Orbis

ORBIS. EXISTE-T-IL FORME PLUS PARFAITE QUE LE CERCLE?


Le titre de ce septième album de Valérie Milot se veut aussi bien un clin d’oeil au cercle de collaborateurs chers dont elle a su s’entourer au fil des ans qu’une référence au concept musical de boucle, un motif mélodique ou rythmique en apparence simple servant de trame aussi bien que d’inspiration. Vous découvrirez ici six approches complémentaires, de l’éthérée In a Landscape de John Cage au turbulent G-Spot Tornado de Frank Zappa, sans oublier la création de Castille 1382, oeuvre d’Antoine Bareil écrite spécialement pour la harpiste. Cet enregistrement marque aussi le 30e anniversaire de l’interprète qui a tenu à s’entourer de collaborateurs de longue date, cercle d’âmes sensibles, d’amis.

Le compositeur canadien Marjan Mozetich a d’abord fréquenté l’avant-garde (il s’est notamment perfectionné à Rome avec Luciano Bério) avant de se tourner vers une pratique plus intérieure, volontiers mélodique, remplie de subtilité. Complétée à la requête d’Erica Goodman, qui créa l’oeuvre aux New Music Concerts de Toronto en 1981, El Dorado évoque la mythique cité aux rues pavées d’or et conjure nombre d’images vives. « La harpe possède cette douceur, ce côté contemplatif, qui vous fait basculer dans un monde de rêve », explique M. Mozetich. Afin de transmettre cette couleur si particulière de l’instrument, son côté fluide, il s’est laissé porter par l’idée d’un mouvement continu, organique, dans un langage influencé par le minimalisme et joué sur les oppositions et la complémentarité entre soliste et orchestre. « J’ai tissé des couleurs qui apparaissent et disparaissent. »

Certains seront peut-être surpris de retrouver sur cet enregistrement une relecture d’une chanson de Gentle Giant, particulièrement actif dans les années 1970. Formé presque exclusivement de multi-instrumentistes, ce groupe de rock progressif britannique était pourtant reconnu pour son approche expérimentale et ses emprunts au répertoire classique et médiéval. Les références à la musique ancienne relèvent de l’évidence dans As Old as You’re Young, arrangé ici par Antoine Bareil et Valérie Milot pour harpe, violon, contrebasse, marimba et percussion, au caractère joyeux et festif, l’essence même du plaisir ressenti entre amis.

Castille 1382 fait référence à la date de la mort d’Éléonore d’Aragon, reine de Castille. La pièce s’inspire de La harpe de mélodie de Jacob de Senleches, un virelai d’ars subtilior, mouvement de la fin du 14e siècle reconnu pour son extrême raffinement et sa complexité, la partition étant souvent intégrée à un dessin (ici, de harpe). Antoine Bareil a néanmoins souhaité aller au-delà du pastiche. Dans la première section, la harpe entrera de façon presque mystique, avec des effets de tintinnabulement rappelant Arvo Pärt. On entendra ensuite le thème dans sa rythmique originelle, porté par une harmonisation plus romantique. La voix offrira ensuite la citation la plus fi dèle, la harpe traitant le matériau en canon. Dans la dernière section, de couleur impressionniste, la colorature s’épanchera enfi n entièrement, soutenue par les boucles mélodiques.

Écrite pour harpe ou piano en 1948 pour une
choré graphie de 15 fois 15 mesures de Louise
Lippold, In a Landscape demeure l’une des pièces les plus atmosphériques de John Cage. Dans cette page méditative, proche de l’esthétique d’Erik Satie, le compositeur maximise les jeux de résonances et l’oscillation constante entre deux modes (ceux de si et de sol).

Ayant intégré aussi bien la complexité rythmique des percussions africaines que la superposition des textures du gamelan balinais, Steve Reich reste une figure emblématique du minimalisme américain. Commande de la Brooklyn Academy of Music pour le guitariste jazz Pat Metheny, en trois mouvements interprétés sans interruption (rapide – lent – rapide), Electric Counterpoint a été écrite en 1987 pour une guitare solo (acoustique ou électrique), 12 guitares et 2 guitares basses. Souhaitant offrir un habillage différent à ce classique, Valérie Milot reprend ici toutes les pistes
à son compte, misant sur les couleurs distinctes
des registres de l’instrument, ainsi que sa résonance
accrue.

L’album se conclut sur l’énergie débridée de
G-Spot Tornado de Frank Zappa, conçue pour le Synclavier DMS, son auteur la pensant humainement impossible. « Tout ce que vous pouvez inventer peut être joué ou tapé par une machine, explique Zappa dans The Real FZ. L’une des choses pour laquelle je l’utilise est la création de rythmes complexes, qui peuvent être exécutés de façon précise par différents groupes d’instruments. Avec le Synclavier, vous pouvez avoir chaque groupe imaginable d’instruments jouer les passages les plus complexes, parce que les petites bêtes à l’intérieur joueront toujours avec une précision à la milliseconde près. » L’homme (et la femme) finira bien sûr par égaler la machine; la pièce sera enregistrée par l’Ensemble Modern sur l’album The Yellow Shark et reprise par plusieurs orchestres symphoniques. Elle est ici proposée dans un arrangement pour cinq instrumentistes.
Date de sortie:
04 mars 2016
Numéro d'album:
AN 2 9880
Périodes:
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Orbis

Mozetich, Marjan
El Dorado
1
El Dorado
2,99 $
15:18
Reich, Steve (1936 - )
Electric Counterpoint
2
I. Mouvement I
0,99 $
6:51
3
II. Mouvement II
0,99 $
3:22
4
III. Mouvement III
0,99 $
4:27
In a Landscape
5
In a Landscape
1,99 $
9:17
Bareil, Antoine
Castille 1392
6
Castille 1392
0,99 $
5:52
Gentle Giant,
As Old as You’re Young
7
As Old as You’re Young
0,99 $
4:16
Zappa, Frank (1940 - 1993)
G-Spot Tornado
8
G-Spot Tornado
0,99 $
3:23
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Orbis

Numéro d'album: AN 2 9880
Date de sortie: 04 mars 2016

Période(s): DiversDivers

Genre(s): HarpeMusique de chambreRécital vocalHarpeMusique de chambreRécital vocal

Compositeurs:
Divers / Misc., | Mozetich, Marjan | Reich, Steve | Zappa, Frank | Bareil, Antoine | Gentle Giant,

Interprètes:
Milot, Valérie | Les violons du Roy, | Lussier, Mathieu



ORBIS. EXISTE-T-IL FORME PLUS PARFAITE QUE LE CERCLE?


Le titre de ce septième album de Valérie Milot se veut aussi bien un clin d’oeil au cercle de collaborateurs chers dont elle a su s’entourer au fil des ans qu’une référence au concept musical de boucle, un motif mélodique ou rythmique en apparence simple servant de trame aussi bien que d’inspiration. Vous découvrirez ici six approches complémentaires, de l’éthérée In a Landscape de John Cage au turbulent G-Spot Tornado de Frank Zappa, sans oublier la création de Castille 1382, oeuvre d’Antoine Bareil écrite spécialement pour la harpiste. Cet enregistrement marque aussi le 30e anniversaire de l’interprète qui a tenu à s’entourer de collaborateurs de longue date, cercle d’âmes sensibles, d’amis.

Le compositeur canadien Marjan Mozetich a d’abord fréquenté l’avant-garde (il s’est notamment perfectionné à Rome avec Luciano Bério) avant de se tourner vers une pratique plus intérieure, volontiers mélodique, remplie de subtilité. Complétée à la requête d’Erica Goodman, qui créa l’oeuvre aux New Music Concerts de Toronto en 1981, El Dorado évoque la mythique cité aux rues pavées d’or et conjure nombre d’images vives. « La harpe possède cette douceur, ce côté contemplatif, qui vous fait basculer dans un monde de rêve », explique M. Mozetich. Afin de transmettre cette couleur si particulière de l’instrument, son côté fluide, il s’est laissé porter par l’idée d’un mouvement continu, organique, dans un langage influencé par le minimalisme et joué sur les oppositions et la complémentarité entre soliste et orchestre. « J’ai tissé des couleurs qui apparaissent et disparaissent. »

Certains seront peut-être surpris de retrouver sur cet enregistrement une relecture d’une chanson de Gentle Giant, particulièrement actif dans les années 1970. Formé presque exclusivement de multi-instrumentistes, ce groupe de rock progressif britannique était pourtant reconnu pour son approche expérimentale et ses emprunts au répertoire classique et médiéval. Les références à la musique ancienne relèvent de l’évidence dans As Old as You’re Young, arrangé ici par Antoine Bareil et Valérie Milot pour harpe, violon, contrebasse, marimba et percussion, au caractère joyeux et festif, l’essence même du plaisir ressenti entre amis.

Castille 1382 fait référence à la date de la mort d’Éléonore d’Aragon, reine de Castille. La pièce s’inspire de La harpe de mélodie de Jacob de Senleches, un virelai d’ars subtilior, mouvement de la fin du 14e siècle reconnu pour son extrême raffinement et sa complexité, la partition étant souvent intégrée à un dessin (ici, de harpe). Antoine Bareil a néanmoins souhaité aller au-delà du pastiche. Dans la première section, la harpe entrera de façon presque mystique, avec des effets de tintinnabulement rappelant Arvo Pärt. On entendra ensuite le thème dans sa rythmique originelle, porté par une harmonisation plus romantique. La voix offrira ensuite la citation la plus fi dèle, la harpe traitant le matériau en canon. Dans la dernière section, de couleur impressionniste, la colorature s’épanchera enfi n entièrement, soutenue par les boucles mélodiques.

Écrite pour harpe ou piano en 1948 pour une
choré graphie de 15 fois 15 mesures de Louise
Lippold, In a Landscape demeure l’une des pièces les plus atmosphériques de John Cage. Dans cette page méditative, proche de l’esthétique d’Erik Satie, le compositeur maximise les jeux de résonances et l’oscillation constante entre deux modes (ceux de si et de sol).

Ayant intégré aussi bien la complexité rythmique des percussions africaines que la superposition des textures du gamelan balinais, Steve Reich reste une figure emblématique du minimalisme américain. Commande de la Brooklyn Academy of Music pour le guitariste jazz Pat Metheny, en trois mouvements interprétés sans interruption (rapide – lent – rapide), Electric Counterpoint a été écrite en 1987 pour une guitare solo (acoustique ou électrique), 12 guitares et 2 guitares basses. Souhaitant offrir un habillage différent à ce classique, Valérie Milot reprend ici toutes les pistes
à son compte, misant sur les couleurs distinctes
des registres de l’instrument, ainsi que sa résonance
accrue.

L’album se conclut sur l’énergie débridée de
G-Spot Tornado de Frank Zappa, conçue pour le Synclavier DMS, son auteur la pensant humainement impossible. « Tout ce que vous pouvez inventer peut être joué ou tapé par une machine, explique Zappa dans The Real FZ. L’une des choses pour laquelle je l’utilise est la création de rythmes complexes, qui peuvent être exécutés de façon précise par différents groupes d’instruments. Avec le Synclavier, vous pouvez avoir chaque groupe imaginable d’instruments jouer les passages les plus complexes, parce que les petites bêtes à l’intérieur joueront toujours avec une précision à la milliseconde près. » L’homme (et la femme) finira bien sûr par égaler la machine; la pièce sera enregistrée par l’Ensemble Modern sur l’album The Yellow Shark et reprise par plusieurs orchestres symphoniques. Elle est ici proposée dans un arrangement pour cinq instrumentistes.
1
Divers / Misc.,
Mozetich, Marjan
El Dorado
15:18
2
Divers / Misc.,
Zappa, Frank (1940 - 1993)
G-Spot Tornado
3:23