Archive pour mai, 2015

L’aventure se termine

29 mai 2015

Le temps file quand on s’amuse… Depuis la mise en ligne des blogues Analekta (versions française et anglaise), le 1er janvier 2009, j’y aurai déposé pas moins de 1885 billets. À l’affût des nouvelles parutions bien sûr, mais surtout mue par une volonté de partager avec vous la passion que j’entretiens pour la musique classique depuis l’enfance, je vous ai retrouvés ici, deux ou trois fois par semaine. Certains billets se voulaient plus denses (histoire de mieux comprendre une oeuvre par exemple), d’autres étaient d’une légèreté assumée (j’ai toujours eu un faible pour les blagues musicales). Nous avons voyagé ensemble un peu partout dans le monde, à travers les actualités, des livres, des vidéos, mais surtout grâce à la musique classique, interprétée de main de maître par les artistes Analekta, encore et toujours fleurons de l’étiquette.

L’aventure se termine aujourd’hui pour moi, les médias sociaux ayant pris la relève. Je ne saurais trop vous inciter à suivre Analekta sur ses plateformes Facebook, Twitter et YouTube, mais surtout à continuer de croire en la pertinence de la musique classique dans ce 21e siècle parfois presque trop effervescent. 

Je vous laisse sur cette citation de Berlioz:

« Laquelle des deux puissances peut élever l’homme aux plus sublimes hauteurs, l’amour ou la musique? … C’est un grand problème. Pourtant, il me semble qu’on devrait dire ceci : l’amour ne peut pas donner une idée de la musique; la musique peut en donner une de l’amour… Pourquoi séparer l’un de l’autre? Ce sont les deux ailes de l’âme. »

Merci la musique!

Lucie Renaud

 

Et les 12 demi-finalistes sont…

28 mai 2015

Au cours des derniers jours, les 23 candidats du CMIM ont donné un récital d’une trentaine de minutes, offrant au public les plus belles pages d’un répertoire de styles et d’époques variées. Le jury international a sélectionné 12 demi-finalistes, dont 3 Canadiens et 5 Coréens. On peut suivre le tout en direct dès demain en webdiffusion au http://concoursmontreal.ca/fr/webdiffusion

L’ordre de passage est le suivant.

VENDREDI 29 MAI
1re séance 19 h 30
Byeong-Min GIL, baryton-basse (Corée du Sud)
Claire DE SÉVIGNÉ, soprano (Canada)
Pause
Yauci YANES ORTEGA, ténor (Espagne)
Takaoki ONISHI, baryton (Japon)

SAMEDI 30 MAI
2e séance 14 h 00
Anaïs CONSTANS, soprano (France)
Keonwoo KIM, ténor (Corée du Sud)
Pause
Owen McCAUSLAND, ténor (Canada)
Hyekyung CHOI, soprano (Corée du Sud)

3e séance 19 h 30
Min Gue CHO, ténor (Corée du Sud)
France BELLEMARE, soprano (Canada)
Pause
Vasil GARVANLIEV, baryton (Macédoine)
Hyesang PARK, soprano (Corée du Sud)

Le CMIM commence aujourd’hui

25 mai 2015

Étiez-vous parmi les centaines d’heureux qui ont entonné les plus beaux airs de La mélodie du bonheur hier après-midi Salle Bourgie? Même si vous avez raté cet événement unique (autour du 50e anniversaire du film mythique), vous serez sans doute ravis de pouvoir suivre le Concours Musical International de Montréal en direct, sur Internet, dès ce soir! En effet, les épreuves demi-finale et finale, de même que le Concert gala et les cours de maître, seront diffusés en direct sur le site du CMIM au www.concoursmontreal.ca. L’Orchestre symphonique de Montréal diffusera également la finale et le Concert gala à l’adresse www.osm.ca. Ces captations, réalisées en collaboration avec Cybermediacom, sont possibles grâce à la générosité de mécènes et de partenaires du CMIM.

Le tirage au sort s’est fait hier et voici donc l’ordre de passage des candidats

LUNDI, 25 MAI

1re séance / 19 h 30
Seung Jick KIM, ténor (Corée du Sud)
Cathy VAN ROY, soprano (Belgique)
– Pause –
Byeong-Min GIL, baryton-basse (Corée du Sud)
Claire DE SÉVIGNÉ, soprano (Canada)

MARDI, 26 MAI

2e séance / 14 h 00
Geoffrey SIRETT, baryton (Canada)
Jana MILLER, soprano (Canada)
Meghan LINDSAY, soprano (Canada)
– Pause –
Hwan AN, baryton (Corée du Sud)
Suzanne RIGDEN, soprano (Canada)
Yauci YANES ORTEGA, ténor (Espagne)

3e séance / 19 h 30
Cairan RYAN, baryton (Canada / R-U)
Takaoki ONISHI, baryton (Japon)
– Pause –
Eric JURENAS, contre-ténor (États-Unis)
Karine BOUCHER, soprano (Canada)

MERCREDI 27 MAI

4e séance / 14 h 00
Anaïs CONSTANS, soprano (France)
Marianne LAMBERT, soprano (Canada)
Keonwoo KIM, ténor (Corée du Sud)
– Pause –
Owen McCAUSLAND, ténor (Canada)
Hyekyung CHOI, soprano (Corée du Sud)
Min Gue CHO, ténor (Corée du Sud)

5e séance / 19 h 30
France BELLEMARE, soprano (Canada)
Vasil GARVANLIEV, baryton (Macédoine)
– Pause –
Jongsoo YANG, basse (Corée du Sud)
Hyesang PARK, soprano (Corée du Sud)

Le mercredi 27 mai, l’épreuve quart de finale sera suivie des délibérations du jury et de l’annonce des demi-finalistes. Douze chanteurs seront ensuite invités à participer à la demi-finale, puis six à la finale. Les lauréats seront annoncés suite aux délibérations du jury, le mercredi 3 juin, en fin de soirée.

Le programme musical complet de chacun des candidats est disponible au www.concoursmontreal.ca

Place au chant!

Un premier hackathon d’orchestre

22 mai 2015

Tout le weekend, le Kitchener-Waterloo Symphony sera l’hôte du premier hackathon d’orchestre au monde. Des passionnés d’ordinateur multidisciplinaires lanceront des idées et proposeront des prototypes utilisant la technologie afin d’améliorer l’expérience de concert orchestral – que ce soit pour le public, les musiciens ou l’équipe de production. Le hackathon prendra la forme d’une compétition de 36 heures. 

Les équipes assisteront à un concert « type » du KWS aujourd’hui et travailleront ensuite toute la fin de semaine afin de proposer des solutions technologiques améliorant l’expérience de concert.

Évoquant l’événement, Steve McCatney, vice-président des services de démarrage de Communitech (un partenaire clé du hackathon) a précisé : « Le génie de la musique classique et la puissance de l’orchestre rencontrent le monde perturbateur des pirates informatiques; exploration sans entraves, création et fusion. Le KWS, un trésor régional, s’alliera aux merveilleux jeunes esprits de notre communauté technologique. Je suis très heureux d’être témoin de cette rencontre de deux univers lors du premier événement Hack the Orchestra! »

 Le 24 au matin, un jury professionnel indépendant choisira trois solutions gagnantes. Chacune sera démontrée lors d’une série de trois programmes consacrée aux concertos de Beethoven les 25 et 26 septembre. Des prix en argent seront aussi remis aux trois lauréats. 

Pour plus d’information et connaître le nom des lauréats dimanche…

Une soirée à l’Asile avec Alain Lefèvre

19 mai 2015

Pour clore sa saison 14-15, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) propose demain soir, 19 h, une étonnante Soirée à l’asile en compagnie du pianiste Alain Lefèvre, expérience poético-théâtrale et musicale inédite, avec en fond de toile la fibre poétique de Claude Gauvreau. Véritable spectacle polymorphe, ce dernier laissera la parole aussi bien à la parole du dramaturge Claude Gauvreau qu’à la musique de Walter Boudreau: deux extraits de la trame sonore qu’il avait réalisée pour la production du TNM de L’Asile de la pureté et le 3e mouvement de son Concerto de l’Asile, présenté ici en version deux pianos (Matthieu Fortin sera le piano résumant l’orchestre). Lorraine Pintal, François Papineau, Walter Boudreau et le chœur Mruta Mertsi feront également partie du spectacle. Pour compléter l’incursion au cœur de l’œuvre de Claude Gauvreau, un extrait vidéo de la Nuit de la poésie permettra au public de (re)découvrir ce géant, inoubliable dans ce document d’archive.

« À ce propos, je suis particulièrement heureuse de retrouver Walter pour cette aventure où le théâtre se marie à la musique pour créer des moments inspirés et inspirants. Comme nous avons partagé ensemble la création de ses deux pièces au TNM, je reste fascinée par la puissance des compositions de Walter Boudreau qui confèrent une charge explosive à la poésie de Claude Gauvreau. », précise Lorraine Pintal. 

Un hommage grandiose à la folie créatrice de nos artistes et une occasion unique pour Alain Lefèvre de renouveler son engagement pour la reconnaissance des compositeurs d’ici.

Tous les détails ici…

La saison des festivals

15 mai 2015

Traditionnellement, le long weekend se veut prélude à l’été. Si la météo ne collaborera ne semble-t-il qu’à moitié, pourquoi ne pas en profiter pour planifier vos vacances musicales, maintenant que tous les festivals d’envergure québécois ont annoncé leur programmation? Vous voudrez peut-être profiter d’un weekend – ou faire l’école buissonnière en vous payant une sortie à l’extérieur de la ville en plein milieu de semaine – pour entendre l’un ou l’autre des artistes Analekta qui se produiront à Lanaudière, Orford ou Domaine Forget.

Lanaudière: sous le signe de la découverte

Le dimanche 5 juillet, l’Orchestre de chambre I Musici, dirigé par Jean-Marie Zeitouni, interprétera Bach, Tchaïkovski et Last Round d’Osvaldo Golijov qui rend hommage au légendaire tango argentin. Les Violons du Roy, sous la direction de Mathieu Lussier, seront de la partie le dimanche 12 juillet dans en hommage à Mozart.  L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM), dirigé par Kent Nagano, donnera deux concerts le 31 juillet et 1er août. Le vendredi, le pianiste et ambassadeur artistique du Festival, Alain Lefèvre, jouera le Concerto en la mineur de Grieg (après l’entracte, on aura droit à la Symphonie nº 2 de Brahms). Le lendemain, l’OSM, l’Ensemble choral du Festival et quatre solistes interpréteront la Missa solemnis (« Messe solennelle ») de Beethoven.  

Dans les églises, on retrouvera notamment le mardi 7 juillet, les Violons du Roy, sous la direction de Mathieu Lussier, accompagnés de la soprano Mireille Asselin et de la mezzo-soprano Michèle Lozier dans la cantate de Jean-Sébastien Bach « Très Haut, efface mes péchés ». Des œuvres d’Arvo Pärt et de Peteris Vasks sont également au programme.

Festival Orford: Autour du monde

Le thème de la saison estivale? Les voyages et les écoles nationales : Espagne, Argentine, Autriche, Allemagne, Italie, Canada et même la musique du Québec, incarnée et présentée par le compositeur de l’année, le populaire François Dompierre. Monsieur Dompierre viendra à diverses reprises au cours du Festival pour commenter ses œuvres, dont sa pièce Par Quatre Chemins interprétée par le Nouveau Quatuor Orford (11 juillet) en hommage au bien-aimé Jacques Languirand.

Grande première cette année, l’Orchestre de l’Académie internationale Orford fondée par Jean-François Rivest s’unit à l’Orchestre de la Francophonie fondé par Jean-Philippe Tremblay. Ce nouvel orchestre donnera sa première prestation lors du Concert d’ouverture du Festival Orford (27 juin) avec Beethoven, Mozart, Sibelius, Ravel et Mendelssohn, les deux chefs se succédant au podium.

Plus tard en juillet, le nouvel orchestre fusionné s’associera avec le Youth Orchestra of the Americas (YOA). Rivest dirigera le premier concert avec la Grande symphonie en do majeur de Schubert et le Deuxième concerto pour piano de Rachmaninov avec comme soliste invité le pianiste Alain Lefèvre (18 juillet). Tremblay prendra la relève lors de la dernière représentation : en première partie, le soliste invité Serhiy Salov (31 juillet) offrira le Concerto en sol de Ravel.  

Deux percussionnistes de l’OSM se joindront aux pianistes Richard Raymond et Jimmy Brière (14 août) le temps d’une soirée très rythmée où le public pourra entendre le célèbre Boléro de Ravel et la Sonate pour deux pianos et percussions de Bartók. On retrouvera aussi le violoncelliste Stéphane Tétreault (24 juillet), le baryton Hugo Laporte, lauréat du concours OSM Standard Life 2014 (1er août), accompagné de Louise Pellerin au hautbois, Luc Beauséjour à l’orgue et Carole Sirois au violoncelle et Les Violons du Roy en clôture de festival (15 août) dans un programme de tango et musique de l’Argentine, avec la poésie de Borges lue par Sébastien Ricard.

Domaine Forget

Des concerts sont offerts dès le mois de juin au magnifique Domaine Forget. On pourra ainsi y entendre Les Violons du Roy dans un programme tout-Mozart le 20 juin. I Musici de Montréal se produira le 4 juillet en compagnie de Marie-Nicole Lemieux dans un programme essentiellement français, comprenant notamment les envoûtantes Nuits d’été de Berlioz. L’Orchestre de la Francophonie sera là le lendemain (5 juillet) avec la soprano Measha Brueggergosman (qui chantera Wagner). L’Orchestre symphonique de Québec sous la direction de Jacques Lacombe se produira le 25 juillet dans un programme de musiques de films. Stéphane Tétreault et Marie-Eve Scarfone donneront un récital comprenant notamment l’Arpeggione de Schubert (que l’on retrouve sur son prochain enregistrement) le 31 juillet. La clôture du festival sera confiée aux Violons du Roy le 23 août, alors qu’ils accueilleront le pianiste Stephen Kovacevich dans des pages de Bach.

Bons festivals!

Le suspense continue à Berlin

12 mai 2015

Incroyable, mais vrai, après 11 heures de délibérations en huis-clos strict (les appareils de communication n’étant pas permis), les 123 musiciens titulaires du Philharmonique de Berlin ne sont pas parvenus à s’entendre et le successeur de Simon Rattle n’a pas été nommé. Les discussions reprendront à une date ultérieure, non déterminée pour l’instant. « Je dois malheureusement vous dire que nous ne sommes parvenus à aucun résultat. »  Tels ont été les mots de Peter Riegelbauer, l’un des deux délégués de l’orchestre qui a annoncé la nouvelle, ce lundi à 22 heures, devant l’église du sud-ouest de Berlin à l’intérieur de laquelle étaient réunis les musiciens. 

Les médias s’étaient emparés de l’affaire dans les derniers jours et tous y allaient d’une liste de candidats potentiels. On y retrouvait aussi bien Daniel Barenboïm (qui a démenti faire partie de cette liste) que Gustavo Dudamel, Christian Thielemann, Mariss Jansons, Andris Nelsons (sur lequel plusieurs misaient plusieurs), Riccardo Chailly, Riccardo Muti et… le Québécois Yannick Nézet-Séguin.

Si dans les autres orchestres, les musiciens sont évidemment consultés, ici, cas unique, ils sont rois.«Nous sommes d’accord sur la direction vers laquelle nous voulons aller, nous ne sommes pas d’accord sur les moyens d’y parvenir », ont expliqué hier soir les délégués de l’orchestre. Les musiciens sont tenus au secret. Tout au plus ont-ils admis que les discussions n’avaient pas achoppé parce que le candidat choisi avait refusé. (Quel chef d’orchestre sain d’esprit refuserait la direction du Philharmonique de Berlin?)

Une histoire à suivre donc… Le temps joue ici en faveur du processus, puisque Simon Rattle restera en poste jusqu’en 2018.

Retour sur le concert de mercredi d’Angèle Dubeau & La Pietà

8 mai 2015

Angèle Dubeau & La Pietà avait carte blanche mercredi soir, lors d’un événement-bénéfice du Musée des Beaux-Arts de Montréal ayant permis de ramasser un impressionnant 50 000 $ pour l’organisation. Nous avons dépêché sur les lieux deux jeunes au début de la vingtaine, qui connaissaient Angèle Dubeau & La Pietà par les albums, mais avaient très hâte de découvrir les musiciennes sur scène, particulièrement dans un programme exclusif, conçu spécialement pour l’événement et qui comprenait notamment la première de la Présentation concertante de Maxime Goulet. Je cède maintenant la parole à Maxime Laliberté.

« Le programme varié passait du baroque au moderne en passant par le jazz et la musique de film. L’atmosphère était très légère, amusante; les commentaires et les présentations d’Angèle Dubeau ponctuaient la musique d’anecdotes qui rendaient le spectacle très intime pour les 350 personnes présentes dans la magnifique salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts. Les extraits de son dernier album Portrait dédié à Einaudi étaient puissants (surtout Divenire).  

J’ai particulièrement aimé la variété des compositeurs, dont trois Québécois : Helmut Lipsky, François Dompierre et Maxime Goulet. La pièce la plus marquante et impressionnante a été Rush Delivery de Lipsky : un tempo hors du commun, un rythme rapide et des « percussions » (doigts ou mains tapés sur les instruments), pièce qui a séduit tout le monde. J’ai aussi apprécié d’entrer dans la fragilité et la lumière de l’album Blanc avec François Dompierre (Mario), Dave Brubeck (The Desert and the Parched Land) et Joe Hisaishi (The Rain). Finalement, impossible d’oublier le deuxième rappel, What a Wonderful World, qui termina magnifiquement la soirée, un air ultra connu qui a ravi encore une fois tous ceux présents. »

Semaine chargée pour Angèle Dubeau et Alain Lefèvre

5 mai 2015

Deux artistes chouchous d’Analekta vivront une semaine des plus chargées. En effet, Angèle Dubeau et La Pietà ont reçu une carte blanche du Musée des beaux-arts de Montréal et proposent un concert exclusif, de Vivaldi à Brubeck, demain 18 h 30 , dans le cadre d’un cocktail dînatoire suivi d’un concert (et d’un café-desserts), événement de collecte de fonds pour le Musée. Plus de détails ici… Nous vous en reparlerons très bientôt. Elle sera aussi de la partie pour la reprises du populaire programme Le printemps de La Pietà, une série de concerts pédagogiques présentés dans divers lieux de la ville d’ici au 12 mai. (Ce dernier concert est présenté au Collège Maisonneuve, en collaboration avec Le garage à musique, le projet de la Fondation du Dr Julien.)

Le pianiste Alain Lefèvre sera quant à lui l’invité de l’Orchestre symphonique de Montréal demain et jeudi (pour un total de trois concerts). Il interprétera alors le Concerto pour piano de Ravel. On y retrouve aussi bien la musique du pays basque que l’influence du jazz. Celle du Concerto pour piano en fa de Gershwin peut notamment être perçue, particulièrement dans le premier mouvement avec ses notes de blues, ainsi que ses harmonies et rythmes jazz. Le programme comprend aussi la Symphonie no 11, « L’année 1905 » de Chostakovitch, qui revient sur les tristes événement du 9 janvier 1905 (22 janvier du nouveau calendrier grégorien). Un groupe de travailleurs armés uniquement d’icônes et de portraits de leur tsar Nicolas II s’était rassemblé devant le Palais d’hiver à Saint-Pétersbourg dans le cadre d’une démonstration pacifique visant le dépôt d’une requête d’aide. La police avait ouvert le feu et tué un grand nombre d’entre eux (les estimations varient grandement, d’une centaine à plusieurs milliers). Les répercussions de ce « dimanche noir » incluraient des grèves généralisées, des manifestations de protestation et des révoltes paysannes. Les troubles finiraient par se dissiper, mais reviendraient avec une force décuplée, menant à des résultats d’une grande portée en 1917. Pour vous procurer des billets…

 

 

 

Anniversaire de la mort de Dvořák

1 mai 2015

Né à Mühlhausen (près de Prague, aujourd’hui Nelahozeves, en République tchèque) le 8 septembre 1841, Dvořák  meurt brutalement le 1er mai 1904 à Prague. La nation tchèque entière est en deuil. La foule se masse, nombreuse, pour saluer le cortège funèbre. Le 5 mai, on chante des pages de son Requiem et le 7 mai retentit pour « le musicien tchèque tout simple », comme Dvořák aimait se qualifier, le Requiem de Mozart, « un soleil » au firmament des compositeurs selon lui.  

Il naît dans un petit village de Bohême, l’aîné d’une famille de huit enfants. Son père, aubergiste, est également musicien amateur. Comme deux des oncles d’Antonin, il joue du violon, de la cithare et dela trompette. Dèsl’âge de cinq ans, Antonin joue du violon à l’auberge familiale et fait partie de l’orchestre du village. Après avoir appris les rudiments du métier de boucher, il est envoyé  à Zlonice chez son oncle pour y apprendre l’Allemand, langue seconde indispensable à l’époque pour espérer s’élever dansla société. L’instituteur du village est un musicien passionné qui lui enseigne aussi l’orgue, le piano, l’alto, l’harmonie et le contrepoint.

En 1859, Dvořák obtient un poste d’altiste à l’orchestre de Karel Komzak. Pour arrondir ses fins de mois, il donne des leçons et aborde plus sérieusement la composition, de façon pratiquement autodidacte. Il est déjà fasciné par Richard Wagner et Franz Liszt, assimile les œuvres de Haydn, Mozart, Beethoven et Schumann et manifeste son admiration pour Schubert.

 En 1873, il épouse Anna Cermakova, une jeune contralto de 19 ans. L’année suivante, son premier grand opéra Le Roi et le Charbonnier est créé. En 1875, il sollicite une bourse de l’État autrichien « pour artistes pauvres et bien doués » et y joint sa Troisième Symphonie. Johannes Brahms entend alors parler des dons de Dvořák et écrit ces quelques lignes à son éditeur berlinois Fritz Simrock, lui recommandant les Chants moraves : « Si vous les jouez, vous éprouverez un grand plaisir; en tant qu’éditeur, vous aurez une grande joie en publiant ces choses très fines. Dvořák écrit tout : opéras, symphonies, quatuors, pièces pour piano. C’est, sans aucun doute, un homme de grand talent. Et pauvre! Je vous prie de penser à tout cela. » C’est le début d’un succès international qui ne sera jamais démenti et d’une amitié fidèle qui unira les compositeurs jusqu’à la mort de Brahms.

Dvořák est particulièrement prolifique pendant cette période, malgré le décès successif de trois de ses enfants : Josefina, Ruzena et Otakar. En six semaines, il achève son grand ouvrage choral, le Stabat Mater, sur un texte qui décrit les souffrances de la mère de Jésus devant la mort de son enfant. Cette œuvre poignante assure sa renommée grandissante qui le mènera à accepter la direction du Conservatoire national de musique de New York.

 Parmi les œuvres importantes de Dvořák, très souvent marquées par la musique populaire tchèque, on retrouve neuf symphonies, des opéras (dont Russalka), des œuvres vocales, profanes et religieuses (Requiem, Te Deum), de la musique de chambre et des concertos pour piano, violon et surtout violoncelle. Composé en 1895, ce concerto reste une des œuvres phare du répertoire et fera dire à Brahms : « Si j’avais su qu’on pouvait composer un si beau concerto pour violoncelle, j’en aurais écrit un moi-même. »

Antonin a dédié son Quatuor en mineur, opus 34 à Brahms mais a également été lié aux compositeurs Anton Bruckner, Karel Bendl, Piotr Ilitch Tchaïkovski (Dvořák lui dédiera sa Septième Symphonie et Tchaïkovski lui dédiera en échange sa Troisième suite pour orchestre), au violoniste Joseph Joachim (également ami de Brahms) et aux chefs d’orchestre Anton Seidl, ancien secrétaire de Wagner (qui dirigea la première interprétation de sa Neuvième Symphonie) et Hans Richter.

On peut découvrir les Pièces romantiques du compositeur, interprétées par James Ehnes, ici…