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Informations sur l'album

Antonio Vivaldi (1678-1741)1-3 Sinfonia per archi R.V. 146 en sol majeur4 « La Folia » Sonata da camera no12 pour deux violons et violoncelle en ré mineur Tout juste après avoir été ordonné prêtre, Vivaldi entre à la Pietà en septembre 1703 comme maestro di violino. Son contrat, qui doit être renouvelé chaque année, prévoit qu’outre le violon, il doit enseigner les viole all’inglese — de diverses tailles, elles sont munies de cordes sympathiques comme la viole d’amour — et voir à l’achat et à l’entretien des instruments. Il travaille sous la direction du maestro di coro Francesco Gasparini, qui lui confie graduellement des tâches plus importantes, comme la direction des ensembles et la composition. Ainsi, c’est en 1716 que Vivaldi sera nommé maestro di concerti, mais il se prévalait de ce titre depuis déjà plusieurs années. À partir de 1713, après le départ de Gasparini, il reçoit une rémunération supplémentaire pour composer des œuvres religieuses pour des effectifs de toutes dimensions, motets, parties de messe et oratorios. Il est arrivé que son contrat annuel ne soit pas reconduit, en 1709 par exemple, mais son lien d’emploi ne fut jamais tout à fait rompu, ses compositions ne cessant d’être jouées. Vivaldi s’absente parfois de l’institution, principalement pour organiser hors de Venise et hors d’Italie les représentations de ses opéras, mais même alors, on exige qu’il fournisse chaque mois quelques concertos. Cette collaboration prend fin en 1740, année où Vivaldi se rend à Vienne, invité par le duc de Saxe-Meiningen; il y meurt un an plus tard d’une « inflammation interne ». Ses premières compositions coïncident avec son arrivée à la Pietà; dédiées au comte Annibale Gambara, les douze sonates de l’opus I sont publiées à Venise en 1705. Ce sont des sonates en trio, genre obligé dont Corelli vient de fixer le modèle et dans lequel les jeunes compositeurs font leurs premières armes. Vivaldi rend hommage au maître mais se pose aussi comme son égal: la dernière sonate du recueil est en effet constituée de périlleuses variations sur La Folia, thème qu’avait employé Corelli dans la dernière sonate de son opus V. La Sinfonia fait partie de ces concertos sans soliste, dans lesquels Vivaldi se préoccupe uniquement de faire sonner l’orchestre des cordes. Appelé tantôt concerto ripieno, tantôt sinfonia, et confondu avec l’ouverture d’opéra, ce type de concerto est écrit à quatre parties; particulier à Vivaldi, on y retrouve une écriture homophone, souvent éclatante, et parfois, dans des tonalités mineures, le style fugué. Par leur déroulement et leur recherche de sonorités, tant sur le plan de la masse que sur celui du détail, ces concertos, que Walter Kolneder décrit comme des « études orchestrales », posent les fondements de la symphonie classique. 5-8 Ottorino Respighi (1879-1936) Airs et danses antiques: Suite no1 De l’auteur des célèbres Fontaines de Rome nous vient cette charmante suite sur des airs et danses anciens. Toute sa vie, Respighi a été fasciné par le riche héritage musical de son pays, l’Italie, et s’est efforcé à le mettre au goût du jour en y déployant une palette de coloris variés et chatoyants qui lui était propre. Pour les trois suites qui forment les Antiche aire e danze per liuto, dont on présente ici la première qui date de 1917, le compositeur a puisé dans une collection de pièces pour luth des XVIe et XVIIe siècles compilée et publiée en 1903 par son compatriote Oscar Chilesotti. La Suite no1 comprend quatre pièces de danse par des compositeurs italiens dont Respighi fit des « transcriptions libres »: Ballo detto Il Conde Orlando de Simone Mollinaro (v. 1565-1615), Gagliarda de Vincenzo Galilei (fin des années 1520-1591), père de l’illustre scientifique, puis Villanella et Passo mezzo e mascherada, d’auteurs inconnus. Louise-Andrée Baril en a réalisé une réorchestration qui permet de mettre en valeur certaines musiciennes de La Pietà, dont Angèle Dubeau, Thérèse Motard et Andrée Azar dans le troisième mouvement. De plus, elle rappelle les sonorités anciennes en remplaçant parfois le piano par le clavecin. 9 John Williams (1932- ) Schindler’s List De l’un des compositeurs pour le cinéma les plus prolifiques de tous les temps nous vient cette musique thème du film magistral de Steven Spielberg, paru en 1993. Proches de l’esprit musical du peuple juif, bon nombre des pièces de la bande original – dont celle-ci – étaient destinées au réputé violoniste Itzhak Perlman. 10 Stanley Myers (1930-1993) The Deer Hunter: Cavatina Ce thème au lyrisme touchant a été composé pour le film puissant The Deer Hunter (1978) de Michael Cimino, traitant des horreurs de la guerre du Vietnam. 11-17 Béla Bartók (1881-1945) Danses populaires roumaines Sept courtes danses, des plus langoureuses aux plus enlevées. Le compositeur hongrois Bartók s’est vivement intéressé à la musique folklorique de son pays et des traditions qu’elle partageait avec celle des pays avoisinants. Dès 1906, il sillonna régulièrement la Hongrie avec un phonographe Edison, à la recherche de trésors paysans qu’il compilait avec diligence pour en réaliser des éditions et des arrangements. Il recueillit lui-même en Transylvanie les danses folkloriques dont les mélodies et les rythmes se retrouvent inchangés dans les Danses populaires roumaines. Réalisées à l’origine pour le piano en 1915, Bartók n’a fait qu’y ajouter l’écrin d’un accompagnement. Bartók les orchestra en 1917 et elles ont connu par la suite maints arrangements pour toutes sortes d’instruments; la présente version constitue un amalgame des précédentes, avec le piano se joignant çà et là à l’orchestre. Les titres originaux se traduisent, dans l’ordre, par Danse du bâton, Danse du châle, Danse sur place, Danse de la corne, Polka roumaine et Danse rapide 1 et 2. 18 François Dompierre (1943- ) Les beautés du diable19 Ennio Morricone (1928- ) Il était une fois… le diable20 Camille Saint-Saëns (1835-1921) Danse macabre Depuis toujours, la musique entretient avec le Prince des Ténèbres des rapports fascinants et singuliers. Par exemple, les pièces qui suivent, tantôt sinistres, tantôt virtuoses — de véritables diableries —, se rient de lui ou tirent de son évocation des sonorités envoûtantes, ensorceleuses. Camille Saint-Saëns évoque un monde infernal et tourbillonnant dans son magnifique poème symphonique Danse macabre, op. 40 (1874). Mais, comme pour dissiper les flammes des géhennes, il en réalisa une version grotesque sous le titre Fossiles dans son populaire Carnaval des animaux (1886), une farce privée dont le sérieux homme était assez embarrassé. Notez ici le cliquetis des ossements, rendu par la technique du col legno, qui consiste à frapper la corde avec le bois de l’archet. François Dompierre nous parle du diable à sa façon: il le voit, au cinéma, dans les tournures et les atmosphères inquiétantes de la musique d’Ennio Morricone pour Il était une fois dans l’ouest (1968). Et il nous fait découvrir enfin sa singulière et provocante beauté dans une oeuvre dont le thème le hantait depuis longtemps, et qu’il composa spécialement pour La Pietà: Les Beautés du diable. 21 François Dompierre (1943- ) Exil Il y a dans la tradition orale de tous les pays d’heureuses découvertes à faire. Certains airs de folklore nous plongent même dans de véritables puits d’émotion au fond desquels on se laisse dériver les soirs de spleen. J’en connais deux admirables, d’une mélancolie extrême, et qui sont l’un et l’autre issus de peuples vaincus: le Canadien-Français (toutes régions confondues) et l’Irlandais. Ce n’est pas un hasard. Que de choses en commun n’avons-nous pas avec nos frères d’Irlande qui ont connu comme nous l’occupation, l’humiliation et l’exil. C’est justement ce thème de l’exil que je voulais traiter en juxtaposant ici les mélodies d’Un Canadien errant et Oh Danny Boy. Si vous écoutez bien, vous vous rendrez compte qu’on peut quelques fois chanter ces deux magnifiques mélodies en même temps, d’un même souffle…! 22 Dmitri Chostakovitch (1906-1975) Danse espagnole Avant les gitans hongrois, voici ceux de l’Andalousie, qui nous font aboutir dans une Espagne qu’on pourrait qualifier de « typique » vue par la lorgnette du compositeur russe — ou soviétique, devrait-on dire — Chostakovitch, à qui cette danse embrasée est attribuée. 23 Vittorio Monti (1868-1922) Czárdás Demeurons encore un peu dans la veine gitane avec ce prodigieux Czárdás dont les accents d’abord alanguis, puis enflammés nous feraient croire son compositeur natif de la région des Carpates. Il n’en est pourtant rien, car Monti fut un violoniste italien qui aura au cours de sa vie joué au sein des Concerts Lamoureux à Paris et dirigé un orchestre de music-hall. Cela lui aura permis au moins de savoir plaire et faire danser! La version originale de ce populaire morceau est pour violon ou mandoline et piamo. Louise-Andrée Baril, mue par la complicité qu’elle entretient avec ses collègues de La Pietà, a su faire ressortir à tour de rôle les différentes sections de l’orchestre en confiant la mélodie principale à leurs chefs de pupitre.

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À propos

Angèle Dubeau & La Pietà
Angèle Dubeau
AN 2 8715
AN 2 8715

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