditeur pour en faire un être nouveau, écrit la biographe Laurel Fay, était selon Chostakovitch la plus haute aspiration que pouvait nourrir un compositeur. »