fbpx
AN 2 8724

Passion

Date de sortie 19 octobre 2004
Numéro de l'album AN 2 8724
Periodes Hors période
Genres Musique de chambre

Informations sur l'album

Elle emporte, envoûte et enchante. Elle désarçonne, déroute et ensorcelle. Elle est source de tant de peines mais de combien plus de bonheurs, de joies et de plaisirs. Son nom ? La passion, un  » mouvement violent de l’être qui domine la raison « , comme le dit si bien le dictionnaire, même si les mots, souvent, paraissent impuissants face à elle. Ce n’est toutefois pas le cas de la musique qui, au contraire, semble entretenir avec la passion une relation privilégiée. Évidemment, il n’en fallait pas plus pour qu’un jour Angèle Dubeau, artiste passionnée s’il en est, décide de faire de cette émotion la trame d’un enregistrement, où elle nous propose rien de moins qu’un voyage au cœur de ce sentiment extrême tel que vécu par huit compositeurs aussi divers que la passion elle-même.

Carmen, de Bizet

Un regard. Une fleur. Et quelques mots.  » L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser.  » C’est tout ce qu’il a fallu à Carmen pour séduire Don José. Depuis 1875 c’est tout ce qu’il faut pour que nous nous sentions nous aussi transportés dans un univers de passion dévorante. C’est tout à l’honneur de Georges Bizet (1838-1875) qui, littéralement envoûté par son sujet, prendra plus de deux ans à faire naître son chef-d’œuvre. Pourtant, par sa peinture trop réaliste des amours d’un militaire et d’une volage gitane, Carmen suscitera lors de sa création un énorme scandale, une réaction qui n’améliorera en rien la santé du compositeur, déjà malmenée par une vie passée à tenter de faire jouer ses œuvres. Bizet mourra au soir de la 33e représentation, le 3 juin 1875. Aura-t-il été une nouvelle victime de la sulfureuse gitane? Depuis plus de 100 ans la question reste posée.

Navarra de Pablo de Sarasate, et Rhapsodie roumaine d’Enescu

Chacun à leur façon, le violoniste d’origine espagnole Pablo de Sarasate (1844-1908) et le compositeur roumain George Enescu (1881-1955) ont été animés d’un ardent amour pour leur pays natal. Ce qui explique sans doute qu’un seul coup d’archet suffit pour qu’aussitôt nous nous sentions tous et comme par magie transportés, avec Navarra, dans les magnifiques paysages de l’Espagne du premier ou que nous voyions dans la Rhapsodie roumaine no 1 surgir devant nous les danseurs et les musiciens tziganes qui ont bercé et fasciné l’enfance du second.

Siete canciones populares españolas, de Manuel de Falla

Un amoureux délaissé (Canción), un soupirant inconsolable (Asturiana), deux amants incompris (Jota), une mère qui chante pour endormir son enfant (Nana)… c’est ni plus ni moins qu’une épopée chaotique à travers toutes les affres de la passion que nous proposent les paroles des Siete canciones populares españolas que l’Espagnol Manuel de Falla (1876-1946) a choisi de mettre en musique. Étrange initiative pour un homme que tous s’entendent à décrire comme austère et ascétique, mais qui nous prouve que chez de Falla, le feu en réalité ne faisait que couver sous la cendre.

Nocturne posthume en do dièse mineur, de Chopin

 » C’est une organisation trop fine, trop exquise et trop parfaite pour vivre longtemps de notre grosse et lourde vie terrestre « , écrivait George Sand à propos de son amant Frédéric Chopin (1810-1849). Voilà qui est peu fait pour que l’on accole le mot  » passion  » au musicien d’origine polonaise. Pourtant il suffit d’écouter le Nocturne posthume en do dièse mineur pour se rendre compte de toute la passion intérieure qui pouvait animer Chopin lorsqu’il composait ses œuvres, ces petits diamants éclatants dont les feux n’ont pas fini d’illuminer nos âmes et d’embraser nos cœurs.

Nigun, d’Ernest Bloch

Dès les premières notes de Nigun, la section centrale de la suite en trois mouvements Baal Shem, interprète comme auditeur sont littéralement happés par les sons déchirants de cette musique écrite par le compositeur américain d’origine suisse Ernest Bloch (1880-1959). Il s’agit d’une musique dont le secret réside sûrement dans le souvenir de la mère du compositeur, à qui l’œuvre est dédiée, mais également dans le désir qu’aura toute sa vie Bloch de traduire en musique l’âme juive, cette âme  » énigmatique et ardente que je sens vibrer tout au long de la Bible « , comme il l’écrira lui-même.

Jeanie with the light brown hair, de Collins Foster

Un mariage en dent de scie, voilà ce que le compositeur américain de ballades à succès Stephen Collins Foster (1826-1864) connaîtra avec Jane Denny McDowell. Ce serait à la suite d’une énième réconciliation avec celle qu’il aimait qu’il aurait composé à son intention Jeanie with the light brown hair, une chanson magnifique qui prend une saveur particulière quand on sait que, le couple s’étant séparé quelques mois plus tard, Foster entamera alors une longue descente aux enfers qui le conduira dix ans plus tard à terminer ses jours pauvre et alcoolique dans les rues de New York.

Porgy and Bess, de Gershwin

Quelques notes de musique entendues sous une fenêtre et voilà que le gamin bagarreur qu’était jusque-là George Gershwin (1898-1937) se transforme en un être complètement possédé par la musique. Cette métamorphose nous vaudra au fil des années quelques-unes des plus belles mélodies de l’histoire de la musique (Embraceable you, The Man I Love ou Fascinating Rhythm) et explique qu’après avoir lu le roman  » Porgy  » de DuBose Hayward par une nuit d’insomnie, Gershwin décidera sur le champ d’en faire la matière d’un opéra. Ce projet s’étalera sur une bonne dizaine d’années puisque ce n’est que le 30 septembre 1935 que résonneront pour la première fois les accents déchirants de l’amour de Porgy pour Bess, deux ans à peine avant qu’une tumeur au cerveau ne mette brutalement fin à la vie du compositeur.

© Daniel Turcotte

Mot d’Angèle Dubeau

 » La passion ne se calcule pas, mais elle se laisse partager. Elle s’exprime dans l’intensité des sentiments, surtout quand on la vit en osmose. C’est alors qu’elle atteint son paroxysme.

Puisant à même l’écriture passionnée de grands compositeurs, les musiciennes de la Pietà et moi-même y avons, notes après notes, mélodies après mélodies, mis tout notre cœur. Et puisque l’on parle ici de toute une gamme d’émotions, vous retrouverez cette passion commune dans tous ses registres, autant dans ces petits moments musicaux remplis de tendresse que dans ces passages d’extrême intensité.

Oui, je suis une femme passionnée!  »
Angèle Dubeau

Lire la suite

À propos

Angèle Dubeau & La Pietà
Angèle Dubeau
AN 2 7000
AN 2 7000

Start typing and press Enter to search