fbpx

Informations sur l'album

Où que vous soyez et à quelque époque — dans une cour princière, un auditorium de lycée, un square de village, autour d’un feu de camp, dans un café enfumé ou dans une salle de bal mondaine ou populaire, voire même dans une boîte de nuit —, l’invitation que vous lance Angèle Dubeau & La Pietà est la même: « Dansons! »

Respighi: Airs et danses antiques – Suite no 1

De l’auteur des célèbres Fontaines de Rome nous vient cette charmante suite sur des airs et danses anciens. Toute sa vie, Ottorino Respighi (1879-1936) a été fasciné par le riche héritage musical de son pays, l’Italie, et s’est efforcé à le mettre au goût du jour en y déployant une palette de coloris variés et chatoyants qui lui était propre. Pour les trois suites qui forment les Antiche aire e danze per liuto, dont on présente ici la première qui date de 1917, le compositeur a puisé dans une collection de pièces pour luth des XVIe et XVIIe siècles compilée et publiée en 1903 par son compatriote Oscar Chilesotti.

La Suite no1 comprend quatre pièces de danse par des compositeurs italiens dont Respighi fit des « transcriptions libres »: Ballo detto Il Conde Orlando de Simone Mollinaro (c1565-1615), Gagliarda de Vincenzo Galilei (fin des années 1520-1591), père de l’illustre scientifique, puis Villanella et Passo mezzo e mascherada, d’auteurs inconnus.

Holst: Suite St-Paul, op.29 no 2

Voici une œuvre qu’on pourrait dire taillée sur mesure pour les musiciennes de La Pietà. En effet, tel Vivaldi qui veillait à l’éducation musicale des orphelines de l’Ospedale della Pietà à Venise tout en leur fournissant des œuvres à leur mesure, le compositeur anglais Gustav Holst (1874-1934) — connu surtout pour ses Planètes — avait été, dès 1905 et jusqu’à la fin de sa vie, directeur musical de l’école pour filles St Paul à Hammersmith.

À l’instar du Prêtre Roux, non seulement Holst dispensait-il un enseignement attentionné auprès de ses écolières, mais il composait pour elles des œuvres dont la qualité allait permettre à celles-ci de survivre à leur usage pédagogique, pour notre plus grand bonheur. C’est notamment le cas avec la délicieuse Suite St Paul, composée en 1912-13 pour l’orchestre à cordes de l’institution. Profondément ancrée dans l’esprit des traditions musicales britanniques, cette suite fait une place d’honneur à la danse, s’ouvrant sur une leste Jig. Le Finale, quant à lui, est bâti autour de l’obsédant rythme du « Dargason », une mélodie ‘circulaire’ connue en Angleterre depuis le début du XVIe siècle, et qui se marie ici avec le fameux Greensleeves.

Bartók: Danses populaires roumaines

Sept courtes danses roumaines, des plus langoureuses aux plus enlevées. Le compositeur hongrois Béla Bartók (1881-1945) s’est vivement intéressé à la musique folklorique de son pays et des traditions qu’elle partageait avec celle des pays avoisinants. Dès 1906, il sillonna régulièrement la Hongrie avec un phonographe Edison, à la recherche de trésors paysans qu’il compilait avec diligence pour en réaliser des éditions et des arrangements. Il recueillit lui-même en Transylvanie les danses folkloriques dont les mélodies et les rythmes se retrouvent inchangés dans les Danses populaires roumaines.

Réalisées à l’origine pour le piano en 1915, Bartók n’a fait qu’y ajouter l’écrin d’un accompagnement. Bartók les orchestra en 1917 et elles ont connu par la suite maints arrangements pour toutes sortes d’instruments; la présente version constitue un amalgame des précédentes, avec le piano se joignant çà et là à l’orchestre. Les titres originaux se traduisent, dans l’ordre, par Danse du bâton, Danse du châle, Danse sur place, Danse de la corne, Polka roumaine et Danse rapide 1 et 2.

Monti: Czárdás

Demeurons encore un peu dans la veine gitane avec ce prodigieux Czárdás dont les accents d’abord alanguis, puis enflammés nous feraient croire son compositeur natif de la région des Carpates. Il n’en est pourtant rien, car Vittorio Monti (1868-1922) fut un violoniste italien qui aura au cours de sa vie joué au sein des Concerts Lamoureux à Paris et dirigé un orchestre de music-hall. Cela lui aura permis au moins de savoir plaire et faire danser! La version originale de ce populaire morceau est pour violon ou mandoline et piano.

Albéniz: Tango, op.65 no 2

Le compositeur et pianiste espagnol Isaac Albéniz (1860-1909) a peut-être été celui qui a su le plus, à la fin du siècle dernier, trouver une voix nationale propre à son pays. Tiré d’une suite de pièces espagnoles pour le piano publiée à Londres en 1890, ce Tango se rattache davantage à la tradition du tango gitan, ou ‘flamenco’, qu’au tango sud-américain issu de la habanera cubaine, plus tardif. Il n’engage pas moins, pour autant, à gagner la piste de danse.

Chostakovitch: Danse espagnole

Des gitans hongrois à ceux d’Andalousie, on aboutit ici à une Espagne qu’on pourrait qualifier de « typique » vue par la lorgnette du compositeur russe — ou soviétique, devrait-on dire — Dmitri Chostakovitch (1906-1975), à qui cette danse embrasée est attribuée.

Grieg: Danse paysanne

Le compositeur norvégien Edvard Grieg (1843-1907) a souvent puisé aux riches sources de la musique traditionnelle de son pays. Cette Danse paysanne (‘Stabbe-latten’) fait partie de la seconde des Deux mélodies nordiques, op.63 (1869) pour orchestre à cordes, elle-même une adaptation de l’opus 17, no 18 pour piano, d’après une authentique mélodie du folklore norvégien. En 1942, Stravinski devait reprendre le thème de cette Danse paysanne dans ses Four Norwegian Moods.

Copland: Hoe-Down

Si Aaron Copland (1900-1990) est le parangon de la musique américaine, son ballet Rodeo (1942) en est alors la quintessence, campé comme il l’est dans l’imagerie et la musique associées au monde des cow-boys. Le dernier épisode du ballet, Hoe-Down (ou bal populaire américain) — tiré à part pour orchestre à cordes par Copland en 1945 —, s’ouvre sur un extrait du Reel de McLeod pour incorporer par la suite une mélodie, Bonyparte, trouvée par le compositeur dans le recueil d’Ira Ford, Traditional Music of America.

Vieuxtemps: Souvenir d’Amérique

Près de cent ans avant Copland, en 1845, le violoniste virtuose et compositeur belge Henry Vieuxtemps (1820-1881) avait aussi couché sur le papier une pièce ayant pour thème un classique du folklore américain. C’était à son retour de la première de trois tournées aux États-Unis qu’il publia ce Souvenir d’Amérique rapporté du Nouveau Monde, où s’enchaînent trois variations sur la célèbre mélodie « Yankee Doodle »: une danse populaire russe (!), une polka et une danse paysanne américaine.

Écrite à l’origine pour violon et piano, cette pièce se situe dans la lignée des nombreuses fantaisies et variations sur des thèmes populaires dont se délectait le XIXe siècle et qu’on retrouve notamment chez Paganini et Liszt.

David Bowie: Let’s Dance

Au terme de cette escapade à travers époques et contrées, où le mot d’ordre a été d’entrée de jeu: « dansons! », nous ne pouvions nous refuser un clin d’œil enjoué à la chanson qui donna son titre à ce disque. Donc, dans un arrangement de Louise-Andrée Baril et une interprétation quelque peu folâtre, voici le Let’s Dance du célèbre rockeur anglais David Bowie.

© Jacques-André Houle

Lire la suite

À propos

Angèle Dubeau & La Pietà
Angèle Dubeau
AN 2 9874-6
AN 2 9874-6

Start typing and press Enter to search