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Handel: L'Intégrale des concertos pour orgue, vol. 2

Informations sur l'album

La première véritable référence historique que nous possédons de l’existence du concerto pour orgue en tant que genre, ainsi que de son association à l’oratorio, date de 1735. Dans son édition du 5 mars, le London Daily Post annonçait en effet: « Au Theatre-Royal à Covent-Garden, ce mercredi… sera représenté un oratorio, appelé ÆSTHER. Avec plusieurs mélodies additionelles; de même deux nouveaux concertos à l’orgue. »

Ces deux concertos furent publiés par Walsh en octobre 1738, avec quatre autres pour former l’habituelle série de six, en réponse, semble t-il, à une édition pirate parue quelques mois auparavant: « Alors qu’il existe, écrivit Walsh, une fausse et fautive édition des six Concertos pour le clavecin et l’orgue de Mr. Handel, publiée sans le savoir ni le consentement de l’auteur, ceci est pour aviser…que sont présentement en impression, à partir des manuscrits originaux de Mr. Handel, et corrigés par lui, ces mêmes six Concertos, qui seront publiés dans quelques jours. »

De toute évidence cette édition connut un succès considérable, la partie d’orgue étant, par son dépouillement, en majeure partie accessible à l’amateur moyen. En 1740, Walsh voulut répéter ce succès en publiant une nouvelle série de concertos. Hændel, cependant, n’en avait entretemps composé que deux, celui en la majeur, écrit sans doute pour la reprise d’Alexander’s Feast qui eut lieu le 20 mars 1739, et celui en fa majeur, surnommé « Le Coucou et le Rossignol », qui avait probablement accompagné la première de Israel in Egypt le 4 avril de la même année.

C’est sous forme d’arrangements pour clavier seul que Walsh publia ces concertos, accompagnés — encore une fois, pour compléter la série de six — d’arrangements de quatre des concerti grossi Op. 6 (les numéros 1, 5, 6 et 10, composés aussi en 1739), sous le titre de A Second Set of Six Concerto’s for the Harpsicord or Organ Compos’d by Mr. Handel. C’est en février 1761, deux ans après la mort du compositeur, que Walsh fit paraître A Third Set of Six Concertos for the Organ and Harpsicord with the Instrumental Parts… Compos’d by Mr. Handel. Opera 7ma.

Cette édition comprenait cinq œuvres originales (compte tenu de la quantité d’emprunts que l’on retrouve dans l’œuvre de Hændel, le mot a son sens propre), ainsi que ce qui semble être une véritable « création » des éditeurs, le concerto no. 4. Les mouvements Pomposo et A tempo ordinario du Concerto op. 7 no. 6 proviennent d’une Sinfonia en si bémol majeur, datée aux environs de 1747. En fait, le A tempo ordinario existait dès 1738-39, en version pour instrument à clavier seul. Il est probable que, dès sa première transcription, il ait été conçu comme « concerto » pour orgue, ce que tendent à prouver les indications Organo ad libitum déjà contenues dans la Sinfonia. Comme nous l’avons mentionné, ce n’est probablement pas sous la plume de Hændel qu’a pris forme, en tant que tel, le Concerto op. 7 no. 4, ses mouvements ayant été composés à des époques différentes. Les mouvements 2 et 4 contiennent tous deux du matériel emprunté, la ritournelle du premier Allegro au Concerto pour trompette de la deuxième suite de la Musique de table de Telemann, le second Allegro, à des œuvres originales antérieures. Le premier mouvement, par contre, se signale par son originalité: non seulement semble t-il moins dépendant de sources externes (seule une autre version nous est connue, un concerto pour deux orgues et orchestre), mais il est le seul, au sein de l’ensemble des concertos, qui fait preuve d’une recherche particulière de pur coloris orchestral. C’est à une véritable gradation de teintes que nous assistons, de la discrète sévérité des basses au mélancolique pastel de l’orgue, entrecoupés de la luminosité angélique des cordes.

Le Concerto op. 7 no. 2 a été complété le 5 février 1743. Les trois mouvements contiennent du matériel emprunté aux Componimenti Musicali per il Cembalo de Muffat, source fréquente des mouvements instrumentaux des oratorios (Ouverture de Samson; Introduzione, dans Joshua; Ouverture de Solomon; etc.). Le Concerto en fa majeur, quant à lui, semble être une autre création, possiblement involontaire, d’un éditeur, Samuel Arnold cette fois (en 1797), seule source d’ailleurs que nous possédons du regoupement actuel des mouvements de ce concerto.

L’Orgue L’église anglicane de Frelighsburg, dans le sud du Québec, possède un orgue de Samuel Warren depuis fort longtemps. C’est probablement en 1854 que le facteur montréalais a construit ce positif de huit jeux, dont le buffet s’harmonise parfaitement au style néo-gothique de l’édifice. L’instrument a conservé un état de fraîcheur étonnant et n’a subi aucune transformation depuis son installation. Le jeu de trompette, le seul à ne pas fonctionner au moment de l’enregistrement, possède sa tuyauterie et il retrouverait facilement sa voix si les paroissiens voulaient un jour la lui redonner. On notera que le jeu appelé clariana, un principal étroit de type dulciane, emprunte au bourdon ses tuyaux graves.

Le facteur: Samuel Warren

Samuel Russel Warren (Triverton, R.I. 1809 – Montréal, 1882) reçut sa formation de facteur aux États-Unis, notamment auprès d’Appleton, avant de se fixer à Montréal, en 1836. Il y connut rapidement un succès durable qui lui permit de construire plus de quatre cents instruments et de former plusieurs disciples, notamment son fils Charles S. et Louis Mitchel, qui ont illustré, à leur tour, la facture canadienne. Warren fut, en fait, notre premier facteur professionnel et c’est lui qui a donné à notre facture une solide base traditionnelle et, en même temps, l’ouverture aux nouveautés, introduisant ici le levier Barker (1851), la soufflerie hydraulique (1860) et des jeux relativement nouveaux comme les flûtes harmoniques et les anches libres. Ses grands instruments ont, hélas, disparu ou ont été très remaniés. Heureusement, les positifs de Chambly, Frelighsburg et Dunham ont été à peu près épargnés par les alénas du temps et de la mode.
– Antoine Bouchard

Composition de l’Instrument
Clavier manuel (expressif)
Principal 8′
Stopped Diapason 8′
Dulciane 8′
Principal 4′
Flûte 4′
Fifteenth 2′
Pédale Bourdon 16′
Pedal Couple 4′

Note de l’éditeur

Les seize concertos de Hændel proposés dans cette collection ont été enregistrés sur des orgues anciens du Québec. Les dimensions modestes de ces instruments suggéraient un effectif orchestral réduit. Les auditeurs ne doivent pas s’étonner d’entendre des bruits mécaniques, fréquents dans les orgues de cette époque. Ils sont reproduits ici avec autant de fidélité que l’ensemble du message sonore.

© Alex Benjamin

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AN 2 8799 Octuor Schubert Solistes OSM
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