Archive pour janvier, 2015

Des prix, des prix

30 janvier 2015

L’hiver nous rappelle certes sa présence, mais les bonnes nouvelles réchauffent le cœur. On a annoncé il y a quelques jours les albums en lice pour un Juno et quatre enregistrements d’Analekta sont cités dans trois catégories!

ALBUM CLASSIQUE DE L’ANNÉE: MUSIQUE VOCALE OU CHORALE
– Le refuge du cœur: Theatre of Early Music, Schola Cantorum & Daniel Taylor
– Handel & Porpora: Les années londoniennes.  Julie Boulianne, Clavecin en concert & Luc Beauséjour

ALBUM CLASSIQUE DE L’ANNÉE: GRAND ENSEMBLE OU SOLISTE(S) AVEC GRAND ENSEMBLE
– Beethoven: Symphonies Nos. 1 & 7, Départ – Utopie : Orchestre symphonique de Montréal & Kent Nagano

ALBUM CLASSIQUE DE L’ANNÉE: SOLO OU ENSEMBLE DE CHAMBRE
Blanc: Angèle Dubeau & La Pietà

Les lauréats seront annoncés le 15 mars prochain!

De façon parallèle, le milieu de la musique classique québécois se réunit dimanche après-midi, Salle Bourgie, pour la remise des Prix Opus. Là aussi, de nombreux enregistrements Analekta sont cités. Nous vous en reparlons lundi!

Le MG3 au milieu d’une tournée québécoise

27 janvier 2015

MG3, le Montréal Guitare Trio, est sur la route ces jours-ci, dans le cadre d’une mini-tournée québécoise de 7 concerts. Ils ont donné des concerts à la Maison des Arts de Laval et à St-Jean-sur-Richelieu la semaine dernière et seront demain le 28 janvier au Théâtre Centennial de Sherbrooke, le 29 janvier à Montréal à la Salle Bourgie, le 30 janvier à L’Assomption au Théâtre Hector-Charland, le 31 janvier à St-Hyacinthe au Centre des Arts Juliette-Lassonde  et le 4 février au Palace de Granby.

On pourra bien sûr entendre lors de ces concerts des extraits de leur plus récent album, paru en février 2014 sous étiquette Analekta, qui souligne le 15e anniversaire du trio, Der Prinz (à écouter et télécharger ici). On retrouve dans cet album 10 pièces, dont cinq compositions originales inspirées des musiques du monde, mais cet album se veut surtout, un hommage à différents artistes, dont le guitariste folk jazz, Nick Naffin, alias « Der Prinz ».  Les trois guitaristes Marc Morin, Sébastien Dufour et Glenn Lévesque revisitent aussi des pièces de Radiohead, leur groupe fétiche, de Jorane, d’Ennio Morricone (l’inoubliable Cinema Paradiso) et du mythique groupe canadien Rush, avec leur grand classique Tom Sawyer.

Album de concertos pour trompette

23 janvier 2015

Paul Merkelo (trompette solo à l’Orchestre symphonique de Montréal depuis 20 ans) et l’OSM, sous la direction de Kent Nagano lancent ces jours-ci un album de concertos pour trompette, écrits après la Deuxième guerre mondiale des compositeurs Henri Tomasi, Alfred Desenclos et André Jolivet, période caractérisée par une renaissance de la culture française et une fascination pour le jazz.

Le projet, un vieux rêve de M. Merkelo, est soutenu en partie par la campagne de financement participatif Kickstarter. Lancée en 2013, la campagne a atteint ses objectifs en l’espace d’un mois, grâce à la passion manifeste du musicien et la vigueur de sa communauté de partisans.

Merkelo

Pianiste de formation, ami d’Arthur Honegger, Alfred Désenclos (1912-1971) privilégiait une approche mélodique et harmonique de la musique, teintant le tout ici et là d’influences jazz. Il précisait : « Je ne suis pas un révolutionnaire; ne renie pas le passé sous prétexte de créer l’avenir. […] mon inspiration est essentiellement romantique. » Il. Créé en 1953, Incantation, thrène et danse traite de façon cyclique les thèmes exposés par la trompette dans le premier segment, les développant au cours des suivants.

« La musique qui ne vient pas du cœur n’est pas de la musique ! » croyait le compositeur et chef d’orchestre français Henri Tomasi (1901-1971). Créé en avril 1949 sous sa direction, le Concerto pour trompette demeure l’un des plus virtuoses du répertoire. Le premier mouvement reste très proche de l’improvisation, avec son alternance de vivacité rutilante et de rêverie poétique. Le finale, enjoué et effervescent, évoque les grands espaces, dans une atmosphère de vacances.

Créé en 1956, qualifié de « ballet pour trompette » par André Jolivet (1905-1974), le Concerto pour trompette no 2 nous donne l’impression dès les premiers instants de pénétrer dans un club de jazz sombre, avant qu’un épisode sautillant et énergique ne change entièrement la donne. Le mouvement lent rappelle le blues, alors que le finale, une série de brillants dialogues, juxtapose des accents de danse folklorique primitive aux couleurs jazz.

Détail intéressant, l’album, en plus d’être offert en CD et en téléchargement, sera également disponible en vinyle de qualité audiophile. 

À écouter et télécharger ici…

 

Une intégration inusitée de la musique classique

20 janvier 2015

Les Oscars approchent et les listes de finalistes ont été rendues publiques la semaine dernière. Certains films se démarquent côté nominations, notamment Birdman d’Alejandro González Iñárritu, un film des plus intrigants (et exigeants) qui donne l’impression de ne comporter qu’un seul long plan séquence. Cet opus ambitieux du réalisateur mexicain se veut une réflexion aussi bien sur le cinéma que la critique (théâtrale ici, mais on peut facilement établir des projections aux autres sphères artistiques), mais se veut aussi un hommage à certains géants du passé, dont Orson Wells et Alfred Hitchcock. 

Si le film n’est pas en compétition pour sa trame sonore aux Oscars (celle-ci ne comportant pas uniquement du matériel original), cette dernière se révèle particulièrement fascinante. Le réalisateur a osé une juxtaposition des plus insolites de solos de batterie jazz d’Antonio Sanchez (que l’on croise même à la fin du film, comme si peut-être le tout s’était déroulé pendant que le batteur répétait dans une des salles du St. James) et de pièces classiques souvent prises à contre-pied. On y retrouve notamment des extraits d’œuvres de Mahler (sa Neuvième Symphonie et « Ich bin der Welt anhanden gekommen »), de Tchaïkovski (deux symphonies), de Rachmaninov (deux extraits de sa Deuxième symphonie), de Ravel (la « Passacaille » de son Trio) et de The Death of Klinghoffer de John Adams (le chœur des exilés palestiniens du prologue). Si on s’attend à voir le pathos de certains moments particulièrement peu reluisants de Riggan, has been étant passé de super héros à simple acteur et metteur en scène soulignées par Tchaïkovski, les extraits de Ravel laissent pantois, la musique devenant ici un deuxième narrateur qui semble raconter une histoire non pas tant complémentaire que contradictoire. Tout comme le film dans son ensemble, cela nous donne l’impression d’avoir été projeté de gré ou de force dans le rêve d’un autre. Fascinant!

 

Mots et musique

16 janvier 2015

Qu’on en commun Mozart, Schumann et Debussy? Oui, bien sûr, ils ont tous les trois composé, ont joué du piano, ont vécu des histoires d’amour essentielles, mais encore… Tous les trois ont dansé une valse-hésitation entre musique et écriture.

Mozart a signé plus de 1000 lettres, parfois ludiques, parfois déchirantes. On y retrouve des critiques musicales absolument cinglantes (on peut imaginer qu’il n’avait que peu de respect pour les petites musiques et les musiciens qui les produisaient), d’autres qui témoignent de son enthousiasme.

Schumann possède une grande maîtrise non seulement du langage musical mais aussi littéraire. Ses articles dans la Neue Zeitschrift für Musik sont des pièces d’anthologie, d’une grande finesse, que la journaliste en moi ne peut qu’admirer. Ses hésitations, alors que jeune adulte, il oscille entre la musique et la littérature, me parlent aussi éloquemment que sa musique. « J’ai maudit le destin. Mais maintenant que je puis méditer sur tout cela, j’embrasse toutes choses dans leur ensemble et je reconnais clairement que le Destin a bien fait ce qu’il a fait. Je n’étais qu’une vague bouillonnante et je m’écriais : “Pourquoi faut-il justement que ce soit moi qui soit ainsi déchiré par la tempête?” Mais la tempête se calma et les flots retrouvèrent leur limpidité. Je vis alors que cette poussière qui recouvrait le sable lumineux avait été entraînée, et pourtant elle demeurait en suspens sur le sol lumineux. Des certitudes et des idées sur la vie prirent corps en moi; je vis alors que j’étais devenu plus clair pour moi. » (La Vie du chasseur, 1826)

Debussy a signé sous le pseudonyme de Monsieur Croche des textes particulièrement incisifs mais qui démontrent néanmoins sa profonde compréhension du médium. Lui qui avait souhaité être peintre et avait tâté un peu de la poésie ne pouvait que se sentir interpellé par l’impressionnisme et le surréalisme, ces mouvements qui rêvaient d’une fusion des arts. Il désirait abolir les barrières du langage pour en faire ressortir les correspondances. « Mais, sapristi, la musique, c’est du rêve dont on écarte les voiles! Ce n’est même pas l’expression du sentiment, c’est le sentiment lui-même », s’insurgeait-il d’ailleurs dans une lettre datée du 9 septembre 1892.

Union des arts, des genres, des publics, des époques…  

L’Ensemble Caprice fête son 25e anniversaire avec Dave St-Pierre

13 janvier 2015

Il y a de ces rencontres improbables, mais qui pourtant semblent tomber sous le sens, comme celle de l’Ensemble Caprice et son directeur musical Matthias Maute, reconnus pour leurs programmes audacieux et leur volonté de déconstruire les genres, et le chorégraphe Dave St-Pierre, l’enfant terrible du milieu de la danse québécoise contemporaine. Même s’il ne travaille pas habituellement avec une trame classique, il n’a pas hésité à relever le défi de l’Ensemble Caprice, en nomination pour un prix Opus, qui interprétera notamment la Deuxième Symphonie de Beethoven et la Sérénade pour vents K. 388 de Mozart sur instruments d’époque samedi soir prochain, salle Pierre-Mercure

Pour ce concert célébrant les 25 ans de l’Ensemble, Dave St-Pierre a intégré aux deux propositions musicales des extraits de Foudres, dernier volet de sa trilogie sur les utopies amoureuses (sur Beethoven),  et de son célèbre Un peu de tendresse, bordel de merde! (sur Mozart). Un projet à plus petite échelle est également en cours d’élaboration, qui devrait partir en tournée.

« C’est fascinant de voir combien ça marche bien ensemble, notre approche et ses chorégraphies, indique Matthias Maute, dans un article paru dans Le Devoir samediLa musique classique est tellement codifiée que c’est facile de perdre le lien avec nous-mêmes, avec l’humain, le coeur qui bat. Or Dave est à mes yeux quelqu’un qui met toujours en relation les arts et la vie. » 

« Avec Beethoven, j’essaie différentes façons de remanipuler la chorégraphie [Foudrespour l’adapter à la musique classique, explique le chorégraphe. C’est un peu comme une étude 101 sur “quel mouvement fonctionne avec quel genre musical”. », explique quant à lui Dave St-Pierre. 

Catherine Perrin s’entretenait hier avec Matthias Maute et Dave St-Pierre à Médium large (à écouter ici)…

En attendant le spectacle, vous voudrez peut-être relire un article paru dans La Scena Musicale de novembre ici…

Anniversaires à souligner en 2015

9 janvier 2015

Une année occupée, sans aucun doute, côté anniversaires…

Il y a 200 ans…

Le 25 janvier 1815, Ludwig van Beethoven participe à un concert pour l’anniversaire de la tsarine au Congrès de Vienne. Ce serait sa dernière apparition publique en tant que pianiste.

Le 22 février 1815, un grand concert est donné à Boston avec de nombreux choeurs et instrumentistes, afin de célébrer l’anniversaire de Washington et le Traité de Ghent. L’événement devait mener à la fondation de la Boston Handel and Haydn Society.

 

Il y a 150 ans

Le 28 avril 1865,  L’africaine, grand opéra de Giacomo Meyerbeer était donné pour la première fois à l’Opéra de Paris, quatre jours avant le premier anniversaire de la mort du compositeur.

Le 9 juin 1865, naît le compositeur Carl August Nielsen à Sortelung, au Danemark.

Le 10 juin 1854, Tristan und Isolde de Wagner est créé au Königliches Hof-und Nationaltheater de Munich sous la direction d’Hans von Bülow.  

Le 10 août 1865, naît Alexandre Glazounov  à Saint-Pétersbourg.   

Le 1er octobre 1865, naît Paul Dukas à Paris.

Le 28 novembre 1865, le Trio en mi bémol pour violon, cor français et piano de Brahms est créé au Casino de Zürich, le compositeur assurant la partie de piano.

Le 17 décembre 1865, la Symphonie no 8, Inachevée, de Schubert est donnée pour la première fois au Musikvereinsaal de Vienne, 43 ans après sa composition.

 

Il y a 100 ans…

Le 1er janvier 1915, paraît le premier numéro de The Musical Quarterly à New York.

Le 28 janvier 1915, on assiste à la création du Trio pour piano, violon et violoncelle de Maurice Ravel à la Salle Gaveau de Paris.

Le 4 mars 1915, Vers la flamme d’Alexandre Scriabine est créé par le compositeur. Cinq jours après, il fera de même avec sa Sonate pour piano no 6 à Moscou. Le compositeur mourrait à Pétrograd le 27 avril de septicémie. Des billets ont été distribués pour les funérailles, tant les fidèles étaient nombreux.

Le 15 avril 1915, le ballet de Manuel de Falla El amor brujo est créé au Teatro Lara, Madrid.   

Le 6 juin 1915, naît le compositeur américain Vincent Ludwig Persichetti à Philadelphie.

Le 28 octobre 1915 est créée la Symphonie alpestre de Richard Strauss, à Berlin, sous la direction du compositeur.

Le 2 décembre 1915, Chez Durand à Paris, est créé En blanc et noir de Debussy, le compositeur et Louis Albert étant les interprètes.

Le 8 décembre 1915, la Symphonie no 5 de Jean Sibelius est créée à Turku, sous la direction du compositeur, le jour de son 50e anniversaire de naissance.

 

Il y a 50 ans…

Le 27 janvier 1965, trois œuvres de Steve Reich sont données pour la première fois au San Francisco Tape Music Center:  It’s Gonna Rain pour bande, Music for Two or More Pianos or Piano et Tape, and Livelihood pour bande.

Le 3 février 1965, Four Nocturnes (Night Music II) pour violon et piano de George Crumb sont créés à Buffalo avec le compositeur au piano.

Le 14 mars 1965, le Requiem pour soprano, mezzo-soprano, chœur et orchestre de Györgi Ligeti  est donné pour la première fois à Stockholm.   

Le 26 avril 1965, la Symphonie no 4 de Charles Ives est créée à New York, près de 50 ans après qu’elle ait été complétée.

Le 5 mai 1965, Rozart Mix pour bande de John Cage est présenté pour la première fois au Rose Art Museum à Waltham, Massachusetts.

Le 7 mai 1965, Et exspecto resurrectionem mortuorum d’Olivier Messiaen est créée à la Sainte-Chapelle de Paris dans le cadre de commémorations pour les morts des deux grandes guerres.

Le 21 mai 1965, Tread on the Trail de Terry Riley est proposé pour la première fois au San Francisco Tape Music Center.

Le 15 juillet 1965, on entend pour la première fois les Chichester Psalms de Leonard Bernstein au Philharmonic Hall de New York, avec le compositeur au podium.

Le 24 octobre 1965, Voices for Today pour voix de garçons, choeur et orgue de Benjamin Britten, une commande soulignant le 20e anniversaire des Nations Unies, est créé en simultané au Royal Festival Hall de Londres, dans la salle de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York et à la Maison de l’ORTF, Paris.

Nouvelles nominations au sein de l’Ordre du Canada

6 janvier 2015

Félicitations aux intervenants de la scène musicale canadienne pour leur nomination ou promotion à l’Ordre du Canada.  

  • Le violoncelliste montréalais, professeur et directeur artistique du Festival de musique de chambre de Montréal, Denis Brott, pour son rôle dans la mise sur pied de la banque d’instruments du Conseil des arts du Canada;
  • Le tubiste, pédagogue, défenseur de l’enseignement musical et membre fondateur du Canadian Brass, Chuck Daellenbach;
  • La soprano acadienne Suzie LeBlanc;
  • Le directeur général de l’Opéra de Québec, Grégoire Legendre;
  • Le trompettiste virtuose, professeur, qui passe régulièrement des commandes pour de nouvelles œuvres pour la trompette, Jens Lindemann;
  • La chef d’orchestre et fondatrice du Nouvel Ensemble Moderne, Lorraine Vaillancourt.

Les récipiendaires seront invités à recevoir leur insigne au cours d’une cérémonie qui aura lieu à une date ultérieure.

Bonne année 2015

1 janvier 2015

Que cette nouvelle année vous soit douce et que la musique continue de faire partie de votre vie! Quelques paroles de musiciens pour vous inspirer en ce début de 2015…

«La musique doit faire jaillir le feu de l’esprit des hommes. La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie.» (Beethoven)

«Le plus beau pont pour exalter l’humanité : la musique.» (Berg)

«Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique? … C’est un grand problème. Pourtant, il me semble qu’on devrait dire ceci : l’amour ne peut pas donner une idée de la musique; la musique peut en donner une de l’amour… Pourquoi séparer l’un de l’autre? Ce sont les deux ailes de l’âme.» (Berlioz)

«L’intérêt n’est pas de comparer deux visages d’une œuvre, mais bien de savoir que cette œuvre n’aura jamais un visage définitivement fixé.» (Boulez)

«Après tout, qu’écoutons-nous quand nous écoutons un compositeur? Il n’a pas besoin de nous raconter une histoire comme le romancier; il n’a pas besoin de « copier » la nature comme le sculpteur; son œuvre n’a pas besoin d’une fonction pratique immédiate comme le dessin d’un architecte. Qu’est-ce qu’il nous donne alors? Seulement une réponse me semble possible : il se donne lui-même à nous.» (Copland)

«Tout dans la vie est contrepoint, c’est-à-dire opposition, mouvement contraire.» (Glinka)