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AN 2 9903

Pauline Viardot-Garcia: Lieder Chansons Canzoni Mazurkas

Date de sortie 18 janvier 2005
Numéro de l'album AN 2 9903
Periodes Romantique

Informations sur l'album

Viardot, née Garcia, une femme d’exception qui fut non seulement l’une des grandes cantatrices du 19e siècle, mais qui avait aussi manifestement des dons pour la composition. Comme l’illustre le choix du répertoire, on trouve dans cette collection des airs italiens, allemands, espagnols et français d’inspiration souvent populaire. Certaines des chansons françaises sont fondées sur des mazurkas de Chopin et contribuèrent à la renommée du pianiste qui en avait été enchanté.

 » C’est bien la fille des rois, la descendante des dieux… Nulle femme au monde n’aurait pu descendre plus directement des dieux  » , écrivait en 1847 un critique de Berlin qui venait d’assister à l’un de ses triomphes dans le rôle titre d’Iphigénie en Aulide de Gluck. Il faisait non seulement référence au personnage, mais aussi à l’interprète issue d’une famille de célèbres chanteurs français d’origine espagnole dont plus d’un avaient été déifiés avant elle : son père Manuel Garcia, qui avait entre autres créé le rôle de Figaro dans Le Barbier de Séville de Rossini, sa mère Maria Joaquina Sitches, son frère et sa sœur aînés, le premier qui portait le même nom que son père et la seconde, Maria, qui dès la jeune vingtaine était devenue une légende vivante sous le nom de la Malibran, du nom de son premier mari.

Le père était aussi un professeur de chant réputé dont la méthode, reprise et développée par ses enfants, fut longtemps une référence. C’est donc lui qui, dès les premières années, s’occupa de la formation de sa cadette Pauline née en 1821. Lorsqu’il meurt en 1832, sa femme prend la relève. Elle favorise aussi chez sa fille l’étude du piano avec entre autres Franz Liszt et la composition avec Reicha.

Mais en 1836, la Malibran meurt accidentellement à l’âge de 28 ans. Profondément affectée, la famille pousse alors Pauline à prendre la relève. Dès l’année suivante, elle fait ses débuts à Bruxelles dans un récital organisé par le second mari de sa sœur, le violoniste belge Charles-Auguste Bériot. Elle n’a que 16 ans, mais la pureté et la richesse de son timbre, l’étendue peu commune de son registre ( » trois octaves et demi « , dit-on alors) font sensation. Par la suite, en trois saisons à peine, donc avant l’âge de 20 ans, elle s’impose comme l’une des grandes interprètes lyriques de son époque.

En 1838, son frère l’emmène en tournée avec lui à travers l’Allemagne où, déjà, elle commence à faire entendre ses propres chansons en s’accompagnant elle-même au piano. En 1839, elle fait ses débuts à Londres et à Paris dans la Desdémone de l’Otello de Rossini.  » Personne n’a jamais chanté comme elle la Romance du Saule (dernier air de Desdémone), souligne un critique, pas même la Malibran qui n’avait pas dans les cordes basses, ni cette ampleur sonore, ni cette vibration large et puissante.  »  » La voix de Mlle Garcia, d’une pureté virginale, égale dans tous les registres, juste, vibrante et agile, n’embrasse pas trois octaves et demi, précise quant à lui Berlioz, elle s’élève seulement du fa grave au contre ut (deux octaves et une quinte), et cette étendue est déjà immense, puisqu’elle réunit trois genres de voix qui ne se trouvent presque jamais réunis: le contralto, le mezzo-soprano et le soprano.  » Georges Sand est aussi dans la salle et les deux femmes deviendront d’indéfectibles amies, l’auteure allant jusqu’à prendre la chanteuse comme modèle pour l’héroïne de son roman Consuelo (1842).

En 1840, Pauline se marie avec le directeur du Théâtre Italien de Paris, l’écrivain Louis Viardot, de 21 ans son aîné. Il démissionne presque aussitôt pour s’occuper de la carrière de sa femme et la suivre partout où la renommée l’appelle : Berlin, Dresde, Vienne, Londres, Saint-Pétersbourg… En Russie, l’écrivain Tourgueniev tombe éperdument amoureux d’elle, à tel point qu’il vivra le reste de ses jours auprès de la famille Viardot.

En 1863, la chanteuse se retire à l’âge de 42 ans et s’installe à Baden-Baden où elle commence à donner des cours de chant à des élèves venant de partout dans le monde en reprenant la méthode de son père. Elle compose aussi quelques opérettes, dont trois sur des livrets de Tourgueniev, pour les soirées privées qu’elle organise régulièrement. En 1870, la chute de Napoléon III et l’instauration de la république permettent aux Viardot, républicains convaincus, de revenir à Paris où Pauline vivra jusqu’à sa mort en 1910 à près de 90 ans.

Polyglote d’une versatilité exceptionnelle, elle parlait déjà couramment le français, l’espagnol et l’italien avant même de commencer sa carrière. Des séjours prolongés en Angleterre, en Allemagne et en Russie lui permirent d’ajouter l’anglais, l’allemand et le russe. Mais plus encore, elle se familiarisa avec les différents styles de chant nationaux et, tout au long de sa carrière, composa plus de 200 mélodies. Cet enregistrement témoigne ainsi de ce que prédisait dès 1840 Georges Sand :  » L’apparition de Mlle Garcia sera un fait éclatant dans l’histoire de l’art traité par les femmes. Le génie de cette musicienne à la fois consommée et inspirée constate un progrès d’intelligence qui ne s’était point encore manifesté dans le sexe féminin d’une manière aussi concluante. « 
Guy Marchand, 2004

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