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FL 2 3163

Scarlatti: Sonates pour clavecin, vol. 2

Compositeurs
Interprètes
Date de sortie 04 mars 2003
Numéro de l'album FL 2 3163
Periodes Baroque
Genres Piano et autres claviers

Informations sur l'album

Compositeur italien ayant vécu près de 40 ans dans la péninsule ibérique, Domenico Scarlatti (1685-1757) a marqué l’histoire de la musique en développant une technique, un style et une forme qui ont révolutionné l’art du clavier.

Fils d’Alessandro Scarlatti, Domenico avait cependant commencé sa carrière en suivant les traces de son père, considéré de son vivant comme le premier maître de l’art lyrique italien. Attaché au service de la Princesse de Pologne pendant son séjour à Rome de 1709 à 1714, le fils composa une douzaine d’opéras et plusieurs cantates, sérénades et autres œuvres vocales de circonstances.

Maître de chapelle à Saint-Pierre de Rome de 1714 à 1719, il eut à écrire dans ce contexte des œuvres religieuses (Miserere, Stabat Mater, messes, etc.). Mais sa véritable passion était le clavecin et, en 1719, il accepta un poste à la cour de Lisbonne qui devait lui donner le loisir de s’y consacrer. Maître de musique de l’infante Maria Barbara, il l’a suivie à Madrid en 1729 lorsqu’elle épousa le roi d’Espagne. C’est là que Scarlatti passa le reste de ses jours à composer ce monumental corpus de quelques 555 « sonates » qui fait encore aujourd’hui sa renommée.

Ni prélude, ni toccata, ni mouvement de suite ou de sonate dans le sens classique du terme, la plupart de ces pièces appartiennent à un genre particulier, de forme binaire (deux sections avec reprises) et relativement court (variant d’à peine une à tout au plus sept minutes), dans lequel Scarlatti fut l’un des rares à se cantonner et à pouvoir s’y épanouir sans contraintes. Dans ce genre miniature, le claveciniste s’est développé un style personnel caractéristique, alliant de manière géniale une originalité rythmique et harmonique défiant les conventions de l’époque à une invention mélodique rayonnante, d’un lyrisme et d’une poésie toute méditerranéenne souvent empreinte de l’art populaire espagnol. Ces pièces ont été qualifiées de sonates, mais l’auteur se contentait de les appeler « exercices » comme en témoigne le titre du seul recueil à avoir été publié de son vivant, Essercizi per gravicembalo.

Paru en 1739, relativement tard dans la carrière du compositeur, ce recueil ne comporte pourtant que 30 pièces, à peine cinq pour cent de son immense production; il forme probablement une anthologie de ce que Scarlatti lui-même considérait comme ses meilleures œuvres. La préface témoigne d’un esprit vif, direct et enjoué, à l’image de sa musique: « Lecteur, que tu sois dilettante ou professeur, ne cherche pas dans ces compositions une profonde érudition, mais plutôt un jeu ingénieux avec l’art, qui te familiarisera avec la maîtrise du clavecin. […] Peut-être te seront-elles agréables; je serais alors d’autant plus heureux d’obéir à d’autres ordres de te plaire dans un style plus facile et plus varié. Montre-toi plus humain que critique, et ton plaisir n’en sera que plus grand. Sois heureux. » Mais Scarlatti ne devait plus rien publier par la suite. Il n’y a d’ailleurs, de ces 30 pièces comme de toutes les autres, aucun manuscrit de sa main.

L’essentiel de ce vaste corpus fut cependant soigneusement compilé par des copistes et richement reliés en deux collections de quinze volumes, probablement à la demande de la reine Maria Barbara. Ils sont aujourd’hui conservés à Venise et à Parme. Quelques anthologies furent publiées au XIXe siècle, mais le catalogue complet n’a été finalisé que dans les années 1950 par le claveciniste Ralph Kirkpatrick (d’où la numérotation précédée d’un K). L’ordre ne correspond pas nécessairement à la chronologie de la composition qui, par manque d’information, est en très grande partie impossible à reconstituer. Kirkpatrick a donc placé les 30 pièces publiées du vivant du compositeur au début de son catalogue (K. 1 à K. 30) et classé les autres en proposant certains couplages de même tonalité, deux par deux ou même trois par trois, comme le suggérait certains détails des manuscrits de Venise et de Parme pour plus des deux tiers du corpus. Par exemple, les copistes ont indiqué que certaines sonates devaient être « enchaînées rapidement » ou encore qu’elles avaient été « copiées dans l’ordre inverse de celui prévu par le compositeur ».

Dans le présent enregistrement, les sonates K. 132-133, K. 332-333 et K. 335-336 auraient ainsi été conçues pour être jouées par paires, alors que les sonates K. 490, 491 et 492 formeraient un triptyque. Encore aujourd’hui, les « sonates » de Scarlatti ne cessent de stupéfier par leur caractère à la fois sensuel et flamboyant. Dans son roman Le dieu manchot, se rappelant le séjour du musicien italien en son pays, l’écrivain portugais José Saramago (Prix Nobel en 1998) écrivait: « L’Italien fit courir ses doigts sur le clavier, d’abord sans but, puis comme s’il cherchait un thème ou qu’il voulût corriger les échos, soudain il parut s’abstraire dans la musique, ses mains flottaient sur le clavier telle une barque fleurie descendant le courant, freinée ici et là par les branches qui s’inclinaient des rives, tantôt très rapide, tantôt voguant sur les eaux immenses d’un lac sans fond, ou la baie lumineuse de Naples, ou sur les canaux secrets et sombres de Venise, ou encore dans la lumière resplendissante et neuve du Tage. »

© 2002 Guy Marchand pour Traçantes, le service de recherche, de rédaction et de traduction de la Société québécoise de recherche en musique.

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À propos

Luc Beauséjour
FL 2 3121

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