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AN 2 9521 – Bach at the Mendelssohn’s

Bach chez les Mendelssohn

Informations sur l'album

Sarah Levy (1761-1854), la grand-tante de Felix Mendelssohn (1809-1847), était une salonnière bien connue à Berlin. Elle organisait régulièrement des rassemblements fréquentés par des intellectuels dans lesquels la musique tenait une place centrale; un rôle peu commun pour une femme juive à l’époque. Mme Levy avait des liens étroits avec la famille Bach : elle a étudié le clavecin avec Wilhelm Friedemann, le fils aîné de Jean-Sébastien Bach, commandé des oeuvres à son autre fils Carl Philip Emmanuel et a souvent joué des oeuvres de Jean-Sébastien, qui était moins connu au début des années 1800. Son lien avec la famille Bach s’est avéré vital pour son petit neveu et pour l’héritage de Bach. Mme Levy a fait don à son cher Felix d’une partition de la Matthäus-Passion (BWV 244), une oeuvre centenaire à l’époque, dont son interprétation très appréciée de 1829 est aujourd’hui considérée comme l’origine de la « renaissance de Bach ».

Peu intéressés par les normes d’exécution de l’époque baroque, les musiciens du XIXe siècle utilisaient les moyens d’expression de leur époque : modification du tempo, rubato et portamento. Bien qu’ils respectaient les oeuvres des compositeurs vivants, il était tout à fait normal de moderniser et de modifier la musique du « vieux Bach », tel qu’on peut le voir dans les éditions du XIXe siècle des partitas pour violon et des suites pour violoncelle de Bach. « L’intention des compositeurs » – l’un des mouvements actuels d’interprétation historiquement informée – était ignorée. La partie de piano écrite par Mendelssohn pour la Chaconne de Bach (BWV 1004) démontre comment le continuo pouvait être réalisé à cette époque – un accompagnement composé d’accords denses et souvent surprenants sur le plan harmonique.

L’envoûtante Sonate en fa mineur, op. 4 (1823) de Mendelssohn, à l’origine pour violon, a été transcrite à de nombreuses reprises au cours du XIXe siècle pour divers instruments et même pour la flûte. La transcription présentée dans cet enregistrement est la mienne. La Sonate en mi mineur, BWV 1034, de J.S. Bach, est l’une de ses oeuvres les plus connues pour flûte; la basse y est figurée, ce qui signifie que la main gauche est écrite, mais que le claviériste improvise à la main droite. L’élégante Sonate en sol mineur, BWV 1020, avec accompagnement obligé et le célèbre mouvement Sicilienne de la Sonate en mi majeur, BWV 1031, ont été attribués à Carl Philip Emmanuel, bien que la paternité de ces deux oeuvres ne soit pas définitive.

Aujourd’hui, si l’interprétation de Bach historiquement informée sur des instruments du XVIIIe siècle est très répandue, l’interprétation de ce répertoire par les Romantiques reste un territoire largement méconnu. Nous tentons de le faire dans cet enregistrement, en vous immergeant au salon de Mme Levy, où elle jouait en compagnie de Samuel, son mari flûtiste.

© Mika Putterman, 2020

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À propos

Mika Putterman
Jory Vinikour
AN 2 8924 Constellations CNBP
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