Virtuose

Angèle Dubeau O.C., C.Q.


Violoniste virtuose parmi les plus en vue au Canada, artiste d'une rare polyvalence, Angèle Dubeau mène depuis 32 ans une carrière éblouissante sur les grandes scènes du monde. Au fil d'une trentaine d'enregistrements, de multiples concerts avec des orchestres renommés, à la direction de son propre ensemble, son talent, sa fougue et sa musicalité ont été loués. Prix prestigieux et distinctions officielles multiples ont ponctué sa route, dont 10 Félix, un Prix Opus du public, des Chocs de la musique, un Diapason d'or et le titre de soliste de l'année 1987 émis par les radios publiques de langue française, qui la mena en tournée en France, en Belgique et en Suisse. Prix du Concours Tibor Varga en Suisse (1983) et Prix des Amériques au Concours international Viña del Mar au Chili (1985), on lui a également remis l'Ordre du Canada, l'Ordre du Québec et le prix Calixa-Lavallée de la Société Saint-Jean-Baptiste pour sa contribution exceptionnelle à la musique au Canada.

Le parcours musical d'Angèle Dubeau reste unique. Très tôt initiée au violon à Joliette par Rolland Brunelle, elle donne son tout premier concert à l'âge de cinq ans. Elle entre à neuf ans au Conservatoire de musique de Montréal dans la classe de Raymond Dessaints et devient, à quinze ans, la plus jeune élève à obtenir un premier prix en violon. Déjà, sa virtuosité est remarquée et elle est lauréate de nombreux concours nationaux. Elle se mérite ainsi les premier prix au Concours de musique du Canada (1976), au concours de l'Orchestre symphonique de Montréal (1976), au Concours national de Radio-Canada (1979), ainsi que le Prix Sylva-Gerber du Conseil des Arts du Canada (1982).

Se sentant prête à déployer ses ailes encore plus loin, elle s'installe à New York pour y travailler à la prestigieuse Juilliard School avec Dorothy Delay, puis à Bucarest pour y étudier pendant trois ans avec l'éminent pédagogue Stefan Gheorghiu, tout en recevant des leçons particulières du grand Henryk Szeryng.

Déjà soliste recherchée, tant en Europe qu'en Asie et en Amérique, elle enregistre à 23 ans son premier disque, consacré à Fauré, Alexis Constant et Claude Champagne, sous étiquette Radio-Canada International. Toujours, elle restera fidèle aux compositeurs d'ici, donnant la première l'année suivante, à Expo 86, du Concerto pour violon de Francois Dompierre et, au fil des ans, nombre d'autres œuvres écrites tout spécialement pour elle par Serge Arcuri, Marc Beaulieu, Linda Bouchard, Lorraine Desmarais , Denis Dion, Francois Dompierre , José Evangelista, Claude Gagnon, Christos Hatzis, Oliver Jones, Romulo Larrea, Simon Leclerc, Gilles Ouellet, Anthony Rozankovic, Gabriel Thibaudeau et Vic Vogel. En plus de promouvoir le travail de ces éminents compositeurs canadiens, elle a eu l'occasion de créer des pages qui lui ont été dédiées par des géants tels Dave Brubeck et Joe Hisaishi.

En 1986, Angèle Dubeau foule pour la première fois le sol de l'Asie, alors qu'elle interprète le Concerto de Sibelius avec le Philharmonique de Tokyo. L'année suivante, elle séduit les mélomanes chinois et thaïlandais lors de concerts offerts durant la visite officielle de la Gouverneure générale Jeanne Sauvé. La même année, elle part en tournée au Moyen-Orient comme soliste avec l'Orchestre de chambre McGill. Suite à un récital au prestigieux South Bank Centre de Londres, The Times (Londres, 8 avril 1988) la décrit comme " une brillante violoniste... son exécution se distingue par une sonorité ardente, une justesse d'intonation absolue... et faisant montre d'un sens judicieux de fantaisie et d'imagination ". " Angèle Dubeau est une artiste qui ne peut laisser indifférent. Sa fine musicalité, sa sonorité émouvante, son goût très sûr sont des qualités que l'on ne rencontre pas souvent ", mentionne Le Monde de la musique. L'Ottawa Citizen la salue comme " l'une des très rares virtuoses ", Répertoire (France) comme une " violoniste de première classe " alors que le Toronto Star souligne qu'" elle est tout ce qu'une soliste devrait être " et le Globe and Mail en parle comme d'une " interprète brillante ", " tout simplement merveilleuse ".

Dès la fondation d'Analekta, en 1988, l'étiquette mettra en marché un disque de Sonates françaises interprétées par la violoniste. Au gala de l'ADISQ, en 1990, on lui remet le premier de nombreux Félix pour son album avec l'Orchestre symphonique de Kiev Concertos pour violon / Prokofiev, Tchaïkovski, Kabalevski. Extrait de celui-ci, nous entendrons l'étourdissant " scherzo " du Concerto no 1 de Prokofiev, dans lequel la virtuosité de la soliste est mise en valeur et la Sérénade mélancolique de Tchaïkovski, lyrique et tourmentée.

Ses enregistrements ont été salués à maintes reprises par la critique, tant ici qu'à l'étranger. " On a souvent dit de Glenn Gould qu'il était le musicien canadien le plus important du monde. Aujourd'hui, on peut dire qu'Angèle Dubeau occupe cette place avec dignité ", a avancé Publico de Lisbonne. Gramophone (Royaume-Uni) louait en 2007 la qualité de Solo, qui ponctuait ses 30 ans de carrière, en ces termes élogieux : " Dubeau interprète tout ceci avec une verve et un style exceptionnels ". The Strad soulignait qu'il fallait " être un communicateur exceptionnel pour transformer un disque de violon non accompagné en succès. De toute évidence, Dubeau l'est : vous sentez qu'elle a une histoire à raconter… ".

De ce disque, elle nous offre le Caprice no 9 de Locatelli, tiré de son Arte del violino. À la fin des premier et troisième mouvements de chacun des douze concertos du cycle – qui devait inspirer les Caprices de Paganini un siècle plus tard –, le compositeur y insère, en guise de cadence, un caprice pour violon seul d'une formidable difficulté technique, qui démontre admirablement le brio de l'interprète.

Si sa virtuosité et sa musicalité ont séduit la critique, le public a adopté Angèle Dubeau pour ses dons de communicatrice hors pair et sa facilité exceptionnelle à tisser des liens avec lui. Elle est " remarquable comme instrumentiste et interprète. Nous avons pu apprécier son assurance, son intonation et sa capacité à communiquer avec le public ", affirme La nación de Buenos Aires. " Avec sa virtuosité, sa précision et son enthousiasme, Angèle Dubeau & La Pietà sait charmer et ensorceler le public à merveille ", renchérit El Siglo de Torreón au Mexique. Elle est d'ailleurs la seule musicienne classique canadienne à s'être vu décerner deux disques d'or pour des ventes record de plus de 50 000 copies d'un enregistrement en un an et a déjà accompli l'exploit inédit de vendre plus de 400 000 disques en carrière – prouesse qu'elle ne cesse de renouveler –, faisant d'elle la musicienne classique canadienne s'étant le plus illustrée dans ce domaine. On peut entendre ici des extraits de ses enregistrements dédiés à cinq des plus grands concertos du répertoire, signés Mendelssohn, Glazounov, Tchaïkovski , Prokofiev et Sibelius, œuvres qu'elle a jouées partout dans le monde, notamment en Ukraine, en Bulgarie, en Roumanie, au Japon, en Chine et en Thaïlande.

Le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn, enregistré avec un Orchestre Métropolitain naissant, rejoint l'auditeur dès la première audition. Tout y chante, avec une douceur et une tendresse universelles, grâce à l'impeccable technique d'Angèle Dubeau. Le troisième mouvement du Concerto de Glazounov (enregistrement qui s'est mérité un Félix en 1991), trop rarement donné, amorcé par une cadence très ornée, est au contraire particulièrement flamboyant. Le Concerto de Sibelius demeure quant à lui l'une des réussites les plus éclatantes du genre, la partie solo exigeant une formidable virtuosité, mais dénuée d'esbroufe. Lui-même brillant violoniste, Sibelius transforme le concerto en privilégiant les contrastes des textures, qu'il transmet admirablement dans le rhapsodique premier mouvement.

Soliste louée, tant ici qu'à l'étranger, Angèle Dubeau reste une chambriste convaincue, comme elle le démontre dans cette transcription de " L'ho perduta " des Nozze di Figaro de Mozart (autre album récompensé par un Félix), en compagnie de son ami, le regretté flûtiste Alain Marion, un des géants de l'école française.

Mue par ce désir toujours vif de découvrir du nouveau répertoire, Angèle Dubeau a ainsi abordé des pages peu enregistrées de Martinù. Véritable conversation à trois avec Alain Marion et Marc-Andre Hamelin, la Madrigal-Sonata pour flûte, violon et piano a été écrite après que le compositeur eut passé quelques mois dans la campagne américaine et s'inspire de ses beautés et de chant d'oiseaux. La prestigieuse revue Diapason, après avoir décerné un Diapason d'or à l'enregistrement en 1995, explique : " Les interprètes se livrent à une démonstration d'esprit et de cohésion chambristes qui frise la perfection. On ne peut qu'admirer."

Écrite alors que Schubert avait 19 ans, sa Sonate en ré majeur évoque fougue et gaieté. Si l'œuvre semble tributaire de Mozart et de Beethoven, son dernier mouvement se présente comme un rondo affirmé, mélange touchant de tendresse et de moquerie, admirablement rendu par Angèle Dubeau et Anton Kuerti, sans contredit le plus grand pianiste canadien. Cet enregistrement a valu aux artistes un " Choc " du renommé Monde de la musique en 1991, qui parlait d'un " petit miracle […] Les larmes nous viennent aux yeux […] Rarement deux interprètes ont semblé à ce point parler d'une seule voix. "

Innover, renouveler, partager, mais avant toute chose rechercher l'excellence, tel pourrait être la devise d'Angèle Dubeau. En 1997, elle fonde Angèle Dubeau & La Pietà, un ensemble à cordes avec piano, composé de femmes parmi les meilleures instrumentistes au Canada, qu'elle dirige, avec lequel elle joue en solo, et dont elle assume la direction artistique. Dès ses débuts, La Pietà s'est produit sur plusieurs des scènes les plus prestigieuses du Canada, ainsi qu'à la télévision. Reconnues pour leur virtuosité exceptionnelle, leur jeu d'une impeccable précision, la richesse de leurs interprétations, mais surtout le plaisir contagieux qui les animent quand elles jouent, les musiciennes sillonnent l'Asie et l'Amérique, du nord au sud depuis maintenant plus d'une décennie. Forbes soutient : " Même les mélomanes américains les plus fervents trouveront difficile de résister à ces interprétations. Dubeau et compagnie jouent chaque composition avec un enthousiasme contagieux. " Le Los Angeles Times mentionne : " Dubeau est une violoniste dynamique, excitante… Les interprétations sont systématiquement robustes et investigatrices, ne prennent jamais rien pour acquis… Le groupe parfaitement entraîné d'Angèle Dubeau a joué avec agilité, puissance, une sonorité finement pesée et tout ça avec une vive joie. " Gramophone rappelle : " Dubeau joue tout avec une douceur et une sophistication séduisantes et ses collègues harmonisent leur jeu au sien, tendre, altéré, note pour note. Ce disque s'est glissé dans mon lecteur et y a jeté un sort. Encore et encore. "

Tiré de Violons d'enfer – récompensé d'un disque d'or et d'un Félix – et Passion , autre enregistrement primé réalisé par Angèle Dubeau & La Pietà, elle interprète avec une touchante profondeur le Nocturne posthume en do dièse mineur de Chopin, le lumineux Navarra de Sarasate, qui exige agilité et précision, et le célèbre Caprice no 24 de Paganini, tout en prouesses techniques, une recommandation de Classicstoday.

Aucun doute ne subsiste. Qu'elle soit seule, face à un orchestre, dans l'intimité du répertoire de chambre, avec La Pietà, Angèle Dubeau continue d'émouvoir, d'éblouir, d'étonner et ne souhaite qu'une seule chose : recommencer.
Date de sortie:
13 octobre 2009
Numéro d'album:
AN 2 8729
Périodes:
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Virtuose

Locatelli, Pietro (1695 - 1764)
Caprice no 9 en do majeur
1
Caprice no 9 en do majeur
0,99 $
3:18
Paganini, Nicolò (1782 - 1840)
Caprice no24
2
Caprice no24
1,99 $
5:42
Mendelssohn, Felix Bartholdy (1809 - 1847)
Concerto en mi mineur pour violon et orchestre, op.64
3
III. Allegretto non troppo - Allegro molto vivace
1,99 $
6:36
Glazounov, Alexandre (1865 - 1936)
Concerto pour violon en la mineur, op. 82
4
III. Allegro
1,99 $
6:29
Tchaikovsky, Pyotr Il’yich (1840 - 1893)
Sérénade mélancolique, Op. 26
5
Sérénade mélancolique, Op. 26
1,99 $
8:42
de Sarasate, Pablo (1844 - 1908)
Navarra, Op.33, pour deux violons et orchestre
6
Navarra, Op.33, pour deux violons et orchestre
1,99 $
6:34
Chopin, Frédéric (1810 - 1849)
Nocturne en do dièse mineur, op. posth.
7
Nocturne en do dièse mineur, op. posth.
0,99 $
3:49
Prokofiev, Sergei (1891 - 1953)
Concerto pour violon no1 en ré majeur, op.19
8
II. Scherzo vivacissimo
0,99 $
3:57
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Le nozze di Figaro K.492
9
XI. L'ho perduta
0,99 $
2:46
Schubert, Franz (1797 - 1828)
Sonate pour violon et piano en ré majeur, D 384
10
III. Allegro vivace
0,99 $
4:03
Martinu, Bohuslav (1890 - 1959)
Sonate pour flûte, violon et piano, H 245
11
III. Allegretto
0,99 $
3:21
Sibelius, Jean (1865 - 1957)
Concerto en ré mineur, op.47
12
I. Allegro moderato
3,99 $
16:02
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Virtuose

Numéro d'album: AN 2 8729
Date de sortie: 13 octobre 2009

Période(s):

Genre(s): ViolonMusique de chambreMusique orchestrale

Compositeurs:
Divers / Misc., | Paganini, Nicolò | Mendelssohn, Felix Bartholdy | Glazounov, Alexandre | Tchaikovsky, Pyotr Il’yich | de Sarasate, Pablo | Chopin, Frédéric | Prokofiev, Sergei | Mozart, Wolfgang Amadeus | Schubert, Franz | Martinu, Bohuslav | Sibelius, Jean

Interprètes:
Dubeau, Angèle | Angèle Dubeau & La Pietà, | Marion, Alain | Kuerti, Anton | Hamelin, Marc-André | Bulgarian Radio Symphony Orchestra, | Marinov, Ivan | Kiev Symphony Orchestra, | Blazhkov, Igor | Orchestre Métropolitain du Grand Montréal, | Rescigno, Joseph



Angèle Dubeau O.C., C.Q.


Violoniste virtuose parmi les plus en vue au Canada, artiste d'une rare polyvalence, Angèle Dubeau mène depuis 32 ans une carrière éblouissante sur les grandes scènes du monde. Au fil d'une trentaine d'enregistrements, de multiples concerts avec des orchestres renommés, à la direction de son propre ensemble, son talent, sa fougue et sa musicalité ont été loués. Prix prestigieux et distinctions officielles multiples ont ponctué sa route, dont 10 Félix, un Prix Opus du public, des Chocs de la musique, un Diapason d'or et le titre de soliste de l'année 1987 émis par les radios publiques de langue française, qui la mena en tournée en France, en Belgique et en Suisse. Prix du Concours Tibor Varga en Suisse (1983) et Prix des Amériques au Concours international Viña del Mar au Chili (1985), on lui a également remis l'Ordre du Canada, l'Ordre du Québec et le prix Calixa-Lavallée de la Société Saint-Jean-Baptiste pour sa contribution exceptionnelle à la musique au Canada.

Le parcours musical d'Angèle Dubeau reste unique. Très tôt initiée au violon à Joliette par Rolland Brunelle, elle donne son tout premier concert à l'âge de cinq ans. Elle entre à neuf ans au Conservatoire de musique de Montréal dans la classe de Raymond Dessaints et devient, à quinze ans, la plus jeune élève à obtenir un premier prix en violon. Déjà, sa virtuosité est remarquée et elle est lauréate de nombreux concours nationaux. Elle se mérite ainsi les premier prix au Concours de musique du Canada (1976), au concours de l'Orchestre symphonique de Montréal (1976), au Concours national de Radio-Canada (1979), ainsi que le Prix Sylva-Gerber du Conseil des Arts du Canada (1982).

Se sentant prête à déployer ses ailes encore plus loin, elle s'installe à New York pour y travailler à la prestigieuse Juilliard School avec Dorothy Delay, puis à Bucarest pour y étudier pendant trois ans avec l'éminent pédagogue Stefan Gheorghiu, tout en recevant des leçons particulières du grand Henryk Szeryng.

Déjà soliste recherchée, tant en Europe qu'en Asie et en Amérique, elle enregistre à 23 ans son premier disque, consacré à Fauré, Alexis Constant et Claude Champagne, sous étiquette Radio-Canada International. Toujours, elle restera fidèle aux compositeurs d'ici, donnant la première l'année suivante, à Expo 86, du Concerto pour violon de Francois Dompierre et, au fil des ans, nombre d'autres œuvres écrites tout spécialement pour elle par Serge Arcuri, Marc Beaulieu, Linda Bouchard, Lorraine Desmarais , Denis Dion, Francois Dompierre , José Evangelista, Claude Gagnon, Christos Hatzis, Oliver Jones, Romulo Larrea, Simon Leclerc, Gilles Ouellet, Anthony Rozankovic, Gabriel Thibaudeau et Vic Vogel. En plus de promouvoir le travail de ces éminents compositeurs canadiens, elle a eu l'occasion de créer des pages qui lui ont été dédiées par des géants tels Dave Brubeck et Joe Hisaishi.

En 1986, Angèle Dubeau foule pour la première fois le sol de l'Asie, alors qu'elle interprète le Concerto de Sibelius avec le Philharmonique de Tokyo. L'année suivante, elle séduit les mélomanes chinois et thaïlandais lors de concerts offerts durant la visite officielle de la Gouverneure générale Jeanne Sauvé. La même année, elle part en tournée au Moyen-Orient comme soliste avec l'Orchestre de chambre McGill. Suite à un récital au prestigieux South Bank Centre de Londres, The Times (Londres, 8 avril 1988) la décrit comme " une brillante violoniste... son exécution se distingue par une sonorité ardente, une justesse d'intonation absolue... et faisant montre d'un sens judicieux de fantaisie et d'imagination ". " Angèle Dubeau est une artiste qui ne peut laisser indifférent. Sa fine musicalité, sa sonorité émouvante, son goût très sûr sont des qualités que l'on ne rencontre pas souvent ", mentionne Le Monde de la musique. L'Ottawa Citizen la salue comme " l'une des très rares virtuoses ", Répertoire (France) comme une " violoniste de première classe " alors que le Toronto Star souligne qu'" elle est tout ce qu'une soliste devrait être " et le Globe and Mail en parle comme d'une " interprète brillante ", " tout simplement merveilleuse ".

Dès la fondation d'Analekta, en 1988, l'étiquette mettra en marché un disque de Sonates françaises interprétées par la violoniste. Au gala de l'ADISQ, en 1990, on lui remet le premier de nombreux Félix pour son album avec l'Orchestre symphonique de Kiev Concertos pour violon / Prokofiev, Tchaïkovski, Kabalevski. Extrait de celui-ci, nous entendrons l'étourdissant " scherzo " du Concerto no 1 de Prokofiev, dans lequel la virtuosité de la soliste est mise en valeur et la Sérénade mélancolique de Tchaïkovski, lyrique et tourmentée.

Ses enregistrements ont été salués à maintes reprises par la critique, tant ici qu'à l'étranger. " On a souvent dit de Glenn Gould qu'il était le musicien canadien le plus important du monde. Aujourd'hui, on peut dire qu'Angèle Dubeau occupe cette place avec dignité ", a avancé Publico de Lisbonne. Gramophone (Royaume-Uni) louait en 2007 la qualité de Solo, qui ponctuait ses 30 ans de carrière, en ces termes élogieux : " Dubeau interprète tout ceci avec une verve et un style exceptionnels ". The Strad soulignait qu'il fallait " être un communicateur exceptionnel pour transformer un disque de violon non accompagné en succès. De toute évidence, Dubeau l'est : vous sentez qu'elle a une histoire à raconter… ".

De ce disque, elle nous offre le Caprice no 9 de Locatelli, tiré de son Arte del violino. À la fin des premier et troisième mouvements de chacun des douze concertos du cycle – qui devait inspirer les Caprices de Paganini un siècle plus tard –, le compositeur y insère, en guise de cadence, un caprice pour violon seul d'une formidable difficulté technique, qui démontre admirablement le brio de l'interprète.

Si sa virtuosité et sa musicalité ont séduit la critique, le public a adopté Angèle Dubeau pour ses dons de communicatrice hors pair et sa facilité exceptionnelle à tisser des liens avec lui. Elle est " remarquable comme instrumentiste et interprète. Nous avons pu apprécier son assurance, son intonation et sa capacité à communiquer avec le public ", affirme La nación de Buenos Aires. " Avec sa virtuosité, sa précision et son enthousiasme, Angèle Dubeau & La Pietà sait charmer et ensorceler le public à merveille ", renchérit El Siglo de Torreón au Mexique. Elle est d'ailleurs la seule musicienne classique canadienne à s'être vu décerner deux disques d'or pour des ventes record de plus de 50 000 copies d'un enregistrement en un an et a déjà accompli l'exploit inédit de vendre plus de 400 000 disques en carrière – prouesse qu'elle ne cesse de renouveler –, faisant d'elle la musicienne classique canadienne s'étant le plus illustrée dans ce domaine. On peut entendre ici des extraits de ses enregistrements dédiés à cinq des plus grands concertos du répertoire, signés Mendelssohn, Glazounov, Tchaïkovski , Prokofiev et Sibelius, œuvres qu'elle a jouées partout dans le monde, notamment en Ukraine, en Bulgarie, en Roumanie, au Japon, en Chine et en Thaïlande.

Le Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn, enregistré avec un Orchestre Métropolitain naissant, rejoint l'auditeur dès la première audition. Tout y chante, avec une douceur et une tendresse universelles, grâce à l'impeccable technique d'Angèle Dubeau. Le troisième mouvement du Concerto de Glazounov (enregistrement qui s'est mérité un Félix en 1991), trop rarement donné, amorcé par une cadence très ornée, est au contraire particulièrement flamboyant. Le Concerto de Sibelius demeure quant à lui l'une des réussites les plus éclatantes du genre, la partie solo exigeant une formidable virtuosité, mais dénuée d'esbroufe. Lui-même brillant violoniste, Sibelius transforme le concerto en privilégiant les contrastes des textures, qu'il transmet admirablement dans le rhapsodique premier mouvement.

Soliste louée, tant ici qu'à l'étranger, Angèle Dubeau reste une chambriste convaincue, comme elle le démontre dans cette transcription de " L'ho perduta " des Nozze di Figaro de Mozart (autre album récompensé par un Félix), en compagnie de son ami, le regretté flûtiste Alain Marion, un des géants de l'école française.

Mue par ce désir toujours vif de découvrir du nouveau répertoire, Angèle Dubeau a ainsi abordé des pages peu enregistrées de Martinù. Véritable conversation à trois avec Alain Marion et Marc-Andre Hamelin, la Madrigal-Sonata pour flûte, violon et piano a été écrite après que le compositeur eut passé quelques mois dans la campagne américaine et s'inspire de ses beautés et de chant d'oiseaux. La prestigieuse revue Diapason, après avoir décerné un Diapason d'or à l'enregistrement en 1995, explique : " Les interprètes se livrent à une démonstration d'esprit et de cohésion chambristes qui frise la perfection. On ne peut qu'admirer."

Écrite alors que Schubert avait 19 ans, sa Sonate en ré majeur évoque fougue et gaieté. Si l'œuvre semble tributaire de Mozart et de Beethoven, son dernier mouvement se présente comme un rondo affirmé, mélange touchant de tendresse et de moquerie, admirablement rendu par Angèle Dubeau et Anton Kuerti, sans contredit le plus grand pianiste canadien. Cet enregistrement a valu aux artistes un " Choc " du renommé Monde de la musique en 1991, qui parlait d'un " petit miracle […] Les larmes nous viennent aux yeux […] Rarement deux interprètes ont semblé à ce point parler d'une seule voix. "

Innover, renouveler, partager, mais avant toute chose rechercher l'excellence, tel pourrait être la devise d'Angèle Dubeau. En 1997, elle fonde Angèle Dubeau & La Pietà, un ensemble à cordes avec piano, composé de femmes parmi les meilleures instrumentistes au Canada, qu'elle dirige, avec lequel elle joue en solo, et dont elle assume la direction artistique. Dès ses débuts, La Pietà s'est produit sur plusieurs des scènes les plus prestigieuses du Canada, ainsi qu'à la télévision. Reconnues pour leur virtuosité exceptionnelle, leur jeu d'une impeccable précision, la richesse de leurs interprétations, mais surtout le plaisir contagieux qui les animent quand elles jouent, les musiciennes sillonnent l'Asie et l'Amérique, du nord au sud depuis maintenant plus d'une décennie. Forbes soutient : " Même les mélomanes américains les plus fervents trouveront difficile de résister à ces interprétations. Dubeau et compagnie jouent chaque composition avec un enthousiasme contagieux. " Le Los Angeles Times mentionne : " Dubeau est une violoniste dynamique, excitante… Les interprétations sont systématiquement robustes et investigatrices, ne prennent jamais rien pour acquis… Le groupe parfaitement entraîné d'Angèle Dubeau a joué avec agilité, puissance, une sonorité finement pesée et tout ça avec une vive joie. " Gramophone rappelle : " Dubeau joue tout avec une douceur et une sophistication séduisantes et ses collègues harmonisent leur jeu au sien, tendre, altéré, note pour note. Ce disque s'est glissé dans mon lecteur et y a jeté un sort. Encore et encore. "

Tiré de Violons d'enfer – récompensé d'un disque d'or et d'un Félix – et Passion , autre enregistrement primé réalisé par Angèle Dubeau & La Pietà, elle interprète avec une touchante profondeur le Nocturne posthume en do dièse mineur de Chopin, le lumineux Navarra de Sarasate, qui exige agilité et précision, et le célèbre Caprice no 24 de Paganini, tout en prouesses techniques, une recommandation de Classicstoday.

Aucun doute ne subsiste. Qu'elle soit seule, face à un orchestre, dans l'intimité du répertoire de chambre, avec La Pietà, Angèle Dubeau continue d'émouvoir, d'éblouir, d'étonner et ne souhaite qu'une seule chose : recommencer.
1
Divers / Misc.,
Locatelli, Pietro (1695 - 1764)
Caprice no 9 en do majeur
3:18
2
Divers / Misc.,
Paganini, Nicolò (1782 - 1840)
Caprice no24
5:42
3
Divers / Misc.,
Mendelssohn, Felix Bartholdy (1809 - 1847)
Concerto en mi mineur pour violon et orchestre, op.64
6:36
4
Divers / Misc.,
Glazounov, Alexandre (1865 - 1936)
Concerto pour violon en la mineur, op. 82
6:29
5
Divers / Misc.,
Tchaikovsky, Pyotr Il’yich (1840 - 1893)
Sérénade mélancolique, Op. 26
8:42
6
Divers / Misc.,
de Sarasate, Pablo (1844 - 1908)
Navarra, Op.33, pour deux violons et orchestre
6:34
7
Divers / Misc.,
Chopin, Frédéric (1810 - 1849)
Nocturne en do dièse mineur, op. posth.
3:49
8
Divers / Misc.,
Prokofiev, Sergei (1891 - 1953)
Concerto pour violon no1 en ré majeur, op.19
3:57
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Divers / Misc.,
Mozart, Wolfgang Amadeus (1756 - 1791)
Le nozze di Figaro K.492
2:46
10
Divers / Misc.,
Schubert, Franz (1797 - 1828)
Sonate pour violon et piano en ré majeur, D 384
4:03
11
Divers / Misc.,
Martinu, Bohuslav (1890 - 1959)
Sonate pour flûte, violon et piano, H 245
3:21
12
Divers / Misc.,
Sibelius, Jean (1865 - 1957)
Concerto en ré mineur, op.47
16:02